CREMANIUM ïhn. — DC. prod. 5. p
Ce genre a été établi par M. Don. Ses deux caractères distinctife sont, I*. d'avoir le stigmate dilaté en tête ou disque pelté; a*. d'oflHr des anthères ouvertes au sommet par 2 pores, c'est-à-dire manquant du bec terminal et présentant par conséquent l'ouverture des deux loges à découvert. Ce dernier caractère est quelquefois trompeur sur le sec, et je ne voudrais pas assurer que quelques unes des espèces que j'ai rapportées au l^re Cremanium ne dussent être rejetées parmi les Miamia.
MÉLASTOMACÉES. 79
Les Cremanium sont toos originaires des parties chaudes de l' Amérique ; ils se divisent en deux séries^ selon que leurs fleurs sont sur le système quaternaire ou quinaire ; mais le port de ces deux séries n'offre rien de bien caractérisé.
Outre les espèces de Don , j'ai dû rapporter k ce genre un grand nombre d'autres décrites danis les liyres ou conservées dans les Herbiers. Parmi les premières on peut citer les Mel, nrbens, glandulosa, papillosa, reclinata^ quadrangularisy granulosa^ aspergillaris , crocea et theezans. Parmi les secondes se trouvcAit plusieurs espèces découvertes par M. Martins^ et quelques autres dont je donnerai ici la description •
I^ CREMANIUM ELfiODENDRUM DC. prod. 5. ;>. 191.
Cette espèce m'a été donnée par M. Delèssert comme origiittire du Brésil. Elle est entièrement glabre dans toutes ses parties; ses rameaux sont légèrement comprimés dans leur jeunesse ^ ensuite cylindriques ; les feuilles sont o{^sées, oblongues^ presque linéaires > amincies en pointe aux deux extrémités ^ parfiaitement entières sur les bords, longues de 5 à 4 pouces sur 5 à 5 lignes de largeur; elles sont surtout très remarquables par la forme et la disposition de leurs nervures; vers la cinquième partie environ de leur longueur la nervure moyenne porte en dessons deux petits appendices oblongs et latéraux^ que je ne connais dans aucune autre plante; et au-dessus de ce point naissent les deux grandes nervures latérales qui passent très près du bord de la feuille , et sont assez noueuses. Les fleurs sont petites, nombreuses, disposées en panicule terminale, à rameaux tA.* nombreux et opposés; les rameaux inférieurs naissent à lîûseUe des feuilles supérieures, les autres ont à peine des bractées pour remplacer les feuilles; le calice a le tube court, arrondi, à 4 dents courtes et à peine pointues ; ks 4 pétales sont petits, caducs, obovés et paraissent avoir été de couleur blanche; les étamines sont courtes; les anthères d'un blanc jaunâtre, rétrécies à la base, dépourvues d'oreillettes, très obtuses au sommet, ouvertes par deux larges pores très visibles ; le style est filiforme , terminé par un stigmate pelté et arrondi. Je n'ai pas vu le fruit, mais l'ovaire est adhérent au calice et a 4 loges , ce qui annonce une baie 4-locuIaire.
8o MÉLASTOMAGÉES.
a^ CREMANIUM HISPIDISSIMUM DC. prod. 3. p. 19a.
Cette espèce provient du Pérou, où elle a été recueillie par DombejTi et je l'ai observée dans l'Herbier du Muséum d'Histoire naturelle de Paris. Elle est très remarquable par son port qui approche davantage du Clidemia Nianga que des autres Cremanium; ses rameaux sont cylindriques, hérissés dans leur jeunesse , ainsi que les pétioles , les pédoncules et' les calices , de soies longues , roides , nombreuses et étalées ; les feuilles sont pétiolëes, ovales, brièvement acuminées, très entières sur les bords, ciliées , munies de 5 nervures , couvertes de poils un peu couchés sur les deux surfaces; les fleurs forment un thyrse paniculé, terminal, à rameaux étalés et opposés : elles sont à 5 parties; les lobes du calice sont courts, obtus 9 garnis de soies, ainsi que le tube qui est court et arrondi; les pétales sont ovales, obtus, un peu jaunâtres dans l'état sec, mais probablement de couleur blanche à l'état de vie ; les filets des étamines sont couverts de corps glanduleux, nombreux, serrés, roussâtres, élevés; les anthères sont arquées, munies à leur base de 2 petites protubérances, ob« tuses au sommet et ouvertes par 2 pores ; le style présente des points glanduletAc, analogues à ceux des étamines, mais moins nombreux, et se dilate au sommet en un disque épais, pelté, large et orbiculaîre; le fruit parait , d'après la forme du calice et son adhérence avec l'ovaire , devoir formel* une baie globuleuse, hérissée, à 5 loges.