‹ Mémoire sur la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de laChapitre 47 sur 56 · GARNISONS · texte numérisé non relu

GARNISONS

/Lnnée 18»8

Bordeaux Nancy . . .

Lille

Rennes . .

Lyon ....

Calais

Sedan

Valenciennes et Condé . .

Ajaccio

Marseille

Sarreguemines

Toulouse

Perpignan

Bay onne

Strasbourg

St-Omer et camp d'Helfaut

Thiouville

Metz

Cambrai

Bastia

Longwy

Montmcdy

Bitsche

Montpellier

Rome

Paris ,

Briancon

Effectif

Nombre total

moyen

des vénériens

annuel

entrés àniopital

Totaux (non compris Nancy; (a)

Nombre

des

entrés

à riiùpital

pour

hommes d'effectif

Nombre total des journées

de vénériens & l'hôpital

Nombre

des journées

de vénériens

l'hôpital pour 100 hommes d'fffeclif

Durée moyenne du traitement (jours)

Effectif moyen annuel

Domltrc total

des vénérien^

entrés àrhôpitiil

oo

(a) On verra plus loin pourquoi Nancy a dû être exclu des totaux servant à former !< ^ moyennes générales.

(b) L'absence des documents relatifs à Marseille, en 1859, m'oblige à négliger les totaux et la moyenne générale de cette année.

'"jfca. dans quelques villes de garnison, en J858, J859 et 1860.

fc-^ aiLK hôpitaux militaires pour iOO hommes d'effectif, en 1858.

IT

N iinhre

*^ ■uraées

'••aériens

à Ihôpital iniir tOO

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Dorée moyenne du traitement (jours)

/Lnnée iseo

ËffecUf moyen annuel

Nombre total de»

vénériens

entrés à rbôpital

des

vénériens

entrés

l'hôpital

pour

hommes d'effectif

Nombre total des journées

de vénériens à l'hôpital

Nombre

des journées

de

a l'hôpital pour 100 hommes d'effectif

Durée moyenne du traitement (jours)

OBSERVATIONS

Le chiffre de l'effectif moyen annuel a été obtenu en prenant le nombre d'hommes (officiers , sous-officiers, caporaux et soldats) présents au premier jour de chaque mois, formant la somme, et divisant par 12.

Renseig:;eiiekts adressés par

M. Dieu, pharmacien enchef de l'hôpital militaire de Metz.

M. Pressoir, pharmacien major à l'hôpital militaire de Lille.

M. Faure, pharmacien major à l'hôpital militaire de Rennes.

M. Marray, médecin en chef de l'hôpital de Collinettes.

M. Pressoir, pharmacien major à l'hôpital militaire de Lille.

M. Chailan, méd( ciu en chef à l'hôpital militaire de Sedan.

M. Varlet, médecin en chef à l'hôpital militaire de Valenciennes.

M. Frasseto , médecin en chef à l'hôpital militaire d'Ajaccio.

M. Minvieille, médecin major à l'hôpital militaire de Marseille.

M. Maillefer, médecin en chef a l'hôpital militaire de Sarreguemines.

M. Lacger, médecin en chef à l'hôpital militaire de Toulouse

M. Piton, pharmacien en chef à l'hôpital militaire de Perpignan.

M Maupin, médecin principal à l'hôpital militaire de Baynnne.

M. Leurel, médecin en chef à l'hôpilal militaire de Strasbourg.

M. Pressoir , pliurmacien major à l'hôpital militaire de Lille.

M. Dieu, pharmacien enchef â l'hôpital militaire de Metz.

Idem idem.

M. Pressoir, pharmacien major à l'hôpital militaire de Lille.

M. bouffar, médecin en chef à l'hôpital militaire de Bastia.

M. Dieu, pliarmacien en chef à l'hôpital militaire de Meiz.

Idem idem.

Idem

idem.

M. Paslureau , médecin principal aux salles militaires de l'hop. St-Eloi.

M. Mayer, médecin en chef du corps d'occupation.

.M. Champouillon , professeur au Val-de-Grace.

M. Cullin , médecin en chef à l'hôpital militaire de Briançon.

< I Paris ayant fait des évacuations de vénériens sur les hôpitaux voisins , le chiffre des uîMccs et les moyennes qui en ressortent se trouvent affectés, de telle sorte, que je crois ^oif rononcer aux totaux de journées pour la statistique entière. (V. plus loin, le tableau, i liil pourra durée moyenne des traitements.)

