‹ Mémoire sur la Généralité de RouenChapitre 137 sur 228 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p

4. Voir ci-dessus, p. 9-10, ce qui est dit du port, avec les documents et travaux signalés dans les notes, et en outre : G. De Nipiville, Le portrait de la ville et citadelle du Havre de grâce, 8. 1., 1667 in-4° (Bibl. Nat., Lk7 3 685); Montegui de la Montagne, Mémoires et remarques sur l'importance de la ville et citadelle du Havre de grâce, s. 1. n. d., in-$8° (tbid., n° 3 689); Th. Corneille, Dictionnaire, art. Le Havre (1705); Guislain Lemale, Le Havré sous le gouvernement du duc de Saïnt-Aignan, 1719-1776, Le Havre, 1898 (Bibl. Nat., Lk73734), et surtout l’Hist. de la ville du Havre, de Borély, Le Havre, 1880-81, 3 vol. Sur les travaux entrepris dans la ville et dans le port, au temps de Colbert, voir les lettres du duc de Saint-Aignan et de Berryer dans les Mélanges Colbert, Bibl. Nat., Manuscrits. Saint-Aignan rencontra l'hostilité des Havrais; il se plaint d’eux souvent; ils sont, dit-il, « interessez, cabalistes, seditieux, et la pluspart tres mal intentionnez pour le service du Roy. Dans une autre guerre que contre la Hollande, ils auroient pu tesmogner plus de zelle, mais quand on interrompt leur commerce, il n'y a point de quartier avec eux... » (L. du 19 déc. 1673, Mél. Colbert 166bis, f° 668). Des détails sur la malpropreté de la ville en septembre 1671 sont donnés dans plusieurs lettres du successeur de Voysin, Barin de la Galissonnière, qui s’occupa avec Berryer de la faire nettoyer. (B. Nat., Mél. Colbert 157%, f° 562, 584 et 607).

5. Mais elle a encore le privilège d’être imposée directement par les commissions du Roi.

6. Ce château contient 16 lits pour l'entretien desquels le Trésor paye 16 I. en 1665; il dépense en outre 30 1. pour le bois et la chandelle des corps de garde de la place (Reg. du Trésor, Mél. Colbert 270, f° 6 v°).

7 Voysin explique ensuite comment la ville doit sa naissance au pont, construit et fortifié au temps de Charles le Chauve pour arrêter les incursions des Normands vers Paris. Le château, où le duc de Longueville avait tenu garnison pendant la Fronde, avait été rasé en 1650 (Lettres de Mazarin, t. NI, p- 460-61). Voir L. de Duranville, Æssai hist. et archéol. sur la v. du P, de l'A., Rouen, 1856, et les articles du même dans la Rev. de la Norm., 1869 et 1870.

« Il n’y a dans la ville qu’une parroisse!. Y a un couvent de religieux penitens qui n’est qu'un auspice et ou il n'y a que cinq ou six religieux qui ont le revenu de l’hospital, dont ils sont obligez d’avoir le soin et de fournir le feu et le coucher aux pauvres passans; le revenu de cet hospital est de 700 1. ou environ. Il ÿ a aussy un couvent de religieuses de Sainct Benoist qui ne sont que 15 ou 16, n’ont de revenu en fonds qu'environ cinq ou six cens livres, et au surplus subsistent des penssions des religieuses. C'est un prieuré dont le sieur de Montenay est fondateur. »

5° Louviers. — Ville purement taillable?, où l’archevèque, comme seigneur temporel, a un baïlli, un lieutenant, et un procureur fiscal, dont l'appel ressortit aux hauts-jours de l'archevèché®. — Le lieutenant général de Pont de l'Arche y connaît des cas royaux.

« Monsieur l'Archevesque y a aussy un verdier, capitaine des chasses pour les eaux et forests du comté de Louviers, qui luy appartiennent. L'appel en va aussy aux hauts-jours, ou ses officiers doivent la comparence.

