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OBSEBTATIOHS, PSECVES. {en. u.) I|7
à l'histoire des malheureux Bjme, et il Ter^a cornbiea il totre dans les inclinations naturelles de la famille des Parsons de persécuter les indigènes d'Irlande. En tout cas , l'on est parfaitement reçu à dire qne, nulle part ailleuis qu'en Irlande, n'aurait pu être exécuté un acte de pillage aussi infâme et aussi dévergondé que celui dont nous sommes prêts à fournir la preuve. Yoici bomment ce fait est raconté par l'intelligent historien , le docteur Taylor :
a Un seul cas peut être cité comme échantillon de la justice irlandaise à cette époque. Bryan et Turlogh Byrnè étaient les propriétaires légitimes d'une contrée en Leinster, appelée le Ranelaghs. Sa proximité de la capitale alluma la cupidité des pillarde. En conséquence , Parsons , lord Ësmond et quelques autres prirent la résolution de la confisquer. Les Byme cependant avaient de puissantes protections en Angleterre, et ils obtinrent une concession de leurs terres par lettres patentes du roi. Parsoi» et Esmond n'étaient pas hommes à se laisser désappointer si facilement; ils refiisèrent tout net de reconnaître la concession royale;*/. Jugeant que la perte des Byme était nécessaire à ieur propre sûreté, iis les firent arrêter mr une aebttsation <2e/roAt«9n. Les témoins qui eurent mission de soutenir l'accusation furent Dufie, que Turlogh Byrne avait, en sa qualité de juge de paix, fait mettre en prison pour avoif volé une vache j Mac-Ait
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et Mac-Griffin, tous les deux voleurs insignes, et ' un fermier nommé Archer; ce dernier résista longtemps aux tentatives que l'on fit près de lui pour le forcer à devenir témoin parjure, et sou obstisa-
TIOIT FUT FDITie PAK LES PLUS HORKIBLES TORTURES ; IL FDT BBULÉ DAITS TOUTES LES PABTIES CHARNUES DU CORPS AVEC DBS FERS BOUGES ; FLAc£ SUR VS GRIL AU-DESSUS l>'tIH FEU DE CHARBOIT DB BOIS ET FIHA-
LEHEnr Fouerri jusqu'à complète pbostbatioh DES forces ; IL promit alors de juber tout ce que LES commissaires VOUDRAIENT. Ces actes d'accusation furent successivement présentés à deux grands jurys, dafis le comté de Carlow, et immédiatement rejetés parce que les témoins subornés n'étaient pas digne de créance et se contredisaient mutueliement. Pourcette opposition, leajurés furent sommés de comparaitre à la cour de la chambre étoilée, à Dublin, et furent condamnés à une forte amende. Les témoins Mac-Art et Mac-Griffin n'étant plus utiles, furent rendus à la vengeance des lois; ils furent pendus pour vol à Kilkenny ; et, à leur dernier soupir, ils déclarèrent l'innocence desByme. Parsons et ses complices n'étaient pas à bout de leurs artifices. Les Byme se présentèrent devant la cour du banc du roi, à Dublin, pour répondre à toute accusation qu'on pourrait porter contre eux. Nul poursuivant ne se présenta, et néanmoins le lord chef de justice refusa de leur donner décharge^ Durant deu^ ans, des ordres réitérés furent expé-
OBSERVATIONS, PREUVES, (en. ii.) 189 diés d'Angleterre portant que les Byme devaient être afi^nchis de tous procès ultérieurs et rétablis dans leurs biens ; mais la faction' du château esquiva ces ordres et y désobéit chaque fois. Enfin, lorsqu'on apprit la mort du duc de Kichmond, le généreux protecteur des persécutés irlandais, Parsons se détermina à consommer la mine de ses victimes. L'intégrité du grand jury avait autrefois déconcerté ses projets; il prit toutes ses précautions pour prévenir une pareille déconvenue. I>es actes d'accusation furent envoyés au grand jury de Wicklow, dont la majorité avait obtenu des concessions de la propriété des Byme, et qui tous faisaient cause commune avec les poursuivans. Le témoignage que l'on invoqua devant ce corps . impartial fut tiré des dépositions de quatre criminels qui furent graciés à la condition de donner leur témoignage, et encore ces misérables ne comparurent même pas en personne devant te Jury. Leurs dépositions furent reçues ei) irlandais . par l'un des poursuivans et traduites par une de ses créatures. Ces docdheits stispects furent niAn- Moiirs admis comme pbecves sdpfisahtes et les actes d'accdsatioh fdreitt trouvés roiTDÉs!
