INTRODUCTION. XIX
sous la cote Ve 109. C'est un registre composé de 257 feuillets en papier, et relié en maroquin rouge aux armes du roi. On n'y trouve ni le portrait de Colbert, ni les plans‘, mais il est pour le reste tout à fait semblable au précédent. Il est également bien calligraphié, a le même titre, et porte aussi la signature autographe de Voysin à deux endroits. Il n’est pas de la main du même copiste : non seulement les écritures différent, mais les habitudes orthographiques sont tout autres : dans A ona toujours les formes : haute, velours, ils, ecdict, envoye, tandis que dans B, on a : haulte, veloux, ilz, edict, envoie. À porte toujours, devant le nom d’un personnage vivant, le mot : Monsieur; B emploie plus volontiers « le sieur ».
L'existence de deux copies portant la signature autographe de Voysin, et par conséquent toutes deux authentiques, est facile à expliquer. Deux personnages étaient intéressés à l'enquête : Colbert et Séguier; chacun d’eux reçut donc un exemplaire des mémoires. Croissy écrit à son frère Le 2 août 1664 : « J’avois laissé ordre au sieur Faille... de faire transcrire incessamment mon procèsverbal du Poittou et d’en presenter une coppie à Monseigneur le chancelier, et vous remettre l'autre? ». De Pomereu, intendant de Moulins et de Riom, présente également son mémoire à Colbert et à Séguier*. Nous avons encore en double les mémoires sur l'Alsace‘, la Touraine”, le Poitou‘, la Bretagne’. De nos deux exemplaires, celui qui est demeuré dans la collection des Cinq-Cents Colbert est celui du ministre; l’autre, relié aux armes du roi, est celui du chancelier. Nous devons les considérer tous deux comme originaux; ils n’ont pas été copiés l’un sur l’autre, mais dérivent d'une même minute, que nous n'avons plus.
Toutefois, leurs textes ne sont pas identiques. D’abord les inadvertances des copistes ont introduit quelques
1. La table des matières (qui est placée en tête, et non à la fin comme dans le ms. A) mentionne ces plans; aux endroits indiqués, on ne trouve que des onglets.