DES GRAINS
Parmi les données que rédaigent le$ deux grands problèmes éconoDodques. de notre ^loque, celui des subsistances et celui du crédit agricole, il en est une dont la {x>rtée et les formes d'application possibles ontétéJirsqu*icî plutôt pressenties que sérieusement étudiées, le veux parler de la conservation des grains, mais d'une conservation réelle, entière, non illusoire; de moyens propres à restituer les grains intaris dans leur quantité et dans leur qualité après un rniriiltre d'années quelf <jiique, et n'entraînant pas des frais ou des pertes qui, avec la durée, en absorbent les bénéfices. Cette belle application, qui ferait véritablement de nos produits agricoles les plus importants, des valeurs aussi solides que les métaux précieux epxrmémes, facilement écbangeablesi et ayant sur eux l'avantage d'être productives, eii raison de" leurs variations de prix; «celte base première des réserves de grains qui pourraient nous affranchir d'un tribut énorme que nous payons à i'tilianger, en retenant chez nous, pour les années de disette, les blés que nous lui portons dans les années
d'abondance (1), on peut à peine la considérer autrement, dans Tétat actuel des choses, que comme une de ces abstractions purement hypothétiques qui se prêtent, sur le papier, à des combinaisons sans nombre, mais sur lesquellea les Jioûami&s vèués à Tétudc des faits réels et pratiques ne sont pas .tenus d'arrêter leur attention. Les Sociétés savantes n'y songent pas même lorsqu'elles cherchent des sujets de concours ; il semble qu'elles aient renoncé à la voir sortir d'ailleurs que des inspirations spcmtanées de l'empirisme. On est allé plus loin. J'ai lu tout récemment dans im journal grave qu'il fallait en prendre son parti et mettre délinitivemeriL le problème de la conservation des grains sur la même ligne que ceux de la quadrature du cercle et du mouvement perpétuel. Cependant ce n'est là qu'une question de physique des corps organisés , science qui n'admet guère des impossibilités absolues» et il suffît que du blé ait été conservé une seule fois quelque part, ne fût-ce qu'une poignée» dans nn laboratoire de chimie, pour que nous soyons en droit d'affirmer qu'elle est susceptible de solution. Et si Ton veut chercher l'origine de cet abandon et de ce découragement, on sera surpris devoir qu'elle n'existe nulle part ailleurs que dans des idées préconçues ou dans les déceptions auxquelles donnèrent lieu des tentatives d'où la science et même la
(i) Le commerce iniernalional aet06l des céréales peut être représenté pour U FnuMi toBi wftfMnna tr^siinple, enâlitiit^leDOsistei donner deux et tai pendant nx ans pour qu*esnous rende on la lepUème année. A cette condition, Timportation et Texporlation se soi* dent à peu près l'nnc par l'autre. Mais il n'y a pas longtemps qu'il e» est ainsi. M. Abel Hiv^o a moTitrc. dm? un Mémoire piibli^^en mai 1853, que cet écliaoge d'une ualure Luule paiLiculière se suidait a la ûn dd 1851, et depols 1816 seulement, par une perte en argent de 70& miln M»na W,f 79 tr,, et cette perte dei t afoir plus qne denUé depuis.
Dlgitized by Cookie
vraie connaiêsmcd des iails pratiques furent presque entièrement exdues.
Cest un fait véritablement digne d'étonnemenl, que ce u»wMta»*t ii problème si plein de toutes les séductions, et qui est pro^ fZ'^S^Hl^ bablement celui que le sentiment universel mettrait en 2rJ'î!«é"d»»« prciiuère ligne, n'ait pas frappé assez fortement l'esprit ['SSStS!'*' des physiciens et des naturalistes pour qu'ils aient songé à en faire Tobjet d'un de ces travaux qui procurent <iès le présent ou préparent pourravenir les grandes applioaiione de . la ^Dce. Quelques mes iogémeuses et Teiameii disirait de quelques procédés empiriques, voilà, depuis notre illustre Duhamel, qui vivait il y a cent ans, foute la part qu'y ont prise les hommes voués par profession ou par leurs habitudes à Télude des phénomènes naturels. C'est peut-être beaucoup d'auiljition que d'avoir entrepris de coml)ler une pareille lacune; mais je puis me rendre au iijuius cette jusi ice que je n'aiirni manqué ni de dévouement ni de persévérance pour suliire à tout ce qu'exigeait ce travail si complexe. Je fus soutenu dès l'origine par la pensée que je ferais une chose éminenunent utile si je pao^venab seulement à montrer que« parmi les pratiques les plus importantes, il en est, en agriculture comme partout, que rempirisme est impuissant à améliorer, et dans lesquelles il faut que la sdence pénètre, avec ses moyens d'observation les plus précis et ses méthodes de recherches les plus élevées, pour y poser les jalons lumineux qu'on appelle des pi lucipes.
Il y a aujourd'hui près de six ans que je poursuis le développement des idées que je vais exposer, sans avoir, pour ainsi dire, cessé d'y penser un seul instant. Elles ont pris naissance dans mes premières études de soologie appliquée à l'agriculture, et se sont fixées dans une mission
dont je fu& chargé en 1850 pour aller étudier i'alueite des céréales. En visitant les granges et les greniers, en 000»parant entre elles des couches d'une et de plusieurs ' années, en recueillant Vaxt eontenu dans leur intérieur, et Tanalysant (i), en étudiant avec le thermomètre l'origine^ rétendue et la rapidité de leurs édianf&ments spontanés, je ne tardai pas à me convaincre que, si redoutables que soient les ravagés des insectes, la fermentation n*est pas une cause de destruction d'un effet moins grand uaiis Tensemble, parce qu'elle est beaiicoup plus générale. 11 y a tel de nos départements où l'alucite est incunini, où le charançon et la teigne ne prennent jamais de grands développementSr et où cependant on ne conserve pas de blés, de même que partout ailleurs, parce qu'on ne le peut pas. Les blés mis en couches dans les greniers y vont perdant rapidement de leur qualité et de leur poids, et cette dou'* ble perte, jointe ^ux frais qu'il faut faire pour empêcha une destruction plus rapide encore, rendrait presque in* failliblement ruineuse toute tentative pour en garder des quantités un peu iuipoi tantes au delà de deux ou trois années. Il fallait évidemment demander la raison d'un pareil fait à la théorie des fermentations ; il fallait lui opposer, pour leur trouver une raison commune, cet autre fait, que Ton voit des grains se conserver sans déchet, sans altération. Voilà comment je me trouvai conduit k ces conclusions qui devaient découler nécessairement de tout examen sérieux des circonstances dans lesquelles les grains se détruisent ou se conservent : que nos blés sont généralement trop humides pour rester impunément expo-
(V l/air qiio j'ai recnoini flan"; plusieurs couches de blé, six à tiiiil jours après qu'elles avaienl ele ptillelées, couleoaitS à 6 p. ^/o d'actdf carbonique. . ■
9é8 aux actions combinées de Tair et de températures éle-.
vées; que beaucoup, et même la plupart se conserveraient» au conUaii e, dans des espaces à température basse, et fermés à l'air et à l'humidité, comme seraient des silos souterrains parlailenient construits ; enfin, que ceux qui contiennent trop d'eau pourraient être éliminés ou séchés artificiellement, pourvu qu'on sût les reconnaître. Le problème était ainsi ramené à deux autres beaucoup plus simples, celui de reconnattre les blés trop humides ; celui de construire des silos dans lesquels on pût mettre les blés suffisamment secs, à l'abri de l'air et de rfaumidité dans le sein de la terre.
Ces deux solutions une fois trouvées , la conservation souterraine devaii (.ire applicable à tous les grains, dans toutes les années et sous tous les climats. Je reconnus de plus que si elle avait échoué dans quelques-uns des essais précédemment faits pour Tmlrodun e en France, c'était par les fautes que Ton y avait commises contre tous les principes , en voulant reproduire empiriquement des pratiques au sujet desquelles on se disait une foule d'idéesque la science ne permettait pas d'admettre* On eût dû com> mencer par aller les étudier sur place , et c'est là ce que l'on ne paraissait pas avoir jamais songé à faire.
Telles furent les vues que j'exposai dans mon Mémoire o» > ^ «p
» * pliquerrensilago
sur l'alucite, en juillet 1852. Je n'avais voulu dans l'ori- ' i r > gineque montrer la voie qu'il fallait suivre ; mais l'accueil .4„
que ce programme reçut de l'administration de l'agriculture, [rJisIiirfaZ et la position que j'occupais alors , me firent un devoir de xbiqÛf!* ** songer à le remplir. Je demandai donc et j'obtins immédiatement une mission pour l'Espagne et le nord de TA- . frique, où l'on conserva jadis et où Ton conserve encore à l'heure qu'il est de très-importantes quantités de grains
sous terre. D'après les idées les plus généralement reçues etque Ton entend le plus fréqueflunent reproduire, j'y de* vais rencontrer des pratiques plus que singulières , des ûits que Ton ne pouvait ni expliquer d'une manière satis» fadsante, ni nier absolument au milieu des incertitudes qui les entouraient. C'étaient des grains se conservant en quelque sortepartout et dans tous les terrains, comme par une vertu propre à la terre elle-même ; l'humidité du sol, à peu près sans influence sur les résiiliaih de ia ( oiisci vation; les simples fosses, sans revêtements, aussi efficaces ou même plus efficaces que les caves revêtues intérieurement avec des matériaux imperméables ; des coiiches-de grains pourris servant d'enveloppes préservatrices contre l'effet des eaux souterraines, et procurant à toute la masse contenue dans leur intérieur une conservation parfaite et iadâinie. A ces assertions reposant en apparence sur l'observatioB oniversélle et sur les faits les mieux établis, il y avait à opposer des négations non moins positives et des fisiits d'insuccès dans les circonstances les plus favorables. D'un côté, la conservation obtenue sans choix des grains ni du sol, sans soins, sans précautions; de l'autre, les grains les plus secs se gâtant dans les greniers fermés les mieux construits. On conçoit tout ce qu'il devait y avoir là de conditions diverses à étudier pour ramener tous les faits à leur expression véritable. Aussi avais-je fondé dès l'origine de grandes espérances sur cette étude, et je puis dire aujourd'hui qu'elles n'ont pas été trompées.