Pour se procurer un témoignage additionnel, il fut nécessaire d'avoia recours à des expédiens plus atroces encore. On arrêta plusieurs individus et ou les soumit à l'horrible moquerie d'un procès d'àprès la loi martiale f bien que les cours régulières
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180 LiBLANBE m i^Es wuimiis.
tUgeaueitt. UÊS PLUS ÉPOUVAIfrABLES TOR- TUBES FURENT INEUGÉES A TOU$ CEpX QUI BEFUSÈBENT D'AGCUSEa LES BYBNE, ET QUELQUES-UNS DES PLUS OBSTINÉS FURENT PUNIS DE MORT } mais la fermeté des victimes présenta des obstades auxquels on ne s'attendait pas, jusqu'à ce qu'enfin quelques vertueux Anglais représentèrent l'afEaire si fortement au roi qu'il eut honte de s'y trouver mêlé. Il envoya d'Angleterre des commissaires pour réviser l'afiaire tout entière. Les Byme furent amenés devant eus et honorablement acquittés ; biais Parboss avait ANiiiRiEu-
REMEVT FAIT EIT 60BTB d'obIEITIB USE CONCESSION DELEUBS TEBBES PAB LETTEBS PATENTES, ET IL POT LES BETElfia ET EN JOUIR EN TOUTE SÉCURITÉ.
Biêtoire des guerres civiles en Irlande, par Tat- LOB, vol. I, p. a43-246 ; aussi Ormond de CartSf vol.l, p. SQ^et Kss.T Stearne, Irin. CoU., Dublin. <■
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OBSERVATÏQKS, PREUVES ET EXPLICATIONS
, CHAPITRE n, — PARTIE IIL
Il ne peut qu'être utile, pour plu$ de clarté, de donner uneplace séparée à l'examen de l'énorme iniquité commise par Jacques en volant ses sujets irlandais. Il débuta par la ^nfiscation de six com- '• tés entiers dans la province d'Ulster. Ces comtés étaient en grande partie la propriété- d'O'Neill, lord Tyrone, et d'O'Donnell, lord Tyrconnell. Le reste était principalement possédé, sous eux, en vertu d'un titre qui était considéré par les natife comme perpétuel. Une conspiration fut ourdie pour accuser^ussement ces seigneurs de lèse-ma* , jesté; et pour se procurer ainsi la confiscatioD de leurs biens. Des émissaires gagés firent quelques tentatives auprès d'eux pour les entraîner dans quelques projets perfides, mais sans résultats. lU étaient sur leurs gardes, et rejetèrent toutes les propositions des tentateurs. Nonobstant cette garantie de leur loyauté, on fit à Dublin des préparatifs pour leur procès et leur exécution. On les invita de la manière la plus amicale à venir à Dublin ; ib s'y rendirent, s'attendant k être traités cpmme des amis. I.e passage suivant des GénétUogiet royaies, par le docteur Andersen, page 786, tbimiira au