Nota. — On voit que les ligues horizontales permettent de juger de l'intensité de rinfeclionAénérienne dans chacune des garnisons, en 1858, en 1859 et en 1860; les lignes verticales permettent de comparer Tinlensilé de l'infection dans les différentes garnisons.

Ce tableau donne lieu à de nombreuses remarques : j'en vais d'abord extraire un résumé exprimant les diminutions et les augmentations survenues de 1858 à 1860.

ÉTAT des garnisons dressé en ordre selon la proportion des Vénériens entrés à l'hôpital paur 100 hommes d'effectif en 1860, et faisant resortir les diminutions ou les augmentations survenues entre les deux années 1858 et 1860.

NOMS

r>KS VILLES

Nancy

Lyon

Marseille

Perpignan

Lille

Bordeaux

Bastia

Rennes

Bitsche

Sedan

Rome

Toulouse

Montpellier

Calais

Thionville

Strasbourg

Ajaccio

Valencienncs et Condé....

Bayonne

Metz

St-Oiiier l't camp d'Helfaul.

Longwy

Cambrai

Montmédy

Paris

Sarreguemines . . .

Briançon

NOMBRE

des vénériens entrés

n rbôpital

pour lOU hommes

d'effectif moyen, en

on

ta

OBSERVATIONS

Pour Nancy la comparaison e&t failp entre 185U et 1860 faute de rensei(]npm«n (s concernant refTectif dp cette garnison en 1858

Les deux garnisons de Valencieuties et de Condé sont réunies pirce ijuVUes envoient tontes deux leurs maladesj à riiopital de Valencienncs où ils se confondent. Même observation pour Saint- Omer et lecampd'Helfaut dont les malades se confondent à l'hôpital de Sl-Oinrr.

Voici maintenanl les villes rangées selon rimportance des diminutions survenues de 1858 à 1860.

ÉTAT des garnisons dressé en oindre selon, les diminutions survenues de 1858 à 1860 dans le nombre des Vénériens entrés à l'hôpital pour 100 hommes d'effectif moyen.

SR

NOMS DES VILLES

Bordeaux

Sarreguemines

Valenciennes et Condé

Calais

Ajaccio

Rennes

Sedan

Lille

Saint-Omer et camp d'Helfaut.

Cambrai

Montmédy . . ,

Bayonne

Longwy

Strasbourg

Briancon

Thionville

Toulouse

Metz

Paris

DURÂE MOYENNE

des

Iraitements

(jours)

Moyenne générale de la durée dei IraileDienls. 39,5

OBSERVATIONS

Puisque la durée moyenne des traitements est sensiblement la même pour les deux années, on peut affirmer, d'une ma-

nière générale, que les diminutions survenues dans le nombre des vénériens entrés à Thôpital ne doivent pas être attribuées à ce qu'il était entré à l'hôpital un plus grand nombre d'hommes atteints d'affections légères en 1858 qu'en 1860. Les diminutions peuvent donc être légitimement attribuées à la décroissance de l'infection dans l'ensemble des villes portées au tableau ci-dessus. Il semblerait même que les malades entrés à l'hôpital en 1860 étaient atteints un peu moins gravement qu'en 1858, puisque la durée moyenne des traitements a été, en général, plus courte de 0,3 jour; mais cette valeur est de peu d'importance.

Le tableau suivant présente les villes où l'infection a augmenté, rangées selon l'importance des augmentations.

ÉTAT des garnisons dressé en ordre selon les augmentations survenues de 1858 à 1860 dans le nombre des Vénériens mitres à l'hôpilal pour 100 hommes d'effectif moyen.

NOMS DES VILLES

Nancy

Rome

Bastia

Bitsche . . . .

Perpignan .

Lyon

Montpellier Marseille ..

ta

Moyenne générale de la durée des traitements

Moyenne générale de la durée des traitements, abstraction faite de Nancy

DURKE MOYE!(nE

des

traitements

(jours)

OBSERVATIONS

Pour Nancy la comparaison est faite entre 1859 ef 1860 faute de renseignements concernant Vet* fectif en 185&.