«Il y a quatre eschevins, dont on en change un tous les ans. Le lieutenant general du Pont de l'Arche y vient tenir le siege de la jurisdiction le premier lundy d’apres la my-aoust pour l’eslection de l’eschevin et pour en recevoir le serment; cet eschevin est nommé par l'assemblée generale des habittans faicte devant luy, les quatre eschevins en charge en ayant choisy quatre qu'ils proposent aux habittans, du nombre desquels ils en elizent un a la pluralité des voix. Le bailly de Monsieur l'Archévesque ne peut pas presider a ladite eslection, estant de la fonction du juge royal de faire les eschevins et d’en prendre le serment, parce qu'ils sont faicts pour recevoir les ordres du Roy. Le mesme jour de cette eslection d'eschevin se faict l’adjudication des octroys par les esleus du Pont de l'Arche qui vont aussy pour cet effect tenir la jurisdiction a Louviers.

« Il n’y a dans la ville que la parroisse de Nostre Dame, dont les moynes de Sainct Taurin d'Evreux ont la presentation‘. Il y a deux

1. Cf. ci-dessous, appendice, p. 257 : en 1665 la ville a 377 feux taillables; en 1689 elle est composée de viron 200 maisons ».

2. Cependant, dit Voysin, les habitants ont eu, en 1441, des lettres-patentes, confirmées en 1483, par lesquelles ils sont « declarez exempts de toutes tailles, aydes, quatriesmes et tous autres subsides, reservé la gabelle, et leur est permis de porter en devise une lettre couronnée, et est porté par lesdites lettres que les villages subjects au guet et garde du chasteau du Val de Reuil la feront en la ville de Louviers, et que les habittans auront leur hardouart et maisonnée franchement en la forest de Bord, la faculté de peupler de poissons les fosssez de la ville et en prendre les poissons a leur proffit. » Voir ces lettres dans Ord. des rois de France, &. XIHX, p. 351.

3. Voir ci-dessus, p. 96. La ville dépend néanmoins, pour le spirituel, de l’évéché d’'Evreux.

4. Cf. le Dictionnaire de Th. Corneille, art, Louviers (1704); à cette date la ville a « environ 1000 feux ». En 1665, le nombre des taillables y est de 1337.

curez qui servent par sepmaine, et n’ont pour eux deux que le tiers de la dixme, qui leur vaut environ 800 livres chacun, les deux autres tiers appartenant aux religieux de Sainct Taurin. !l y à deux fauxbourgs qui y ont chacun leur parroisse : Sainct Jean et Sainct Gervais, dont les cures sont aussy à la presentation des mesmes religieux de Sainct Taurin, et vallent 200 a 300 livres chacune.

« La ville contient dans l’enclos de ses murailles 20 acres 50 perches. Il y à une maison de penitens de 8 ou 10 religieux, des religieuses de Saincte Elisabeth de l’ordre de Sainct François, ou

il y a 40 ou 50 religieuses, qui ont 4 000 ou 5 000 1. de rente en fonds! ».

6° Pont-Aupemer ©, — Autrefois purement taillable,

en 1635, elle fut « abonnée a 8 000 livres, comme estant ville maritime; on la fit declarer telle par la faveur de Monsieur de Blerancourt sous prétexte d'un vaisseau que l’on y fit venir par la riviere de Rille a force de cordages et de chevaux, le reflux de la mer n’y venant point. Depuis 1640, les abonnemens furent revoquez, et a esté taxée comme non abonnée pour la taille et subcistance a differentes sommes qui ont esté jusques a 20 000 et 25 000 1. D'abord on faisoit a leur prière deux lignes, l’une des 8000 1. de leur abonnement, dans l'esperance qu'ils avoient de s’y faire restablir, et l’autre ligne pour la subcistance; mais a present on met le tout ensemble par un seul article. En 1649 la ville ayant este assiegée par Monsieur de Harcourt auquel elle se rendit, il leur fit accorder un arrest du Conseil qui regloit leur imposition a 12 000 livres, ce qui n’a eu lieu qu’une année, et depuis ils ont esté librement imposez par les commissions du Conseil5, »

Il y a deux paroisses : Saint-Ouen et Notre-Dame du Sépulcre, et des couvents de Cordeliers et de Carmélites.

La ville est« assez jolie; l’enclos de ses murailles et [est] de seize acres et demy ».