Tai parcouru l'Andaloude, allant partout où l'on m'indiquait des restes des silos des anciens Maures ou quelques traces encore subsistantes de leurs pratiques. J*ai été 'voir ensiler des grains et vider des silos en Estramadure; j'ai visité les silos de Tanger et recueilli sur ceux du Ma-
roc entier des renseignements précis ; je suis resté pendaîil un mois dans les provinces d'Oran et d*Alger à étudier la manière dont les grains de^^ Arabes se conduisent d nis la terre, et ce qui reste des gi eniers romains de l'ancienne Numidie, et les silos extérieurs au sol que le ministère de la guerre a fait exécuter pouJf loger les approvisionnements do l'ai mée d'Afrique» et ceux que construisaient, à Arbal, MM» Dupré de Saint^Maur et Ch. Héricart de Thury; enfin je connais les greniers d'abondance de Burjasot, près de Valence, et les silos de Barcelone, par les rapports^ très-détaillés qoe m'en a faits M. Hudelo, r[ui est allé les examiner pour moi , après m'avoir acconipaij;iié jusqu'à Cordoue. Nulle part, ci pas plui dans les récits qui m'ont été faits avec un caractère imposant la croyance que dans ce que j'ai vu par moi-m^me, jen'airien trouvé qu'il n'eût été possible de prédire , même d'après les seides notions de science qui sont enseignées a^jourd'hm dans toutes nos écoles» et en considérant les silos comme de simples récipients sans vertus occultes, sans autres propriétés que celles qu'ils tirent de la constitution {diysique de leurs enveloppes (i).
(1) Je ii6erois pas pouvoir refïiser quelques lignes de sonvenir aux empressemenls dont mes travaux ont été l'objet en Sspagoe; je le puis d'autant moins que cet accodl ne m'a point été seiilMaent personnel,
c'est au Français et à l'homme vennnt au nom fie la science que je l'ai \u toujours s'adresser en première ligne. Les Espagnols âimetitet admireni la Fiance; ils aUendent d'elle les progrès qui doivent les placer aux premiers rangs de là civilisation ; dignes et même froids an praniw abord, ils deviennent promplemrot pour nous pleins de la bienveillance la plus active; voilà ce que je les al trouvés partout, et ce que ne me paraissent pas avoir as^ez reconnu ceux dp nies compatriotes qni nous ont transmis leurs imprcssious sur l'Espagne.
J'aurais trop de noms à ciler, s'il me fallait acquillar ici toutes mes dettes de reconnaissance; cependant, je veux y en inscrire quelques uns pour les associer autant qu'il est en m(ri i des résultats qu'ils ont servis de
liJ>^îlAge parfaitile»
Homain» et des Maum; conser»
vation absolue
Les Romains «t les Maures firait d'immeDses réserves souterraines et ce dut être avec le plus grand succès, paroa que leurs grains étaient secs, et qu'ils savaient les mettre 'dans la terre, à l'abri de l'air, de Thumidité et de la température atmosphérique. Le soleil qui séchait leurs récoltes eu Espagne et en Afrique était celui qui y sèche les récoltes
tout leur concours. Ce seroDt ceux du hoa et illusire D. Âmlrès de Arango, vieil ofBcier géDôral de rarmée de rindépendance, aujourd'hui eommiBsaire royal de l'agrieullnre à Madrid; sa recomipaDdalioa m*a aoivi partout où jo suis allé : du savant géologue D. Joaqalfi Ev|tterra
del Bayo, inspecteur général des mines ni de son fils D. Javier Ezqtierra; du savant botaniste ettigronnme, D Pascual Azenzio; dô I). José do Hi' dalgo Tablada, auteur de plusieurs publications agricoles très-estimées. A Gordouo, j'ai reçu de D. Francisée Ramet, iptendaut du duc de Sotomayor,et l'un des liommes les pins aimables qne j'aie rencontrés, les renseignements les plus précieux sur ragricalttire de l'Espagne, et en particulier de TAndalousie. Je dois citer encore, à Séville, D. Manuel Col-» meiro, botaniste lrès-tli?tingné ot professeur à l'Université et à l'Académie de niodecine, eL l'illustre comte de Las Navas et i). Juiiqinn tianido; a ZalVa, D. Àgusliuo Alvarez, dont je me rappellerai toujours les bontés ; i Almendralejo, D. José Pinillos et D. Pedro Romoro tiltùn. Ce dernier possédait 8,000 hectolitres de froment dans ses silos, et il me proposa d'enfaîre ouvrir et vider aatant que je le 'von^ drais pour me mettre à même de les étudier.
Enfin, jo ne dois pas oublier de dire avec quel intérêt je fus accueilli par M. le général Aupick, alors ambassadeur de France en Espagne, et psr MM. les consuls de France, vicomte Brènier de Montmorand, à Sér ville, et marquis de Gricourt, & Cadix, aujourd'hui chambellan de S. M. TEmpereur.
Mais nulle part je n'ai trouvé plus; de sympathie potir mon entreprise qu'auprès de M. le gouverneur général de l'Algérie, aujourd'hui maréchal Randon. Son approbation, lesouvenirde ses encouragements etdes preuves personnelles d'intérêt qu'il m'a donoécs, m'ont souvent soolenn au milieu de grandes diffienités. Il me pardonnera, j'ose l'espérer, d'avoir voulu loi en témoigner hautement ici tonte ma reconnaissance. Je suis heureux de pouvoir associer à son nom celui de M. l'intendant militaire de Guiroye, anjonrd'hni maire d'Alger, qui m'a servi dans mes travaux par tous les moyens eu son pouvoir et m'a toujours encouragé 8an^> réserve à y persévérer.
actuelles. Leurs greniers souterrains avaient des parois imperméables et étaient bien fermés; il suffît de voir ce qui en reste pour s'en convaincre. Les Maures creusaient leurs silos avec le marteau et le ciseau dans des roches compactes* toutes les fois qu^ils en trouvaient au voisinage de leurs grandes vîltes. J'ai vu à Âlcala del Guadayra, près de Séville* seize deces excavations, taillées dans le roc, et j'y en ai mesuré une qui contint au moins 3,000 hectûlili es de iroment. On en a retrouvé, assuret-on, plus de cent pareilles dans la inrme localité. Ils savaient aussi construire des caves étanclies en maçonnerie d des terrains bien choisis ; tels sont les sUos de Kota, que j'ai visités; on m'en a cité d'autres. Ils servent encore aujourd'hui aux mêmes usages qu'autrefois , et l'on ne connaît pas la limite du temps pendant lequel les grains peuvent y rester renfermés sans se gâter. Quant aux Romains, ils demandaient tout à l'art de la maçonnerie , et ils établissaient leurs greniers jusque dans les situations les plus défavorables : dans des terrains de glaise ou de sable ; à quelques mètres du Lurd de la mer. Mais rien n'égale ic soin avec lequel ces constructions étaient faites ni les précautions prises pour les défendre contre l'humidité. Ce que Ton y admirç surtout, ce sont leurs revêtements intérieurs, qui sont incomparables. J'en ai rapporté quelques fragments, détachés avec peine des greniers romains du vieil Arzew, qui conservent encore, après quinze cents ans, la dureté et le poU du marbre. Nous les connaît trons bientôt mieux , car ils sont entre les mains de mon savant ami M. Malaguti , qui a bien voulu se charger du soni d'en faire l'analyse.
L'erreur vraiment étrange que l'on a commise, c'a été d'attribuer à des travaux beaucoup moins parfaits et même
aux excavations souterraines les plus grossièt^s, des prôpriétés conservatrices comme celles que possédèrent toutes ces admirables constnietions, dont je ne puis donner ici, faute d'espace, qu'une idée très-imparfaite.
'ÏÏî'»mêu?°it ^'^-^ étudié aussi, et d'une manière tonte particulière, ÎSn»rSî^eir- ces silos primitifs que M. Ternaux et d'autres ont eu la mal- «■^1"'^*»'" beureuse inspiration de prendre pour modèles. Leur hisîïïSLTSTbon toire tout entière peut être écrite en quelques lignes. Ceux Mtnt à qui sont creusés dans des roches compactes conservent le bl^ très^longtemps : on pourrait même dire ind^niment, car il y avait dans le Gharb, au Maroc , des silos pleins depuis vingt-sept ans, lorsque je fus à Tanger, en Dans les terrains poreux» au contraire, les grains se gâtent ; mais on comprend que réitération ddt se faire plus ou moins lentement, suivant que la constitution physique du terrain oppose plus ou moins de résistance à l'air et à Teau , suivant que les sources d'humidité sont plus ou moins éloignées (1). On y peut même encore obtenir une
(1) Les prîBCtiitles eonâitions ponr que des graios so conservent dans de simples excavations sous le sol so trouvent parfaitement indiquées
dans \q passage suivant de Pline l'Ancien : >< Ad frumentum sm'andum horrea apud alios alia sunt. Utilissimc, ut aiunt servatur in scrobibus quos siros vocant. lu Hispaniû et Africd cura est ut skco solo fiant ; mox ut palea substernatur, praterea cm tpieâ sud eemlifntitr. /to /h»- «enta, si mUn tpirUiiu penefnt, eerium êH nvUm miell^i'miH, et durare sic e<mdUa in multos amas. » L'eusilage avec les Inlles {spicà suâ) est une pratique dont je n'ai vu ni recueilli mille part aucunu trace. Quant au degré dp siccité des grains, Pline n'avait point <i en parler, puisqu'il racontait simplement ce qui se passait dans des contrée où ce degré est toujours dépassé, par la nature mèmedescliOBes ; mais les Romains durent en reconnattre bientôt la nécessité, lorsqu'ils voulurent introduire dans les Gaules leur systbme de réserves souterraiiiés. On ne parait avoir attribué trop d'importance anx restcf; si rares qui ont été retrouvés chez nous de leurs iravnnx en ce genre. C'est pour ainsi dire à chaque pas qu'on rencontre des greniers romains sur le iitto*
véritable conservation pendant pluâeprs années, en ehoisissant bien remplacement des sileras (enceintes à silos) ; en visitant frcqucmnieiiL les ^laiii^, au uioyeu d'extractions partielles, pour voir s*ils ne deviennent pas humides ; en les séchant de nouveau par des pellclages au soleil , si l'on reconnaît que l'humidité les a gagnés ; en renouvelant fréquemment la couche épaisse de paille sèche par laquelle ils sont séparés des parois du silo , et qui ést atteinte la première par l'eau venant du sol. Voilà ce que j'ai vu pratiquer en Estramadure, dans m petit Ijajs qui doit à sa constitution géologique le privilège exclusif et très-envié de pouvoir conserver ses grains dans la terre, pendant cinq ou six ans (l). A Tépoque dont je
ni nord àà l'Afrique; et les caves d^Amboite et antres consirnetieDs du même genre» si on ne s'est |>as trompé sur leur origine et sur leur destination, nous représentont probablement de simples essais que l'insuccès fit abandonner de boniu^ hcmo.