Nous verrons bientôt que Ténorme augmentation qui figure ï

à la charge de la ville de Nancy, coïncidant avec une diminu- , i

lion de près de moitié dans la durée moyenne des traitements à rhôpital de cette ville, doit être certainement attribuée en partie à l'entrée à l'hôpital d'un nombre assez considérable d'hommes affectés légèrement. Mais si l'on fait abstraction de Nancy pour former la moyenne générale de la durée des traitements dans les villes où la proportion des vénériens entrés à l'hôpital militaire a augmenté, on trouve que cette moyenne n'est moindre que de 1,3 jour en 1860 qu'en 1858. Par conséquent, on ne peut guère attribuer les augmentations à l'envoi dans les hôpitaux d'un certain nombre d'hommes atteints d'affections légères et qui auraient dû être traités aux infirmeries. Cette présomption devient une certitude, si l'on considère que la moyenne générale 39,4 jours de la durée des traitements en 1860, dans les hôpitaux où le nombre des vénériens s'est accru, est presque égale aux moyennes générales 39,5 et 39,2 jours, qui expriment la durée des traitements en 1858 et en 1860^ pour les hôpitaux où le nombre des vénériens a diminué. Donc, l'infection est certainement en progrès dans les villes portées au tableau ci-dessus.

Observations relatives a chacune des villes de garnison comprises dans la statistique des vénériens.

Bordeanm. — La diminution du nombre des vénériens est très-rapide. L'influence du Dispensaire (réorganisé à partir du 1" janvier 1859) se fait sentir de la manière la plus fraj)pante. Cependant, une amélioration nouvelle doit être considérée comme possible (a). La garnison de Bayonne doit être

(a) Cette amélioration s'est réalisée; le chiffre des vénériens entrés à l'hôpital en 1861 est descendu à 6,^ pour 100 hommes d'effectif.

indiquée comme olTraut, au point de vue de l'infection vénérienne, des conditions d'immunité que Bordeaux doit s'efforcer d'obtenir.

iVaney. — M. le D"" Dieu, pharmacien en chef à l'hôpital militaire de Metz, m'a transmis l'important document que je rapporte. Le chiffre des vénériens entrés à l'hôpital militaire de Nancy m'avait d'abord semblé incroyable; j'ai prié M. Dieu de le contrôler sévèrement ; c'est ce qu'il a bien voulu faire, et il m'a adressé par deux fois des états détaillés et authentiques comprenant l'effectif de la garnison et le chiffre des vénériens entrés à l'hôpital. // est donc certain que la garnison de Nancy a envoyé à V hôpital 59 vénériens pour 100 hommes d'effectif en 1860.

Mais il faut remarquer que la durée moyenne du traitement pendant cette même année se réduit à 18 jours, tandis qu'elle était de 33,9 jours en 1859. Il est donc certain que beaucoup d'hommes affectés légèrement ont été envoyés à l'hôpital en 1860; mais, en accordant que cette observation explique la moitié des entrées (ce qui semble peu admissible), il n'en reste pas moins évident qu'il y a eu à Nancy une recrudescence épidémique très-sérieuse, et qu'il serait urgent de s'enquérir des conditions dans lesquelles s'exécute dans cette ville le service du Dispensaire et du Bureau des moeurs (a).

(a) Outre les vénériens de la garnison , l'Hôpital Militaire de Nancy a reçu en 4859, 2133, et en 4860, 340 vénériens évacués du camp de Ghâlons et d'autres places ; il est bien entendu que ces vénériens n'ont pas été compris dans la statistique, mais les durées moyennes de traitement que je rapporte ont été calculées sur le total annuel des journées de vénériens sans distinction d'origine. Ce total s'est élevé à 24,843 pour 4859 et à 24,974 pour 4860; c'est de ce chiffre que j'ai extrait, par le calcul, le total des journées attribuées aux 440 vénériens fournis par la garnison en 4859, et aux 904 vénériens fournis par elle en 4860.

Ulle. — Diminution progressive moins rapide qu'à Bordeaux. De notables améliorations sont possibles.

Rennes. — Diminution considérable ; mais il est à croire que Rennes pourrait atteindre les mêmes résultats que Stras* bourg ou Metz ou Cambrai, sans parler de Paris.

liyon. — L'infection vénérienne s'est notablement accrue dans cette ville depuis 1858 ; les mesures préventives contre l'infection vénérienne n'y obtiennent pas, à beaucoup près, les résultats favorables que nous constatons à Bordeaux, à Strasbourg, à Metz, à Paris (a).

Calais. — Diminution progressive remarquable.

