‹ Mémoire sur l'intégration graphique des équations aux dérivées partiellesChapitre 44 sur 44 · AM · texte numérisé non relu

AM

Gonstruisons la spirale LQ qui serait la caractéristique dans la solution conoïde ; nous prendrons AQ comme première tangente et nous obtiendrons la seconde en menant par Q une parallèle à la droite NP de la figure 146. Appliquons cette construction aux caractéristiques 1, 2, 3, 4 ; nous pouvons tracer les tangentes successives de la caractéristique M en utilisant l'épure circulaire ; nous pouvons ensuite déterminer les pressions aux points obtenus, soit en suivant les caractéristiques qui partent du point A, soit en suivant la caractéristique M; nous avons obtenu les mômes pressions, jusqu'au point (M, 4); au-delà de ce point, la vérification ne se produit plus, aussi, nous avons pris un arc plus petit AG sur la caractéristique 4, puis un arc encore plus petit sur la caractéristique 5. Nous avons, en résumé, appliqué la méthode générale, mais nous avons évité la fausse position, par la détermination de la courbure. Les quadrangles qui complètent la solution pseudo-conoïde ont été construits par la méthode ordinaire.

La construction de la solution déterminée par la caractéristique 8 et le contour apparent AT présente une petite diôiculté au point T. Les caractéristiques B, G, D, £, coupent le contour apparent sous un angle constant complémentaire de l'angle du frottement ; ou serait tenté de croire qu'il en est de même de la caractéristique 1, qui passe par le point T. Je dis, au contraire, que cette caractéristique I prend au point T la direction des caractéristiques de la solution linéaire de butée commandée par un plan libre horizontal. En effet, construisons la limite relative d'un massif infiniment petit autour du point T. Supposons d'abord que la pression sur le contour apparent, à une distance infiniment petite du point T, soit infiniment petite du premier ordre ; on doit remplacer cette pression par sa limite relative, qui est proportionnelle à la distance au point T ; on trouve donc une solution conique ayant T comme sommet et AT comme contour apparent ; les caractéristiques sont convexes vers le sommet ; la nappe est donc limitée vers le bas par un contour apparent du second système. Or, ce contour apparent n'existe pas ; les caractérisques du second système divergent en se dirigeant vers la région du point T et ne peuvent pas se couper pour former un contour apparent.

Il faut donc rejeter comme impossible Thypothése où nous nous sommes placés et en conclure que la pression sur le contour apparent est infiniment petite, d'ordre supérieur au premier par rapport à la distance au point T. Dans ce cas, la pression sur le contour apparent devient nulle aux limites relatives ; on trouve donc la solution linéaire commandée par le plan libre TA ; on en conclut que la tangente à la courbe I au point Test une caractéristique de cette solution linéaire. Les courbes D, E, ont la courbe I pour limite ponctuelle ; mais elles présentent, prés de leurs points de rebroussement, des arcs à forte courbure, dont les longueurs sont d'ordre supérieur au premier, et qui disparaissent, non seulement aux limites absolues, mais aussi aux limites relatives ; aux limites relatives, les caractéristiques deviennent des droites parallèles.

Pour confirmer ce résultat, nous avons construit le diagramme des sous-pressions qui agissent sur la voûte ; nous avons obtenu une courbe qui tend à toucher le plan AT en im certain point. Cette courbe ne détei*mine pas le point de contact avec beaucoup d'exactitude; pour l'obtenir avec plus de précision, on se donne une fausse position du point (I, 11) ; on peut tracer la caractéristique I, en la remplaçant par deux tangentes dont on connaît les directions ; on obtient la position juâte lorsque la pression sous la voûte est égale à zéro.

On construit alors sur la caractéristique 13 la dernière solution qui est limitée à la courbe d'éboulement. On peut évidemment construire la courbe d'éboulement et les caractéristiques jusqu'au mur vertical et représenter par deux diagrammes les pressions normales et taugentielles qui se produisent sur ce mur. Par une double intégration graphique, on déterminera la résultante, de ces pressions ainsi que la résultante des pressions sous la voûte. '

208. Influence de Veau sw* les sous-pressions, — Supposons que la construction, dont il vient d'être question, soit établie au bord d'un canal ou d'un bassin,et que le niveau de l'eau coïncide avec le plan de la voûte. Supposons, en outre, qu'il se forme dans les terres une couche aquifère limitée à ce même plan. Nous avons vu que l'on doit, dans la couche aquifère, admettre le poids spécifique II' des terres plongées dans l'eau. Ayant représenté la pression en A (flg. 145) par une certaine hauteur h, on doit réduire le nouveau poids spécifique à l'unité et représenter la même pression par

