‹ Mémoire sur la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de laChapitre 27 sur 56 · FAUTEUIL-LIT POUR LES VISITES SANITAIRES · texte numérisé non relu

FAUTEUIL-LIT POUR LES VISITES SANITAIRES

Le spéculum est' appliqué à toutes les visites, excepté lorsque les filles ont leurs règles, qu'elles sont en état de gestation, ou qu'elles sont notées comme sujettes à des métrorhagies.

L'instrument dont nous nous servons est le spéculum conique plein, en bizeau de dimension moyenne, marquée n^ 3 chez Charrière (diamètre de la petite extrémité : 18 millimètres).

Nous n'avons rencontré qu'un très-petit nombre de filles chez lesquelles l'étroitesse du vagin réclamât un instrument d'un plus petit diamètre. La largeur exceptionnelle du vagin ne nous parait pas exiger un instrument d'un plus grand diamètre.

La bouche et le pharynx sont examinés avec soin ; nous nous servons de l'abaisse-langue ordinaire.

Nous nous sommes assurés qu'il est facile de faire 50 visites par heure lorsque les filles arrivent sans interruption. Le cabinet de visite ayant deux portes, l'une d'entrée et l'autre de sortie, qui retombent d'elles-mêmes, la circulation se fait sans aucun embarras.

Les deux médecins de semaine se consultent pour décider l'envoi à l'hôpital dans les cas douteux et pour asseoir le diagnostic

L'infirmière, toujours présente aux visites (ce qui est une condition de décence), sert d'aide au médecin ; c'est elle qui présente le spéculum essuyé et graissé, la pince porte-coton pour essuyer le col utérin, l'abaisse-langue, etc.

Nous nous servons, pour graisser les doigts et le spéculum, d'huile d'olive aromatisée avec un demi-centième d'essence d'amandes amères. Cette essence , dont je recommande l'usage, annule complètement l'odeur quelquefois repoussante du vagin et la remplace par un parfum agréable. D'ailleurs,

les filles malpropres sont punies de 24 heures de prison ; il en est de même de celles qui se présentent deux fois de suite avec de la vermine.

Les plus misérables louent quelquefois, chez des fripiers, des bas, des chemises et des jupons blancs pour venir à la visite ; mais lorsqu'on leur fait un devoir absolu de la propreté et de la décence , elles ne tardent guère à économiser assez d'argent pour acheter les haWes dont elles ont besoin.

Les filles qui viendraient à la visite en état d'ivresse, celles qui élèveraient la voix et manqueraient de respect aux médecins seraient mises en prison sur la demande de ceux-ci.

La bienveillance, la politesse réservée des médecins, qui ne tutoient jamais les filles, et la sévérité avec laquelle ils exigent ou recommandent le respect, la propreté du corps et des vêtements contribuent grandement à améliorer le moral et le physique de la population des prostituées. Le dédain, les injures et les mauvais traitements les poussent à Tivrognerie et au dévergondage qui masquent trop souvent un profond désespoir, tandis que la justice, la gravité et l'indulgence les engagent à ne pas se considérer comme entièrement rejetées de la société des honnêtes gens et les préparent à changer de vie.

2° Visites au Bureau des mœurs.

Les visites faites au Bureau des mœurs sont gratuites et ne comportent pas la rétribution facultati>e. Elles ont heu, le matin de onze heures à midi, et le soir de trois à quatre heures, tous les jours, excepté les dimanches et les jours de fête. L'un des médecins de semaine en est chargé.

C'est là que sont visitées les filles inscrites : l"* sortant de prison et par conséquent celles qui ont manqué à la visite du Dispensaire et que les agents ont arrêtées ; 2*' celles qui

arrivent ; 3° celles qui veulent partir ; 4® celles qui sortent de l'hôpital.

C'est là aussi que sont visitées les prostituées clandestines.

Les visites faites au Bureau des mœurs n'offrent rien de particulier quant aux moyens d'exécution, seulement leur petit nombre rend inutile l'assistance de l'infirmière.

11 est bon de faire observer que les visites subies au Bureau des mœurs ne dispensent pas de la visite hebdomadaire qui doit avoir avoir lieu au Dispensaire. Il en résulte que les nouvelles arrivées et les filles sortant de l'hôpital ou de la prison sont nécessairement visitées deux fois dans la même semaine. La rétribution reste facultative, pour ces catégories de filles, sans distinction de jours.

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