MICONIA Ruiz et Pawn. — Don. -^ DC. prod. 5. p
Voici le genre le plus nombreux et le plus difficile de la Camille entière ; il se compose aujourd'hui de 82 espèces, et encore j'ai laisse dans divers Herbiers des Miconia que je crois nouveaux, mais que je n'ai pas ose établir comme tels, dans la crainte de faire quelques doubles emplois. ^^
Le Miconia se distingue , comme genre, à son calice adhérent à l'ovaire, dont le limbe est court , persistant, à 5 dents obtuses munies d'une membrane à l'intérieur , et le plus souvent conniventes sur Tovaire après \a^ fleuraison; les pétales sont obovés, obtus; les étamines ont des anthères oblongues-linéaires, munies à leur base d'oreillettes courtes et très obtuses; l'ovaire est parBadtement glabre et ombiliqué au sommet; le style filiCdrme à stigmate obtus non dilaté en tète ni en disque ; le fruit est charnu , à 5 loges, rempli de graines lisses, trihèdres, à cicatrice noire et linéaire. Ces arbrisseaux sont tous d'Amérique; ils sont glabres , légèrement poilus ou cotonneux, mais jamais hérissés de poils comme les CUdemia. Leurs fleurs sont nombreuses, assez petites, disposées en panicule terminale.
Ce genre immense se divise en trois sections assez naturelles , et que peut-être des observations subséquentes forceront à diviser.
La première est celle que j'ai appelée Leiosphcsra, ponr indiquer que les tubes du calice ou les fruits, ce qui sous ce rapport est la même chose, sont globuleux et parfaitement glabres. Ces espèces ont les feuilles à 3 nervures , glabres sur les 2 faces , mais bordées de cils ; les fleurs sont ramassées ou disposées en séries unilatérales le long des branches d'un thyrse terminal. C'est ici que se rapportent les Mel. racemosa^ purpurascens ^ setifiodis, cWaia, et probablement rufescens. J*en ai ajouté 4 nouvelles, provenant des voyages de MM. Patris , Martius et Bertero.
2* . Sous le nom SEriosphœra je déagne un groupe remarquable par ses boutons de fleurs globuleux et cotonneux ; le tube du caKce est couvert de duvet et le limbe très court; les feuilles sont glabres en dessus, tu moins à leur état adulte, cotonneuses en dessous ; les panîcules des fleurs sont terminales, blanchâtres, à rameaux opposés; les fleurs sont le plus souvent disposées en séries unilatérales le long de ces rameaax , on riH
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massées en têtes serrées , mais toujours sessiles. Ce groupe , très facile à reconnaître dès le prainier coup d'oeil, se trouve dans THerbier de Richard, sous le nom générique de Hjpoœanûuès , qui ne m'a pas paru assez exact pour être conservé. Il comprend le Melast. hohsericea de Linné et de tous les auteurs, sauf Swart», et une vingtaine d'espèces connues ou inédites, dont -la plupart ont été confondues dans les Herbiers avec le M. holo^ sericea* Je dout# que qui que ce soit puisse, après les avoir vues, n'êtvf pas frappé de leur extrême analogie.
y. Après avoir ainsi séparé en deux sections les deux groupes que je viens d'indiquer, et qui feront peut-être un jour deux genres, il reste la ^^tiondes vrais Miconîa {Euniiconid) , à laquelle se rapportent les espèces de Ruiz, Pavon et Don, décrites jusqu'ici, et une foule d'autres. Cette section se distingue des deux précédentes, parce que le tube du calice est turbiné ou obové et non globuleux ; elle renferme encore bien des formes hétérogènes quant au feuillage, mais je n'ai su y reconnaître aucune difiërence un peu prononcée dans les organes de la fructification.
Je terminerai cet article en y joignant la description de quelques espèces nouvelles de Miconia,
1». MICONI^ BARBIGERA DC. prod, 3. p. 179.
Cette espèce a de grands rapports avec le M. racemosn; comme celle-ci , elle se rapporte à la section desr Leiosphœra, et est originaire de Cayenne ; j'en possède un échantillon recueilli par M. Patris. Ses rameaux sont à 4 angles fort obtus dans leur jeunesse et deviennent ensuite cylindriques; ils sont glabres, excepté à l'origine des feuilles où on y observe quelques petits poils ; les pétioles ont jusqu'à 2 pouces de longueur dans les feuilles supérieures, et portent vers leur sommet des poils roussàtres qui manquent entièrement dans le M. racemosa; le limbe est ovale, dMong, acuminé, bordé , dans toute sa longueur, de cils roides qui le font paraître plus deivtelé qn'il ne Test réeUement. Ces fimilles ont 5 nervures, outre deux petites nervures marginales; leur surface est entièrement glabre : elles ont 5 à 6 pMces de longueur sur a de large; l'inflorescence et la structure des fleurs ne diffèrent pas de cdles du M. racemosa dont cette espèce est peutêtre une variété remarquable.
76 MEMOIRE î.
%". MICONIA BRA.CHYPODA DC. prod. 5. ^. 180.
Cette espèce a été découverte à Saint-Domingde par M. Bertero. Je Taf reçue de M. Balbis, sous le nom de Melastoma crocea, sous lequel M. Sprengel l'avait inscrite dans la collection de Bertero; mais leMelast. crocea de TEncyclopédie , que j'ai vu dans l'Herbier de M. de Jussfeu, est une plante tout-à-fait différente de celle-ci , qui est originaire du Pérou, et qui appartient au genre Cremanium. Le MeL crocea de Sprengel^ syst. a; p. 5o2 , comprend donc 2 espèces de deux pays , et de 2 genres difiërens , qui n'y sont pas même distinguées comme variétés.
