‹ Mémoire sur la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de laChapitre 49 sur 56 · DURÉE MOYENNE · texte numérisé non relu

DURÉE MOYENNE

des

traitements

(jours)

OBSERVATIONS

La comparaison pour Constantine est faite entre les deux années 1859 et 1860, faute de renseignemenls relatifs à l'année 1858.

La durée moyenne des traitements est plus longue de 7,80 jours en 1860, dans ces trois garnisons réunies, qui présentent des diminutions sur le nombre des vénériens entrés à Thôpital. Celle remarque autorise à penser que les diminutions sont plus apparentes que réelles, et sont dues à ce que les hommes affectés légèrement sont entrés à Thôpital en beaucoup plus grand nombre en 1858 qu'en 1860. Celle opinion est pleinement confirmée quant à Mostaganem et à Constantine; car, dans ces deux villes, le nombre des journées de vénériens pour 100 hommes d'efifectif est plus élevé en 1860 qu'en 1858. Quant à Bône, la diminution est tellement forte, qu'il me paraît impossible de l'attribuer tout entière au motif que je viens d'exposer.

ETAT des garnisons de l'Algérie dressé en ordre selon les augmentations survenues de 1858 à 1860 dans le nombre des Vénériens entrés à V hôpital pour 100 hommes d'effectif moyen .

NOMS DEfe VII.I.ES

Nemours .

Cherchell

Alger

Tlemcen .

Bougie. ..

Batna

Biscara . .

Blidah . . .

Medeah . .

La Callc .

Moyenne générale de. la durée du traitement

DURÉE lfOYE!«ME

des

traitements

(jours)

OBSERVATIONS

La moyenne générale de la durée du traitement qui ressort de cet état fait voir qu'une partie des augmentations doit être attribuée à l'entrée d'une plus grande proportion d'hommes affectés légèrement en 1860 qu'en 1858.

Les augmentations sont particulièrement importantes à noter dans les villes où elles ont coïncidé avec une plus longue

durée du traitement. Ainsi, à Nemours, à Clierchell el à Bougie, rinfection vénérienne s'est accrue non pas seulement quant au nombre des malades entrés à Thôpital, mais encore quant à la gravité des maladies.

L'augmentation doit encore être considérée comme certaine à Batna, où la durée du traitement est restée la même dans les deux périodes.

Les augmentations peuvent être considérées comme seulement probables dans les villes où elles ont coïncidé avec une diminution plus ou moins forte dans la durée moyenne du traitement; car il est permis de penser que si un plus grand nombre de vénériens ont figuré à Thôpital en 1860, c'est que, dans le cours de cette année, les hommes atteints légèrement y ont été admis en plus grande proportion qu'en 1858. Cette remarque s'applique surtout aux villes suivantes : Medeah, Alger, Blidah, Tlemcen et Biscara.

Observations relatives a chacune des garnisons de l'Algérie COMPRISES DANS LA STATISTIQUE DES VÉNÉRIENS.

TVcmourii. — Aucune ville, ni de France ni d'Algérie, n'offre un chiffre de vénériens aussi élevé en 1860-, de plus, l'infection est en voie de rapide accroissement dans cette ville. La proportion des malades, pour 100 hommes d'effectif, a augmenté d'un tiers, et celle des journées de plus de moitié, de 1858 à 1860. K'est-il pas curieux de voir que la garnison de Nemours a fourni en 1860, pour 100 hommes d'effectif, dixhuit fois plus de journées de vénériens que celle de Biscara?

Alger. — La proportion des vénériens à Alger, en 1860, est plus élevée que dans aucune des villes comprises dans la statistique des garnisons de l'intérieur. Les mesures prophylactiques y sont nécessairement insuffisantes, et comme l'ef-

fectif est d'environ 4,500 hommes, l'administration de la guerre réaliserait des économies hospitalières considérables, si les services du Dispensaire et du Bureau des mœurs étaient perfectionnés dans la capitale de notre colonie, qui joue évidemment le rôle d'un foyer d'infection vénérienne pour l'armée d'Afrique.

' BAne. — La proportion des vénériens est rapidement décroissante depuis 1858. Il serait très-intéressant de comparer les mesures sanitaires employées à Bône avec celles que l'administration fait exécuter à Alger. Comment est-il possible qu'en 1860 la garnison de Bône ait été infestée de maladies vénériennes 5,5 fois moins que celle d'Alger ?

Blidab. — La proportion des vénériens à Blidah, en 1860, est deux fois plus forte qu'à Mostaganem, à Medeah et à Batna, et presque trois fois plus forte qu'à Bougie. Ce fait n'indique-t-il pas la nécessité d'un règlement uniforme, relativement aux mesures prophylactiques?

