Ce membre de phrase ne figure que dans le ms. B
22° Les AnpeLys (LE GranD gr LE Perir). — Villes pure-
ment taillables, situées à un demi-quart de lieue l’une de
l'autre; le grand Andely est le plus peuplé.
Le principal siège du bailliage et présidial, la vicomté et la juridiction des eaux et forêts se tiennent alternativement au Grand et au Petit Andely?.
Leur imposition a été « fixée » [arrêtée à un chiffre fixe] pour dix années,
« qui finiront dans deux ou trois ans°, en consideration de la perte qu’ils avoient soufferte par le ravage des eaux qui emporterent les murailles du Grand Andely, qui est fort pressé de la coste dans un petit fonds, et une partie de leur imposition est employée pour le restablissement de leurs murs et pour faire une chaussée pour destourner la riviere qui estoit le long des murs. »
Au Petit Andely,
« il y avoit autres fois beaucoup de commerce de bled a cause de la Seyne, mais il est beaucoup diminué depuis un tarif faict en 1637 par lequel on prend un droict de 2 sols, pour employer a payer les rentes de la ville, sur chacune charette de bled qui viennent au marché d'icelle, ce petit droict estant cause que les marchands portent ailleurs leur bled comme a Magny, Gisors et La Rocheguion; la derniere adjudication qui s’en est faicte n’estoit que de 130 ou 140 livres; on [n’en] a point faict d’adjudication depuis peu, attendu que l’on [n’] en offroit que 70 livres. Le Roy en a la moitie, comme de tous les autres octroys‘, dont le fermier a offert de consentir la supression de ce petit droict parce que, estant aussy fermier des quatriesmes, il y retrouveroit plus de proffit par les charettes qui viendroient a Andely et consommeroiïent des boissons ÿ. — Le Petit Andely est un des quatre marchez, scavoir Elbeuf,
1. Voysin fait pour ces deux villes deux articles séparés qui sont réunis ici.
2, Voir ci-dessus, p. 106 et 119.
3. La somme ainsi fixée était pour le Grand Andely de 4000 1. et pour le Petit, de 1 200 1. L'abonnement devait finir non pas dans deux ou trois ans, mais l'année suivante, 1666 (Voir les commissions des Tailles, B. Nat., Mél. Colbert, 201-246).
&. Ms. B: « droictz ». Le roi s'était approprié les octrois des villes par de déc. 1663 (Lefebvre de la Bellande, Traité général des droits d'aides,
5. Sur la ruine du commerce des Andelys, voir une lettre de Lemercier à Colbert, du 12 avril 1666: la cause principale de cette ruine est selon lui « l'avarice des fermiers generaulx » du comté de Gisors ; ils ont laissé tomber en ruines les halles où se concentre tout le blé du Vexin destiné à l’approvisionnement de Rouen : « S'il n’est travaillé promptement ausditles ruines [des halles], elles augmenteront de beaucoup, comme aussy a celles de la conciergerie qui sont prisons necessaires y ayant siege presidial, et qu’estans negligez on n’en pourroit pas faire autant pour vingts mil livres; et si il n’est pas aussy remedié aux ruines que les eaux ont causé cette année, les droits du travers de l’eau vont demeurer entierement, lesdittes eaux ayant emporté les ponts, portes et chaussées de la ville du Petit Andely et jetté le tout dans la rivière de .Saine, qui a tellement remply le canal que, pour peu que l’eau
re
Ducler et Caudebec, qui sont destinez pour fournir de bleds la halle de Rouen, et on n'y en peut pas prendre pour porter ailleurs a moins que de s’exposer a l’amande. »
Chacune des deux villes n'a qu'une paroisse’. Au Petit Andely, le couvent des Pénitentes, « assez bien basty », a environ 25 religieuses ; dans le faubourg, le prieuré de Saint- Jacques, ancien prieuré d'hommes, est aujourd'hui transformé
‘en hôpital; Mme Corbinely en est prieure; elle a fait monter le revenu de la maison de 1 200 à 3 000 1.
23° Vernon. — Ville purement taillable. Le pont sur la
Seine est presque entièrement ruiné,
« ne restant que deux arches entieres de 22, les ceintres des autres estans rompus et les pilles renversees a la reserve de 5 arches?. On a soustenu les autres par des pillots qu’on a mis autour et mis des pieux de bois dessus, sur lesquels on a posé des sommiers qui soustiennent des pieces de bois sur lesquelles il. y a un passage estroit pour deux ou trois personnes, ou les gens de pied et de cheval
traversent. La rupture du pont a ruiné le commerce de cette ville avec la Picardie, et l’on est obligé presentement de passer la riviere dans un barc®? qui vaut beaucoup de revenu a Mesdemoiselles de Nemours.
« Il y a dans la ville deux parroisses, Nostre Dame et Saincte Genefvieve. L’eglize de la parroisse Nostre Dame est collegialle, ou il y a dix chanoines, l’un desquels a un personat et est le premier d’entr’eux; leurs prebendes sont de 600 a 700 livres de revenu, qui conciste en dixmes sur plusieurs parroisses et du quart qui leur appartient en la forest de Vernon, lequel leur a este regle a 1 500 livres par an et 108 cordes de bois. Les prebendes sont a la collation de Mesdemoiselles de Nemours comme engagistes du comté de Gisors ; la cure est unie a une des dites prebendes. Il y a encore l’eglize de St-Jacques qui est un ayde de la parroisse Nostre- Dame. Il y a une abbaye de filles de Sainct Augustin, la fille de Mons’ de Villemontée en est coadjutrice; ce n’estoit cy devant qu'un prieuré, c’est luy qui l’a faict eriger en abbaye, le revenu est de
diminue, les basteaux ne pourront plus passer pour monter de Rouen a Paris; et les marchez demeurent abandonnez, lesdites chaussées et entrées des villes estans toutes rompus » (B. Nat., ms Mél. Colbert 137, f°5 187-8). é
* 1. Voysin mentionne la chapelle de Sainte-Clotilde dans le cimetière du Grand Andely, et la fontaine miraculeuse, et, près du Petit Andely, le Chateau- Gaillard. Voir la description des deux villes dans le Dictionnaire de Th. Corneille (1708); voir aussi un recueil de documents sur la ville, Bibl. Nat., mss fr., Nouv. Acq., 20486-20488; Brossard de Ruville, Hist. de la v. des Andelys, les Andelys, 1867, 2 vol. Cr
* 2, Ces six derniers mots manquent dans le ms. B, ainsi que les mots « les autres » à la ligne suivante.