(1] La Ticrra de las barros, a quatre heues de Badajoz et de Zafra vers l'est. C'est une contrée plate, de quatre on cinq lieues en tout i»ens, formée par un dépôt de sable et d*afgile fortement ferrugineux et demicompacle, à l'intérieur d'une enceinte de montagnes on nerra», qui ne s'onvre qne snr deux points vers le nord. Elle doit son nom à la nnlnrc argileuse dr son sol (barro, argile, glaise). Le grand bourg d'Aimendrilejo en occupe a peu près le centre. Les silos sont construits sur de petites croupes ou èmioences {cavezos) où le dépôt atteint six à huit mètres d'épaisseur sur les schistes auxquels il est superposé. L'ensilage ne se pratique» du moins avec quelque étendue, que dans neuf localités seulement, et encore ceQesd'iUmendralejo et de Tillafranca sont elles les seules où on lui donne un aussi grand développement. Dans plusieurs, il existe seulement quelques silos à l'intérienr des habitations. Dès qu'on quitte le dépôt dont je viens de parler, on se trouve sur des terrains perméables qui ne se prêtent plus aucunement A la conservation des grûns. On se trompe d'ailleurs beancenp quand on croit que l'ensilage est un mode éa conservation presque général en Espagne, on au moin» dans quelques-unes de ses provinces. C'est au contraire une exception assez rare. D. Pascual Azeozio m'a cité ceux de Rota et do Burjasot, et m'a dit qu'il en existe sur quelques points de la Caslille-Vieille; D. J. Ezquerra, qni a beaucoup parcouru l'Espagne, eu a vu é Mota del
^arie (septembre iS5â), les silos étaient pleins , et on en avait creusé de nouveaux pour suffire à garder tous les excédants des cinq récoltes précédentes. J'ai compté apprôidmativement deux mille cinq cents silos dans leis seuls bourgs (puebhs) d'Afanendralejo et de ViUafiranca de los barrosi et la quantité de froment et d'orge qulls contenaient ne me parait pas pouvoir être estimée à moins de deux à trws cents mille hectolitres (1).
siio« primuif«qu i. Qoant aux silos creusés dans des sols meubles, dans des
Mita NUTernAux. ^ '
terrains poreux et facilement accessibles aux iUtrations
d'eau, j'en ai pu observer à Tanger, chez les Smélas, chez
les Btioiia, auprès d'Arzew. On y garde le blé un an loiil au plus, et souvent on l'en retire à demi-pourri. 11 n'y a plus là rien qu'on puisse appeler du nom de conservation.
Ainsi i'examen de ce qui reste des greniers souterrains d'autrefois et l'observation raisonnée de ce qui se passe à l'heure actuelle en Espagne et en Afrique m'autorisait à conclure, comme la discussion des essais qui oilt été faits en France, et comme la théorie même de l'altération des grains, savoir :
Coervo, sur la limite dea Irait provinces de Teledo, Cuença etQuded- Real ; D. Â. de Arango m'a parlé de ceux qui existent aux.eoviroDs de
Talavera, et il se souvenait (Yen avoir vu, dans sa jeunesse, auprès de Zamora. A Séville on ne m'a indique que la Tierra de los barros. Ces renseigoements prouvent que l'ensilage est un procédé tout local. J'ajouterai qu'il n'est pas jugé autrement en Espagne, et que je ne m'explique pas comment on a pu se tromper comme on l'a fait à cet ^rd. Si mon but avait été seulement d'importer chei nom les pntiiiues suiiiea dans les pays où l'on ensile, j'aurais dû promptement y renoncer, tant les détails que l'on rae donnait dès le début étaient peu encourageants.
(1) On m'a montré a Villa Franca un vieux pi ph e, l î Padre Dominguez, qui a dans toute la contrée la réputation d'avuir vendu, en tM7, plus de vingt mille heclolitres de froment (40,000 Iknegues} qu'il avait en silos.
Que partout où les conditions jdiysiqucs qui empêchent ^ÏS i " S î; ou modèrent les fermentations se trouvent remplies, les grains se conservent sons terre; .
Que la conservation, quant à ses résultats et à sa durée»
est en raison directe du plus ou du moins de perfection avec laquelle ces condilious sont remplies ;
Que partout où la conservation souterraine n'a pas réussi, c'est que ces conditions manquaient.
Il restait donc à les déterminer, ces conditions, avec précision, et à trouver des moyens pour pouvoir les rer produire partout et toujours; c'est ce qui m*a occupé exclusivement pendant ces trois dernières années.
Parmi les causes qui concourent à produire et k activer R^^r >o,ch> dr. r»n- Ja fermentation des grams, s il en est une que 1 on puisse ^^^^ ^ regarder comme la première, c'est l'eau qu'ils contiennent,
c'est leur humidité. Sous son influence, l'oxygène de l'air est absorbé et remplacé par de l'acide carbonique, en mùuie tenq)s qu'il se forme d'antres pi odiuis , différents suivant les proportions d'eau. Il résulte de l'élude que j'ai faite de ces phénomènes qu'en admettant une température continuellement égale ou inférieure à 15 degrés centigra? des comme celle du sol parisien, à 2 mètres de profondeur et au-dessous ;
1* Dans les grsâns sains contenant moins de 16 pour 100 d'eau (1), il ne se produit qu'une fermentation alcoolique
(I ) Il est eMBSltel de remerquer que les délerniloations que je donne dans ce passage ne peuvent fournie matière à anenne objection contre le système qui sera exposé plus loin, ce système ne reposant ni sur le ■ chiffre (le 10 p. 0/0, ni sur aucun anlro. C'est en forçant le ûc'^vé de siccilé que ce système devra être appliqué, surtout au dél,)ut, et rien ne nous limite à cet égard. Los lilés se conserfent toujours en Espagne et en Afrique, quand ils sont ensilés immédiatement après
excessivement fiuble , sans développement d'odeur ni de
goût, et saisissable seulement par les procédés les plus délicats de la chimie. D'ailleurs, celte fermentation ménne, qu*on pourrait appeler théorique, s'arrête dans les vases fermés après que l'oxygène, qui l'a déterminée primitivement, a complètement disparu. Il ne s'y forme aucun autre produit acide que l'acide carbonique; i'amidon ni le gluten n'y éprouvent aucune modification,
2« Vers le chiffre de 16 pour 100 d'humidité, ou un peu au delà, l'altération des grains commence à se produire, avec le temps, dans les vases fermés; son activité relative dans des Ués diversement humides crott avec les pro« portions d'eau, mais beaucoup plus rapidement que ces proportions elles-mêmes. Elle est due aux réactions que les chimistes ont désignées sous les noms de fermentations lactique, butyrique, caséeuse. M. Lucien Bonaparte avait déjà reconnu li > pnxluits de la fermentation butyrique dans les grains avariés, cl tout le monde a remarqué l'analogie de goût et d'odeur que présentent les blés et les farines qui se gâtent avec les produits delafermentation du lait dans le fromage* Quoique Toxygène ne soit pas étranger dans l'origine à ce second ordre de fermentations, elles se continuent indéfiniment après que ce gaz a été entièrement absorbé et s'accompagnent d'une altération réciproque de l'amidon et du gluten ; ce dexnier principe semble même
la récolte, et la durée de cette cnn«rrvatioii ne dépend manifestemeDt que des silos eux-mêmes. Cepeudanl, ils peuveut cooieiiir encore asqu'A 12 et même 13 p. 0/0 d'eau qiiaad M les loge en terre, et une des quatre expérieitoes en greiid» qqe )0 mit h\n connaître, a en précisément pour objet de montrer que nous pourrions descendre par .la dessiccation arlifii ielie, et dans la pratique, jusqu'à ce chiffre et audessous. Les trois autres prouvent, jusqu'à révidenoe, que cela ne sera aucunement nécessaire.
disparaître par sa Uransformalion en une matière sbluble qa'oD ne pent recueillir» comme le gluten sàin, par la ma-
laxaticn.
Ces résultais précisent le sens des mots sec et humide quand il s*agit des £,M'ains à conserver. Les blés secs sont ceux qui contiennent moins de 16 pour 100 d'eau; ies blés qui en contiennent plus sont des blés humides. La pratique corrigera , ainsi qu'elle sait le faire, ce qu'une pareille définition a de trop absolu, et ce lui sera d'autant plus facile (jpie» comme je l'annonçais déjà dans mon premier lilémoire, les différences sont très-faibles entre les blés qui L t gâteraient par excès d'humidité et ceux qui sont assez secs pour se conserver. On pourra donc toujours se donner une sécurité complète, en forçant, même légèrement, la condition de siccité, Dans les pays comme l'Espagne ou l'Algérie, il faudra raisunner dans l'hypothèse d'une température du soi de 20 degrés au moins, et ce sera le chifïre de 14, peut-être même de 13 pour 100 d'eau qui remplacera celui de 16. Il y aura a tenir compte aussi de l'état d'altération ou de non-altération des grains, car tout le monde sait que^ les ferments une lois formés, leur action se continue même dans des conditions où leur formation n'aurait pas eu lieu. Les blés déjà altérés, et reconnaissables à leur odeur et à leur goût, devront donc être estimés, toutes choses égales d'ailleurs, comme s'ils contenaient 1 ou 2 pour 100 d'eau de plus que les blés sains, et par conséquent devront être choisis secs ou séchés, à 1 ou 2 pour 100 d'eau de moins.
Demandons maintenant à Texpérience quel est l'état d'humidité des blés que l'agriculture, le commerce ou une entreprise quelconque pourraient avoir à conserver.
AiEipainr. j'^j rapporté de Cordoue uu ccliaiiliiluii de Lié dur qui ne coniciiaU que 8 pour 100 d'eau. C'est le plus sec que j'aiereacoritré; l'humidité des grains enCasulie, en Andalousie et en Estramadure, est de 9 à 12 pour 100 d'eau En Algérie iMue- immcdiatcmeat .OBrès la récolte. Ceux de l'Algérie sont
m des silo* «>- • ^
n.lm.diîé.'^riî notablement moins secs; l'im des échantillons que j'ai iTSS^ le rapportés de la halle arabe d'Alger contenait lë pour 100 d*eau, et il doit y en avoir de beaucoup plus humides « puisque tous ceux qu'on achète des Arabes sortent de leurs fnat-mm, qui ne sont que les silos les plu > i^rossiers. J'ai vu, dès le mob d'octobre, sur le marché de Karguentah, près d'Oran, du blé de l'année qu'un Arabe y avait apporté et qui était déjà tout à fait gâté. On voit combien on est mal fondé à croire que les blés de l'Afrique sont néC''>^ li rement secs, et qu'il doit suffire de les mettre à l'abri de l'humidité souterraine. L'administration de la guerre a essayé de conserver par l'ensilage les approvisionnements de l'armée en Algérie (1)» et elle a éprouvé des échecs qui l'ont fort découragée. Mais ses silos perfectionnés sont inférieurs à bieu des égards, sous le rapport des conditions physiques, à ceux des Deys eux-mêmes. Ce sont des constructions élevées au-dessus du sol, en maçonneries per-
(1) J'ai visité cf^s à Cran, à Kari^ncntah.à Mostasanem.à Alger, à Blidah. Avec qm^iques difrérences qui ne sont pas sans iolérét, et portent priDcipalcniciil sur l'emplacement et ie mode lie construction , leur donnée générale est I» même. Ce sont toujours des silos extérieurs, plus 00 moins exposés à riofluence soleira, el ootonr desquels Tair eircole. Ce qui a fait choisir ce système, ce sont des suc(^s obtenus à Sétif, ea renfermaDl du blé dans d'anciennes constructions romaines en forme du tours. J'ai le regret de n'avoir pu aller les examiner; mais je crois pouvoir dire avec certitude ce que j'y eusse reconnu ; c'est que les blés qu'on y a oonservés éUieni des blés tiès-secs ; probableisent aussi, que» les parois sont aussi peu peméables k !*air que celles des silos romains il'Arzew.
