‹ Mémoire sur la Généralité de RouenChapitre 38 sur 228 · I. — GRAND ARCHIDIACONÉ 1° Doyenné de la Chrétienté · texte numérisé non relu

I. — GRAND ARCHIDIACONÉ 1° Doyenné de la Chrétienté

À. — CLERGÉ RÉGULIER

Abbaye de Saint-Ouen, de l’ordre de Saint-Benoit : 22 ou 24 religieux réformés, et autant de non réformés5. — La mense conventuelle, y compris les offices claustraux et le petit couvent, vaut environ 40000 I. de revenu; la mense abbatiale 48 000 I., « et en pourroit valloir 55 000 * ». — De l’abbaye dépendent « plusieurs prieurés de grande valleur », comme : Beaumont, 10 000 ou 12 000 I. de rente ; Sigy, 2000 1.

— L'abbaye est sans titulaire depuis la mort de l’abbé de Richelieu *.

de nos jours, ces variations (en dernier lieu : Brette, Les limites et les divisions territoriales de la France em 1789, Paris, 1907, p. 88); peut-être en a-t-on conclu trop vite à l'impossibilité de connaître exactement aujourd’hui l'étendue des circonscriptions anciennes. L'étude minutieuse des diverses listes nominatives de paroisses permettrait de résoudre la plupart des difficultés rencontrées dans un premier examen. Voir par ex. le travail de F. [. Darsy pour le diocèse d’Amiens en 1730, avec la carte placée en tête (Bénéfices de l’éslise d'Amiens. en 1730, Amiens, 1869-71, 2 vol. in-4). — Une bonne carte du diocèse, avec l'indication de toutes les paroisses, et le tracé des limites des doyennés, archidiaconés et exemptions, a été dressée en 1715 par Frémont sur les ordres de l’archevêque Jacques-Nicolas Colbert (un ex. aux Arch. S. Inf., G, 6). Of. aussi l’Atlas de La Motte, 1684, donnant toutes les paroisses de chaque doyenné ou exemption, avec le nombre des feux en 1679-80, 31 cartes, Bibl. Nat., ms. fr. 5951.

1. « Ainsy appelé, dit Voysin, parce qu’autres fois on ne baptisoit que dans l’eglize metropolitaine ».

2. Pour les abbayes et prieurés mentionnés dans tout ce chapitre, on devra se reporter aux renseignements historiques et descriptifs donnés par les ouvrages suivants, que je ne répéterai pas :

Du Monstier, Neustria pia…, Rouen, 1663, in-fol.

Dom Beaunier, Recueil hist., chronol. et topogr. des archevéchez, evéchez, abbayes et prieurez de France..…., Paris, 1726, t. II, p. 663 et suiv.

T. Duplessis, Description géogr. et hist. de la Haute Normandie, Paris, 1740, 2 vol. in-4.

De Masseville, Hist. sommaire de Normandie, Rouen, 1704, in-12, t. VI, p. 338 EVASULVENNS

Gallia christiana, t. XI.

3. Les réformés de Saint-Maur en prirent possession le 29 juin 1660. L’histoire de cette abbaye avait été publiée par Dom Pommeraye, à Rouen en 1662,

in-fol.; 2° éd., 1664.

k. « Le college de Jésuites de Rouen a 4000 1. de pension sur cette abbaye » M,he > En voir la liste dans Neustria pia, p. 62-64.

6. Emmanuel-Joseph de Vignerod, neveu du cardinal de Richelieu, avait été en même temps abbé de Marmoutiers et de Saint-Martin des Champs; il avait succédé en cette abbaye à son frère, en 1652, et venait de mourir. Il ne sera remplacé qu’en 1657 (Farin, V° part., p. 71). L'Etat de la France pour 1665 le donne encore comme abbé de Saint-Ouen (t. II, p. 126).

Abbaye de Saint-Amand de Rouen (Bénédictines) : 80 ou 90 religieuses, dont près de 50 filles de chœur. « Les religieuses sont pour la pluspart filles de Rouen, dont il y en a

environ une douzaine filles de conseillers ». — Revenu : 22 000 L., « sans les pensions de quelques religieuses, l’abbesse en recevant communément plusieurs sans prendre pension ». — Abbesse : Mme de Souvré, fille du premier

entilhomme de la Chambre, nièce du commandeur de Souvré et du duc de Villeroy. « C’est une personne de pieté qui a restably un grand ordre dans cette abbaye. Elle est aagee d'environ quarante-six ans, et d’une constitution infirme et delicate ‘. Madame sa sœur est coadjutrice ?. »

Prieuré de Saint-Lô, de l’ordre de Saint-Augustin, réformé ? (il reste encore 2 ou 3 religieux non réformés). — Revenu : 5000 ou 6000 I. Le prieuré forme paroisse; la cure, tenue par un des religieux, vaut de 1200 à 1500 I. de revenu‘. — À la nomination du Roi.

Prieuré du Pré ou de Bonnes-Nouvelles. Bénédictins réformés. — Revenu du prieur : 6 000 à 7 000 I.; des moines, 3000 à 4000 1. — Il à haute justice dans une partie du faubourg Saint-Sever de Rouen, où 1l est établi. Ce bénéfice est à la nomination du roi, « estant benefice consistorial et qui s'expédie en plomb »*°.

Prieuré de Saint-Michel de la côte Sainte-Catherine °. « Est

1. Éléonore de Souvré, née en 1618, fille de Jean de Souvré, premier gentilhomme de la Chambre, et de Catherine de Villeroy. Dee uo here après la mort de sa tante (11 mars 1651), elle resta en fonctions jusqu'à sa mort, 28 août 1672. Sa sœur, Madeleine de Souvré, était sa coadjutrice depuis 1657 (Farin, V° part., p. 143-144). V. l’histoire de l’abbaye par Dom Pommeraye à la suite de son ist. de l'abbaye royale de Saint-Ouen de Rouën, Rouen, 1662 ét 1664, in-fol.

2. L’abbesse « présente a plusieurs benefices ou cures. Lorsqu'un nouvel archevesque de Rouen fait son entrée, il passe devant l’abbaye de Saint-Amand, et l’abbesse luy donne un anneau pour marque d'union, lequel apres la mort de l'archevesque luy doit estre raporté » (Voysin). V. Delabarre, L'abbaye de Saint-Amand, Rouen, 1908.

3. Réformé par des religieux de Sainte-Geneviève de Paris, le 3 août 1639 (Farin, VI part., p. 7). Voir de Glanville, Histoire du prieuré de Saint-Lé de Rouen, Rouen, 1890-91, 2 vol. in-8. Le t, IL de cet ouvrage est entièrement consacré à l'étude des biens du prieuré. Au t. I, p. 311-312 est un état des revenus du bénéfice en 1647, lors de la « partition » faite entre le prieur et les religieux : le total dépasse 12 400 liv. Le chiffre de Voysin est donc beaucoup trop faible.

k. Le prieur commendataire, en 1665, est Armand de Simiannes de Gordes, nommé par le roi en 1640, à l’âge de dix ans. Il résignera son bénéfice en 1675 (De Glanville, I, p. 294-336).

5. Réformé par les Bénédictins de Saint-Maur en 1626. Le prieur en 1665 est Dom F, CG. Maulian (1663-69). V. Farin, V° part., p. 150-160; P. Duchemin Sotteville-lès-Rouen et le faubourg Saint-Sever, Rouen, 1893, p. 430-446 (on trouvera p. #43-X un état des biens du prieuré en 1712). Une vue de l'édifice en 1683 est publ, dans le Monasticon gallicanum, t. I, pl. 120.

Page 1