‹ Mémoire sur la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de laChapitre 51 sur 56 · I II II · texte numérisé non relu

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Quoique M. Vleminckz ait négligé d'indiquer qu'il empruntait cette application régulière et périodique de la statistique hospitalière, et même la forme des tableaux qu'il a publiés, au Mémoire que je venais d'adresser à l'Académie dont il est président, il ne s'en est pas attribué l'initiative ouvertement, mais seulement par un sous-entendu et une équivoque :

«... L'on peut établir un rapport exact entre l'effectif annuel moyen d'une garnison et le nombre des infectés qui y sont traités; ce rapport, Vexpéiience de tous les temps nous Va appris, marque invariablement la marche ascendante ou décroissante, ou l'état stationnaire de la contagion vénérienne dans l'ensemble de la population : autant vaut l'armée, autant vaut la population, et vice versd, » (V. Presse médicale belge, 11 mai 1862.)

11 faut avouer en outre qu'il a ajouté à la méthode que je propose un perfectionnement qui ne parait pas heureux ; c'est la distinction des maladies vénériennes en deux catégo* ries : les syphilitiques et les blennorrhagiques. S'il s'agissait d'une étude entreprise à un point de vue médical^ la confusion des deux sortes d'affection serait sans doute absurde et audessous de toute critique; mais, au point de vue administratif où nous sommes placés, il en est autrement. En toutes choses, le but engendre la méthode. C'est pourquoi, repoussant le prétendu perfectionnement dont se félicite M. Vleminckz, j'ai additionné, pour en former un seul tableau, les chiffres qu'il a disséminés dans trois tableaux différents, au détriment de la netteté des résultats.

Il faut remarquer en effet que les deux sortes d'affections se multiplient ou décroissent à peu près simultanément, selon l'insuffisance ou la perfection des moyens prophylactiques (a),

(a) La proportion moyenne des blennorrhagies pour les 40 garnisons

et surtout il faut considérer que, si l'on veut réaliser un contrôle exact des Dispensaires de salubrité par Texamen annuel de leurs résultats facilement appréciables, c'est-à-dire par Texamen comparatif de la statistique annuelle des vénériens de chaque garnison, il faut bien se. garder d'embarrasser cette statistique de difficultés de diagnostic et de calculs longs et fastidieux, il faut la rendre éminemment simple et pratique; si elle est compliquée, elle ne se généralisera pas, et elle restera incompréhensible; elle ne se fera pas, ou elle restera stérile.

Tant d'hommes présents sous les armes au premier jour de chaque mois (effectif moyen annuel), tant de vénériens en-^ très à Fhôpital ou à Tinfirmerie dans le courant de l'année

(proportion des vénériens pour 100 HOMMES D'EFFECTIF

MOYEN annuel), voilà cc qu'il est facile d'obtenir partout, voilà cc qu'il faut et ce qui suffit pour indiquer où sont les foyers d'infection, où sont les Dispensaires en décadence ou en progrès; voilà ce que j'ose réclamer, avec la conviction d'un grand progrès à réaliser relativement à la prophylaxie de l'infection vénérienne.

Dieu me garde d'exprimer du dédain pour qui n'a pas compris ce procédé simple et pratique d'utiliser les statistiques hospitalières. Le respect réciproque est l'article fondamental de la constitution dans la république des sciences comme dans celle des gens bien élevés.

Évidemment, comme l'a fait remarquer M. Vleminckz, il faudra renoncer à établir des comparaisons précises entre les

belges est de 64,48 pour 400 maladies vénériennes -en 48S8; cette proportion est de 64,80 en 1860, c'est-à-dire qu'elle reste, à bien peu près, la même, tandis que l'infection vénérienne absolue a diminué de 26/100 de 1858 à 1860.

garnisons de France et de Belgique, tant que nous ae posséderons pas le chiffre des vénériens entrés aux infirmeries régi* mentaires dans les garnisons françaises (a) ; car, en Belgique, où l'utile institution des infirmeries régimenlaires n'existe pas, la totalité des vénériens, même ceux qui sont affectés d'uréthrites ou de balanites simples, sont hospitalisés, tandis qu'en France toute cette catégorie de malades est traitée aux inîirmeries par les médecins des corps de troupes.