Digltized bv Cooofp
TûésàAeSf enveloppées d'air de tous côtés, et exposées à de grandes vanations de température. Il eût faûu n'y renfermer, que des graiiKs parfaitement secs » des grains dV rigine connue, et pris immédiatement après la récolte; on eût eu de très-grandes chances de réus^; mais c^est à quoi Ton ne paraît pas avoir songé. Je suis allé visiter les silos de rinteridaiice militaire , à Blidah , par ordre de M. le gouverneur général, le 29 octobre i83'2, afin de rechercher les causes particulières qui y avaient déjà produit à plusieiu^s reprises de très-fâcheux insuccès. Je trouvai des caves construites avec beaucoup de soin , au rez-dechaussée d'un beau magasin isolé de toute construction qui pût l'abriter d'aucun côté. Elles ont deux orifices, Tun dans leur voûte, pour l'introduction du grain, l'autre au niveau du sM, pour son extraction. Un corridor assez étroit les sépare seul desmurs extérieurs du bâtiment, et le soleil frappe successivement trois de leurs faces latérales , à4ra* vers les grandes fenêtres dont ces murs sont percés. Us venaient de traverser, pleins de froment, les six mois les plus chauds de l'amiée et on était en train de les vider, (^e que j'y observai, on pourrait le prévoir sans peine. Le grain sortait plein de charançons vivants, ce qui suftit pour prouver que l'air y pénétrait du dehors , et y introduisait des principes de fermentation pour le grain en même temps que de vie pour les insectes. La température de l'un d'eux, prise dans l'orifice inférieur, était de 32 d^és,elle s'élevait à 41 degrés dans les couches supérieures. C'était, ainsi que je l'ai dit , à la' fin d'octobre, et un thermomètre introduit dans un sac de blé, à l'étage au-dessus des silos, n'y accusait (pie degrés seulement. Quant à l'humidité du gram lui-même , elle ne pouvait être qu'assez élevée, l'ensilage ayant eu lieu a la fin de l'hiver précédent, qui avait été très-humide. Un éclianlillou pris dans
le silo que ion vidait en ce moment, et vers le milieu de la masse totale, contenait 44,6 pour 100 d*eau. Le col d'un antre était rerniili de blé aussi mouillé qu'au sortir d'un appareil de lavage. C'était l'eau condensée à la face inférieure du couvercle, et retombant en grosses gouttes» iqui avait produit ce singulier efifet. Ce sont là des faits qui montrent que Tensilage extérieur au sol crée des conditions extrêmement multipliées et» en scmune, très-défavorables, mais qui ne prouvent rien contre l'ensilage souter* rain en vases parfaitement inaccessibles à Tair et à l'humidité, surtout lorsque j'aurai montré que les conditions de icmpérature sont aussi peu variables dans les grains ainsi renfermés (pie dans le sol lui-môme.
On ne rencontre jamais de cbaranoons dans les silos de l'Estramadure, si ce n'est dans le col, où l'air' pénètre par fitoition à travers la terre. Ces insectes périssent proniptemei^ dans les silos de Rota, qui sont bien fermés» et ce fait donne même lieu à une application très-intéressante de ces précieux greniers. H arrive souvent que des capitaines de navires anglais sont forcés de vendre leurs cargaisons de blé à Cadix lorsqu'ils ont été retenus dans la Méditerranée par des vents contraires, parce qu'elles se sont échauffées dans leur magasin et qu'ils courent risque de les perdre entièrement avant d'atteindre le terme de leur voyage. Les iiabitants de Rota achètent ces grains et les ensilent ; trois mois de séjour sous terre suffisent pour les rafraiclûr et y anéantir les charançons ; c'est ce qui faisait dire au gardien des silos de ïaifmtamiento en me lës montrant et en m'en expliquant les usages t Los iiks son h<apitaU para îos $rimo$, « les silos, ee sont des hôpitaux poiir le» grains. »
En France, à part nos départements du Midi, les blés
contiennent rarement moins de 14 pour 100 d'eau; la plupart des bonnes qualités ne dépassent guère 1 6, au moins dans les années, fevorables; mais une pratique générale rencontrerait fréquemment des chiffres beaucoup plus élevés. Sur 46 échantillons que j'ai reçus du Calvados au commencement de 1854, un seul contenait moins de 17 pour 100 d'eau, et cinq nioiiis de 18; leur humidité îuou iiue était de 19,3, et deux échantillons atteignaient le chiffre de 23. Cette humidité excessive des hlés dans un pays ne doit pas être attribuée seulement au climat, ni aux conditions atmosphériques dans lesquelles une récolte a été faite. Les lial)itudes agricoles y entrent pour beaucoup. C'est ainsi que l'état de sécheresse particulière aux blés de l'Espagne s'expHque par l'usage que l'on y fait de la paille réduite presque en poussière pour la nourriture des animaux. On ne peut l'obtenir dans cet état qu'en laissant d'abord sécher sur pied les chaumes avec les épis, et en dépiquant ensuite sous l'ardeur du soleil par des procédés de trituration que nos hache-paille n'imitent que de la façon la plus grossière ; chez nous, an contraire, on coupe les blés à moitié verts, et on se hâte de les entasser • dans des granges et dans des meules où ils entrent immédiatement en fermentation. J'ai entendu dire que les grains se nourrissent dans cette situation , mais je né crois pas que l'on se soit jamais assez inquiété de savoir quelle est la véritable nature de cette nutrition, et l'influence qu'elle exerce sur la manière dont les grains se conservent ensuite.
Ainsi, le mot pains désigne réellement des produits ^"r^'-r'A^^^oytv, extrémement différents les unsjles autres au point de vue *^'^'^^onw»w
^ route.
de leur conservation; des ]n*oduits pouvant se conserver spontanément, pour ainsi dire dans toutes Jes conditions» et sans aucun soin ; d'autres exigeant au contraire Tenir.
ploi de moyens qui neutralisent les effets de lliumidité» J*ai consacré une partie de mon travail à étudier sous ce rapport et comparativement les procédés autres que Temmagasinement souterrain, tous ayant été proposé comme propres à être appliqués partout et à tous les grains. On peut les réduire à deux systèmes généraux reposant Tuni sur Femprîsonnement , dans des vases fermés, avec des atmosphères ai ùliciclles; l'autre sur Ja cuiistruction de greniers pouvant recevoir de très-grandes qunnlil«% de grains et les soumettanl à une ventilation plus ou rooins éner^quc. Voici les objections que je me crois eu droit de leur adresser. Comme elles portent sur les principes mêmes, je n'ai point à examiner la valeur relative des diverses formes sous lesquelles ces principes ont été appliqués , et je ne discuterai aucun procédé en particulier^
Il n*e$t pas inutile, même après tout ce qui précède, d'insister pour dire que nous n'avons à nous occuper ici que des grains humides et d'une conservation' de longue durée; car, si Ton en excepte celui qui consiste à les enfouir dans un sol pénétré d'eau, les grains suffisamment • -secs peuvent être conservés par tous les procédés, et, pendant quelques années, avec des portes négligeables ou mêmes inappréciables pour une pratique peu attentive. Ce sont donc, par exemple, sous la latitude de Paris, des blés contenant 18 à p. 0/0 d'eau qu'il s'agit de conserver cinq ou sis ans ; n'en demandons pas davantage. '
■tfïrlLiiîîï! remarquer d'abord qu'il serait partaitement
S!!!rSrJw inutile d'avoir recours à des procédés spéciaux et àdesapgSStéfZ ^ pareils très-embarrassants pour la pratique, 5*il ne s'agissait pour assurer la conservation des grains contenant une
trop forte proportion d'eau, que de les emprisonner avec des atmosphères exemptes d'oxygène. C'est là une opéra-
tion dont ces grains se chargent, eu quelque sorte» eux-, mêmes» dès qu'ils sont en vases clos, puisqu'ils absorbent Toxygène, en le remplaçant pardeTacide carbonique. Mais
sur quoi se Ibnde-t-on pour penser que c'est là un principe suffisant de conservation? Il suffit de uieltrc quelques poignées de blé humide dans un flacon bien bouché pour s'assurer du contraire ; le temps nécessaire pour qu'il se gâte sera de quelques mois, d'un an ou de deux ans, suivant que son humidité sera plus ou moins forte; mais il finira toujours par se gâter, et, j cependant, il est facile de s'assurer que, longtemps avant ce résultat, ]e flacon ne contient plus d'autre gaz que de l'azote et de l'acide carbonique. Voilà pour les mélanges gazeux qui n'agiraient que par Texpulsion de l'oxygène. Quant aux propriétés aiiliscptiques positives que cerlahis gaz possèdent, il eut. fallu s'assurer au moins qu'elles intéressent le genre particulier d'altérations qui nous occupe; qu'elles empêcheraient toute réaction de l'amidon et du gluten l'un sur l'autre dans la substance du froment, avec le concours de l'humidité. C'est possible, mais rièn ne nous permet de Taffîrmer comme certain, dans l'état actuel des choses, surtout si l'on fait intervenir les difficultés inséparables d'une grande application pratique.
Les procédés fondés sur l'aérage vont nous occuper proc^dé« par ven. plus longtemps que les premiers. Il n entre assurément J,;''^>;'^ pas dans ma pensée dé dire qu'ils ne peuvent rendre aucun service, ni même que certains ne dussent pas être préférés à ce qui existe ; cette préférence serait justifiée par le seul avantage qu'ils ont d'utiliser mieux l'espace que les magasins ordinaires ; mais je crois pouvoir montrer qu'ils n'empêchent pas la fermentation des grains humides, ni
par conséquent les dédiets et Faltération qui en sont Teflel inévitable.
