MAITRISE D'ANDELY ET VERNON
Andely et Vernon devraient être deux maitrises distinctes, suivant l’édit de 1583, qui établit une maîtrise dans chaque vicomté, et en effet le sieur d’Ardanville, qui leva les offices alternatif et triennal des maïtrises de Lyons, Andely et Vernon, reçut des provisions distinctes pour chacun de ces sièges. Mais aujourd'hui, il n'y a qu'une maïtrise pour les deux vicomtés, pour la raison que, lorsqu'on ordonna aux titulaires des offices anciens des maîtrises de rembourser les alternatifs et les triennaux, le sieur du Rozay, titulaire de l'office de maître particulier ancien à Andely et à Vernon, eut contestation avec le sieur d'Ardanville, titulaire des offices de maître alternatif et triennal; et, « par transaction, le sieur de Rozay céda au sieur d'Ardanville l'office d’ancien en la
1. Le ms. B ajoute qu'il est vicomte de l’eau; cf. ci-dessous, p. 128.
2. « I y à aussi Louis St-Ouin advocat du roy ez jurisdictions royalles du Pont de Larche, qui pretend l’estre pareïllement en la maistrise » (V.).
3. 11 est en même temps receveur de la maîtrise de Rouen (ci-dessus, p. 115).
4. Voir la lettre de Voysin du 11 déc. 1665, Mél. Colbert, 134, f° 371. Sur l'office de verdier, v. M. Prévost, Etude sur la forét de Roumare, p. 110-117,
5. Plan de la forêt par Delavigne, 1665, B. Nat., mss fr. nouv. acq. 1 464 et Est. Ve 108, p. 35. Suivant ce plan, la surface est de 7 893 arpents.
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maistrise d'Andely et Vernon... comme d'un mesme office, dont le sieur d'Ardanville a pris cession. Bien qu'il semble que les choses soient par la reduites en estat que ce n'est qu'une seulle charge de maistre particulier d'Andely et Vernon comme elle estoit possédés par le sieur de Rozay,: cela n'empesche pas que ce ne soit tousjours deux maistrises séparées. » Il n'existe de même qu'un seul lieutenant général etun seul verdier, mais
«il y a un lieutenant particulier a Andely et un autre a Vernon, un procureur du roy, un greffier et des huissiers audienciers a Andely et d’autres a Vernon, et l’on a tousjours faict des estats des ventes differents et separez pour Andely et Vernon comme aussy pour les taxations des officiers, et dans l’estat du roy les gages des officiers sont employez comme maistrises separces. Ce n'est pas qu'il ne soit plus advantageux, attendu la proximité des deux forest, pour oster la multiplicité des officiers, de tenir Andely et Vernon comme deux sieges particuliers d'une mesme maistrise sans qu'il doive estre permis au sieur d'Ardanville de les separer, quoyqu'il en eut levé des provisions differentes d'alternatifs et triennaux ».
Officiers communs aux deux sièges :
Un maître particulier : D'Ardanville. Il n'a aucun droit de chauffage, contrairement à tous les autres maîtres particuliers.
Un lieutenant général : De Chauffourt'.
Un verdier : Eustache Gouel*?.
Deux sergents traversiers.
Officiers particuliers à chaque siège :
Andely. Vernon.
Lieutenant particulier. . . Sattin. Michel de Bordeaux. Procureur du roi. . . - . Ladvenant. La Gombaude. ÉR TO AE E N ECIE Petit.
Sergents à garde. . . . 3. 3.
Sergents dangereux. . . : 1. aie Huissiers audienciers. . . 2. le
«Il ya dans cette maistrise beaucoup de bois subjects a tiers et danger*. »
1. Louis de Chauffourt, nommé en 1654, était sans doute parent de Jacques de Chauffourt, titulaire du même office, auteur de l'Instruction sur le fait des eaux et forêts, Paris, 1609, in-8°, et d’un Recueil des lieuæ ou l’on a accoustumé mettre les relais pour faire la chasse au cerf, Rouen, 1618, in-12. Cf. E. Meyer, Hist. de la ville de Vernon et de son ancienne chastellenie, 2 vol., les Andelys, 1874-76, t. Il, p. 106.