192 L'IRLANDE Et LES iRLAlfDAlS.
lecteur une description exacte de la ifianière dont furent circonvenus ces nobles infortunés :
« L'adroit Cecil (secrétaire d'état) employa un nommé Saint-Lawrence pour envelopper les comtes de Tyrone et Tyrconnell, le lord de Delvin et plusieurs autres che& irlandais dans les filets d'une fausse conspiration qui n'avait que son témoignage. Mais ces chefe ayant été informés qu'on devait suborner des témoins contre eux, eurent la folie de s'enfuir de Dublin et d« se^rendre ainsi au piégej ils furent en conséquence proclamés rebelles, et
SIX COkrÉS ENTIERS EW ULSTEB FUREHT IMMÉDIATE- MEHT COHFISQUÉS Ail PROFIT DE LA COURONME, cbose
qui était justement ce que leurs ennemis avaient désiré. »
Sur quoi repose l'accusation de lèse-majesté? Rien de plus curieux. Il paraîtrait en ^rité incroyable qu'on eiit pu regarder comme praticable une ruse aussi grossière; mais c'est un fait mis hors de doute par les historiens protestans. Voici comment le raconte Jones, évéque protestant deMeath, qui avant son ordination avait servi dans l'armée de Cromwell :
« .^nno 1607. Une autre rébellion en Irlande fut découverte d'une manière toute providentielle, tandis que lord Chichester était député en ce pays. Le délateur ne voulant pas se faire connaître, adressa une lettre, non signée, à sir William Usher, clerc du conseil. On laissa tomber cette
OBSERVATIONS, PBEUVES. (ch. ii.) 19S lettre dans la chambre du conseil, qui à cette époque te tenait au château de Dttbltn. Il y était £ait mention d'uA projet ayant pour but d'assiéger le château et de tuer le député ; de fomenter une révolte générale qui serait appuyée par des forces espagnoles; la religion aussi jouait un grand rôle dans • cette rébellion; pour tous ces détails (ajoute l'évêque), je vous renvoie à cette lettre datée du 19 mars 1607.» — "Préface à l'histoire de la rébellion irlandaise, par Borlase.
(ÏMeill et O'Donnell eurent le bon esprit de n'attendre pas le résultat du procès. Ils s'enfuirent en pays étranger; mais l'ignoble rancune de ce monstre bavard, Jacques T', les y suivit. Il leur vola leurs propriétés dans leur patrie. Il tâcha de leur voler à l'étranger leur honneur et la sympathie dont ils étaient l'objet. Il fit distribuer une prodamalion contre les comtes, qui peint si bien le caractère de ce brutal pédant, et l'esprit, dans lequel le gouvernement anglais a invariablement réglé les atlbires d'Irlande, que je l'insérerai tout entière:
a KV IfOM nu HOI.
a. Proclamation touchant les comtes de l^rone et Tyrconnell.
<( Vu qu'il est ordinaire et naturel à toute personne, de quelque condition qu'elle soit, de parler et juger à tort et à travers de tous les événemens nouveaux et soudains, et que la faute des comtes
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m L'IRLANDE ET LES IRLANDAIS.
de Tyroiw et Tyrconndil , arec qudques autres de leurs compagnons des parties nord de notre royaume dlrlande, peut fournir matière à de semblables discours, nous avons pensé qu'il ne serait pas mfl de publier ce manifeste, afin de mieux éclairer les opinions des hommes relativement à cet événement; non pas que ces individus en vaillent la peine, étant originairement de condition basse et grossière; mais afin de détruire tous les mauvais soupçons qui pourraient porter atteinte à la réputation de cette amitié qui doit être mutuellement observée entre nous et les autres princes; car, bien qu'il ne soit pas improbable que, sur l'exposé de leurs titres et dignités, les princes, dans les états desquels ils se sont réfugiés, leur aient de prime abord fait une réception pleine de courtoisie, comme cela arnve d'ordinaire vis-à-vis des hommes de rac^ et de qualité supérieures; néanmoins lorsque nous aurons pris les meilleurs moyens possibles pour dévoiler leur véritables coudition, nous attendrons alors de nos amis et voisins tous les nobles et équitables procédés qui s'accordent avec les règles de l'honneur et de la bonne amitié , et de nos propres sujets, qu'ils résident soit dans le royaume, 'soit à l'étranger, cette obéissance et cette fidélité (dans leurs rapports avec eux) qu'ils nous doivent en taison des liens et des obligations de nature et de loyauté qui les attacbent irrérocablement k nous ; ce dont n^fs
OBSËRVATIOI^S, PREUVES, (cbu. n.) i9J «Tons, du reste, IHntention de tenir bon cotnpte. — C'est pourquoi, Nous, par' ces présentes, déclarons premièrement, que les individus ci-dessus nommés ne tiennent pas leurs titres et POSSES- SIONS de ^héritage d'une suite d'aîeux de noble race , mais qu'ils furent seulement promus par la Reine notre feu sœur d'illustre mémoire et par . Dous-même, pour quelques raisons d'Etal, de préférence à d'autres qui, en raison de leurs qualités et de leur naissance, auraient pu (dans ces provinces) prétendre, à plus juste titré, aux honneurs qui leur furent conférés. Deuxièmement, Nous déclarons qu'il est au su de nous et de notre conseil, d'une part, et de notre député, ainsi que de son conseil, de l'autre (et les preuves en sont tellement évidentes que cela paraîtra au monde aussi clair que le jour), que la-seule cause et le seul motif de-la haute irrévérence dont ces hommes se sont rendus coupables par leur départ,, a été la conscience qu'i{s avaient de leur crime et la terreur qu'ils en ressentaient; pourquoi et parce que noua apprenons qu'ils cherchent à effacer la tache qui les souille et à donner le change sur leur infamie en annonçant qu'ils se sont retirés pour motif de ' religion (manteau dont on ne se sert que trop dans ces jours-d pour couvrir bien des mauvaises intentions), et en mettant aussi en avant d'autres vains prétextes, par exemple, qu'ils ont été victimes d'injustices lorsque leurs droits et leurs prétentions
sont venus à être discutés entre eux et nous, ou entre quelqu'un de nos sujets et eux, Nous pensons qu'il n'est pas inutile de dire à cet égard quelques mots.
