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et déterminer l'influence qu'elles exercent sur In irans mission, C'est l'objet du 4 e lableau. Les verres marqués d'un astérisque donnent les teintes les plus pures, et qui approchent le plus des couleurs prismatiques correspondantes Voici comme je m'en suis assuré par l'expérience:
Ayant introduit au moyen d'un hélioslat un faisceau horizontal de rayons solaires dans une chambre obscure . je l'ai partagé en deux en lu faisant passer à travers deu\ ouvertures pratiquées dans un écran opaque. Je faisais tomber un des l'aisseau* sur un prisme vertical, cl l'autre sur le verre coloré que je voulais essayer. On avait ainsi le spectre solaire jeté de coté et une taciie colorée dans le sens des rayons directs. Pour amener celle lâche à cûté du la couleur correspondante du spectre , je plaçais derrière le verre un second prisme vertical, que je tournais plus ou moins jusqu'à ce que l'effet fût obtenu. Ou compare asseï bien les il eus teintes analogues quand elles sont rapprochées , el on juge en même temps si la couleur du verre est plus ou moins pure par la farce des nouvelles teintes qui se développent loujours dans le passage des rayons colorés du verre à travers le priome. Sur quatorze coHeurs choisies entre plusieurs espèces de verres , je n eu ai pu trouver que cinq approchant beaucoup des couleurs prismatiques el donnant des teintes secondaires liés faibles. Ces leiules n'étaient absolument insensibles ([ne pntir le verre ronge.
Il y a une autre manière d'apprécier la coloration des milieux diaphanes, et je ne l'ai point négligée. Elle consiste a faire traverser les verres par les rayons correspondans du spectre ; le passage a lieu avec nue déperdition 1res faible lorsque les teintes sont bien pures. Or,
en fixant h des distances convenables un côté Je mes cinq lames de verre sur le bord d'un carton exposé au faisceau coloré du prisme, j'ai trouvé que chaque rayon prismatique traverse le verre de même couleur sans y soull'rir aucune perle ; du moins l'altération produite par ces verres sur les rayons solaires correspondons est à peu près la même dans tous les cas. Ou le déduit de la comparaison cuire les rayons prismatiques qui tombent directement sur le mur et ccui qui y parviennent après awir traversé les verres colorés ; les ombres apportées par ces derniers rayons sont très légères et presqu'insensîbies. Elles sont au contraire très prononcées daiis lotit autre disposition. Si on substitue , par exemple, le verre violet au rouge , on a une tache presque noire sur le mur ; donc , si le violet n'est point parfaitement pur, au moins ne liiisse-t-il passer qu'une quantité de rayons rouges très inférieure à celle qui traverse le verre de cette dernière couleur.
On sait que dans le spectre solaire dénué par un prisme de verre ordinaire , la plus fp rte chaleur se trouve sur ]c rouge , et que les températures des teintes intermédiaires vont en décroissant jusqu'au vrSlet. Celle distribution calorifique dans les rayons colorés séparés par la force de réfraction des prismes, existe- t-ellc encore lorsque ces rayons sont séparés par la force d'absorption des matières colorantes?
Pour le savoir, il n'y a qu'à comparer aux diverses températures du spectre les nombres représentant les transmissions calorifiques de nos cinq verres colorés , les
Violet 53, ronge , jaune V\ , bleu Si, vert s6.
L'ordre dos couleurs relativement à leurs degrés de chaleur el les rapports numériques de ces mêmes degrés sont tellement altérés, que. la lumière violctie , qui dans le spectre possède une température vingt -cinq ou trente fois inférieure à celle de ht lumière rouge, se trouve ici douée d'une température supérieure. On rie pourrait pas expliquer une telle différence en admettant que, dans la transmission du verre violet, il passe aussi une forte quantité de rayons rouges; car ees rayons déviaient s'y trouver en plus grande proportion que dans la transmission du verre ronge; ce qui est d'après les expériences précédentes.
Ces faits semblent contraires à l'opinion dts eiens qui admettent que dans la chaleur lumineuse les mimes rayons excitent simultanément les deux sensations de lumière et de chaleur. On les concevrait avec facilité en supposant que le calorique et ta lumière sont des agens distincts. Alors on dirait que dans le prisme la force de rétraction agit inégalement sur les dïll'érens rayons caloriques, comme elle opère plus ou moins sur les diiféreus rayons lumineux , et jette ainsi certaines quantités de chaleur sur les mêmes plages qui sont occupées par les diverses couleurs du spectre; mais que dans les verres colorés , et généralement dans les corps plus ou moins dia thermanes , la force d'absorption n'opère pas de la même manière que la force de réfraction, éteignant tantôt plus de chaleur que de lumière , cl d'autres fois plus de lumière que de chaleur.
Mais les partisans de l'identité des deux agens répondront que les différence» observées dans les transmissions calorifique et lumineuse des milieux , diaphanes
ou colorés , dérivent des rayons de chaleur obscure qui se trouvent mÊlcs en grande quantité aux rayons de lumière lancés par la flamme.
Pour juger jusqu'à quel point il es 1 permis de soutenir l'une ou l'autre hypothèse, il faudrait avoir des données qui nous manquent maintenant. Nous reprendrons ce sujet à la fin du prochain mémoire, et nous terminerous celui-ci en citant une application Tort remarquable des résultats numériques contenus dans les tableaux précédons.