Blidah donne lieu à une autre remarque : la proportion des vénériens pour 100 hommes d'effectif, qui était de 11,11 en 1858, s'élève à 20,16 en 1859, et retombe à 12,03 en 1860. D'où vient la recrudescence énorme qui s'est manifestée en 1859? Je me borne à poser la question, ne possédant aucune donnée pour la résoudre.

Cherehcll. — L'infection est en voie d'aggravation rapide dans cette garnison.

CoBLMtontine. — État à peu près stationnaire. Chiffre un peu supérieur à la moyenne des garnisons de l'intérieur.

L — Chiffre inférieur à la moyenne des garnisons de rintérieur, et tendance marquée à la diminution.

Tlemeen. — La proportion des malades n'est pas trèsforte, mais elle est en pleine voie d'augmentation, surtout comparativement à Tannée 1859.

Mcdeab. — État sanitaire satisfaisant-, la proportion des journées semble révéler une diminution, quoique la proportion des entrées indique une augmentation.

Batna. — Légère augmentation.

Boufl^ie. — Légère augmentation; mais les chiffres sont très-bas.

Biseara. — 36 journées seulement pour 100 hommes d'efifectif moyen. C'est le chiffre le plus bas que nous ayons encore constaté. 11 serait très-utile de savoir si ce résultat est dû à la santé de la population civile ou aux mesures sanitaires; il prouve tout au moins que les indigènes ne communiquent pas la syphilis à nos troupes.

lia Calle. — Garnison à peu près exempte de maladies vénériennes. Il serait très-utile de savoir à quelles causes un pareil résultat doît être rapporté. Même observation que pour Biscara.

Conclusions. — V Les villes de T Algérie où les mesures sanitaires paraissent insuffisantes sont : Nemours, Alger, Cherchell et Blidah.

2° D'après les résultats obtenus dans quelques villes maritimes d'Europe, et notamment à Rayonne, à Anvers, à Bordeaux et même à Marseille, il est à croire que la proportion des vénériens, dans la garnison d'Alger, pourrait être diminuée de plus de moitié. L'économie de journées d'hôpital qui en résulterait, dans la garm'son d'Alger seulement, serait annuellement d'au moins 16,000 fr. Or, dans une ville de 51,000

âmes, où le nombre des prostituées inscrites est de 500, un personnel de quatre inspecteurs intelligents et bien dirigés suffirait pour obliger rigoureusement les prostituées inscrites à subir les visites sanitaires et pour réprimer eflicacement la prostitution clandestine.

3° 11 est probable que la ville d'Alger est un foyer d'infection qui propage les maladies vénériennes dans les autres garnisons de TAlgérie, et qui réagit sur Marseille et sur les villes de rintérieur.

4° La faible proportion des vénériens à Bône, en 1860, doit être liée à des causes qu'il serait intéressant de connaître, et qui peut-être mettraient sur la voie des améliorations dont seraient susceptibles les services sanitaires de l'Algérie.

5° Il est incontestable que les garnisons de l'Algérie, dans leur ensemble, sont plus exposées aux maladies vénériennes que celles de l'intérieur, et dans le rapport de 9 à 7 environ.

6° L'infection vénérienne est en progrès dans les garnisons de l'Algérie. Sur treize garnisons, je trouve une diminution positive dans une seule (à Bône), douteuse dans deux (à Mostaganem et à Constanline), taudis que l'augmentation est positive dans quatre villes (à Nemours, àCherchell, à Bougie et à Batna), et probable dans cinq (à Medeah, à Alger, à Blidah, à Tlemcen et à Biscara).

7° La garnison de Biscara offre la contagion vénérienne réduite au minimum d'intensité, au double point de vue du nombre des malades et de la durée du traitement.

8o La garnison de La Galle est celle qui offre le plus petit nombre de malades entrés à l'hôpital ; mais la durée du traitement s'y rapproche de la moyenne des autres hôpitaux.

9° D'après les documents que j'analyse, on pourrait affirmer que la population indigène ne communique pas la syphilis à nos troupes.

Il me reste à dresser le tableau de la durée moyenne du traitement dans les hôpitaux compris dans la statistique.

STATISTIQUE de la durée moyenne du traitement des Vénériens dans 14 hôpitaux de l'Algérie. Les villes sont rangées selon la plus longue durée moyenne du traitement en 1860.

NOMS DES VILLES

Blidah

Constantine.

Batna

ChercheU...

Mostagancm La Calle . . .

Tlemcen.

Bônc . . . .

Alger . . .

Nemours Medeah .

Mascara .

Bougie ..

Biscara. .

Moyenne générale .

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