«Et c'est pourquoi^ bien que nousjugions inutile d'invoquer beaucoup d'ai^mens pour confirmer tout ce qui pourra être dit de la corrnption et de la fausseté de ces hommes (dont la haineuse offense est encore si fraîche dans la mémoire depuis qu'ils se sont montrés tellement monstres de nature qu'ils ne se sont pas contentés seulement de se soustraire à l'obéissance personnelle qu'ils doivent à leur souverain, mais qu'ils ont voulu vendre leur pays natal à ceux qui à cette époque étaient dans les termes les plus forts 'd'hostilité envers les deux couronnes d'Angleterre et d'Irlande) ; néanmoins, afin de rendre l'absurdité et l'ingratitude des allégations sus-mentionnées d'autant plus claires à tous les hommes d'un égal jugement, Nous, par ces présentes, déclarons, sur la parole d'un Roi, qu'il n'y a jamais eu ombre de molestation ni de poursuite contre eux, pour matière ayant trait à la religion. Us font tellement en effet profession de penser que le meurtre n'est point ime Ëiute, que le mariage n'est d'aucune utilité, que nul homme ne peut être estimé vaillant s'il n'a à se glorifier de rapines et d'oppressions; qu'en vérité, nous aurions considéré comme chose complètement absurde de les troubler pour quelques points de dif-
OBSERVATIONS, PREUVES, (cha*. ii.) 197 férence en religion, torsqu'aucun homme n'aurait pu soupçonner, même à leur conversation, qu'ils avaient réellement conscience d'une religion quelconque.
a Ainsi affirmons-nous de même relativement à la .seconde partie de leur excuse, que toutes les fois tju'il s'est élevé une question à l'égard de leurs droits et de leurs possessions ( laissons de côté tout ce qu'ils pourraient réclamer, en cas de soumission , ce qu'ils obtiendraient devant être regardé comme octroi de pure Ëiveur, après leur trahison si noire et si contre nature), nous avons toujours été plus disposé à les favoriser qu'aucun autre de leurs compétiteurs, sauf dans les cas où nous avons clairement discerné que leur unique but était de se rendre peu-à-peu plus capables de résister à toute autorité légale {^guand la même mouche le» piquerait ) , en usurpant le pouvoir sur nos autres bons et loyaux serviteurs qui demeurent au milieu d'eux ^ sont d'une naissance supérieure à la leur et ne veulent en aucune façon dépendre d'eux.
« Ces erplications données à l'égard des propriétés et des procédés de ces hommes, nous terminerons par l'énumération de certains griefe qu'ils ne pourront nier si jamais ils osaient se présenter devant le banc de la justice, savoir: qu'ils ont(avant de s'enfuir de notre royaume ) non-seulement conspiré pour exciter la sédition et fomenter la ré-
iBi L'IRtÂNDE ET US IRLANDAIS.