Les greniers ventilateurs dérivent tous, plus ou moins immédiatement, du pelletage, et reposent sur ce principe, énoncé ou non, fjue le pelletage, ou seulement l'uiiedeses parties, Taér âge, portés à leur maximum d'effet , seraient des moyens parfaits, absolus, de conserver les grains. Or, il n*est probablement pas un praticien éclairé qui ne sache qu'en faisant pelleter ses blés continuellement, il les conserverait mieux et plus longtemps qu'en les laissant en repos, mais sans cependant pouvoir empêcher ainsi toutes les pertes. On n*ignore même pas que, passé un certain point, il est inutile démultiplier les pelletages. Voilà ce que nous enseigne la pratique. Quant à la théorie, c'est-à-dre aux faits encore, mais liés entre eux par des déductions logiques, elle fournit des objections auxquelles il me parait difficile de ré[iondre autrement (ju'en se couvrant de réussites Itrutes que nous verrons à apprécier un peu plus tard comme elles doivent Télre.
0)n,in.-iiiu TPDii- On fait, presque sans restriction, des mots aérer, vcn-
lAlion rofratrliil 'ri »
le» grBJM. (jjgi» quand il s'agit des grains, les synonymes pratiques de sécher et rafraîchir. Des grains ainsi séchés et rafraîchis doivent éire à Tabri de toute fermentation ; cela ne paraît pas même pouvoir faire Tombre d'un doute. Or, en premier lieu» et quant à rafratchir, n'est-il pas évident qu'en prenant de l'air hors d'un magasin pour le mettre en contact avec une masse de grains, tout ce qii'on peut obtenir, c'est de mettre cette masse en équilibre de température avec, l'atmosphère extérieure? Et comme c'est pendant le jour que les ventikiiious ont lieu, cet étal d'équilibre ne sera mf^mc p.'is celui de la température nioyemie; il lui sera supérieur de plusieurs degrés. Ce n'est pas là un para?
doxe; il faudrait dire récliauffer et non rafraîchir, s'il n'existait pas une circonstance qui explique parfaitement Tulilité du pelletage dans la pratique générale, mais par une explication qui exclut jusqu'à ia possibilité d'une conservation réelle : c'est réchau(rement spontané des grains. ei c n. i. . vmpt.
' die pu% de (tr-
Le pelletage, Taérage. la ventilation rafraichissent les grains qui se sont échauffés s| ontanément. Les grains s'échauffent donc, les grains fermentent donc, les grains
perdent et s'alti rcnt donc à la température ordinaire, et à plus forte raison à celle à laquelle on les ramène par la ventilation. La théorie, à cet égard, est tout a fait d'areord avec la iirati({ue. Surquoi, en eiïet, pourrait reposer l'idée que les grains humides ne lernienleront plus quand on les aura ramenés par ia ventilation à des températures de iS, âO»dO degrés en France, de 36 et de 40 degrés en Espagne et en Âlgériç? que cette fermentation restera en repos pendant huit jours? car on n'hésite pas à laisser cet intervalle entre les ventilations pour en diminuer les frais. Serait<ce sur une influenee conservatrice de Pair lui-même? J'ai lu quelque part, en effet, que r;]t'Tage est une manière de faire vivre les grains, de traiter ceux ijii sont malades, et c'est nnelhéorie d'autant plus cm ieuse qu'il se passe bien là, en effet, quelque chose d'analogue à l'une des plus admirables fonctions de nutrition de l'organisme animal. Seulement» il ne sera pas sans intérêt de savoir ce que peut coûter ce soin d'entretenir la respiration des grains que Ton cramt ainsi de voir s'asphyxier faute d'air dans les greniers perfectionnés»
J*ai recueilli par des dispositions faciles à imagmer e"*" ""e rm»
•• , ^^fi pourrait un»
acide carbonique qui se formait dans de grands flacons p«<" pleins de niés diversement humides et par des tempéra-
leur ft-rmeotatiuii ruirmnlf h l'<iir, et
- - c'est un pUéno»
tures diiTérentes. J'ai trouvé ainsi que du Wé contenant -
21 p. 0/0 d'eau, moins, par conséqueut, que certains blés du Calvados, fournit, par 20 degrés de température, 120 milligrammes d'acide carbonique par jour et par kilogramme dans rétat de repos, et 17 milligrammes par hem>e sous Tinfluence d'un courant d'air constant^ ce qui ferait 408 milligramines par jour. Xa ventilation fait donc plus que tripler la décomposition dont Tacide carboniqaen'est que l'un des produits. 1.a dernière de ces deux pertes est énorme, car elle ne représente pas moins de 2 1/2 p. 0/0 de i^hicose sec delruit chaque mois, en admetsant qu'elle soit due à la fermentation alcoolitîiie. Il est probable qu'elle neseconliiiuerait pas iadéfinimenl comme elle a lieu pendant plusieurs heures ; mais elle se renouvelle la même et avec la môme énergie pendant toute la darée d'une ventilation intermittente. D'ailleurs» il ne nous en faut pas tant, et la perte de lâO milligrammes d'acide carbonique par jour, qui n'exige qu'un renouvellement de l'air presque nul, suffit pour repousser l'espoir d'une conservation de longue durée, car elle représente encore une destruction de matière sèche s'élevant à 7 pour 1 ,000 par mois : et ce n'est là que la perte en poids; la iinrte en qualité qui résulte de la formation des produits 4€rcs el telides est incomparablemenl plus redoutable. Ënfm, c'est la perte qui a lieu par une température relativement basse , celle de 20 degrés ; elle croîtrait avec la température et beaucoup plus rapidement qu'elle.
Les propriétés desséchantes, que l'on attribue àl'aérage des grains donnent lieu k des considérations du même ordre.
^"s?r d/' la l^^éesi une substance très-hygrométrique. Exposé à J'éZt ^*^* *ï ^'^^'i s'il est plus humide que l'atmosphère.
il en prend s*il est plus sec. Ce sont là des faits que Ton ch» «« «muiM peut vérifier avec la balance la plus ordmaire, et la pratique clle-m(^mc les confirme; car si les blés en général perdent dans les greniers, il y en a qui y gagnent au contraire du poids et du volume; de telle sorte que, convenablement employée, la ventilation serait un procédé pour rendre humides les blés secs comme pour sécher les blés humides. Or, cet art de manier la ventilation, ces règles à suivre pour obtenir le résultat qu'on se propose, où sontils dans les diverses applications que l'on a imaginé d'en faire? Tout au plus dans quelques idées vagues sur la sécheresse ou rhumidilé du temps, dans des appréciations sans bases sérieuses et très- sou vent fausses. Ce que Ton appelle un temps sec n'est pas toujours, à beaucoup près, un temps où il y a très-peu d'eau dans l'atmosphère. La sécheresse et l'humidité atmosphériques se compliquent de la température, et de l'air pris sec extérieurement, à midi, par 25 degrés centigrades, sera de Tair humide après avoir été introduit dans l'intérieur d'une masse de grains offrant seulement 7 ou 8 degrés de moins : il n'en sortira (qu'après y avoir déposé une quantité d'eau plus ou moins forte suivant l'état du blé lui-même. Ce ne sont là que des conséquences immédiates des principes les plus élémentaires de rhygroniétrie.
Mais ce n'est pas tout. On dit : L'air, en traversant une masse de grains, se charge d'humidité pour l'entraîner au dehors : formule pleine d'erreurs. L'air est déjà plus ou' moins chargé d'humidité; il n'en peut emporter tout au plus qu'un certain excès et cet excès est généralement trèsfaible. Le blé, en effet, ne se comporte pas avec l'eaa comme le ferait du sable mouillé. Il la retient pjxr tme force spéciale, par une certaine affinité;. c'est le caractère de toutes les substances hygrométriques. La surface du
grain seule» même lorsqu'il esl fortaneDl mouiUé, abandonne Peau avec iaeiiité» après quoi la ventilation ne peut plus avoir qu'un effet presque nul. On voit combien il est à regretter que toutes ces questions n'aient jamais été
sérieusement posées, et que Ton ait cru pouvoir procéder d'Liiiijlée à de grandes applications sur la foi de certains faits pratiques interprétés d'après des idées pr(''Coii(;iies. Parmi les expériences ({iie les différents auteurs ont rapportées, je n'en connais qu'une qui se présente avec des chiffres pouvant faire croire au premier abord à une certaine efTicacité des greniers ventilateurs comme moyens de dessication; toutes les autres ont eu lieu sur des quantités de grains beaucoup trop faibles, ou ont duré trop peu de temps, ou enfin (c'est le cas général) n'offrent que des résultats trop peu étudiés et que des chiffres insuffisants. Quant à celle que je crois devoir reproduire ici avec quelques délails, elle prouve beaucoup mieux que si elle eût été faite dans ce but, à quel point les objections et les doutes qui précèdent sont légitimes.
La voici (1) :
Elle Ml d un effe» Dc tous Ics ffrcmers perfectionnés, le mieux construit et
presque nul dans or
i» vnuqu», ]0 plug énergique comme ventilateur, celui dans lequel la force est le mieux employée , c'est incontestablement le grenier Vallery. On y reconnaît l'œuvre d'un ingénieur habfle. Dans un de ces ap^tareils, établi chez M. Darblay, à Clorbeil, 96 hectolitres de blé lavé, pesant 6,534 kilogrammes, perdirent 189 kilogrammes en trente-deux jours, pendant lesquels ils furent ventilés la moitié du temps.
(1] Rapports sur le grenier Vallery, faits à l'Aeadémie des sciences, à
la ^ciété d'agricnllure et à la Société d'encouragement ; reproduits dans le Mémoire de M. A. Tliomas sur les réserves de grains.
- ai —
Le blé lavé contient au moins 2S pour i 00 d*eau (1), et une perte de 189 kilogrammes sur 6,534 s'élève* à moins de 3 pour 100 ; c*est une perte excessivement faible, et qui eût dû frap[)er par sa faiblesse seulement;
mais elle ne représente pas même une dessiccation t il eût fallu en déduire les gaz et les produits volatils qui s'étaient dégagés; on eût trouvé que la dessiccation avait dù être tout à fait insignitiante.
Ne ventilera-t-on que dans les temps secs? Il faudrait dire alors ce que Ton fera dans les temps humides; on ne croit sans doute pas que les fermentations s'arrêteront pour attendre le retour de la sécheresse.
rignore ce que Ton pourrait répondre à rien de ce qui précède, et je ne crois plus avoir devant moiqu'un seul ar* gument, le grand argument des faits bruts, le bouclier de
la routine et de l'empirisme, devant lequel doivent tomber dans un commun désastre tous les raisonnements, toutes les déductions, tous les principes. — On a réussi. — Mais, si l'on en excepte M. Ternaux, qui n'a pas réussi? Les blés secs, je ne le répéterai jamais assez, se conservent toujours, et par tous les procédés, au moins pendant quelque temps. J*ai vu, à Madrid, un grenier public qui con< sîste dans des sortes de box disposés autour d'une enceinte. Ces box sont remplis de froment qui s'y garde plusieurs années sans qu'il soit besoin de le remuer jamais, l'ai visité chez M. Terrasse Desbillons, dans le Cher, un grenier où il conservait depuis trois ans avec un plein surcès 300 hectolitres de Ué, après les avoir séchés dans son ctuve. Qu'on ouvre le Mémoire de M. de Lasteyric, on
(1) Voir l'excellent travail de .M. Millon SUT les Phénûmilte$ qw i» paisent au contact de l'eau et du bk^ clc.
