Ms. B : « on droict d'y présider
ment une lettre pour faire choisir un premier eschevin, un receveur et un procureur scindiq, lesquels on comprenoient tousjours dans les trois listes. »
Le Pollet est devenu faubourg de Dieppe depuis que le pont a été construit;
« aujourdliuy on Tenclos de muraille ' pour l'incorporer a la ville dont il jouit des privilèges de franc-sallé et exemption de taille, estant seullement sujet a payer par capitation 6 000 1. par an pour estre employez a Fachevement de sa closture. qui a esté commencée en 1644, laquelle estante achevée, il jouira de Texemption de Tiraposition. Il payoit auparavant 8 ou 10 000 1. de taille.
« En 1664, par la dinumeration faicte du peuple de la ville de Dieppe, il s"y est trouve 23 303 personnes tant hommes que femmes .et enfans. non compris ceux qui demeurent dans le fauxbourg du Pollet 2.
« Il y a 2 parroisses dans la ville de Dieppe, scavoir : Sainct-Remy et Sainct-Jacques, ausquelles les chartreux de Gaillon présentent a cause de l'abbaye de Sainct-Jullien du mont Saincte-Catherine qui a esté unie a leur maison. Il y a un couvent de minimes, les pères de rOratoire fondez par la ville y tiennent le collège, les jesuistes y ont un auspice, les carmes deschaussez y ont este establis par feu Monsieur le duc de Longueville, les bourgeois y ayans répugnance ^. Il y a aussy des religions de filles, scavoir : un couvent de filles hospitallieres * qui possèdent Fhostel-Dieu et traictent les pauvres malades de la ville jusques au nombre de 30^, les carmélites, les urselines. Il y a dans le fauxbourg du Pollet un couvent de Capucins, un couvent de filles de Saincte-Marie de Tordre de Sainct- Augustin et un couvent de filles de Saincte-Claire. »
Le château, qui commande la ville, contient toujours
1. On le fortifiait parce qu'il commandait" entièrement l'entrée du port, qui est au-dessous ». (Beuvron à Golbert, 15 mai 1672, B. Nat., Mél. Golbert 159, f" 242). Cf. une lettre des échevins de Dieppe à Golbert, du 15 déc. 1672, dans Depping, Corresp. admin., I, p. 705.
2. D'après cette phrase il semble qu'il y ait eu un véi-itable dénombrement de la population, fait par l'autorité administrative. Nous n'avons aucun indice sur la manière dont on procéda. Souvent, à cette époque, on opérait en calculant le nombre des feux et en le multipliant par un coefficient convenable, généralement 3 ou 4 ; mais il n'en fut sans doute pas ainsi pour Dieppe, car le nombre 23 303 n'est divisible ni par 3 ni par 4 ni par 5. Le tableau de la population des villes, conservé par Glairambault (ci-dessus, p. 40, n.) donne pour Dieppe 20000 hab. D'autre part les habitants, dans une lettre à Golbert du 29 oct. 1663, écrivent que leur ville comprend neuf à dis mille dentellières, peigneurs et tisserands, et autant de pécheurs (Depping, t. I, p. 799). En 1704, suivant le Dictionnaire de Th. Gorneille, la population est de 30 000 personnes ; ces chiffres concordent à peu près avec celui de notre mémoire.
3. Sur les difficultés fréquemment faites au xvii° siècle par les villes à l'établissement de nouvelles communautés religieuses, voir La Taille en Normandie, chap. V.