‹ Mémoire et rapports sur les fumigations sulfureuses appliquées au traitement des affections cutanées et de plusieurs autres maladiesChapitre 45 sur 83 · DATES · texte numérisé non relu

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Enceinte de sept mois et|\} cessé ainsi que Îes dartres.

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Clos re 18 mai Ter 3.

Signé PINEL, TARTRA, EsPARRON, À. DuBois, BoUiLLON- LAGRANGE, DE LAPORTE. |

Vu et approuvé :

Le Ménôre du Conseil, signé MO URGUE.

# (76) | que ses souffrances devenaient intolérables : l’altération des fonctions digestives et la faiblesse furent promptement la suite d'un pareïl état.

C'est dans cet état que M***' entra à Saint - Louis, Île 10 septembre 1814. On le fit d’abord frotter avec lé cérat soufre ; 1l prit quelques bains simples : le premier moyen détérmina une irritation trés-violente à la peau, sur-tout aux extrémités abdominales ; les jambes se tuméfièrent, le prurit et la douleur devinrent plus intenses, la fièvre s’alluma.

Le 1$ septembre, on soumit le malade aux fumigations sulfureuses : à la deuxième, l’intensité de lirritation cutanée, la tumé- . faction des jambes et l’état fébrile diminuérent; aprés la troisième, il y eut un peu dé sommeil; à la cinquième, les jambes étaient entiérement désenflées. Depuis cette époque, M*** alla toujours de mieux en mieux jusqu’à la vingt-cinquième fumigation, où ïl se manifesta de petits boutons phlegmoneux à la poitrine et au dos, qui ne tardèrent pas à disparaître ; à la quarante-troïsième, le lieu où les dartres avaient existé n’était plus que rugueux et couvert de petites squammes très-minces qui se détachaient facilement;enfin le malade est sorti parfaitement guéri après [a cinquante-huitième fumigation. |

es OBSERVATION.— Dartre croûteuse.

D*#* (Jean-François), tabletier, âgé de vingt-sept ans, d'un tempérament bilieux, né d’un père qui a.une dartre à Îa lévre supérieure, contracta la gale à l'âge de dix ans; il en fut traité d’une manière assez incomplète, et depuis cette époque cette maladie a. reparu plusieurs fois. LE

D***# eut au printemps de Van 1813, à la joue, une Iégére dartre furfuracée qui gagna progressivement, pendant tout été, le reste de la face : au commencement de hiver, elle changea de caractère, elle devint croûteuse; elle était formée de plaques aplaties, lisses et rouges dans certains endroïts, rugueuses dans d’autres : ces rugosités étaient produites par des croûtes jaunâtres élevées au-dessus de [a peau, agglomérées entre elles; on trouvait sous elles un ichor visqueux et transparent. Un sirop que le malade désigne sous le nom d’antirachitique fut mis en usage : son effet fut de rendre l'affection herpétique plus.considérable; elle se, porta: sur les cuisses, puis sur tout le reste du corps. Les démangeaisons. étaient si fortes que le malade avait perdu le sommeil; il passait sur-tout les nuits à se gratter avec une telle fureur, que sa peau

pe

Obser®"

DPandeleux eue

(ar) était couverte d’une humeur ichoreuse sanguinolente assez abondante pour humecter sa chemise et ses draps. ed Admis le 18 juillet 1814 à l'hôpital Saint-Louis, D*#** fut mis à l’usage des baïns sulfureux sans aucun résultat favorable pour sa guérison, | Le 13 septembre 1814,on le soumit aux fumigations sulfureuses : à la deuxième, les démangeaisons diminuërent, le sommeil revint; à la huitième, les croûtes tombèrent, la suppuration qui les produisait devint moins abondante; à [a quatorzième, elle se tarit ; à . Ja quinzième, il se forma sur diverses parties du corps des boutons phlesmoneux d’où s’échappait un pus blanchâtre; cette éruption fut accompagnée d’un mouvement fébrile qui fut de peu de durée; à la vingt-huitième fumigation, ces boutons se desséchèrent; mais les dartres prirent le caractère de squammeuses humides; la peau était d’un rouge intense, parsemée d’écailles pelliculeuses fortement adhérentes par leurs bords, s'exfoliant dithcilement, gercées sur leur surface; cependant le prurit n’était point brülant comme cela s’observe habitueliement dans cette espèce de dartre : elle fut long-temps rebelle; deux cents fumigations ont été nécessaires pour en amener la guérison, Actuellement D*** se porte bien; nuls symptômes herpétiques n’ont reparu. Toutes les fonctions s’exé- -cutent bien, et déjà un assez grand laps de temps, passé dans cet état parfait de santé , fait croire que l’on n’aura poïut à craindre de rechute.

