‹ Mémoire sur la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de laChapitre 22 sur 56 · MORTS PAR SUITE DE MALADIES · texte numérisé non relu

MORTS PAR SUITE DE MALADIES

Phthisie pulmonaire

Phthisie laryngée

Choléra sporadique

Hypertrophie du coeur

Ascite

Métro-péritonite (non puerpérale) . . . .

Cancer de la face

Cause inconnue

Totaux des morts par suite de maladies .

iO

SI

Soit, en 1859, 14 décès ou 2,52 pour 100 prostituées.

En 1860, 12 décès ou 2,22 pour 100 prostituées.

Age moyen des 26 filles décédées en 1859 et 1860: 31,3 ans

D'après M. Dutasta (V. onv. cit. p. 23.) en 1854, une population inoyerme de 570 prostituées a fourni 10 décès, soit, 1 ,75 pour 100.

En formant la moyenne des trois années 1854, 1859 et

1860, sur lesquelles nous avons des renseignements exacts, nous trouvons : population moyenne 554; moyenne annuelle des décès, 12; soit, 2,16 pour 100 prostituées.

Or, d'après la table de mortalité due à M. Bertillon et publiée par M. Guillard (V. Presse scientif, des deux mondes^

1861 , t. î , p. 244) la mortalité moyenne n'est, dans la France entière, que de 0,93 pour 100 habitants, à l'âge de 30 à 35 ans. La prostitution aurait donc augmenté les chances de mort à Bordeaux dans le rapport de 0,93 : 2,16, c'est-à-dire, de 43 à 100.

On ne saurait assurément formuler une loi d'après des nombres aussi faibles que ceux dont je dispose, mais ces nombres suffisent pour ébranler au moins la singulière opinion de Parent-Duchatelet, que le métier de prostituée n'est pas par luimême insalubre. Du reste, Parent-Duchatelet ne produitaucun relevé de mortalité relatif aux prostituées ; il appuie son assertion sur les considérations de la fréquence et de la durée des maladies, qui laissent beaucoup de place aux appréciations contestables. (V. ouv. cit. t. I, p. 281.)

Les maladies utérines ne paraissent pas jouer dans les causes de mort des prostituées le rôle qu'on est porté à prévoir, mais prétendre que le métier de prostituée n'est pas insalubre, c'est prétendre que les veilles continuelles, la station en plein air en toutes saisons, Tivrognerie, la misère, la fatigue des organes vocaux par les cris ou les querelles, et enfin la

syphilis, n'augmentent pas les chances de mort. Etje ne parle pas des influences morales fâcheuses : de Toi^veté, du déclassement social, de Timprévoyance, qui prédisposent au suicide et aux maladies mentales, et qui exposent à la mort accidentelle.

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