‹ Mémoire sur la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de laChapitre 24 sur 56 · SITI · texte numérisé non relu

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g I. — POIilCK MOBAIiE

Il est défendu aux filles publiques :

4» De sortir de leur domicile après dix heures du soir ;

2° De se présenter sur les promenades ;

3o De s'arrêter dans les rues ou sur les places publiques^.ou de les parcourir dans un costume susceptible d'attirer l'attention sur elles ;

4° De s'an'êter au passage des convois funèbres ;

5o D'adresser la parole aux passants ;

6» De se tenir sur le devant de leurs portes ;

7» De tenir des propos obscènes ;

8» D'appeler chez elles les hommes, mcme par signes ;

9» De se montrer au public en état d'ivresse ; 40o De se présenter devant les casernes et les corps-de-garde ; d'accoster les militaires ou de les recevoir chez elles après F heure de la retraite.

Les filles publiques qui contreviendraient aux dispositions contenues dans l'article précédent, ou qui se conduiraient de manière à occasionner quelque désordre , seront immédiatement arrêtées , et déférées, s'il y a lieu, aux tribunaux , ou, au moins, retenues au Dépôt de Sûreté, à titre de correction.

Les filles publiques devront toujours être nanties de leur carte et la montrer à toute réquisition.

Toute fille qui sera surprise nantie de la carte d'une autre, gubira au Dépôt de Sûreté une consigne du nombre de jours gue F Administration jugera nécessaire à raison du motif qui 1 aura tait agir.

Les filles publiques seront tenues , à chaque changement de domicile, d'en faire la déclaration au Bureau des Mœurs dans les vinçt-quatre heures. Cette disposition est obligatoire même pour les nlles jouissant d'une suspension des visites sanitaires.

Les rues aboutissant à l'hôtel de la Division militaire, à l'Hôtelde-Ville ou autres établissements publics , sont interdites aux filles publiques.

§ II* — POIilCE m^DICAIiE*

Les filles publiques sont assujéties, une fois par semaine, à la visite des médecins désignés pour constater leur état sanitaire.

Indépendamment de ces visites j elles seront contre-visitées toutes les fois que cette mesure sera jugée nécessaire.

La fille visitée est tenue de présenter sa carte au médecin.

Si elle est reconnue atteinte ou suspecte de mal vénérien, elle est envoyée au Bureau des Mœurs, pour être diri^çée sur l'hôpital Saint-Jean. Sa carte ^ retenue lors de son entrée a l'hôpital Saint- Jean, lui est rendue a sa sortie.

Les filles publiques c^ui négligeraient de se rendre aux visites sanitaires, seront considérées comme suspectes de mal vénérien et retenues au Dépôt de Sûreté pendant le temps qui sera jugé nécessaire pour reconnaître leur état sanitaire, ou à titre de correction.

Toute fille publique conduite au Dépôt de Sûreté pour quelque motif que ce soit, sera soumise à l'inspection du médecin de service.

lo.

Les filles publiques reconnues atteintes de mal vénérien sont, à

?uelque catejgorie qu'elles appartiennent, envoyées à l'hôpital Saintean pour y être traitées jusqu'à leur complète guérison, et ne pourront jamais être soignées nors de cet hôpital.

Cette carte lui est aussitôt rendue ; elle remet aussi le jeton que le médecin conserve ; de sorte qu'à la fin de la séance, il suffit au médecin de compter les jetons pour savoir le nombre total des visites faites et le détail des visites gratuites, à 75 c. ou à 2 fr. Il inscrit ces résultats sur un registre-journal. C'est un moyen de contrôler sûrement, et sans aucun embarras, la recette journalière de l'agent de perception.

Si la fille est reconnue malade, le médecin prononce à haute voix son nom (qu'il a lu sur la carte d'inscription ) au moment où elle sort du cabinet. Le chef inspecteur, qui représente l'administration, étant ainsi averti, imprime, au moyen d'un cachet, la lettre M sur la case de la carte d'inscription correspondant à la semaine courante ; il retient ladite carte et fait passer la fille dans la chambre de dépôt provi-

soire. Si la fille est saine, Tinspecteur en est averti par le silence du médecin, el il imprime la lettre S.

Le médecin inscrit sur le registre-journal, au fur et à mesure, les noms des filles reconnues malades et le diagnostic sommaire des maladies , ainsi que les diverses observations médicales faîtes pendant la visite, et notamment les noms et prénoms des filles qu'il juge convenable de visiter de nouveau avant la prochaine visite hebdomadaire, en indiquant le jour des contre-visites.

Après chaque séance, Tun des médecins de service dresse un rapport journalier dont le modèle est ci-joint, qui n'est que la copie du registre-journal et qui est remis au chef du Bureau des mœurs.

DISPENSAIRE BippoRI JOURMllIR DBS MEDECmS.

DK

SUiVBEZTÉ.

Service du

Visites gratuites . . . .

— à 75 centimes

— à 2 francs . . .

Total,

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