DIPLOCHITA DÇ. prod. 5. p
Ce genre a été primitivement établi par Aublet, en 1776^ sous le nom de Fothergillay et ce nom semblait devoir être conservé, puisque le JFbthergilla de Linné fils ne date que de 1 781 ; mais le genre de Linné ayant été admis à une époque où l'unanimité des botanistes repoussait celui d' Au* blet, il convient de le conserver; aussi M. Don, qui a senti cette convenance, a désigné le genre d' Aublet sous le nom de Chitonia : mais il existe un autre genre Chitonia^ admis antérieurement dans le I"" volume du Prodromus. Obligé de former un mot nouveau, je me suis écarté le moins pofôible du nom de Don , en imposant à ce genre celui de Diplochita destiné à indiquer que chaque fleur est enveloppée à sa jeunesse par deux bractées caduques.
Ce caractère ne se rencontre dans aucune autre Mélastomée à fruit charnu , et ne se retrouve dans la famille entière que dans le Lasiandra , qui n'a aucuns rapports avec celui-ci.
A l'époque où les bractées des Diplochita sont tombées , et où les Cbnostegia ont perdu leur capuchon, les fleurs de ces deux genres se ressemblent beaucoup; l'analogie générale de leur port est aussi très remarquable, et motive leur rapprochement déjà pressenti par M. Don.
Les Diplochita sont tous du continent de l'Amérique méridionale , du Mexique, de Cayenne ou delà Jamaïque. M. Martius a ajouté 2 espèces du Brésil 11 celles qui étaient connues. On peut prendre une idée de ce genre, en consultant les planches 18 et 3 1^ de Bonpland. Je joins ici la description d'une espèce nouvelle assez remarquable.
DIPLOCHITA FLORIDA DC. prod. 3. p. 176.
Cette belle Mélastomée est originaire de Cayenne ; elle y a été découverte par M. Patris, qui l'a trouvée chargée de fruits en septembre 1785. Elle est nommée bois jraman par les nègres d'Oya. C'est, dit-il dans une note de sa main qui accompagne ses échantillons, un arbre droit, bien filé, dont le tronc est souvent cannelé de côtes saillantes. Les rameaux sont cylindriques, lisses, cendrés, glabres dans l'état adulte, un peu comprimés et couverts d'un duvet rouasâtre à peine visible à la loupe dans leur première jeunesse, et dans le voisinage des grappes; les pétioles ressem-
blent aux jeunes pousses et atteignent 9 à 10 lignes de longueur ^ le limbe des feuiUes est ovale-oblong , un peu rétréci à la base, très acuminé au sommet, un peu coriace, entier sur les bords, glabre et d'un vert foncé en dessus, pâle ronssàtre et légèrement duveté en dessous; 5 nervures longitudinales partent de la base, et un grand nombre (4o-5o) de nervures transversales les unissent et ferment des parallélogrammes açsex réguliers; lé thyrse qui termine les branches déps^se la longueur des ftnilles , et a ses pédoncules plus ou moins couverts d'un duvet blanchâtre ou rons* sàtre ; au-dessous de chaque fleur sont 4 bractées d'un rose pâle et nn peu veloutées , qui semblent , dit Patris , être la véritable fleur et rappellent asses bien les bractées de \ Hortensia ou du Cornus florida. Ces bractées tombent de bonne heure; le fruit est globnleux, tronqué au somiMlf^ parfaitement glabre, indéhiscent, de la grosseur d'un petit ppis, divisé intérieurement en 3-5 loges rayonnantes; les graines sont angnlensès : mais je ne les ai pas vues à leur maturité. Cette espèce est très voisine du Diplochita Fotfiergilla y dont Richard a donné une bonne description à la planche 5^ de l'ouvrage de Bonpland , mais me parait en différer éminemment par ses bractées colorées.