DE TOUT LE TRAVAIL
La digitaline représente toutes les propriétés thérapeutiques de la digitale : action modificatrice du système circulatoire, action diurétique et altérante, action sur le cerveau.
L'intolérance de la digitaline paraît moindre, à dose correspondante, que celle de la digitale et de ses préparations.
L'ingestion de la digitaline est plus facile , son effet est plus sûr, et la durée de sa conservation indéfinie.
Appliquée sur le derme dénudé, même à la faible dose de 1 milligramme renouvelé à intervalles de huit ou dix heures, la digitaline provoque une vive inflammation, avec gonflement, rougeur et engourdissement douloureux des parties voisines, et ne peut, en conséquence, pas plus que la digitale, être employée avantageusement par la méthode endermique.
Les autres principes isolés de la digitale (digitalose,
MÉMOIRE SUR LA DIGITALINE. — CONCLUSIONS. oUi
digitalin, digitalide) ne possèdent aucune action physiologique appréciable.
En conséquence ^
Nous pensons que la digitaline est destinée à remplacer, dans la pratique, la poudre de digitale et les diverses préparations pharmaceutiques qui en dérivent.
Les expériences et les faits exposés dans ce mémoire, les notions auxquelles ils nous ont conduits, — l'applica-^ tion de celles-ci, — sont le fruit de dix années de travail ; et cependant nous sommes loin d'avoir résolu toutes les questions qui touchent à la digitale ou à la digitaline; aussi invoquons-nous le bénéfice de l'adage : Ars longu, vita brevis.
D'ailleurs, le progrès dans les connaissances humaines nécessite le concours de nombreux expérimentateurs, dont chacun fournit un contingent proportionné aux conditions dans lesquelles la nature ou les circonstances l'ont placé.
Pour nous, en isolant la digitaline, en étudiant plusieurs points de son action physiologique et thérapeutique, en essayant de jeter quelque jour sur la question controversée du ralentissement et de l'accélération des contractions du cœur, nous avons apporté notre pierre, nous avons donné notre journée de travail. Reste maintenant aux architectes à élever l'édifice à la construction duquel nous essaierons toujours de coopérer dans la limite de nos forces.