OBSERVATION. — Mentagre
M. P*** , employé chez M. J***, orfévre, hôtel d’Aligre, rue Saint-Honoré, portait depuis quelque temps une dartre au menton, dont il attribuaït la cause à des frictions qu’il avait faites avec les mains à un chien galeux. |
Cette maladie avait débuté par des pustules blanchâtres disséminées par groupes sur le menton; elles étaient environnées d’aréoles inflammatoires; il sen échappait du pus qui, d’abord, ne formaque delégères croûtes, mais quise réunirent ensuite. Leproduit de la suppuration colla les poils de la barbe que le malade avait été obligé de laisser croître ; il en était résulté une large plaque épaisse, d’un gris bleuâtre , qui entourait tout le menton. Ge pe
M. P*#* fut soumis aux fumigations sulfureuses. Quarante et une suffirent pour obtenir la guérison de sa dartre, qui cependant est une de celles qui résistent avec le plus d’opiniâtreté aux traitemens ordinairement employés contre les affections dartreuses. Depuis quinze mois, aucun symptôme herpétique n’a reparu,
7. OBSERVATION. — Dartres circinées sur le des et les extrémités inférieures , crodteuses sur le nez et les bras.
M. D***, âgé de vingt-cinq ans, d’un tempérament biliososanguin, d’une bonne constitution, avait contracté plusieurs fois la siphilis. Les divers traitemens qu’on mit en usage pour la com-. battre furent inexactement suivis ou mal administrés. Des plaques rouges, accompagnées de picotemens légers, se manifestèrent sur diverses parties du corps; ces rougeurs furent en peu de temps couvertes de petits boutons renfermant un pus blanchätre qui, en se desséchant, produisaient des écailles minces dont la chute était facile; mais à côté de ces boutons éteints, il s’en développait bientôt d’autres de même caractère. Cette éruption eut long-temps pour siége principal les bras et Les extrémités abdominales, et était accompagnée d’un sentiment de formication pénible. M. D**# employa un grand nombre de moyens pour la faire disparaître; mais elle fut rebelle äitous, même au traitement antisiphilitique ; elle s’étendit au contraire sur une grande partie du corps, excepté les mains, la poitrine, l'abdomen et les pieds. Elle changea, avec le temps, de forme et de nature. Les dartres qui existaient sur le
RL (92) nez et aux bras devinrent croûteuses : de larges plaques épaisses et grisâtres, se détachant facilement, laissaient à découvert des espaces rouges parsemés de petits points rendant un ichor qui renouvelait les croûtes. D’autres plaques plus ou moins arrondies, assez ordinairement plus compactes et plus élevées aux bords qu’au centre, couvraient les autres parties du corps. Un prurit excessif avait lieu à où l'éruption était plus croûteuse; la formication seule se faisait sentir où les dartres étaient circinées.
M. le professeur Dubois, à qui le malade s’adressa, voyant l'inefficacité des moyens employés jusqu'alors, conseilla les fumigations sulfureuses : elles furent faites avec constance et même souvent répétées matin et soir; on en porta le nombre jusqu’à deux cents. On triompha ainsi de la résistance de la maladie. Contre l'ordinaire, la dartre située à la face fut longue à guérir. Un traitement antisiphilitique fut administré après lusage des fumigations sulfureuses , et servit à consolider cette cure, que quinze mois passés sans aucune rechute doivent faire regarder comme parfaite.