Cependant, si Ton considère : r que la moyenne générale des hommes atteints d'<affections vénériennes quelconques dans les 10 garnisons belges, en 1860, est 7,21 pour 100 hommes d'effectif moyen : 2° que la moyenne générale des hommes atteints d'affections syphilitiques proprement dites, ou d'affections hlennorrhagiques compliquées, dans 27 garnisons françaises, est 7,11, également pour 100 hommes d'effectif (V, Recueil des Mémoires de Médecine tnilit,, etc.; avril 1862), il devient manifeste que les garnisons françaises sont beaucoup plus infectées que les garnisons belges, puisqu'il reste à la charge de notre statistique le nombre indéterminé, mais certainement considérable, des vénériens traités dans nos infirmeries régimentaires.

M. Vleminckz estime que l'infection dans les garnisons françaises est doubls de ce qu'elle est dans les garnisons belges; il faudrait, pour admettre cette proportion, qu'il y eût autant de vénériens (atteints d'affections hlennorrhagiques légères)

(a) C'est ce qui m'a obligé à renoncer aux relevés scrupuleusement exacts qu'avait bien voulu m' adresser M. le D"" Meynne, médecin de régiment à Anvers, relativement aux garnisons de Bruxelles, d'Anvers et de Gand. Mais je m'honore d'avoir vu mon travail approuvé et secondé par l'un des staticiens et des hygiéniques les plus distingués de la Belgique.

dans uos inûrmeries que de vénériens (atteints d'affections blennorrhagiques compliquées ou d'affections syphilitiques) dans nos hôpitaux. Il n'en est peut-être pas tout à fait ainsi ; mais il est impossible de ne pas reconnaître que nos garnisons sont, en général, beaucoup plus infectées que les garnisons belges.

Si Ton restreint la comparaison entre les villes de Paris et de Bruxelles, on trouve que le chiffre des vénériens entrés dans les hôpitaux de Paris en 1860 (3,39 pour 100 hommes d'effectif) , fût-il doublé pour représenter les hommes traités aux infirmeries régimentaires, ne serait que 6,78, tandis que le chiffre donné par M. Vleminckz, comme représentant la totalité des vénériens entrés à l'hôpital de Bruxelles en 1860, est 7,04. On doit admettre donc, sinon comme un fait absolument démontré, du moins comme un fait très-probable, que la ville de Paris est moins infectée de maladies vénériennes que la ville de Bruxelles.

Du reste, le bureau de statistique médicale qui vient d'être organisé près le Conseil de santé des armées pour mettre en œu\Te les documents trimestriels adressés par les nïédecins chefs de service dans les hôpitaux et dans les corps de troupes, produira peut-être des documents complets qui permettront de trancher les questions en litige.

Voyons maintenant quels enseignements peuvent être tirés de la statistique officielle des vénériens dans les dix garnisons belges dont il est question ci-dessus :

V La proportion des vénériens pour 100 hommes d'effectif,^ qui était de 9,80 en 1858, n'est plus que de 7,21 en 1860; c'est une diminution de 26 pour 100 vénériens (a). C'est là un

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§ III. — Statistique des Vénériens de la garnison

DE Turin.

M. Demaria, président de rAcadémie de Médecine de Turin , a eu Textrème bonté de m'adresser les renseignements suivants, qui lui ont été communiqués par M. Sperino, le célèbre syphilographe italien.

Je fais observer que les moyennes ne sont point comparables aux moyennes françaises, à cause de nos infirmeries régimentaires, qui, traitant les hommes atteints légèrement, réduisent au moins d'un tiers, chez nous, le chiffre des entrées à l'hôpital (V. plus haut, p. 195).

Il est, d'ailleurs, bien douteux que le chiffre de l'effectif ait été donné exactement : comment serait-il resté invariablement de 5,000 hommes pendant sept ans? Néanmoins, le tableau conserve une certaine valeur comparative, et peut contribuer à démontrer les* services que rendraient les statistiques successives annuelles des vénériens militaires. C'est à ce titre surtout que je le produis.

TABLEAU récapitulatif et comparatif du mouvement annuel des Vénériens et de l'effectif de la garnison de Turin,

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