Sedan. — Les résultats obtenus sont moins satisfaisants qu'à Calais et que dans beaucoup d'autres villes.

¥aleneiennes et CtMidé. — Une diminution des plus remarquables s'est manifestée subitement en 1859, et s'est maintenue sans nouveaux progrès en 1860.

AJaeeio. — Diminution trè»-remarquable.

Marseille. — Augmentation; mais le service a été réorganisé à partir du commencement de l'année 1861. J'ai dû renoncer à la statistique de 1859, à cause des nombreux passages de troupes, qui ont rendu impassible à obtenir positivement le rapport des entrées à l'effectif moyen.

Sarreii^neinines, — îl paraît que le service sanitaire est très-bien exécuté dans celte petite ville. Un régiment nouveau

(a) m. Potton estime que le nombre des soldats vénériens s'élevait, à Lyon, à 45 pour 400 de l'effectif en 1856. (V. Parent-Duchateict ; ouv. cit. t. n, p. 456.)

arrive en 1858; on compte dans Tannée 11,12 vénériens et • 428 journées pour 100 hommes d'effectif moyen : la proportion .des vénériens tombe à 6,24 et celle des journées à 226, en 1859; en 1860, la proportion des vénériens n'est plus que de 3,17, et celle des journées de 127.

Toulouse. — Légère diminution. État presque stationnaîre, qui pourrait être amélioré. (V. Strasbourg et Metz.)

Perpignan. — Notable augmentation. Le service sanitaire appelle probablement des réformes.

Bayonne. — Diminution progressive très-remarquable sur un chiffre qui était déjà très-bas en 1858.

Strasbourg;. — Diminution progressive. Très-bon service où il doit y avoir de précieux enseignements à recueillir.

Saint-Oiiier et Camp d^nelffaut. — Diminution importante à dater de 1859,

Tbionville. — Forte augmentation survenue en 1859, probablement par suite de l'arrivée d'un corps de troupes infecté de maladies vénériennes; mais le chiffre des entrées est retombé au plus bas en 1860.

HetK. — Chiffre des entrées très-faible, augmenté notablement en 1859, mais retombé au plus bas en 1860. Le service sanitaire donnerait probablement d'utiles enseignements.

Cambrai. — Diminution progressive régulière sur des chiffres très-bas. Il est probable que le service sanitaire est excellent, et depuis longtemps déjà.

Bastia. — Il s'est produit à Bastia un fait très-instructif. Le chiffre des entrées, qui était très-faible en 1858, augmente

de plus du double en 1859. D'après les renseignements qu'a bien voulu m'adresser M. Bouffar, piédecin en chef à l'Hôpital Militaire de Bastia, cette augmentation est due à l'arrivée d'un régiment étranger formé en Lombardie, et dans lequel se trouvaient beaucoup de soldats infectés. Les effets de cette contagion n'ont pas entièrement disparu en 1860; car, dans le cours de cette année, les entrées à l'Hôpital sont encore beaucoup plus nombreuses qu'en 1858. Il est évident que les régiments qui changent de garnison devraieift subir deux visites rigoureuses, l'une au départ et l'autre à l'arrivée, afin qu'ils ne puissent, en aucun cas, propager la contagion vénérienne.

lioo^wy. — Diminution de moitié en 1859 sur 1858, mais augmentation en 1860 sur 1859. Je présume qu'il y a eu quelque changement de corps en 1860.

Moiitniedy. — Une augmentation survenue en 1859 ne s'est pas maintenue, et le chiffre des entrées est descendu au plus bas en 1860.

JBItselie. — Forte augmentation probablement due à l'arrivée d'un corps infecté.

MonipelUer. — Augmentation très-marquée en 1859 , évidemment causée par de nombreux passages de troupes, et qui tend à disparaître en 1860. Le chiffre très-faible de 1858 autorise à penser que le service sanitaire de Montpellier est satisfaisant.

Borne. — Le chiffre de 1858 était excessivement bas. Une forte augmentation progressive se manifeste à mesure que de nouveaux corps viennent renforcer la garnison. Ces corps arrivaient de Marseille et de Lyon, qui ont joué le rôle de foyers

d'infection vénérienne, relativement à Tarmée d'occupation. Cette opinion est appuyée par M. Mayer, médecin en chef du corps d'armée, qui a bien voulu m'adresser lui-même les documents que je rapporte.