IjC» «fcr.ts ; re qii'tl en faut pester.
4* Oui j«tin.|i«KeqH'ttB pr«ii4 lia bUi de eboix , dm
y trouvera des succès obtenus de toutes les façons,' mémo en laissant les grains exposés par tas en plein air, au soleil et à la pluie» Duhamel obtînt dans ses greniers ventilés des succès qui n'ont pas encore été surpassés depuis. M. le comte Dejean, M. le comte De Higny, M. le général Demaroay, M. Delacroix, M. Vallery ont obtenu des succès que l'on n'a jamais contestés. M. Léon Dufonr écrit tons les ans à l'Académie pour lui faire savoir tju'un moyen simple et peu coûteux de conserver le blé, c'est de le mettre dans des tonneaux rangés debout et fermés seulement par im couvercle en bois chargé d'une grosse pierre ; qu'il emploie ce moyen depuis plus de vingt ans, et toujours avec le même succès. Personne, assurément, n'aura l'idée de révoquer en doute une pareille 2« Tou« c«..«urcè« affirmation venant de M. Léon Dufour. Ce ne sont pas les
»onl de« faiU mal ^
otoervé», et il fa^s quc l'ou DCul mcr; ils sont incontestables, dans les
est inipn»cible de * » ' '
wte'^t.'" lifnites du moins où ils ont été réellement observés ; mais il en est tout autrement de la conclusion générale qfron prétend leur donner. Elle tombe devant de simples questions comme celles-ci : Éfaicnl-ce des i^rains qui ne se fussent pas conservés par un moyen quelconque, et même sans aucun moyen spécial ? Étaient-ce des grains humides, ayant déjà souifert, contenant des principes de destruction? On n 0 jaDu>i»«on. — Ghoso vralmcnt à peine croyable, et qui justifie le mot distraction dont je me suis servi en commençant! la quéstion qui nous occupe a soulevé bien des discussions au sein des Sociétés savantes ; il y a eu bien des Mémoires écrits, beaucoup de rapports faits, et je crois connaître à peu près tout ce que Ton a imprimé de sérieux sur celle malière. J'en mh^ encore à cliercber un travail ou seulement une expérience dans laquelle on ait songé à prendre pour guide la détermination directe de l'iiumidité propre des grains, il semblerait que la science n'avait pas de
^ à pfendK
moyen pour l'ohlonip, ou qu'où l'ail i oi;ar(lée coiumc un éicmenl (rappréeialinu saim vahîur. (T<sl au ronlrairo Télément essealicl, celui que rien ne peut suppléer.
Puis, CCS succès, il faudrait pouvoir les analyser, les discuter afin do voir ce qu'ils ont été réellement ; il faudrait savoir si le grain n'avait vérilablenient rien perdu à la lin des expériences : rien de sa qualiié, condition si difficile à mesurer ; rien de sa (|uantiié. Un grain a pu fermenter et conserver son poids» parce qu'il était pius sec que Tatmosphère, et qu'il a repris de Teau en même temps que les produits de la fermentation s*en échappaient. Puis, et surtout, toutes les conditions changent d*un pays, d'une année, d'une récolte, d'une natnre de grains à l'autre, et sur quoi se fonde-t-on pour coiu Im o, tic lc iju'uu a conservé un î)l(' , dix blés, pciiLlanl si\ innis, un an, deux ans, (ju'onesl en mesure do C(tnsrt \ ( r (raiilre> hlti.s, tous les blés, de les conserver sous d'autres climats, par d'autres ternies, et autant d'années qu'on le voudra? La discussion, voilà l'épreuve réelle, celle devant laquelle les procédés empiriques se dépouillent de ce prestige que l'on est malheureusement trop entraîné à accorder exclusivement à ce que Ton appelle les faits, c'est-à-dire aux résultats bruts. Ces procédés ont pourtant leurs théories aussi ; mais je ne m'en occuperai pns : je veux rester dans le domaine desclioscs sérieusc.>.
Enlin sijc n'insiste pas ilavautage sur les frais d'installation première ni sur c<mi\ t|u'cntraine ce travail de j»elletaire ou dp vi^nlilalion cpii ne s'aiTéte a un bout que pour rerommencer à l'autre, toujoiu's devancé par la t'ermcntalion, ni enfin de la dépréciation que les grains éprouvent malîçré tant de soins incessants, c'est que ce sont là des vices assez généralement bien appréciés, et qu'il me siifdra de
Miniiitucnf pour Utei'ulor les fait ..
«1 i| Il iTO l .
I «1 ir r. . ~
lllllll il «'«lïf, Kl
•'■11- (ph3Uir<*
montrer un système dans lequel les premiers doivent être réduits de la moitié ou des deux tiers et les autres supprimés entièremeut.
^ÏTLtioïm.'" ^ système est celui qui consiste à ne conserver que des grains secs et à les conserver dans des vases imper- CMitructinn jn^ablcs, hermétiquement clos et souterrains. Là, plus de
conditions inconnues et variables ; plus d'action de Tair, jji'incipc de toute femiontatiuii, et partant, plus de déchets en poids ni d'altération, à moins que les lilés secs ne se gâtent en vases clos par des températures basses; mais c'est là une crainte à laquelle il n'y a pas même lieu de répondre, tant elle est contraire à tout ce que l'on sait. Jamais on n*a essayé de conserver du blé sec sans avoir réussi, si ce n'est lorsqu'on Fa placé dans des conditions absurdes, et il est impossible de concevoir comment du blé qui se conserverait en plein air ou dans un grenier perfectionné, par des températures comme celles de nos étés, pourrait se gâter, parce qu'on l'aurait logé sous le sol dans un llaeon bien bouché, plus ou moins grand. Enfin pluïj de manipulations, plus de travaux, plus de frais de conservation proprement dits, et des frais de premier établissement au-dessous de ceux qu'exigent les greniers les plus avantageux sous ce rapport.
J'ai vainement demandé aux ingénieurs et à des entrepreneurs habiles les moyens de construire des silos souterrains en maçonnerie, inaccessibles à Fair extérieur et à l'humidité du sol ; tous m'ont répondu que cela est impossible ou au moins d'un succès extrêmement douteux. J'ai donc dû songer aux métaux, ou, pour mieux dire, le système de construction que j'ai adopté est un système mixte. Il consiste dans des envel()[)pes en tùle trèsmince préservées extérieurement contre l'oxydation par uu
revêtement inattaquable et comme noyées dans une maçonnerie en béton qui porte toutes les charges. La tôle n'a
d'aiiti e rôle que celui d'un vernis imperméable (1) elindestrucuhle ; ce dei-nicr jujiut nous est aujourd'hui uaranti par des faits cmpi-inités à l'industrie, et dont quelqiM --uiis embrassent des durées de plus de trente ans. 1^11? olïi e de plus l'avantage de fournir des orifices qui peuvent élre fermés avec la même exactitude que ceux des grands appareils à vapeur. Un silo de 300 hectolitres construit suivant ce système à Paris même, avec de la tùle de trois millimètres d'épaisseur moyenne, et à raison de 100 fr. les 100 kOogrammes travaillés, a coûté, tout compris, jusqu'au dallage en asphalte qui le recouvre, 2,250 fr. , ou 4 fr. 50 c. par hectolitre. Avec les abaissements qu'il est permis de prévoir dans le prix de la tôle, il sullira de réduire un peu son épaisseur et d'agrandir les capacités pour que le prix de l'hectolitrede contenance descende à la moitié de ce chiflre. 11 est. permis d'espérer peut-être qu ii se produira des systèmes dé construction moins coûteux encore, mais il faudra longtemps pour s'assurer qu'ils offrent les mêmes garantiesd'imperméabiiité pour les parois et d'herméticité pour les orifices (2).
La nécessité de laisser les grains dans les silos pendant des années, sans les surveiller, sans pouvoir reconnaître
(1) Pour la» six silos dont il sera parlé plus toi», les enveloppes mé- • tftUiquee ont été coustroiles à Paris, par M. Durenne» rue des Amaadiei s-
Po|)incourl, et transportées cnsQÎte à Asoières. Le U-aité passé avec M. Duriîiiiic portail qu'elles senioiit <«sayées avant toute appliciition de rcvèleiiieiil exlerieiir el île peii)Uiio inlci iciirc, en les i-ein|tli!>.>.aiil d'oan jusqu'au liautdu col, et qu'elles ue ilevaieul laisser échappor aucuiiu fuite ni mftnie aecun suinleiiieni» L'épreuve a eu lieu avee un succès cempleU
(2) Voir les devis ïontparalifs que je douno dans la no^e 3«» page72. .
commonl ils s'y oomportoiU, autrement que par une exlracliou complète, Iburnissait une olijection sérieuse. Je crois l*avoir levoe en établissant des regards dans la voùle et dans le couvercle de ceux que je décris, pour y faire pénétrer une sonde avec laquelle on peut aller prendre des échantillons dans toutes leurs parties. Ce genre d*exanien me parait suffire à tous les besoins. Les grains ne se gâtent pas en quelques instants, et leurs altérations sont dénoncées par un goût et une odeur que tout le monde sodt reconnaître» longtemps avant qu'elles aient pris de la gra*vité (1). Ce qui pourrait donc arriver de pire après que 1*011 aurait rempli un silo d'un blé trop humide, ce serait que Ton fût obligé de le vider pour sécher le blé ou pour s'en débarrasser, comme ou se débarrasse aujourd'hui de ceux qui comportent mal dans les greniers. Ce résultat me paraît être un inconvénient si peu grave, que je n'hésiterais pas à en faire la base même de la pratique de Tensilage, au moins pour que1ques*unea de sesapplications, pour les réserves particulières, par exemple. Le propriétaire ensilerait son blé après lui avoir donné apfnraximativement le degré de sécheresse nécessaire ^ en l'exposant au soleil ou autrement. La conservation parfiûte après .Tensilage serait une affaire de surveillance.
Voilà les grains mis sûrement à l'abri de l'air et de rhnrnidilé exfi'rienre. Oeci]ponF;-nons df l'eau qu'ils con-
(1) Celte odeur et ce goût, lorsqu'ils m soul pas très-proDOocés, dispaniiMBt ptr l'aérag»» el c'est nue det cirooottaooeftqni ont h\t attrh^< buer aux pratiques de TeatilaMon une efficacité coiiMrvatriee qu'elles n'ont pas. Elle est due exelasivenieiil ft l'expalnoa de principes volatils
qui 80 forment dans la fermentation. Mais ces principes n*onl par euxîHémps aunmo influence nuisible. Letir expulsion n'a m<^îiore pas l'état des grains et ne fait pas cesser les actions qui les ont produits. Ils doivent se conserver dans les silos et s'y accroître si l'altération du blé fait des progrès.
tiemienu Je propose de donner pour {loiiil d(> iiépar( à !a conservalion iiiic détermination préalablede celle humidilé, de manière à n'ensiler immédiatement que ceux qui sont secs , et à n'ensiler ceux qui sont humides qu'après les avoir séchés àrliticiellement. C'est une des idées qu'eut Duhamel, mais avec des moyens qu'il ne posséda pas pour lâ mettre en pratique.