2. [1 fut en fonctions de 1660 à 1677 (Ed. Meyer, Hist. de Vernon, IX, p. 106).
3. Il y a en outre un sergent particulier pour la Haie Gaillard et un autre avec un verdier pour le Buisson de Basqueville (V.). ,
&. Ce sont deux droits spéciaux à la Normandie : ils consistent dans le tiers et le dixième du revenu des bois, en argent ou en nature. Voir, outre les ouvrages indiqués p. 113, n. 5 : Borrelli de Serres, Recherches sur divers services publics, t. 1, p. 393; Ch. Berault, Des droits de tiers et danger, gruerte et gratrie, Rouen, 1625, in-8°, réimprimé dans Bouchel, Bibliothèque ou thresor
1. Fort n'Anvery. 2473 arpents; 3 lieues de circuit’. Elle est divisée en 3 gardes.
« Tout le fonds est bon pour bois, et il pourroit venir en fustaye, a la reserve au plus d'une sixiesme partie qui est en mauvais fonds et ou il y a des bruieres, scavoir : environ 70 arpens en la garde de Castenay au triege de Montulé, environ 100 arpens en la garde de la Baglande, triege de la Vente Poignant, et une partie du Rouge Pommier, et environ 100 arpens en la mesme garde au triege de la Fosse Cabot, et encore environ 100 arpens en la garde de Mare Pereuse ez trieges des Roquettes, de Port mort et la Lande labourée, et 20 acres sur les costes de Bouafle. A la reserve de ces trieges, le reste de la forest est de fort bon bois. Il est pourtant plus utille de n’y pas laisser venir de la fustaye, attendu que le jeune bois de 25 a 30 ans s’y debite fort bien, se transportant a Paris. »
Ce transport a lieu « suivant le concordat faict entre le prevost des marchands de Paris et les eschevins de Rouen
en 10614, homologué au conseil du roy et aux parlemens de Paris et de Rouen ? ».
La plus grande partie de la forêt est en jeune bois, de un à dix ans, le reste a de dix-huit à vinot ans.
2. Forèr pe Vernon. 4248 arpents; environ 4 lieues de circuit ?. 3 gardes. À proximité de Paris‘, où le bois en doit être transporté, comme celui d'Andely, suivant le concordat de 1614. La plus grande partie est en jeune recru, de un à dix ans, le plus âgé a dix-huit ans. Bon fonds, excepté 700 ou 800 arpents dans la garde Mortagne, qui sont couverts de bruyères, et où le bois profite peu après quinze ou seize ans. Elle pourrait être mise en futaie, « mais neantmoins il est
plus utille de la couper a vingt-cinq ou trente ans’, attendu la facilité du debit ».
du droit français, art. Tiers et danger; Lefèvre de la Planche, Mémoires sur les matières domaniales ou traité du domaine, 1. II, p. 108 et suiv.; Guyot, Répertoire de jurisprudence, art. Tiers et danger; [Gallon], Conférence de l’ordonnance... des eaux et forêts, t. II, p. 124 et suiv.; L. Gréard, Mémoires concernant le droit de tiers et danger, Rouen, 1737, in-4°. En 1674, la recherche des bois soumis à ces droits provoquera une grosse émotion dans la province : Floquet, ist. du Parl, de Normandie, t. V, p. 564-73. Depping, Corresp. administrative, L. IIT, p. 221 et suiv. O’Reilly, Claude Pellot, liv. XII, ch. 1v; Gérard (avocat au parl. de Rouen), Defenses pour les particuliers qui possèdent des bois dans la province de Normandie contre la prétention des droits de tiers et danger, s. 1. n. d. in-4°,
1. Plan de la forêt par P. Delavigne, 1665, B. Nat., mss fr. nouv. acq. 1464 et cartes, Ge C, 3284.
2. Sur l’approvisionnement de Paris en bois, voir Delamarre et Leclerc du Brillet, Traité de la police, t. KIT, p. 837.
3. Plan de la forêt par Delavigne, nouv. acq., fr. 1464, avec l'indication des parties aliénées au sieur de Blaru, dont Voysin parle plus bas.
k. Voysin dit à « environ 16 lieues »; ce chiffre est trop faible : il y a 80 kil. de Vernon à Paris par chemin de fer, et plus encore par la Seine,