OBSERVATION. — Paralysie universelle
. M"RoYER, âgée de cinquante-sept ans, demeurant rue Saint- Martin, n.° 17, garde-malade , fut prise, dans le mois de» mai 1814, sans cause connue, d’une paralysie universelle, que les divers moyens employés ordinairement contre cette maladie ne purent faire disparaître après trois mois de traitement. Cette malade se décida , le 6 juillet 1814, à faire usage des fumigations sulfureuses. Le 22 août, après en avoir pris vingt-sept, elle put marcher facilement, sans aucune claudication, et même faire des courses en ville , manger à l’aide de ses mains, enfiler des aiguilles et coudre , ce qui lui était impossible auparavant. Dés les premiers jours, son sommeil et son appétit se rétablirent, Flattée des grands avantages qu’elle avait obtenus en peu de temps, elle suspendit les fumigations, mais elle les reprit ensuite. Quarante
(1) Cette personne est actuellement à la Salpétrière, où son âge l'y a fait placer. | ;
(res | \ ôht suffi pour obtenir une guérison radicale. M. Leroux, doyen de la faculté de médecine de Paris ,et plusieurs autres docteurs, ont constaté l’état de cette malade avant Pusage dés fumigations, et ont suivi son traitement en la visitant deux à rois fois par semaine. M. le professeur Hallé la vue aussi, et s’est assuré de sa parfaite guérison. té
3° OBSERVATION. — Hémiplégie.
Un militaire, âgé dé vingt ans, blessé dans le bois de Romainville, lors de la premiére attaque de Paris, était resté trois jours et trois nuits couché sur Îa terre, sans aucun secours. 11 fut trouvé hémiplégique du côté droit, et transporté à l'hôpital Saint-Louis, : . M. le professeur Richerand,, sur la demande du docteur Galés, fit administrer à ce malade les fumigations sulfureuses : dés les pre: mières , il recouvra la faculté de marcher, et obtint une améliora: tion générale et très-sensible , qui ne fit qu'’augmenter jusqu’à la vingt-deuxième fumigation’; après lesquelles ,yle malade se trouvant assez bien, népligea.ce moyen, desirant retourner à son régiment. Sur ces entrefaites, il fut saisi du typhus, qui régnait <pidémiquement dans Phôpital, et succomba au bout de quelques jours à cette maladie incidente. | ù bd
Selon toute apparence ce malade auraït guéri de son hémi+ plégie, si la fre d'hôpital ne l’avait fair périr. | À.* OBSERVATION. — Paralysie universelle,
Un ïinfirmier de l’hôpital Saint-Louis, âgé d’environ cinquante ans; futatteint, dans le Courant du mois de juin 1814, du typhus qui régnait dans cet hôpital. Cette maladie présenta des symptômes nerveux trés-graves; elle se termina par une paralysie universelle; pourlaquelle on tenta Pemploi des famigations sulfureuses. Le ma: lade en prit environ une quarantaine; son état s’améliora successivement:par leur usage, qui le conduisit & un parfait rétablissement, qui s’est toujours bien maintenu, Cet infirmiér fait aujourd’hui l'office de buandier à hôpital Saint-Louis .:
Lt Oz SBRVATI ON. — Paralysie presque totale des extrémités supérieures et inférieures , traitée avec Succès par les Fumigations sulfureuses,
Le sieur Dopy , Suisse d’origine , âgé de cinquante-quatre ans; homme de confiance de M." de ***, demeurañt place de la Villel’Evêque, à Paris, était malade depuis fortlong-temps, et épronvait,
LA
depuis environ deux mois, une paralysie complète des extrémités inférieures et presque complète des extrémités, supérieures , Jorsqu’il commença usage des fumigations sulfureuses, le 12 octobre 1814, d’après les conseils des docteurs Lherminier, médecin de PHôtel-Dieu, et Tartra, chirurgien du premier dispensaire. 1,
Cet homme avait été sujet, toute sa vie, à des céphalalgies d'une très-grande-violence ; son tempérament sanguin avait été exaspéré par Pusage immodéré des liqueurs spiritueuses ; sa figure était devenue bourgeonnée et habituellement enluminée : il avait assez long-temps abusé des plaisirs vénériens. Sa santé avait été plus
… particulièrement dérangée par des rhumatismes opiniâtres, qui avaient frappé sur toutes les extrémités inférieures. De vives émotions, de grandes inquiétudes et de profonds chagrins , occasionnés parles circonstances de la révolution et par les persécutions faites à ses maitres , avaient peut-être contribué à détériorer sa santé.