Paris. — M. Champouillon, professeur au Val-de-Gràce, a bien voulu me communiquer à deux reprises, et après de laborieuses recherches soigneusement contrôlées, le relevé statistique des vénériens entrés dans les hôpitaux de Paris. Le fait établi par ce document me semble d'un grand intérêt. Excepté à Briançon, où les troupes vivent confinées dans des forts à 1,300 mètres au-dessus du niveau de la mer, l'infection vénérienne ne serait nulle part réduite à une aussi faible proportion qu'à Paris !

Les réunions passagères de troupes, à la fin de la guerre d'Italie, ont diminué la valeur de la statistique dressée pour Tannée 1859; mais les chiffres sont parfaitement nets pour les deux années 1858 et 1860.

On peut donc affirmer que le Dispensaire et le Bureau des mœurs de Paris sont arrivés à un très -haut degré de perfection, et qu'ils ont réalisé un immense bienfait dont profitent à la fois l'armée et la population civile.

Quant aux économies hospitalières réalisées au profit de l'administration de la guerre en raison de la perfection du service sanitaire de Paris, quoiqu'il soit impossible de les calculer exactement, parce que beaucoup de malades sont évacués des hôpitaux de Paris sur celui de Versailles, où ils vont achever leur traitement, on peut cependant affirmer qu'elles s'élèvent à plus de 200,000 fr. chaque année, si l'on prend pour point de comparaison la dépense exigée par les vénériens de l'armée de Lyon. En effet, l'armée de Lyon, dont l'effectif moyen était en 1860 de 15,000 hommes, a fourni dans le cours de cette

année 16,32 vénériens pour 100 hommes d'effectif, tandis que rarmée de Paris, dont TeiTectif moyen était de 44,900 hommes, n'a donné que 3,39 vénériens pour 100 hommes d'effectif. C'est donc une proportion cinq fois moindre appliquée à un effectif trois fois plus élevé.

Sriançon. — La proportion des vénériens est plus faible à Briançon que partout ailleurs. La garnison habite des forts, et la population civile est très-peu nombreuse.

Conclusions. — 1* D'après les documents que je rapporte, il est évident que les petites villes, en général, sont moins infectées de maladies vénériennes que les grandes; ainsi : Calais, Valenciennes, Ajaccio, Sarreguemines, Rayonne, Saint-Omer, Thionville, Cambrai, Longwy, Montmedy, Briançon, offrent de très-faibles proportions de vénériens; et cela se conçoit aisément, car la police des prostituées inscrites ou clandestines y est très-facile. Et si l'infection vénérienne se perpétue et se multiplie dans quelques grandes villes, c'est, sans doute, à cause des difficultés qu'y rencontre la surveillance des prostituées. Mais les excellents résultats obtenus à Strasbourg, à Metz, à Bordeaux, et surtout à Paris, démontrent que ces difficultés ne sont pas insurmontables.

2° Un service sanitaire bien exécuté produit en très-peu de temps une diminution considérable dans l'intensité de l'infection vénérienne. Cette diminution a été presque des 4/5 à Bordeaux en trois ans.

3** Jusqu'à ce jour, l'organisation des services sanitaires a été hvrée aux appréciations locales ; leur fonctionnement n'a pas été contrôlé ; leurs résultats sont restés vagues ou inconnus.

4** Par la statistique des vénériens militaires, il est démontré que les meilleurs règlements sanitaires sont en vigueur dans les

villes suivantes : Paris, Cambrai, Metz, Strasbourg, Bayonne, Valenciennes, Calais et Bordeaux.

5** Par la comparaison de ces divers règlements, on parviendrait à formuler un règlement-type qui serait le meilleur possible.

6** Le service sanitaire appelle d'urgence un examen spécial à Nancy.

T Le service sanitaire appelle des réformes dans les villes suivantes : Lyon, Marseille, Perpignan, Rome, Bastia et Bitsche.

W Dans l'ensemble de la statistique des garnisons comprises dans le présent travail (abstraction faite de Nancy), on voit qu'il est entré à l'Hôpital, en 1858, 7,41, et en 1860, 7,11 vénériens pour 100 hommes d'effectif (a). C'est, en 1860, une diminution de 4,1 pour 100 vénériens entrés aux hôpitaux, comparativement à 1858.

9» La diminution, variable quant à sa valeur, s'est manifestée dans dix-neuf, et l'augmentation dans huit seulement des garnisons comprises dans mon travail statistique.

