CHAPITRE IV, page
Jusqu'à la fin du quinzième siècle, il y avait en Allemagne, donll'Alsace faisait partie, une ligne de démarcation entre les nobles proprement dits, et les gentilshommes ou LandsQsm^ On
412 MÉMOIRES DE LA BARONNE d'OBERKIRCH.
ne comprenait sous le nom générique, de nobles que les comtes, barons, elles seigneurs delà noblesse immédiate, qu'on appelait edle herren ou dynastes. Les autres qu'on appelait simplement écuyers, chevaliers ou min siériales (les magistrats ou robins) formaient ce qu'on appelle le corps équestre. Ce n'est que sous l'empereur Frédéric IH. vers 1476, qu'ils prirent successivement la qualité de nobles. 11 en résulta que beaucoup des seigneurs et dynastes qui se faisaient honneur auparavant du titre de nobles, se firent accorder des titres de comtes et de barons d'empire.
L'immédiateté de la noblesse d'Alsace date de 1268. A cette époque, l'Alsace, profitant de la mort de Conradin, réclama son immédiateté. L'évéque de Strasbourg, l'abbé de Mourbach, les seigneurs, les nobles des villes et les villes mêmes de cette province, prétendirent ne plus relever que des empereurs, et s'établirent dans cette presque indépendance.
Le corps de la noblesse de basse Alsace a la prétention d'avoir eu, depuis plusieurs siècles, un rang plus distingué e»i Allemagne que celle de la haute Alsace, parce qu'elle a formé avec la noblesse de Germanie, de Souahe et du Rhin,'un canton de la noblesse de l'empire, qui dès le commencement de la convocation des états avait voix à la diète, ils composaient uneporlion séparée de la noblesse immédiate, auxquels les empereurs ont de tout temps octroyé des privilèges et des grâces très-considérables, droits régaliens, elc , préférablement aux gentilshommes qui vivent sous la juridiction des princes et autres États de l'empire.
C'est en considération de ces prérogatives que le roi leur a conservé leurs droits, tant à l'égard de la possession de leurs terres et seigneuries, qu'au sujet delà juridiction de leur directoire de la basse Alsace.
Ce directoire de la noblesse est un conseil composé de sept personnes qui ont droit de judicalure. Ils connaissent non-seulement des différends entre les gentilshommes, mais des alTaires du corps de la noblesse et de ses membres.
Celte noblesse est pour la plupart des plus anciennes de l'Europe ; elle a eu, de tout temps, la liberté de servir les puissances étrangères, ets^est distinguée au service de France même avant que l'.Alsacc lui ait été réunie.
NOTES DE l'ouvrage. 4 13
Voici d'ailleurs la cause qui explique celte diflerence de posilion entre la noblesse de basse et de haute Alsace :
Avant la réunion de l'Alsace à la France, la noblesse de la haute Alsace, qui, en partie, dépendait immédiatement de l'empire ou des Suisses, entraînée par les grâces et les caresses des archiducs d'Autriche, suivit l'exemple des comtes de Ribeaupierre et reconnut ces archiducs pour ses souverains. Ce furent les nobles de Froberg(Monijoie), de Reinach, d'Andiau, de Waldner, de Schauenbourg, de Landenberg, d'Hagenbach, de Relchenstein, de Ferelle, d'Eptingen, de Flachsland, de Truchses, en un mot, tous les nobles de la haute Alsace.
Lors du traité de Munster, qui avait cédé au roi de France les droits des archiducs, ils ne purent méconnaître sa souveraineté.
11 n'en fut pas de même de la noblesse de la basse Alsace, qui s'était toujours conservée dans l'immédiate dépendance de l'empire. Aussi à cette époque renouvelèrent-ils leur ancienne association avec trois Cercles de l'empire. Les Wangen, les Berckheim, les Dersiett, les Oberkirch, les Boeckle, les Bock, les Mullenheim, les Zorn de Bulach, les Landsperg, les Weilersheim,les Zuckmantel.les Wurmser, etc.; en tout près de quatrevingts gentilshommes de la noblesse la plus distinguée de la basse Alsace, qui firent cette déclaration. Ce n'est qu'en 1 680 que la noblesse se décida à prêter serment de fidélité au roi.
Les seules familles nobles de la basse Alsace, existant encore en 1C97, étaient :