‹ Mémoire sur la famille des MélastomacéesChapitre 15 sur 56 · CH.ETOSTOMA DC. prod. 3. p · texte numérisé non relu

CH.ETOSTOMA DC. prod. 3. p

Le petit genre que je désigne sous ce nom se compose de deux espèces du Brésil, découvertes par M. de Martius. Ce sont de très petits sous-arbrisseaux qui y croissent sur les hautes montagnes ; leur aspect ressemble un peu aux bruyères. Leur surface est toute glabre; leurs tiges menues, leurs feuilles serrées, aiguës, sèches, étroites, à une seule nervure et très entières sur les bords ; les fleurs sont terminales , solitaires , assez petites; le tube du calice est oblong ou turbiné, garni vers le sommet près de l'origine des lobes d'une rangée de cils épineux dressés et assez remarquables , desquels j'ai tiré le nom générique (x^^'7^> soie, et cliyiAi bouche). Les lobes et les pétales sont au nombre de 5 dans le C pungens, qui est le type du genre, et de 4 dans le C. tetrastichum , que j'y rapporte par analogie, mais sans connaître le fruit. Les anthères ont un bec court à un pore; le connectif est à peine prolongé ou bossu à son articulation sur le filet» La capsule est prismatique, allongée, à 4 ou 5 angles, et a quelques rapports avec celle du genre suivant. Je ne connais pas les graines. Le Rliexia ericoides de Sprengel parait se rapporter à ce genre; mais l'espèce m'est inconnue.

1 5. SALPINGA Mari, et Schrank. — DC. prod. 5. p. i la.

Sous ce nom^ qui signifie trompette (riMny^), MM. de Martius et de Schrank ont désigné un genre de Mékstomacées remarquable par son calice en tube allongé^ ouvert à son sommet comme Textrémité d'une trompette^ et marqué de 8 ou lo sillons profonds et longitudinaux. D'après ce dernier caractère, M. Richard lavait désigné dans json Herbier sous le nom d'j^ulacidiwn (d'«u\AÇ, sulcus); de ces deux noms inédits j'ai dû choisir celui qui m'a été communiqué le premier, et qui était appuyé sur une description générique.

Les Salpinga se divisent en deux sections, selon que le système de leur fleur est quaternaire ou quinaire. Le calice se termine par 4 ou 5 dents courtes, larges et persistantes) les pétales sont lancéolés, aigus, dressés, petits , et de couleur blanche^ Je n'ai paa ru les étamines. Le style est fili* forme, surmonté d'un stigmate orhiculaire* La capsule est un prisme à Siingles obtus, libre dans le tube du calice, k 3 valves qui, à la maturité , portent chacune une cloison sur le milieu de leur face interne, et laissent au centre un axe ou columdle libre. Lies graines sont très pe.tites, attachées à Taxe, demi-ovales, avec la cicatricule linéaire.

Le port des Salpinga n'est pas moins prononcé que leurs caractères; ce sont des sous-arbrisseaux ou des herbes annuelles, à rameaux cylindracés un peu comprimés, à feuilles portées sur dea pétioles assez longs, de forme ovale - acuminée , ciliées et un peu crénelées sur les bords, glabres d'ailleurs, membraneuses, et à 3 ou, 5 nervures; les fleurs sont sessiles, unilatérales le long des branches de l'axe de ces épis axillaires ou terminaux qui rappellent asseî par leur disposition ceux d% Borraginées.

Çjo genre est actuellement fondé sur 4 espèces : une {S. secundo) sous-ligneuse originaire du Brésil, découverte par M. Martius; a herbacées annuelles (S. fàsciçulata et cristata), trouvées par Richard dans les forêts ombragées de la Guiane française ; et une quatrième, analogue par le port et la patrie aux deux précédentes, et trouvée par M. Perroltet. Cette dernière se rapproche un peu du genre suivant, parce que les valves de la capsule sont épaissies au sommet et que la tige pousse quelques racines vers sa base. ...

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l4. BERTOLpNIA Raddi. — DC. prod. 5. p. ii5. ^