La d<''lerii!iii;ilion de riiimiidili' ["niirra ùlvQ foile uai' w<e™>îwa<!«» «lo voie (lii ecle et en cniiiliiyniit les ii oyciis tle la eliiiiiie. Je siiisiiîèine purlé acroiic [HMircie grandes applications, ce sera là le iiioclc dcfinitil', les autres, (piels (|u' ils soient, devnnt ^-ire mis au rani,^ de sjn)ples |)remiers essais. Il n'y a d'ailleurs là rien dont il faille s'eflVayer, cl c'est une application des procédés rigoureux de la science à laquelle les praticiens auront été préparés par le condilionncment des soies, tel qu'il se i)i atii|iie aujourd'hui avec tant de succès entre les mains ét sous la direction de l'habile chimiste, M. Persoz. Cependant, je crois pouvoir offrir quelque chose de plus simple et de suffisant pour la pratique dans lin iiisU iiment qui donne en quelques li iiuUes , ti i sap['roxiui;i(ivcme!U , rinnniilili' iiinyeîuie (i'uji las de lih', au moyen du quelques poignics prises de place en piace à sa surface et dans son intérieur : c'est l'hygromètre de de Saussure, mais simplifié, rendu moins fragile et débarrassé , dâus cette application, de la principale cause des irrégularités de marche, d'ailleurs très-légères, que les physiciens peuvent lui reprocher. Cette cause, qui n'avait pas encore été signalée , consiste dans l'action de l'humidité extrême, qui dérange l'instrument pour un lemps très-long (1). L'hygromètre est renfermé avec le
(1) Loisfiu'iiu liygroinclio à ciicvou pat. cU- à i'Inimuntr cxlionu
DiLt uizjg by GoOglc
trophumidi».
grain dans une caisse; une toile métallique les séiiaie, et ils se mellent proiii[)l<'ment vu (''(niilihre d'iiuimdih'. Je mo suis nssurr, par des expéi iiMircs trps-multipliées, que le degré de celle humidité est dans un rapp<irl presque rigoureux avec la proportion d'eau dans le blé. Pour un même degré» les blés durs contiennent en moyenne un demi pour cent d*eau de moins que les blés secs. Les blés avariés doivent être considérés, à degré égal» comme plus humides que les blés sains ; mais ce sont là des di^ constances dont il est facile de tenir compte dans la prati^ que, et je ne crois pas qu'il soit possible de se tromper d'un pour cent sur la proporlioa d'eau, en se servant convenablement de l'instrument que je propose.
'^'Sïtedwirito Quant à la dessication artificielle, elle ne peut se faire sur une grande échelle que par l'étuvage. ^lais il existe une étuve à grain expérimentée avec succès de[)uis longtemps, celle de M. de Maupeou ; elle peut sécher 500 hectolitres de bJé par jour et davantage, et l'on n'a à lui reprocherque le danger d'altérer le blé, auquel elle expose par une régularisation trop imparfaite de la chaleur. Ce danger avait déjà été de ma part Tobjet d'une étude spéciale lorsque je me livrais à la recherche des moyens à
depuis lonjjtenips, et qu'on le met dans l'air satiiivon le voit descoiulre au-dessou<^ de lOe iki^K s, à 104 ou 105 degrés, par exemple, et rciuonler as^^ez rapidetiietil a 100 degrés, pour s'y arrêter. Puis, si on te replace dans Tair o& il était auparavant, et si, dans cet air, il marquât 60 degrés, il monte à 4 on 5 d^rés pins haut, do côté de la sécheresse, à 46 on à 43 degrés. H se comporte, en un mot, comme ferait un ressort auquel l'humidité extrême rendrait sa tension, après qa'un hmg. usage la lui aurait fait perdre.
Ce n'est qu'au bout de six semaine?, deux mois, trois mois, que le cheveu reprend son premier état d'équilibre.
Cet effet n'a paa lien dans les hygromètres à blé, par la raison qu'ils qeflont januûs eiiiposés à rhamidité eKirèBMi
employer pour détruire les insectes des grains. Je fis voir que la clialeur était saîis aucnii effet nuisible an-clessuub (le ()5 degrés, et je donnai on appareil thermoniétrique d'un emploi facile pour n'atteindre jamais ce terme, même en restant toujours au-dessus de 50 degrés , température nécessaire pour détruire les insectes. Tous ces résultats» presque immédiatement ji^rès avoir été publiés, reçurent la sanction d'expériences authentiques , à Bourges, sous les yeux d'une commission spécialement instituée pour cet objet, et formée de praticiens; on-peut les regarder comme ^définitivement acquis (Ij.
Je me résume :
Des silos souterrains parfaitement inaccessibles à l'air et à l'humidité ; Une surveillance facile ;
Une détermination de l'eau des blés pour n'ensiler que des blés secs ;
L'étuvage des blés trop humides par des moyens qui les sèchent sans les altérer.
Voilà ce qui constitue à mes yeux Vensilage raHmnel, et
ce n'est autre chose que le système de conservation souterraine des Romains et des Maio t s approprié à nos blés et à nos climats. Son succès me paraît assuré par tous les faits de la pratique, pnr tont ce que nous savons sur la conservation et sur la destruction des substances organiques, et je n'en connais pas qui soit plus simple, autrement qu'en apparence. S'il y a quelques soins de plus à prendre au moment de l'entrée des grains dans les grenievs,
(1) Mémoires sur l'ulurcile^ etc., dans tes Amuiies deUmlitul agronomique^ et tirage à part. — Travaux de la commmion instituée par M. le préfet duCheTf pour étuHerUt mitgens de combattre et de détruire l'alih cite, etc. Bourges, 1853, chez JoUeuSouchois.
qu'avec Je mode d^emmagasinage ordiuaire, ces soins sont beaucoup plusqiie compensés par l'absence de tout travail à lear faire subir par la suite.
Expérieim» en
ïr*«!!î"'Sï- ^ riicun- on l'écris ces lignes, les moyens que je viens tS^^itu&^ défaire eoiinaîlr»» ont déjà reçu la eonsécralion d'essais SSî'.'"*"' o* ^-.j'i^, Q^^^j, giaiiti pour répondre à ee (ju'il peut y avoir de sérieux dans les préventions et dans les craintes des praticiens. Forcé de m'adrcsser aux capitaux [)rivés, j'ai été assez heureux, n'ayant à offrir que des résultats de laboratoire, pour voir se constituer une Société d'expéri-^ mentation qui a entrepris de les vérifier, en dehors de toute idée d'une spéculation immédiate (1). Elle a fait construire six silos, dont quatre sont remplis depuis le mois de juillet dernier. Ni les li avaux d'établissement, ni ladessiecalioii des m ains n'oni offert aueune difticullé, et les ré-
(1) Société (1 ex|iorinientation pour la coiiscrvatiou des grains, constiliice le l'i fkiplenibrc I8>4. Elle se compose de :
MM. K. . t I. Pereire;
Lavallee, dirccleur de l'Ecole centrale des aru ei. manufac-
Ooinle de Giamraont d'Asler;
Pleury, médecin par quartier de S. M. l'Empereur;
Clapcyron, uii^énicuren chef, professeur & TEcole impériale des
ponts et cliaiissccp;
M?inî,'on, professeur n l'École inipt i iale des j)ouls et chaussées; Uiioiié. ingénieur du niiiieiiel aux chemins de fer de l'Ouesl; L. de Lavergne, membre de rinstilutf ex^professeor à l'Iaslilnt agronomique;
Lemonnier, secréiaire du contentieux au Crédit mobilier.
La Société est indé))eudante de tonte autre combinaison financière. Son capital est de 50,000 francs qui doivent ètro employés en recherches et expériences de tonte nature. Aucune prévision n'a été faite
d'avance, quant anx applications qno pourront recevoir les eu cas de succès ; la que&liou rcslc eiilioi ement à i'cludc.
sullats déjà tuiiitalés soiil en tout eonloruics à vv (jiie la llicoi'ie avait periïiis (le prédire. On peut spulenienl trouver la durée trop courte. Mais cet argnincnl, décisif quand les conditions sont inconnues et variables, est infiniment moins grave contre un système où tout est prévu et fixé dès le début et pour toujours. Zéro d'altération et de perte mul- (iplié par tel nombre que l'ion voudra» s'il ne peut survenir rien de nouveau, ne peut donner qu'une perte et une al- (érntion nulles; et l'on peut ai'lirincr sans altcndrc le résultai, qu'une altération assez lailjle pour ne pouvoir être appréciée |)ar aucun ni(tycn après trois saison?, dont u!i été et un automne , ne produira pas en six ni en dix ans des pertes redoutables.
Les quatre silos les premiers rempli^' sont de SO hectolitres chacun, ils ont été destines exclusivement à mes études particulières , et cette capacité m'a paru suffisante pour la confirmation pratique des conclusions auxquelles le raisonnement et mes recherches m'avaient conduit.
Je me suis proposé d'abord de reconnaître, ce que ie R^î««tT*iao«îwiii: n avais pu laire dans destlacons do auelques litres, la ma- iwfecmc nière dont les blés d'iiiiniidités diflercntcs se comporte- 'ff'lïïfuî!?raicnt en vases dos, sons le rapport de leur température. ifïî'KiC! I^es quatre silos ont reçu dans ce but des tubes en enivre *^?iV"rtSMSiî fermés par en bas, et qui y pénètrent jusqu'au centre pour *""'"^* contenir des thermomètres. Sept autres thermomètres, répartis tout autour des silos , font connaître la température du sol en même temps et à des profondeurs différentes. Le résultat est un fait important, et qui me parait aujourd'hui définitivement acquis. Les quatre blés se sont refroidis progressivement jusqu'à ce qu'ils aient été en équilibre avec le sol, et depuis lors ils se sont conduits comme des corps inertes, n et>rouvanl pas d'autres varialions que le sol lui-même, avec les jieulcs différences dues
à leur mode particulier de conductibilité pour la chaleur venant de l'atmosphère ou de rintéheur de la terre. Ainsi Vensilage supprime réchauffement spontané des grains, la plus active de toutes les causes qui les empêchent de se conserver dans les greniers. Il faudrait maintenant avoir recours à des hypothèses en dehors des faits connus pour trouver une raison de craindre qu'ils se gâtent dans les silos, ({iiaml les réactions qui oui lit u souslaseulcinlliieiiL'e de rhiimidiU' seront prévenues par i nie (dessiccation suffisante. C'est précisément robjet que je nie suis proposé, dans ces expériences, que de reléguer les objections dans le champ fantastique des suppositions extra-scientifiques et des causes occultes.