10° Si le Conseil supérieur d'Hygiène publique, ou l'Académie de Médecine, ou le Ministre de la guerre, accordait chaque année une récompense aux médecins du Dispensaire et au chef du Bureau des mœurs de la ville où les résultats les plus avantageux auraient été obtenus, c'est-à-dire de la ville

(a) En Angleterre, d'après le Df Acton, la proportion annueUe des vénériens s'élève, dans l'armée de terre, à 48,4, et dans l'armée de mer, à 45 pour 400 hommes d'effectif. A l'examen des recrues pour la milice, d'après le journal The Lancet; (4853, 1. 1, p. 63), les sujets atteints de symptômes vénériens se sont trouvés dans la proportion de 215 pour 100. (V. Richelot. De la Prostit. en Angleterre in Parent^Duchatelet, ouv. cit. Snae Edit. p. 607, 608 et 609.)

où le nombre des vénériens militaires entrés à l'hôpital ou à rinûrmerie, pour 100 hommes d'effectif moyen annuel, aurait été le plus faible, il en résulterait une espèce de concours permanent et une émulation qui tourneraient non-seulement à Tavantage de Tarmée, mais encore à l'avantage de la population entière : la prophylaxie de l'infection vénérienne ferait alors des progrès rapides et sûrs. Un pareil concours pourrait être comparé au concours de vaccine.

§11. — Durée moyenne des Traitements.

STATISTIQUE de la durée moyenne du traitement des Vénériens dans trente villes de garnison. Les villes sont rangées selon la durée moyenne du traitement en 1860.

NOMS DES VILLES

Briançon

Montpellier

Sedan

Rome

Bayonne

Thionville

Valenciennes . . .

Saint-Omer

Lille

Strasbourg

Cambrai

Lyon

Sarreguemines . ,

Longwy

Toulouse

Perpignan

Bitsche

Metz

Marseille

Rennes

Bruxelles (a) ....

Calais

Bastia

Bordeaux

Anvers

Gand

Paris

Aiaccio

Montmedy

Nancy

OUBÉE MOYENKE

du traitemenl (jours) en

OBSERVATIONS

* Paris ayant évacué des vénériens sur Versailles, la durée moyenne du traitement en a été fortement diminuée, surtout en

" Nancy a reçu des vénériens évacués de Chàlons et probablement des vénériens de la garnison même de Nancy qui étaient atteints d'affections légères , c'est ce qui explique le peu de durée du traitement moyen en 1860.

Moyenne générale en 1860 :

Dans les 27 hôpitaux français 40 jours

Dans les 3 hôpitaux belges 38 jours

La durée moyenne est la même dans les hôpitaux du nord et dans ceux du midi de la France.

(a) Les durées moyennes de traitement des trois hôpitaux de Bruxelles, d'Anvers et de Gand|, sont extraites des documents envoyés par M. le Dr Meynne, médecin de régiment, à Anvers.

On ue saurait douter de l'influence des méthodes thérapeutiques sur la durée des traitements; mais conmie il est fort ' douteux que les cures de syphilis les plus rapides soient les plus solides et, par conséquent, les plus désirables, et comme les influences climatériques etnosocomiales sont inconnues, on doit garder ime extrême réserve quant au jugement qu'on serait tenté de porter sur les méthodes thérapeutiques, d'après la durée moyenne des traitements. Toutefois, les documents que j'ai recueillis sur ce sujet me paraissent de nature à intéresser les médecins des hôpitaux.

11 serait très-utile, au point de vue de l'hygiène hospitalière, de rechercher si les hôpitaux les plus peuplés ue sont pas ceux où la durée moyenne du traitement des vénériens est la plus longue. Les moyens de mesurer l'influence nosocomialc sont rares, et la comparaison de la durée moyenne du traitement des vénériens offrirait peut-être sur ce sujet de précieuses indications.

Il faut remarquer que la durée moyenne du traitement perd beaucoup de son intérêt dans un hôpital, lorsque le chiffre des malades y est peu élevé; car alors il suffit de quelques maladies chroniques pour allonger démesurément cette moyenne. Ainsi, à Briançon, la durée moyenne du traitement, qui n'était que de 30 jours en 1859, s'élève à 56 jours en 1860; mais, en 1860, il n'y a eu que 20 entrées à l'hôpital. Il est évident que, parmi ces 20 malades, quelques-uns ont offert des maladies exceptionnellement longues.

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