genres divers ont été consacrés à conserver, dans la botanique , le souvenir des travaux de M. Ant* Bertoloni, professeur à Bologne. En iSog^ M. de Spin lui dédia un genre que l'on n'a pas jugé suffisamment distinct du Mjoporum. En jSio, M. Rafinesque donna ce nom à un genre qui raitrait dans leZapania. En 1 8 1 2, j'avais eu le projet de dédier à M. Bertoloni un genre de Labiatijlores; mais en apprenant l'existence de celui de M. de Spin, je changeai le nom déjà gravéen celui de Cfiabrœa, pour éviter toute confusion. En 1814 ^ M. Mocino donna , dans ses manuscrits, le nom de Bertolonia à un genre du Mexique, qui a été publié depuis par M. Kunth, sous le nom de Cercocarpus . En 1820, M. Raddi employa ce nom réellement vacant pour designer le genr0.de MékstoBciées auquel cet article est consacré. Enfin, en 1 82 1 , M. Sprengel établit idaas ses Neue Entdeckungen un nouveau genre Bertolonia smt tin (végctpd du Brésil, qui parait appartenir à la famille des Phytolaccéesy et <[ui -est, par conséquent, totalement différent du Leandra de Raddi, que 'M. SprcMgel y rapporte comme synonyme dans son Sjrstema. Ce Bertolonia de SprengeLdevra prendre un nou«> v«au nom lorsque ses caractères seront bien constatés , et le nom de Ber^ toloTÙa doit rester, par droit d'ancienneté, au genre de Raddi. Ce genre est désigné, dans l'Herbier de M. de Martius, sous le nom de Triblemma de R. BroMrn, que je n'ai pu trouver dans aucun des ouvrages de ce savant. Cet exemple de la confusion produite par le d&ir bien naturel de dédier un genre à M. Bertoloni, doit mettre les botanistes en garde contre la pré* cipitation avec laquelle ib dédient des genres à leurs amis, sans savoir le sort définitif de ceux qui ont pu leur être préalablement consacrés.

Quoi qu'il en soit, le genre Bertolonia de Raddi est un des plus naturels et des plus remarquables de toute la famille des Mélastomacées. M. Raddi, qui n'en connaissait qu'une espèce, le B. npnpkœijblia , avait déduit son caractère de la soudure des dents du calice en un limbe entie^ et so«s ce rapport, MM. Kunih et Bonpland (Rhexw p. 1 14) avaient eu nison de le critiquer en faisant observer que le B. Leuzeana^ qui a le calice à 5 lobes, parait évidemment congénère du précédent. Mais le vrai caractère dugenre consiste dans^la structure. du fruit. C^luinâ est une capsule à ^5 £m{3s à 3 valves.; lea valved sont épaissiea et soudées par le sommet , et ne peuvent

s'ouvrir qu'au-dessous de cette partie renflée et soudée qui joue le rôle d'opercule^ la scissure ayant lieu circulairement au-dessous de lui ; les^graines sont en forme de coin triangulaire, ayec la snr&ce rude. Les Bertolonia sont des herbes rampantes qui vivent dans les forêts humides et montuenses du Brésil; leurs feuilles sont pétiolées, ovées ou en cœur, crénelées, à 5, 7, 9 ou même 1 1 nervures principales; les fleurs sont blanches on purpurines, disposées en cimes terminales et corjrmbiformes. Aux deux espèces connues (B. njmphœifoUa et Ltmzeanà)^ M. Martius en a ajouté deux autres qui confirment Texistence dn genre; Tune d'elles a la grappe scorpioïde comme dans les Salpinga, dont ce genre est très voisin.

l5- MEISNERIA DC. prod. 5. p. 114.

Ce genre, composé d^heribes annuelles à capsule biloculaire, se lie assez naturellement aux deux préeédens , qui ont , comme nous l'avons vu , la lige herbacée et la capsule ii 3 ^og^^ raiM il établit surtout une transition facile aux premiers genres de la tribu des Rhexîées, qui ont la tige herbacée et la capsule à a loges, comme celui-ci, mais qui en différent par la structure des graines. Le Meisneria a le tube du calice globuleux, à 4 lobes lancéolés et acuminés, 4 pétales ovales à peine mucronés, 8 étamines dont les anthères ovales se terminent par un bec tubuleux ; 4 ont le connectif long et muni d'oreillette à sa base; 4 situées devant les pétales ont le connectif h peine visible. La capsule est à 2 loges ; les graines très petite», droites, ovales, triangulaires. Les tiges sont dressées, cylindriques , un peu velues , et paraissent annuelles ou à peine sous-ligneuses à leur base. I^'S fouilles sont sessiles, ovées, aiguës, à 3 nervures, bordées de cils ou de très petites dentelures. Les fleurs sont pédicellées, solitaires, aitemcBi h l'aitselle des fouilles et des rameaux, et disposées en cime vers leflommet; les pétales sont petits, de couleur purpurine.

liOS doux espèces de ce genre ont été découvertes par M. de Martius dana les lieux humides et sablonneux de la province de Minas Geraes, au BrésiL lie M. arenaria est remarquable par la couleur rougeàtre des poils de presque toute la plante.

J'ai dédié ce genre k M. €.r-F. Meîsner, auteur d'une excellente mono- Mripkie des Pofygf^iuni; heureux de pouvoir, en lui donnant cette mar^qM fuliliquo Uc mon estime, recoanattre le prix des efibrts^qu'il fait jpour

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réveiller^ dans la patrie du grand Haller, le ^goût de l'histoire naturelle méthodique^ que la vogue des systèmes artificiels semblait y avoir étouffé.

a« Tribu. RflEXIÉES DC. prod. 3. p. ii4.

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