Mlm.
**iiIîSdi?"y?« ^ premier des quatre essais dont je m'occupe en ce ÎZ^JSSâ Dioment a été fait en vue de niontrer la réalité de ces réac- ^r^anTlS <iui n'exigent que la présence d'une certaine propori^l"^enr«r»oX tlou d'cau pouT 86 produire. Je tenais heaucoup à prouver que du blé trop humide s'altérerait, même à Tabri de l'air, mcrae par des températures basses. Nous avons donc rempli un silo avec du blé que nous avions fait arroser de 120 litres d'eau pour 50 hectolitres de grain, de manière à lui donner une humidité de 19 pour 100 d'eau H). Ce blé s'altère , mais avec beaucoup plus de lenteur que s'il était en couche dans un grenier et pelleté. Le seul signe d'altération qu'on y puisse reconnaître, c'est queson odeur a un peu augmenté. Cette odeur était déjà prononcée
(1) J*ai cru ioatile de me préoccuper des fractions de ccnliëmes; les 'chiffres que je donne sont exacts à quelques millièmes près seulement, avec cette particularité qtip, h! 's étant déjà altérés, j'ai fora' l'humidité m prenant le cliilfre au-dessus suivant la règle que j'ai donné p. id. 1 iiiiinidité hygromélrique des quatre blés \,Voy. p. 37 et 38) est de sa, 7 ; , 06 et M» ceatésinanx.
Digltized by
lorsque nous Tavons mis en silo, le 27 juUlel ; il Tavaii contractée malgré le pelletage, et bien que contenant seulement 16 pour 100 d'eau. Elle se dissipe encore entièrement par l'exposition à l'air, et le gluten ni l'amidon n'ont subi aucune altération dans l'intérieur des grains. Voilà 1111 résultat auquel j'attache une grande importance. Je n'eu connais pas qu'on puisse lui comparer parmi ceux qui ont été obtenus par Taérage. C'est une véritable conservation dans le sens où on l'entend pour presque toutes les applications, et avec cette circonstance capitale, qu'elle a été obtenue sans soins, sans travail, sans déchet. Fermé comme il Test, il faudrait que le silo fit explosion pour que nous n'y retrouvassions pas, à la fin de l'expérience tout ce que nous y avons rois.
Un deuxième silo est rempli depuis le 10 juillet de blé ^n^^^tw contenant 17 pour 100 d'eau. C'est un blé du Cher qui f^touxé Ae clmn-
avait déjà subi un commencement d'altération, et (Y où l'on ^m^I vSS^ voyait sortir , en le remuant, des papillons d alucite. Il est ^y^^!^aujourd'hui absolument tel que le jour où il a été ensilé; il avait une odeur et un goût très-pronoi^cés; ce goût et cette odeur n'ont pas augmenté. Combien de temps restera-t-il dans cet état? Sa conservation sera-t-elle indéfinie ou limitée à quelques années seulement? C'est là ce que rexpérience est dcslinéc à nous apprendre. Il s'y est passé, de même (|uc dans le précédent, des {ihénomèues chimiques. L'oxygène de l'air qui l'euiplil les espaces vides dans son intérieur a été absorbé et remplacé par de racide carbonique. Une bougie allumée que l'on descend dans la chambre restée libre au-dessus du grain s'f'tf inf m niveau supérieur de l'orifice, comme elle ferait dans 4e l'acide carbonique ou dans de l'azote pur (1). Nous saurons plus tard
(t) 11 doit être bieo entendu qae je ne donne pas cette expérience
si loule fciiiu'iitalion y est lûaiiileuajil (lériniliveiueiil arrêtée, et s'il faut reculer un peu la liniile de IG pour 400 qui me parait être celle passé laquelle les blés ne peuvent pas être conservés indéfiniment (î).
nml m m'.rli: Eufin , (Icux silos out reçu , le 16 juillet, le même blé 1. <. .pnn.N. au- quc Ic précédent, mais ramené par 1 etuvage a ne contemr
cliimique. '
comme prouvantrabsorplion eoliëre de Toxygèoe ; mais seulement comme .éldblissant une différence très-frappanU) enlre les graias qui renrermcnt
plus (]e 1i> ponr 100d*ean et ceux qui n'on enferment que 13 on 14. Il a fallu inouïs d'un mois ponr l'nir devînt impropreà la oombnfstinn dans les deux premiers silos, taudis que la bongie lu' |iàlil mèaiu pa6 après huit mois dans l'aUnosphère des troisième et qtiatrieine.
Quant au temps après lequel l'oxygène a totalement disparu, c'est un point que je n*ai pas encore pu éclaircir sufBsammenL Je me propose d'en faire l'objet de mes rechercfaes, dès que mes occupations me le per* mettront.
(1) Les Silos LTLHisos (kiiis la liM ie, sons revélemeiits, ot cnn en maçOQuerie, offrent toujours contre leurs parois une couette pinson moins épaisse dans laquelle Thomidité a pénéti'é et produit une décomposition plus on moins avattcée. En^Estramadureei iRota même, onVéfend le grain contre les effets les plus graves de celte décomposition, parnoe couche éfinisse de paille, et j'.ii vu celle paille noire el pourrie comme du fiiiiiior cnnsnmmé, nit'nie a|U i',s un :in ?pn!enipnt. Dans les silos extérieurs, il se piuduilnnetïct semblable, non plus par l'humidité venant des parois, mais par celle qui se transporte des points les plus échauffés vers ceux qui le sont le moins. L'Iiistoire des essais de M. Dejean, que je reproduis plus loin, m fournira des preuves, et j'en ai trouvé une autre, bien remarquable, à Blidab. Je fus frappé, en entrant dans un silo qui avait été vide quelques temps aupuravatit, par uncodetn' infccle d'excréments humains dont l'obscurilone me permit pas d abord de i <> c^nnaître la véritable cause. Elle était due à des couches épaisses de bié entièrement décomposé, tranformé en une espèce de terreau noir et remplissant les angles, jusqu'au sommet de la voàto.
I^ans les silos d'Asnières, le blé n'est aucunement séparé des parois, el il y a été versé iniinédintcnHMil comme dans un sar, ce qui simpline notabloiiienl l'opératum. J'ai d'ailleurs déjà pu m'assurer ;in moyen de la sonde, qu'il uiys'y forme rien de semblable à cc8agi;loniiMa(ions |»urréfiées qni infectent la masse tout entière.
plus que 14 et 13 pour 100 d*eau (1 ). Le second est resté ferméjusqu*àcejour(2). Quant auprefinier» qui a été ouvert plusieurs fois, il ne parait pas qu'aucun phénomène chimique digne d'attention se soit produit dans son intérieur.
Une bougie y brûle comme à l'air libre. Le grain a perdu presque entièrement par Tétuvage le goût et l'odeur qu'il avait primitivement, et il ne s'est formé dans sa substance aucun produit acide. Je ne puis imaginer comment, dans de telles conditions, il y pourrait survenir des altérations dont la pratique aurait à se préoccuper (3).
Nous possédons encore deux silos beaucoup plus grands que les précédents ; leur contenance est de 300 et de SSOO hectolitres. Os devaient être remplis pour une démonstration publique et authentique ; diverses circonstances ont fait que ce remplissage n'a pu avoir lieu jusqu'à ce jour. Ç'avail été d'abord, au mois de juillet, la diflicullé de trouver 800 hectolitres de blé parfaitement exempt d'odeur et de toute altératiou. Plus tard, nous avons dû
(1) Voyez page 17^ la noie relative i h limite ektrème d'humidité.
(2) lia ot('> on vort. le 31 mars, en présence de M. le directeur général, ronsfiller (rÉtal DaiTiciiu, de M. le chef de bataillon iln géni'^ 'l'Oulrelaine, de M. Duhamel, membre de l'iûàtilui, de M, î*t>L'i'iale, lie MM. Clapeyron, le docteur Fleiiry et Rhonc. Nous l'avons irouve ab:>olument dans ie même état que l'autre. La bougie y a coDliaiié de brûler sans changer d'éclat.
(3) En voyant combien Tair du troisième silo est peu altéré après huit mois d'ensilage, on pourrait craindre que les grains contenant moins de
15 011 16 p. "/o d'eau, ne soient exposés à être dévorfrs par les insectes dans riiilorieur des silos. Mais on sait que les insectes n'ont plus aucune aclivlié ei ne se reproduisent plus par des températures basses. L'abaissement permaueut a 15 degrés ou au-dessous, doit suriire pour empècUer tout dégât dans les grains qui ne seraient pas plus infestés qoe ne le sont ee(ix que Ton conserve ordinairement dans les greniers. Si l'on craignait qu'il en îùi autrement, il faudrait avoir recours a.ax moyens que j'ai donnés pour détruire les insectes par le choc ou l'étnvage.
nous arrêter devant des préventions auxquelles noire la« boratoire, situé àAsnières, près Paris, avait donné lieu parmi les populations qui l'environnent. Nous étions déjà signalés comme des accapareurs ! Le Ué et le pain allaient augmentant de prix^ et le moment eût été mal choisi pour soustraire à la consommation des quantités de blé que la mal veillancen'eût pas manqué d'exagérer jusqu'à l'absurde. . C'( une épreuve qui se fera plus lard, eu supposant, tuuteiois, qu'on la juge nécessaire, et qu'on ne trouve pas mille fois plus de garanties dans ce snnpie énoncé — « du (( blé sufTisanunent sec et mis à Tabri de l'air, de l'humidité, de la température » — que dans des réussites faciles À obtenir et déjà maintes fois obtenues.
C0XCL.S.0X r.K5t- Qu'on prenne en e£fet tous les essais précédemment a pour lui tou» faits, Bï OU onlesexammc attentivement; on sera conduit, comme je l'ai été moi>méme, à reeomiattre que jamais blé
sec ne s'est gâlé sous terre dans des vases fermés et exempts d'immidité, et que toutes les expéi lences de conservation SinpS? *"* eu vases clos out réussi, si ce n'est quand elles ont été faites dans des conditions manifestement mauvaises, et que l'on semble parfois s'être plu à pousser par système jusqu'à atteindre les limites extrêmes du bon sens.
L'ËssiLAGB RATion NBL a donc pour lui les faits tout ausâ bien que les déductions scientifiques. On en trouvera une nouvelle preuve dans la Note suivante;
16 avril 1856.
les csMiH de rnniïHrintion qui oat été fuitHilmia de«roD(lition!iratiounel'es; twnt ont réucii , et c'est l'iasttccè»