‹ Mémoire sur la folie sympathiqueChapitre 24 sur 33 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Affect o i du col de l'utérus; aliénation; traitement de la maladie utérine. Guérison.

Lisfranc , dans le II' volume de la Clinique chirurgicale de la Pitié, rapporte plusieurs observations dans lesquelles il établit l’influence diverse de certaines lésions de l’utérus sur la production des affections nerveuses: «La matrice, dit-il, est le foyer du mal d’où s’irradient des souffrances qui souvent ne s’y font pas sentir, et qui sévissent avec force plus ou moins loin d’elle.» J’extrais de ce travail deux observations qui se rapportent plus spécialement à mon sujet.

1° Une femme âgée de 28 aus, d’un tempérament nerveux et sanguin, appartenait à une famille dans laquelle on n’avait jamais observé la folie. Cette femme perdit tout à coup la raison ; elle avait beaucoup d’éloignemeut pour son mari , elle ne pouvait pas même tolérer sa présence.

Nous savions que la malade avait huit enfants; sa conversation roulait d’ailleurs presque constamment sur l’acte de la génération. J’insistai sur toutes ces circonstances; elles éveillèrent l’attention du médecin, qui dut la porter sur les organes génitaux. Je pratiquai le loucher par le vagin, je constatai un engorgement assez considérable de la partie antérieure du corps de la matrice légèrement hypertrophié; le col de cet organe était très-incliné en arrière. Je prescrivis les moyens propres à combattre la maladie de l’utérus. Lorsque la subinflammation qui compliquait l’engorgement, et qui peut-être l’avait produit, eut presque disparu , j’appliquai le spéculum ; je vis sur la lèvre postérieure du museau de tanche une érosion de la largeur d’une pièce d’un franc. Je la cautérisai immédiatement avec le nitrate acide liquide de mercure. Au bout de six semaines, les symptômes de l’aliénation mentale avaient déjà diminué. Le traitement fut continué pendant six mois avec les modifications qu’exigèrent les circonstances. A cette époque, la malade avait recouvré toute sa raison; elle l’a conservée pendant trois ans, mais alors elle devint enceinte; la folie récidiva , elle persista jusqu’au sixième mois de la gestation , qui était d’ailleurs assez orageuse. Une saignée de 12 onces , pratiquée au bras, vers !e milieu de la grossesse, produisit un amendement extrêmement marqué. Il semble que la guérison doive être attribuée à cette évacuation sanguine.

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