Mémoire en requête de Champlain pour la continuation du paiement de sa pension [microforme]
A première pièce d’un recueil qui se EE à trouve au Département des manuscrits DNA de la Bibliothèque nationale (Fr. 1097), as recueil formé par le Père Léonard de Saittos Catherine de Sienne, augustin déchaussé, est un imprimé sans titre et sans couverture que semblent avoir ignoré tous ceux qui se sont occupés de Champlain et de ses voyages. M. H. Harrisse, dans sa Bibliographie de la Nouvelle-France, ne le cite nulle part; M. le Révérend Ed. Slafter, qui a publié en 1880, à Boston, pour « the Prince Society », une traduction de Champlain précédée d'une importante notice biographique, n'en dit pasun mot, non plus que l'abbé La Vayssière; enfin M. Marmette, archiviste à Ottawa, qui fut chargé, en 1883, d'une mission en France à l'effet de recueillir des documents relatifs à l'histoire des premiers établissements des Européens dans l'Amérique du Nord,
paraît n'avoir pas fait attention à cette pièce, le seul imprimé de ce volume, qu'il a pourtant dépouillé.
L'exemplaire que possède le Département des manuscrits de la Bibliothèque est vraisemblablement unique, et cela n'a rien de surprenant, si l'on songe que cette plaquette a dû être tirée à très petit nombre ; c'est ce qui nous a déterminé à la réimprimer, d'autant plus qu'elle renferme quantité d'informations intéressantes.
Ce placet ne porte ni lieu d'impression ni date. Il semblerait, si on le compare aux éditions de Champlain imprimées par Claude Collet, dont la boutique était au Palais, dans la galerie des Prisonniers, qu'il est sorti des mêmes presses. Nous savons, en outre, par cette phrase de Champlain (page 19), « l'épreuve en a été faite en cette ville de Paris », que ce mémoire a été rédigé à Paris. Or, les séjours si nombreux de Champlain au Canada, ses relations de famille qui l'appelaient dans l'Aunis, le souci de ses armements qui le retenaient à Honfleur, toutes ces circonstances ne semblent pas lui avoir permis de faire à Paris des voyages très fréquents et des séjours bien longs. Le contexte du placet que nous reproduisons nous permet d'en fixer la publication à l'année 1630. À cette date, Champlain venait d'arriver à Paris, de retour d'Angle-
terre où il avait été emmené prisonnier à la suite de la capitulation de Québec qu'il avait dû rendre l'année précédente à David Kertk, à un moment où la paix était conclue entre les deux couronnes.
C'est sans doute à ce fâcheux événement de guerre qu'il faut attribuer la cessation du paiement de la pension que le roi faisait à Champlain depuis son premier voyage au Canada qui eut lieu, comme on sait, en 1603.
Or, il y avait vingt-sept ans que Champlain « s'était adonné aux découvertes de la Nouvelle France » (page 1), lorsqu'il adressait au roi le placet que nous reproduisons.
Si plusieurs autres phrases que nous allons ‘iier ne nous permettent pas de fixer aussi péremptoirement la date de 1630, elles ont trait à des événements très rapprochés de cette date, la dernière même semble la confirmer pleinement.
Nous voyons (page 5), que notre pièce est postérieure à l'arrivée au Canada de « religieux qu'on y a menex et qui commencent à s'y establir ». On sait que la première mission sérieuse, composée des PP. Charles Lallemant, Jean de Brébeuf et Euemond Massé, partit pour Québec en 1625, après l'accord intervenu entre les Récollets et les Jésuites.
Un peu plus loin (p. 10), Champlain parle de
l'établissement de la Compagnie de la Nouvelle- France; les lettres patentes de création de cette compagnie, généralement appelée des Cent Associés, sont datées de 1627.
Enfin, à la page 24, Champlain rappelle que les Anglais se sont établis depuis deux ans au golfe Saint-Laurent, et nous savons qu'en 1628 Roquemont, qui conduisait la première escadre de la nouvelle compagnie, attaqua Kertk près de Gaspé et que le capitaine Charles Daniel, de Dieppe, détruisit l’année suivante le fort que Jacques Stuart avait construit sur l'île du Cap Breton.
Toutes ces circonstances convergent vers la date que nous avons indiquée plus haut pour la publication de ce mémoire qui donne un exposé succinct mais complet des ressources qu'offre la Nouvelle- France à la colonisation.
Entre autres informations intéressantes qu'on y trouve, nous relèverons la suivante qui nous paraît Jort inattendue {p. 23) : « Les peuples du pays ont asseuré le S' de Champlain, voyageant avec eux, qu'il y a un grand lac, comme d’une mer, lequel se décharge du costé des mers du Sud, comme il se vient rendre du costé du Nord dans le grand fleuue Saint-Laurens. »
On sait que le voyage de Jean Nicolet à la Baie Verte date de 1635, et l'on croyait jusqu'ici que ce
ES Ne Léin Q. ©
0 QC SUCER
A nat, come
DE as 6
rats smrent
A MER EN rm
ste 2
[leette 165,
les Jlfe juela spé déart
late cainct [le-
nJ raît ont UX, l se | se uue
jaie e ce
RE . 7 TS nn . ons
GT TON eo mo M TE. RC RÉ,
voyageur avait été le premier à recueillir des informations sur un grand fleuve qui se dirigerait vers le Sud, informations que les missionnaires devaient compléter et Jolliet ainsi que La Salle utiliser plus tard. Il est assez intéressant de voir, dès l'origine de la colonie, Champlain en possession de renseignements aussi précieux et qui devaient avoir une si considérable influence sur le développement du Canada. Il ajoute (p. 13) que si le chemin tant désiré pour aller à la Chine se pouvait rencontrer, ce serait un raccourcissement de chemin de plus de trois mille lieues, économie que va procurer le percement de l'isthme de Panama, par lequel il se Jéra, pour employer les expressions mêmes de Champlain, un grand et admirable négoce. Si la recherche, toujours si vaine, d'un détroit a été dès la première heure le mobile de 1ant d'expéditions, nous ne croyons pas que les résultats qu’on obtiendrait de sa découverte aient jamais été plus exactement calculés et plus judicieusement appréciés. Nous n'insisterons pas plus longtemps sur l’intérét de ce mémoire qui résume en quelques pages la plupart des détails que Champlain avait réunis sur la Nouvelle-France, au cours de ses multiples voyages.
GaBriELz MarceL.
BR NO — 12 us. =
pro. an ti manie MORE ADN a PP: OT Or D SG D +
fe
Gas emo.