Vers le milieu de 1814, ce malade commença à éprouver dans les membres abdominaux une débilité trés-marquée, qui s’accrut par degrés, sans aucune ésion physique manifeste des parties, et qui était accompagnée d’un sentiment de glace (pour se servir de ses expressions) sur les Iombes et même sur tout le bassin et les extrémités inférieures. Le malade chancelait sur ses pieds, en manifestant la plus grande dificulté pour marcher , ‘et bientôt il fut hors d’état de se soutenir sur ses jambes, dont la sensibilité ou le sentiment ne sembla pas diminuer.
Les extrémités supérieures ne tardèrent pas à s’affecter de la même manière : il pouvait remuer les bras ; mais il [ui était impossible d'ouvrir sa tabatière , de prendre une plume à écrire, de tenir un couteau, une cuiller ou une fourchette, et sur-tout de s’en servir.
Le docteur Lherminier, chargé du traitement de ce malade, pensa, d’après quelques symptômes particuliers , qu’il pouvait être atteint d’une affection siphilitique ancienne et dégénérée, dont les autres accidens pouvaient plus ou moins dépendre. Ces symptômes cédèrent à l’usagé d’un traitement antisiphilitique mitigé;
| mais la paralysie des extrémités ne fut point diminuée : elle ne le fut même pas par lusage des toniques les mieux indiqués et les plus variés, entre autres de l’esprit de Mindérérus à forte dose et pris à l’intérieur, ainsi que de lalkali volatil, du camphre, &c. &c. Dans fe commencement d’octobre ; trois mois après l'invasion “ de cette maladie, la paralysie faisait des progrès rapides et journaliers’, Iorsque Ie docteur Tartra, appelé en consultation, proposa d'employer ou un traitement trés-actif par les applications réitérées des vésicatoïires, des synapismes, des moxas et autres
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analogues , soutenus par l'emploi des toniques Îles plus énergiques, ou mieux le traitement isolé par les fumigations sulfureuses. ‘
Les consultans savaient que, dans beaucoup de cas analogues (et ils l’avaient observé eux-mêmes plusieurs fois), la premiere méthode de traitement n’avait point arrêté Îles progrès de Îa paralysie ; que les malades étaient restés complétement infirmes, ou avaient même succombé aux suites et aux accidens toujours croissans de pareïlles affections, devenues tout-à-fait incurables: d’une autre part, Peffet salutaire des fumigations sulfureuses dans plusieurs cas de paralysie, d’hémiplégie, de débilité extrême des membres , des rhumatismes les plus tenaces et les plus invétérés, leur était connu. Ils soupçonnaïent que les rhumatismes de ce malade pouvaient n'être pas étrangers à la paralysie des membres , et que les fumigations sulfureuses, dont l'effet constant est de procurer des transpirations très-copieuses , pouvaient être utiles à ce malade,
En effet ; une amélioration sensible a suivi bientôt l’emploi de ce moyen; mais ce n’est que le vingt-troisième jour que le mafade a pu se lever lui-même de son lit, pour aller se placer tout seul dans l'appareil fumigatoire : en même temps il avait recouvré Pusage de ses doigts, et il pouvait ouvrir facilement sa tabatiére. Ce bien-être a augmenté par le nombre des fumigations, qui a été porté à soixante-onze. Le premier jour, il prit une seule fumigation d'environ trois quarts d’heure ; ensuite il en prit deux chaque jour , à-peu-près d’une heure ou cinq quarts d'heure.
, Au trentième jour, le malade, qui allaït assez bien sous tous fes autres rapports, avait encore des douleurs très-vives qui ont paru plus lentes à céder que la débilité des membres. |
Pendant lusage de ces fumigations, ce malade a été vu et même suivi par plusieurs médecins jaloux de Fobserver, ainsi que les effets des fumigations sulfureuses sur une affection aussi étrieuse, entre autres par MM. Leroux, doyen de la faculté de médecine, Hallé et Chaussier , professeurs; Pasquier, chirurgien dés invalides; Lucas, médecin de S. A. R. Madame fa Duchesse d’Angoulème; Capuron, professeur d’accouchément; Demangéon, ét autres. Pacs
Ce malade n’a fait usage d’aucun autre moyen pendant l'emploi des fumigations sulfurenses ; il a repris ses habitudes ordinaires , et depuis au’il a cessé son traitement, le bon état de sa santé s’est maintenu , et sémble même devoir augmenter avec Île temps.
Signé TARTRA , LHERMINIER et LUCAS.
Nota. Ce malade a été visité lé 25 mars 181$, par MM. Leroux, Hallé, Lucas et Tartra. J ji
OBSERVATIONS
De plusieurs Maladies traitées parlesF umigations sulfureuses a l’hospice de clinique interne de la Faculté ;