4 OBSERVATION. — Dartre fluente, croûteuse,

H*** (Pierre), né au Havre, âgé de quarante-neuf ans, d’un tempérament sanguin et d’un forte constitution, eut Îa siphilis à trente ans; il en fut guéri par un traitement méthodique. À l’âge de trente-deux ans, il fut atteint d’une dartre fluente croûteuse à la jambe gauche, avec tuméfaction considérable de ce membre; elle se porta ensuite sur l’autre jambe, et finit par envahir tout le corps: elle était accompagnée d’une démangeaison assez violente pour troubler le sommeil du malade. |

H*** fut soumis, à Phôpital Saint-Louis, aux fumigations sulfureuses le 21 septembre 1814: à la deuxième fumigation, la d£mangeaison diminua et le sommeil revint; à la cinquième, les dartres s’améliorèrent, principalement celles des bras et du dos; Pamélioration de celles qui existaient aux extrémités inférieures ne fut sensible qu’à la onzième fumigation; à la douzième, Ja jambe gauche revint à son état naturel; à la quinzième, les éroûtes d': la jambe droite tombèrent; à la vingt-deuxième, celles qui avaient

persisté sur les autrés parties du corps’ se détachérent, leur chute laissa à nu de petites plaques rouges, d’où suintait une sérosité qui en se séchant produisait des squammes très-minces. A la trentièéme fumigation, l’étoulement de cette sérosité cessa : les plaques dartreuses n'étaient plus remarquables que par une légère rugosité et une couleur brunâtre de la peau; ïl s’en détachait de petites écaïlles comme dans la dartre farineuse. A la quarantième fumigation, la peau était revenue à son état naturel. Ce malade est sorti complètement guéri lé 1. novembre 1814.

$" OBSERVATION, — Dartre fluente, croñteuse.

B***, âgé de soïxante-six ans, né de parens sains, d’un tempéramment bilioso-nerveux et d’une constitution moyenne, s’est toujours bien porté jusqu’a l’âge de vingt-cinq ans, où il fut atteint d'une blénorrhagie dont il fut méthodiquement traité, Il contracta par la suite deux autres affections vénériennes, qui fureut combattues par le mercure : Ie malade suivit inexactement ce traitement; sa santé fut, dès-lors, toujours chancelante, son caractère devint emporté. À Pâge de soixante-cinq ans, à la suite d’un violent mouvement de colére, son corps fut couveft d’une dartre squammeuse, qui, six mois après, prit le caractère de dartre croûteuse fluente. Le penis était collé au scrotum par un ichor visqueux qui était bien plus abondant à cette partie : plusieurs dépôts purulens existaient aux extrémités supérieures et inférieures; ils étaient entourés d’une large aréole rouge, mais sans autre caractère inflammatoire : nulle douleur ne se faisait sentir daus le foyer de la suppuration. Des bains dans lesquels entrait le sulfure de potasse, l'usage à l'intérieur de la décoction de fumeterre et d’un sirop antiscorbutique , n’amenérent aucun résultat avantageux pour la guérison du malade, qui cessa tout traitement. L’affection herpétique jeta de profondes racines: les plaques dartreuses, d’isolées qu’elles étaient, se réunirent et n’en formérent plus qu'une, qui couvrait toute lhabitude du corps; le prurit était insupportable et le sommeil absolument nul.

C'est dans cet état que B*** fut admis à l'hôpital Saint-Louis (le 15 septembre 1814) et soumis aux fumigations sulfureuses. Après [a quatrième, les démangeaisons cessérent, le sommeil revint. On pratiqua ouverture des dépôts au moyen du bistouri; à la dix-huitième fumigation, ils n’existaient plus; après la quarante deuxième fumigation , l’éruption avait entièrement disparu, La peau conservait cependant une couleur cuivreuse : on administra

(79) encore huit fumigations qui enlevèrent cette coloration; depuis, les dartres n’ont plus reparu et le malade s’est toujours bien porté.

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