Uh

Ou obtiendra donc une épure semblable à celle que nous avons obtenue ; le rapport de similitude est le rapport des poids spécifiques dans Tair et dans Teau. 11 est évident que l'on peut conserver la même épure, si l'on réduit l'échelle dans le rapport inverse. Nous avons représenté les centièmes de la hauteur des terres par l'échelle verticale menée par le point A ; pour tenir compte de la présence de l'eau, il suffit d'adopter l'échelle plus petite que nous avons représentée à gauche de la première.

Il résulte de ces considérations que, pour une môme charge de terre, la présence de l'eau a pour effet d'augmenter La longueur AT dans le rapport des poids spécifiques, c'est-à-dire dans le rapport de 1.700 à 700 pour le sable léger. Le3 sous-pressions par unité de surface restent les mêmes aux points homologues ; car, si les longueurs qui représentent ces pressions augmentent dans le rapport de similitude, les pressions effectives reviennent à leurs valeurs primitives. On en conclut que la résultante des sous-pressions augmente dans le rapport des poids spécifiques. Les poussées sur le mur vertical varient suivant une loi plus compliquée.

209. Courbe d'éboulement sous un plan oblique. Nous pouvons modifier les données du problème du numéro 207 en remplaçant le plan horizontal AB par un plan incliné AB' (fig. 144). Lorsque l'inclinaison de ce plan ne dépasse pas celle du talus naturel, on obtient toujours une courbe d'éboulement tangente au plan; si l'inclinaison est plus grande, la tangente à la courbe d'éboulement est d'abord la direction du plan libre qui donne une caractéristique du premier système parallèle au plan; si l'inclinaison augmente encore, on rencontre certaines difficultés que nous allons examiner.

Soit (fig. 147) AH le plan fixe chargé d'une hauteur de terre que nous représentons par une échelle des centièmes de cette hauteur. Nous avons donné au plan AH l'inclinaison des caractéristiques du premier système de la solution linéaire qui règne sous le niveau horizontal des terres ; cette solution se prolongera alors jusqu'au plan AH et l'on obtiendra sous ce plan la même solution pseudoconoïde que nous avons construite dans le problème précédent, mais prolongée à gauche vers le haut. Ainsi, la caractéristique 8 de la figure 145 est devenue la caractéristique 1 de la figure 147 ; nous avons adopté une échelle plus grande et multiplié le nombre des caractéristiques du second système. Si l'on examine les caractéristiques 2 à 7 et les courbes correspondantes de l'épure des pressions, on voit que la pression décroît et passe par un minimum en s'éloignant du point A suivant l'une de ces caractéristiques ; ce minimum devient nul pour une certaine caractéristique comprise

entre 6 et 7. On arrive au même résultat en examinant les caraclé^ ristiques du second système ; on trouve une caractéristique b où la

Fig. 147.

pression décroit jusqu'à zéro. Au point M, où la pression est nulle, la tangente à la caractéristique du premier bystème a la direction du premier talus naturel. Les caractéristiques 6, 5, 4 forment un contour apparent qui passe par le point. M; les caractéristiques F, E, D, C présentent une inflexion suivie d'un rebroussement.

Nous avons résolu le problème en construisant la courbe d'éboulement MH déterminée par la caractéristique AM ; nous avons ensuite^ à gauche du point M, construit une solution déterminée par les deux conditions de présenter une surface libre et de s'appuyer sur la

solution pseudo-conoïde par une ligne de discontinuité finie. La solution AMH est en équilibre, mais n'est pas la dernière limite des solutions en équilibre. Pour obtenir cette dernière limite, on devrait prolonger la solution pseudo-conoïde à droite de AM. On trouve que la caractéristique qui touche le plan AH au point A, sort des limites du massif ; on doit donc prolonger la solution pseudo-conoïde jusqu'à ce plan. Cette solution n'est pas identique à celle que nous avons construite ; elle est terminée vers le haut par un contour apparent qu'il faut remplacer par une ligne de discontinuité finie. Mais les pressions sont tellement petites sur ce contour apparent, qu'il est impossible, à l'échelle admise, de montrer la différence qui existe entre ce contour apparent et la courbe MH ; le problème est donc résolu avec une exactitude suffisante.

A continuer.

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