bellipn, mais qu'ils ont employé divers instrumens, aussi bien prêtres que d'autres , pour faire offres à des états et princes étrangers (si ceux-ci eussent été disposés à accepter) de leur résolution et de leurdésirde^'attacheràeux, lorsqu'ils tenteraient d'envahir ce royaume. De plus, entre autres choses celle-ci ne doit pas être oubliée qu'outre la condition d'être affranchis du gouvernement anglais , ils mettaient celle de l'extirpatiou complète de tous les sujets de race anglaise , vivant maintenant dans ce royaume. Ils avaient pour ferveus auxiliaires de leurs desseins nombre de prêtres et de jésuites ( dont maintenant une partie des fonctions consiste spécialement et essentiellement à persuader aux sujets de se révolter contre leurs souverains) ; toutefois leur entreprise ne rencontra pas l'encouragement qu'ils attendaient et dont ils se vantaient; aus^ nous tenons nous pour assuré que quand cette déclaration aura été vue et dûment examinée avec toutes les circonstances qui s'y rattachent « elle aura assez de force poiu- ' dissiper et décréditer tous les mensonges que ces - êtres méprisables , déloyaux et remplis d'ingrati- . tude vomiront contre nous ainsi que contre la justice et la modération de nos procédés; et qu'elle ne leur produira nul autre avantage que celui qui nous semble devoir être accordé à une bande de rebelles , nés nos sujets, et liés à nous par tant et de si grandes obligatioua.
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OBSERVATIONS, PREUVES. <cii. ii.) 199 « l>omié en notre Palais de Westminster, le i& novembre dans la quinzième année d6 notre règne sur l'Angleterre , la France et l'Irlande, «Dieu àAUvE le eoi. »
Il est curieux que le seul droit de Jacques aux six comtés en Ulster, fût la confiscation résultant de la proscription pour cause de fuite deTironeet Tyrconnell. Et néanmoins sa proclamation déclare qu'ils n'avaient aucun droit aux possessions confisquées. S'ils n*avaient aucun droit, leur proteriptùm n'aurait jamais pu transférer un droit au roi. C'était une étourder^e qui s'accordait parfaitement avec l'intelligence d'un Salomon tel que Jacques I", mais il s'en fellait de beaucoup qu'on regardât sa proclamation comme vraie à cet égard, et dans la pratique il fiit loin d'admettre que les proscrits O'Neill et ODonnell n'eussent aucun droit à leurs terres.
Quant à la proscription elle-même , il eût été difficile même à cette époque de l'établir devant les tribunaux sur la seule preuve qui existât de la trahison des comtes, — savoir, une lettre anonyme qu'on avait laissée tomber dans la chambre du.conseil au château de Dublin. Cependant pour couper court à tout , Jacques résolut de faire 'proscrire les deux chefs irlandais par un acte de parlement. Il n'avait point été tenu de parlement en Irlande depuis l'année i587, jusqu'à la convocation de celui-d, en i6i3, par Jacques qui en tria les mem-
bres et les réunit à fin expresse de proscrire O'Keill
et O'Donnel.
Sir John Davies avoue avec une parfaite candeur les motifs pour lesquels furent convoqués en Ir> lande les premiers parlemens : savoir, pour proscrire divers personnages et s'emparer ainsi de leurs biens. Il cherche même à justifier le choix partial des membres de ce parlement de 1 6 1 3 . en procédant par des exemples, ressources! Ëtmilière aux avocats. Voici ses propres paroles :
« Pour quel objet fut convoqué par lord Léonard Gray, le parlement durant la vingt-huitième année du règne de Henri YIII , si ce n'était pas pour proscrire les Giraldines et pour abolir l'au torité usurpée du pape? »
«Dans quel dessein Thomas , comte d'Essex, tint-il son premier parlement durant les troisième et quatrième années du règne du roi Philippe et de la reine Marie , si ce ne fitt pas pour assurer définitivement Letx et Cfffidey à la couronna?
a Pour quelle cause sir Henri Sydney tint-il principalement dans la onzième année du règne d'Elisabeth un parlement , si ce ne fui pas pour éteindre le nom d'O'Neill, et pour donner à la couronne drtiit à la plus grande partie d' Vlster? »
« Et enfin , pourquoi sir John Perrot tint-il le dernier parlement , si ce ne fut pas principalement pour proscrire les deux grands pairs de ce royaume, le vicomte de Baîtinglass et le comte de
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OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. ii.) 201 Desmond, et pour mettre la couronne enposêession de leurs terres et de celles de leurs adhérens?i> — Dames , pag. 3oo.
Quel avdcat pourrait résister à la conclusiou inévitable (pie, puisqu'on avait déjà convoqué et tenu des parlemens dans le seul but de piller, Jacques , lui aussi , avait évidemment le droit de convoquer un parlement pour le même louable objet?
