Mot manquant dans le ms. A, rétabli d'après le ms. B
152 GENERALITE DE HOUEN.
siderables qui en consomment bien 9 à 10 000 livres par an. Le principal domaine consiste au péage d'Andely et Vernon qui se prend sur les batteaux de toutes sortes de marchandises, suivant un tarif; il y a aussy Tisle des Goulets dans la rivière de Seyne, qui est affermée 700 livres; il y a la ferme du minages; les greffes et tabellionnages; les tiers et dangers des bois. Autrefois les forests de Lyons, Yernon et Andely y estoient aussy comprises comme estantes du domaine; mais le Roy les a retirées il y a longtemps, a la reserve des amandes pour lesquelles Sa Majesté donne mil escus de rente qui se prennent sur les premiers deniers des ventes'. »
Il y a quatre échevins (deux officiers et deux marchands), élus pour trois ans par tous les bourgeois, par-devant le bailli de Gisors ou son lieutenant;
« il n'y a aucun tiltre pour leur establissement, ny règlement pour raison de ce, mais seullement un usage et possession. Ils n'ont aucune juridiction, mais seullement soin des affaires de la ville et des réparations des portes, pavez, murailles et ponts d'icelle. N'ont aucun privilège et prérogative-. »
IS'' PoNToisE. — C'est une ville purement taillable^
[« Il y a* un lieutenant gênerai civil et un lieutenant gênerai criminel, qui sont les sieurs Dumoustiers père et fils, un lieutenant particulier assesseur civil et criminel, qui est le sieur Lanquier; il n'y a point de conseillers au bailliage, aians esté reunis. Il y a de plus un prevost maire qui est le sieur Le Tellier; il a un assesseur. Il y a aussy un prevost forain qui est seul en sa jurisdiction ; il se nomme aussy le prevost en garde, et s'appelle Leïébvre; il précède le maire. Le lieutenant gênerai connoist seullement par appel du prevost en garde et du prevost maire et des juges subalternes, et en première instance de ceux qui ont lettres de gardes gardiennes. Le prevost forain, ou prevost en garde, connoist des nobles de laj campagne et escleziasticques et prétend connoistre aussy des nobles] et ecleziasticques de la ville, et qu'il n'appartient au prevost maire
1. « Ce domaine du conté de Gisors a esté donné avec le duché de Chartresl et la chastellenie de Montargis pour le payement de 250 000 escus d'or soleill qui avoient esté promis en mariage a Alplionse, duc de Ferrare, cspouzanti Renée de France, pour lesquels on luy avoit promis de luy fournir dix mil escus d'or soleil de revenu, et par le contract du mois de juillet 1528 veriffi^ au Parlement et Chambre des comptes, le Roy se reserve la faculté de retire^ ses domaines en remboursant les 250 000 escus d'or soleil » (V.).
2. Cf. Duplessis, t. Il, p. 297-308 et 5(58-573. Th. Corneille, Dictionnaire, art^ Gisors. Hersan, IJist. de la c. de Gisors, Gisors, 1858.
3. La perception de la taille par tarif sera accordée ô la ville par arrêt à conseil du 22 nov. 1707. V. cet arrêt avec la pancarte des droits à lever e: conséquence, B. Nat., LK '^ 8 021. Cf. le recueil des privilèges de la ville dan l'Histoire férilable de fanfiquitc et prééminence du vicariat de Pantoise, 1637 in-4'' (Bibl. Nat., LK •? 8 019).
'k. Tout ce développement sur Pontoise manque dans le ms. A. Il scmbL bien avoir été ajouté en 166G dans le ms. B. car on y lit, à propos de Ii paroisse de l'Aumône : « l'année dernière 1665 ». En outre, le ms. B contient
de connoistre que des roturiers de la ville. Pontoise est régie par la coustume de Senlis^.
« Il y a un esleu particulier pour la chastellenie de Pontoyse, dont les appellations ressortissent en la cour des aydes de Paris, quoyque pour le département des tailles elle soit de la généralité de Rouen. »
La ville a 800 feux ^, répartis entre trois paroisses (St- Maclou, St-Pierre et St-André), plus le faubourg Notre-Dame. « Toutes ces paroisses n'ont que un roolle d'assiette faict par huict asseeurs collecteurs en la ville et fauxbourg ».
« Les maisons qui sont scizes sur le pont de la rivière d'Oyse du costé de Paris et le fauxbourg de TAumosne qui est ensuite ont tousjours esté de Teslection de Paris; comme la proximité donne lieu a plusieurs particuliers de se retirer de la ville de Pontoyse dans ledit fauboui'g de l'Aulmosne a cause que les impositions sont beaucoup plus fortes en Normandie que dans lelection de Paris, les habitans de Pontoyse ont souvent faict effort pour faire joindre et unir la parroisse de TAumosne dans la ville de Pontoyse, et Sa Majesté aiant donné une déclaration a cet effect, il y avoit tousjours eu difficulté pour la veriffîcation en la cour des Aydes de Paris, mais elle y a esté enfin registrée Tannée derniei'e 1665 avec autres edicts, en présence de Monsieur le Prince^.
« Pontoyse est du gouvernement de l'Isle de France, et n'a esté baillée en ayde a la province de Normandie que pour le paiement des tailles et aydes seullement, par edict du roy Charles sixiesme du mois de juin 1382*, et est tousjours demeurée pour la jurisdiction du ressort de la cour des aydes et parlement de Paris. »
Trois couvents de religieux mendiants (Cordeliers dans la ville, Capucins et Mathurins dans le faubourg); hôpital des pauvres enfermés, établi par lettres patentes de 1655, « qui ne subsiste que des aulmosnes qui se font par les habitans » ; Hôtel-Dieu, dont la prieure est M™^ de Guénégaud, sœur du secrétaire d'Etat; couvents de Jésuites, Carmélites, Ursulines, Bénédictines anglaises, ces dernières établies « depuis cinq ou six ans dans le fauxbourg de Nostre Dame ». Collège « administré par les eschevins, conduict par un principal et quatre régents entretenus du revenu du collège ». Collégiale
cet endroit deux feuillets numérotés 178bis et '179''is. 11 est probable que Voysin, ayant reçu en retard ces renseignements concernant Pontoise, ne put les ajouter au ms. A, déjà expédié à Colbert, et se borna à les intercaler dans B.
1. Cette dernière phrases emble ajoutée après coup dans le ms. Cf. p. 109.
2. Dans le tableau des impositions annexé aux deux mss, Pontoise est compté pour 1 041 feux taillables. Mais il ne faut pas oublier que les feux taillables ne sont pas la même chose que les feux effeclifs, au sens où nous l'entendons aujourd'hui.