DATES
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douce et de mer, et des boissons sudorifiques ; deux mois suffirent
pour {eur guérison radicale. M. P*** fut en Italie dans l’année 1807. S’étant exposé, pendant assez long-temps, aux rayons du soleil , il fut pris d’une flèvre maligne, dont la crise se fit par une éruption de boutons rouges sur toute la surface du corps, qui persista pendant toute la convalescence. Bientôt après la desquammation de ces boutons, il se manifesta aux lombes et à la nuque une dartre croûteuse sèche, qui se porta ensuite à [a tempe droite et aux ailes du nez; elle prit alors le caractère de dartre croûteuse humide, On la traita par le suc de cresson uni au petit lait, lacide nitrique porté jusqu’à la dose d’une once chaque jour. Les plaques qui étaient situées aux Jombes et à [a nuque disparurent ; mais la dartre qui existait au visage s’empara de tout le nez, des fosses
nasales, des paupières inférieures et de [a lèvre supérieure. On
prescrivit à M. P*** les bains d’eau sulfureuse de Lesignano et le sirop de Cuisinier : ces moyens furent employés pendant deux mois --sans aucun succés; au contraire, la dartre devintrongeante, la peau était profondément altérée dans son tissu ; elle était dure, bosselée là où elle n’était point ulcérée; il s’échappait des ulcères une matière ichoreuse, âcre, qui altérait Îles parties saines environnantes. On eut recours à l'administration de l’extrait d’aconit, dont on porta la dose jusqu’à quatre-vingt-seize grains par jour; il en prit cinq onces, pendant deux mois, sans aucun avantage.
M. P*## vint a Paris, et fut soumis, à la fin d'avril 1814, aux fumigations sulfureuses. À [a dixième, le malade éprouva une amélioration sensible; à la cinquantième, les ulcères. commencérent à se cicatriser ; après la soixante-dix-huitième, qui fut la dernière, la guérison fut complète. Depuis cette époque, M. P*** a toujours joui d’une santé parfaite; plusieurs fois il a été examiné par MM. Leroux et Hallé et divers autres médecins. |
10. OBSERVATION.— Dartre sgrammeuse sèche, répandue sur tout le corps , compliquée d'ictère et guérie par les Fumigations sulfureuses, À
BERGER (Jacques), âgé de vingt-cinq ans, d’un tempérament sanguin, d'une bonne constitution, fut atteint, étant dans les
prisons d'Angleterre, d’une dartre croûteuse sur les bras, les cuisses
et les jambes, qui, par suite de mauvais régime et d’une habitation malsaine , devint squammeuse sèche; elle était répandue sur toute la surface du corps, par plaques plus ou moins larges, un peu
élevées au niveau de [a peau. Ces plaques étaient de couleur d’un
rouge vif et couvertes d'une pellicule mince très-adhérente, sem-
blable à une pelure d’oignon; aucun suintement n'avait lieu à leur surface, quoique le malade ressentit tous les soirs de vives démangeaisons. À cette affection herpétique se joignait un ictère dépendant d’une obstruction du foie que l’on sentait assez volumineux et dépassant les fausses côtes. Les fonctions de l'estomac étaient lésées. |
Berger fut soumis aux fumigations sulfureuses Je 6 juillet 1814 ; on joignit à ce traitement des boissons apéritives. A a dix-huitième fumigation, la couleur des dartres était moins vive, les démangeaisons moins intenses, le foie moins empaté, l'appétit revenu; la peau avait perdu en partie sa couleur jaune ; à la trente-neuvième fumigation, de larges et abondantes squammes se détachaïent facilement des plaques dartreuses ; les démangeaisons n’avaient plus lieu , les symptômes de l'ictère avaient disparu, le foie était re venu à son état naturel. De cette époque du traitement jusqu’à la soixante-dixième fumigation , les progrès de Ia dartre vers la guérison furent lents; on suspendit l'usage des fumigations pendant huit jours ; on Les reprit ensuite. Alors la maladie marcha rapidement vers une terminaison heureuse : elle fut guérie après quatrevingt-dix fumigations. |
Ce malade est retourné à Amboïse, pays qu’il habite , et d’où il a écrit une lettre, sous la date du 11 décembre 1814, par laquellé il confirme le bon état de sa santé.