A-t-on jamais nulle part commis crime ou fraude quin'aientété surpassés par la conduite du gouvernement anglais envers l'Irlande?
Les six'comtés que l'on voulaitconfisquer étaient d'une étendue presque égale à celle du Yorkshire et du Lancashire, et c'était la partie la plus riche 'et la mieux cultivée de l'Irlande. Quelle autorité pouvait-on invoquer pour prouver le crime de trahison ? L'autorité d'une lettre anonyme trouvée où et comment? Sur le plancher de la chambre du conseil, dans la résidence même du vice-roi. Et de quelles diiBcultés fut entourée la découverte? Il n'y eut qu'à se baisser pour la ramasser : Et alors, pour effectuer ce vol gigantesque au moyen duquel on devait dépouiller de tout les habitans de six comtés- et les chasser hors de chez eux, sans abri et sans argent, que fit Jacques? D'un seul trait de sa plume, il créa quatorze pairs, qui, avec d'autres dignitaires, devaient prendre part dans le pillage, et il institua quarante nouveaux bourgs au moins parmi les plus pauvres villages et hameaux
en Irlande. Qu'étalant ces boui^? Une moquerie, sans contredit. Le nombre des électeurs de chacun d'eux s'élevait tout au plus à douze avec un officier f:hargé de faire le rapport de l' élection ; 'et quand des plaintes furent adressées au roi, sous forme de remontrances signées par quelquesuns des principaux personnages en Irlande, il répondit :
« Vous TOUS plaignez de quatorze élections fausses. Est-ce qu'il n'y en a pas beaucoup d'autres dont on se plaint dans ce parlement, sans que pour cela les membres ainsi élus quittent la chambre?... Mais TOUS TOUS plaignez des nouveaux bourgs... Que TOUS importe si je crée beaucoup ou peu de bourgs? Mon conseil examinera l'affaire, si cela me convient. Que serait-ce donc si j'avais créé quarante nobles et quatre cents bourgs? Plus les convives sont nombreux, plus on rit; moins il y en a, meilleure chère on fait. »
par un statut irlandais alors en vigueur, savoir : un acte de la vingt-troisième année du règne de H^iri Vin, nul ne pouvait représenter un comté, une cité ou une ville en Irlande, s*il n'y résidait pas. Cet acte n'avait pas été réToqué ; mais il fut en cette circonstance foulé aux pieds avec mépris. Les seigneurs irlandais s'alarmèrent ; ils présentèrent immédiatement une requête à Jacques, qui, pour toute réponse, envoya leurs agens, Talbot et Lottrel , l'un à la tour de Londres, et f autre à la
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OBSERVATIONS. PREUVES, (ch. n.) tOS prison deFleet, où ils furent gardés longtemps! Il n'y avait cependant rien de déraisonnable dans leurs plaintes, comme pourra s'en convaincre le lecteurpar l'extraitsuivant deLeland, qui rapporte que les lords irlandais dirent qu'il s'est élevé r
V Un terrible soupçon que le projet, qui avait pour objet la création de tantde corporations dans des endroits que l'on peut à peine mettre au rang des plus pauvres villages dans le pays le plus pauvre de la chrétienté, ne tendit à rien autre, grâce au petit nombre d'individus qui, sous le nom de bourgeois , seront appelés à donner leur vote ei ehoiéia à cet «ffei, qu'à imposer de sévères lois pénales sur vos sujets d'Irlande, n — Ltiandf livre IV, ch. 7.
Poursuivons, et que Leland nous apprenne quelle espèce de représentans furait choisis pour ces bourgs.
« Les lords et membres des communes opposons du vpale» adressèrent des lettres au roi et au conseil anglais, attaquant avec force l'abus des nouveaux boui^, dont l'incorporation s'était faite avec tant de partialité et qui étaient représentée par dee clercs d'attorney et des serviteurs du lord député, dénonçant en même temps u violehce
FAITS A EVEBARD, CHOISI PBÉSinEHT, FAR DHK MA- JORITE NON DOUTEUSE DE REPRÉSENTAKS , implofaUt
la grâce d'être entendus par la voix de leurs agens, et renonçant à la faveur royale, s'ils, ne founûs-
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sent pas la preuve de leurs assertions. » — Leland,