On savait déjà, par les belles expériences de Scebeck , que le maximum de température du spectre solaire change de place avec la composition chimique de la substance dont le prisme est formé. Cet habile physicien observa que le plus haut degré de chaleur, qui avait lieu sur le rouge dans le spectre fourni par un prisme de crown-glass , passait sur l'orangé en employant un prisme creux de verre rempli d'acide sulfuriquc, et se transportait sur le jaune lorsqu'on se servait du même prisme rempli d'eau pure (i).
Je trouvais , il y a quelques mois , que les rayons caloriques disséminés sur les couleurs données par un prisme ordinaire, ne subissent pas la même altération en passant au travers d'une couche d'eau; la perte varie en sens inverse de la réfrangibililé , de manière que les rayons les plus rcfraugiblcs passent en totalité et les moins réfrangibles sont entièrement arrêtés par le liquide (%).
(]) Jakrbuch der chemin und phjsick von Schveiggcr , vol. rc.
{i) Annules de Chimie et de Physique , décembre 1 83 1 .
Celte expérience mu conduisit à une explication très simple des résultats obtenus par Seebeck.
La chaleur solaire qui se présente à la face antérieure du prisme d'eau comprend 'des rayons fournis de toute sorte de réfrangibiliié. Or, le rayon qui possède le môme indice de réfraction que la lumière rouge soufli'e, en traversant le prisme , une perte proportionnellement plus forte que le rayon doué de la réfrangibiliié de la lumière orangée, et celui-ci perd moins dans la traversée que lu chaleur du jaune. Ces rapports croissons dans les déperditions des rayons moins réfrangîbles, tendent évidemment à faire marcher le maximum du rouge au violet; il pourra donc s'arrêter sur le jaune.
En supposant l'action de l'acide sulfurique analogue et moins énergique que celle de l'eau, on comprendra de même pourquoi , dans le cas du prisme d'acide , le maximum se fixe sur l'orangé.
Enfin , le verre lui-même , dont les prismes ordinaires sonteomposés , doit opérer de la même manière , et produire sur chaque rayon une perte inversement proportionnelle a son degré de réfrangibiliié. Donc , si on employait dans la construction du prisme une substance moins active que le verre commun , les pertes seraient allàihlies en plus grande proportion pour les rayons moins réfrangibles ; ceux-ci gagneraient donc sur les rayons plus réfrangibles, et le maximum marcherait dans la direction opposée à la précédente , c'est-à-dire du violet au rouge.
C'est précisément ce qu'ont obtenu Herschel, Englefield cl Seebeck en opérant sur des prismes de flïnt, car
!<; maximum est passé dans l'espace obscur tout près de la dernière bande rouge du spectre.
Cnraparons ces effets aux nombres (jui représente lit les transmissions calorifiques : nous trouverons que le maximum de chaleur, en partant du jaune où il se trouve placé pour le prisme d'eau , s'en éloigne toujours dans le même sens à mesure que l'on construit le prisme avec des substances plus diathermaues. Il sort déjà un peu du spectre lorsqu'on substitue le flint au crovvn. En admetlant l' exactitude d'une telle théorie, la ligne de plus grande chaleur devra donc se dégager toul-à-fait des couleurs et 50 porter dans l'espace obscur sur une bande très éloignée de la limile rouge , lorsqu'on se servira du sel gemme, substance qui est bien plus dialhcrmanc relativement an flint, que le flint par rapport au crown. J'ai tenté l'expérience; elle a complètement réussi. J'ai trouvé que le maximum de température pour le spectre dérivé du prisme de sel , était plongé dans l'espace obscur à une distance de la dernière bande , égale pour le moins à la distance qui sépare en sens contraire )c vertbleu du ronge. Je ne puis assigner pour le moment des mesures plus exactes , carjcn'ai d'abord opéi équcsur un fort petit prisme, et lorsque par la suiic je ine trouvais avoir de plus belles pièces à ma disposition la saison ne me permit point de reprendre ce curieux résultat et de l'étudier avec plus de précision. Mais l'effet a été si marqué dans mou expérience et si constant dans plusieurs répétitions successives , que je le regarde comme décisif, et xju'il ne me reste pas le moindre doute sur le grand éloignenient du maximum de chaleur à la dernière bande
des rayons ronges dons le spectre donne par le sel gemme (i).
La distribution des températures dans le spectre solaire est donc un phénomène toul-à-fait dépendant de l'ordre que nous avons trouvé pour les transmissions calorifiques des substances diaphanes.
Ce phénomène constitue déjà une relation frappante entre les propriétés des rayons caloriques du soleil et celles de la chaleur rayonnante des corps terrestres ; niais nous verrons paraître des rapports encore plus intimes entre ces deux espèces de rayons, lorsque nous examinerons les altérations qui s' opèrent dans les transmissions calorifiques par l'effet du changement de température de la source rayonnante.
(ij J'ai obtenu depuis le même résultat avec cinq prismes de sel gemme dont les angles réfringens varient entre 5o° et 70 0 . Ces prismes proviennent de plusieurs pièces tirées des mines de Cordona, de Wieliecia et de Vïcq i ils ont été découpés eu différai* sens relativement à l'aie de cristallisation. Je rapporterai les données numériques dans un travail spécial sur l'analyse des rayons caloriques solaires.
(Zimh du jinnattidt Chimie et & Phyùqoe, Mai iS33.j