‹ Mémoire de la baronne d'OberkirchChapitre 16 sur 220 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

l'année précédente par le parlement de Nancy. Les dames nièces prétendent toujours que le chapitre n'est qu'un corps laïque, et que les dames tantes nont pas la propriété des voix des dames nièces. On attendait a\ec impatience le jugement du conseil auquel la requête avait été signifiée. Elle a été jugée, le roi présent. L'élection de madame deFeretteàla dignité de secrète, en remplacement de madame de Lenoncourt, a été confirmée. Les dames opposantes ont été déboutées, et les dames nièces eurent gain de cause contre les dames tantes.

— Ce n'est pas qu'elles aient raison, ajoutait M. de Vernouillet, c'est tout bonnement qu'elles sont plus jeunes.

Le doyen de Murbach, auquel il racontait cette folie, lui répondit sérieusement que les années ne faisaient rien à la chose.

On s'amusa beaucoup de ce débat que le marquis poussa, selon sa coutume, au dernier degré. Il fallut le faire taire .

Les dignités de ces dames étaient considérables. Madame la princesse Christine de Saxe, Altesse Royale, en était abbesse. Il y avait ensuite la doyenne, la secrète, la censière, la dame du deus, la grandeaumônière, la boursière d'argent, la boursière de grains, la dame du sceau, les dames chantres, la trésorière-lettrière, la dame de la fabrique, la coadjutrice, qui était alors la princesse Charlotte de Lorraine, et enfin trente-deux chanoinesses. A l'heure

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où j'écris 89), c'est Son Allessc séréiiissime madame la princesse Louise de Condé qui est abbesse de ce puissant cbapitre. La maison de France en a déjà fourni plusieurs.

J'eus un deuil à porter, auquel je m'attendais depuis longtemps, celui du comte de Waldner, mon oncle, très-âgé et très-malade, on le sait. Mon père prit en conséquence le titre de comte, qui lui était réversible, et à mon frère après lui. Les deuils de famille ne sont quelquefois que des deuils de convenance; celui-ci, sans être une douleur profonde, m'affligea, surtout à cause de mon père. Le deuil n'est pas l'expression des regrets, il est celle d'un devoir à remplir envers les morts. C'est un hommage rendu à ses parents, aux liens de la famille. Quand le chagrin ne devrait pas durer autant que l'étiquette, ce ne serait pas une raison pour ne pas l'observer. La famille, dans son plus ou moins d'extension, étant la base de la société, on ne peut rompre un anneau de cette chaîne sans affaiblir le réseau formé par tous ces liens. Il a donc été sage de régler la durée du deuil ; il ne le serait pas de l'abréger ou d'en dépasser la limite. On peut, dans ce dernier cas, passer pour vouloir paraître plus sensible et meilleur que d'autres; et le jour où on change d'habit, lepublic peut conclure avec c[uelque raison que la douleur est affaiblie. C'est donner aux autres le droit et le pouvoir de la mesurer et de la supputer, ce qui devient blessant .Ce que nos pères ont

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