7° QuiczeBEur

«n’est proprement qu'un bourg, n'ayant qu’une rue. C’estoitautres fois un simple village ou il y avoit un fort sur le bord de la riviere, lequel pendant les guerres civilles un nommé La Chesnaye commendant, le remit entre les mains de Henri IV®, qui, a cause de ce, accorda aux habittans toutes exemptions de tailles et autres impo-

1. Voysin omet de mentionner l’Hôtel-Dieu de Louviers, qui avait été réoxganisé par un règlement du 23 janvier 1656 (Arch. S. Inf., G, 991).

2. Cf. Th. Corneille, Dictionnaire, art. Pont-Audemer (1704); abbé de Longuerue, Descr. hist. et géogr. de la France, 1719, in-fol., p. 73; Canel, Hist. de la ville de Pont-Audemer, Pont-Audemer, 1885, 2 vol., t. Ï, p. 348 et suiv.

3. Cf. La taille en Normandie, ch. v. En 1689, la ville sera abonnée à la somme de 19 000 1. (A. Canel, Hist. de P.-A., 1, 361). Voir une étude sur les franchises de Pont-Audemer dans le Recueil des travaux de la soc., d'agricult. de l'Eure, t. III (1844-5).

. sitions !, et l'assiette estant advantageuse, il y voulu faire une fortification et la nomma Henrycarville. Elle ne payoit point de tailles jusques en 1640 que l’on revoqua les privileges des villes franches et abonnées, et fut lors imposée a la subcistance qu’elle a depuis tousjours continué de payer par capitation ?. »

8° Ponr-L'Evêque. — Ce n'est qu'un bourg, qui a toujours été purement taillable Ÿ, et ne possède pas d'échevins,

« les délibérations sur les affaires communes s’y faisant à l'issue de la messe parroissialle, comme dans un village.

« Ils n’ont d'autre trafic que celuy des fromages, lequel est diminué depuis le reglement qui a esté faict pour le sel blanc, dont ils ont l'usage, et le prennent au grenier de Touques *. »

9° Hoxrceur. — Ville maritime, ayant une bonne rade avec un port où l’on pèche des moules ?. — Elle était jadis abonnée à 1050 I. pour toutes impositions, et payait cette somme avec le produit de ses octrois, mais l'abonnement a été révoqué en

1640, puis

« ils ont esté imposez a differentes sommes jusques a 30 000 livres pour la subcistance. On faisoit d’abord deux lignes, l’une de 1 050 livres pour l'abonnement, que l’on payoit des deniers d'octroy, et l’autre ligne pour la subcistance, qui se payoit par capitation; a present, il n'y a plus qu’une ligne qu'ils payent par capitation 5. »

Honfleur « appartient » à Mademoiselle, à cause de la vicomté d'Auge ’; la ville dépend pour la plus grande partie du vicomte d'Auge, qui vient y tenir ses plaids tous les quinze jours, le samedi; le vicomte de Roncheville a justice dans un des faubourgs et dans une partie de la ville, qui dépendent

1. Cf. l’arrêt du conseil du 27 févr. 1599, B. Nat., mss fr. 18 164, fol. 69.

2, Voysin commet ici une erreur : l'édit de nov. 1640 maintenait expressément le privilège de Quillebeuf pour la taille (Règlements sur les tailles... en Normandie, éd. 1710, p. 195-199), maïs une ordonnance postérieure était sans doute intervenue pour supprimer ce privilège, car on trouve la ville imposée à 2 000 I. pour la subsistance en 1663, 1664, 1665, 1666. Ensuite son imposition ira en croissant : en 1676 elle est de 5 000 1, (Commissions des tailles, B. Nat., Mél. Colbert). ;

3. Mais il est imposé directement par les commissions des tailles, comme toutes les villes mentionnées dans ce chapitre. J

k. Cf. ci-dessus, p. 135. Le trafic des fromages reprendra peu après: voir Th. Corneille, Dictionnaire, art. Pont-Lévèque.

5. Les moules, ajoute Voysin, « s’attachent à un gravier ou terre caillouteuse ou ils [les moules] se forment, et la mer ne les emporte point ; quant la mer vient, elles s'ouvrent, et quand elles se retire elles se ferment; il s’en pesche encore au Havre, et point ailleurs dans la generalité ». — Voir ce qui est dit du port, ci-dessus p. 10-11 avec la note, et ci-dessous, appendice III.

6, En 1665, cette imposition était de 23 000 1.

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