Celle qui nous occupe ici est un arbrisseau qu'au premier coup. d'oeil,, on serait tenté de prendre pour une Rubiacée , parce que les rameaux^ qui sont glabres et presque cylindriques dans les entre-nœuds , offrent des nœuds un peu renflés, garnis d'une feuille à l'autre par une rangée de longs poils qui tiennent la place des stipules des Rubiacées. Les pétioles ont à peine 3 lignes de longueur, et sont poilus au sommet; les feuilles sont ovales, rétrécies à la base, terminées en pointe aiguë, bordées de dentelures en scie et de cils roides, munies de 5 nervures réunies par de nombreuses nervures transversales; leur surface inférieure est d'un vert jaunâtre; toutes les deux portent quelques poils courts : ces poils sont épars en dessus , disposés en dessous sur les nervures ; les fleurs sont disposées au sommet des rameaux en un thyrse étroit, et qui ressemble ji un épi interrompu : les fleurs y sont irrégulièrement v,Clir,iicillées et presque sessiles; l'axe porte quelques poils mous et roussàtres; les calices sont glar bres, globuleux, à 5 dents très courtes.
5*^. MICONIA LAMBERTIANA DC, prod. 3. p. i85.
Cette espèce m'a été communiquée par M. Lambert, comme provenant de l'Ile de Saint- Vincent; mais j'ignore si elle y est sauvage ou cultivée. Elle est très remarquable par ses fieuilles verticiUées quatre à quatre, et sous ce rapport ne peut être confondue qu'avec le M. Imgifolia, figuré par Aublet à sa planche 1 70. Elle lui ressemble encore, soit par ses rameaux qui, dans leur jeunesse, ont 8 sillons longitudinaux et sont chargél d'un duvet rare composé de petits poils étoiles, et qui dans un âge plus avancé deviennent cylindriques et glabres, soit par ses feuilles portées sur un court
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pétiole^ oblongues^ amincies aux deux bouts ; mais elle en diffère^ 1 "*. parce que les 3 nervures ddt*feuilles partent immédiatement de la base du limbe dans le M. Lambertiana ^ et un peu au-dessus dans le M. hngifolia; 2^. surtout en ce que la panicule terminale et multiflore qu'on observe dans les deux espèces part immédiatement du dernier verticille dans le M. lof^^olia, et qu'elle en est séparée par un intervalle nu dans le M. Lambefliana^ S""* parce que les fleurs sont plus petites dans le M. Lnm^ hertiana que dans l'autre.
4^ MICONIÀ COLLINA DC. prod. 3. p. i85.
Les caractères de cette espèce^ tels qu'ils sont exprimés dans le Prodromusy suffisent pour la faire reconnaître; elle est surtout très différente de toutes ses analogues par ses feuilles non dentées dans le sens strict du mot 9 QMiis plutôt crénelées ou sinuées, à dents et à sinus très obtus. Je profiterai de cette occasion pour relever deux inexactitudes, l'une d'expression; le mot circà Portoricco est une erreur de copie et doit être remplacé par ceux-ci : in insuld Portoricco; l'autre de fait. J'avais dit que les pétales, d'après le sec, paraissent jaunes, tachés de rouge; mais un échantillon très semblable au mien, envoyé de Portoricco par M. H. Wydler, est accompagné d'une note qui dit que les pétales sont blancs. On sait que ce genre d'erreurs est facile dans l'Herbier.
5^ MICONIA WYDLERIANA.
Le même M. H. Wydler a découvert à Portoricco, et a envoyé au Conservatoire botanique lie Genève, une nou'^Hle ^pèce de Miconia^ qui ne m'est parvenue qu'après la publication du 5* volume du Prodromusj et que je désigne sous le nom de ce botaniste. Elle peut être caractérisée par la phrase suivante :
8' M. Wydleriawa (DC. in Herb. Wydl. n. 225) ramulis obtusissimè tetragonis demàm teretibus glabris^junioribuspanicuUsque pube rufâ subtuberculatx)^scabris f foliis subsessilibus osfalibus acuminalis basi obtusis subcordatis supemè glaberrimis subtils pube rufd tuberculato^punctatis , thjrrso paniculato terminali, Jloribus subsessilibus congesto-^erticillatis. 3 hab. M s)'li>is ins. Poitoricco. PF/dler. {v. s. in herb. horti Geneu.)
Ce Miconia appartient à la première des trois stttions de- ce genre. Ses
feuilles sont portées sur un pétiole épais , roux, Goayert de poils un peu ras et floconneux; sa longueur n'atteint pas 2 Kgnes; les feuilles ont 5 à 7 pouces de longueur sur 3 de largeur; elles ne sont point ciliées , et sont à peine munies Ters le sommet de très petites dentelures. Les jeunes Êruits sont globuleux, de moitié plus petits qu'un pois, de couleur noirâtre, couronnés par les dents courtes obtuses et conniyentes du calice^ firesque ^bres, avec de petites taches d'un blanc roux, qui, vues à la loiipey paraissent de petits poils étoiles. Les graines sont lisaes, anguleuses, presque en forme de coin et à ombilic noir et linéaire.