LYMPHE HUMANISÉE CONCRÈTE
A Québec, pendant ce temps, on se contentait du bon vieux système de vaccination. Le mot croûte n'avait pas encore effarouché le monde médical; les premiers médecins, sûrs du préservatif Ge la variole, continuaient leur marche dans l’ancienre route. Les curés, du haut de la chaire, exhortaient leurs paroissiens à se faire vacciner, La corporation ordonnait des revaccinations générales, sans imposer de choix daus le vaccin ; le peuple répondait à chaque vis, à chaque ordre avec un empressement extraordinaire,
Je suis certain que la population de Québec était vaccinée et revaccinée presque sans exception avant l'introduction dans cette ville de la lymphe animale en 1885.
Pour donner une idée juste de la généralité de la vaccination à cette époque : dans la manufacture de MM. Marsh et Polley, rue Saint-Vallier, Québec, j'ai vacciné tout le personnel, environ 150 personnes ; et je n'ai trouvé en tout qu’une seule personne qui n'avait pes été vaccinée, encore était-elle arrivée depuis peu de la campagne. Malgré tout cela, plus de 20,000 personnes se firent de nouveau vacciner cette année, je puis ajouter, par excès de précaution.
Cette confiance dans la vaccination n'est-elle pas due aux bons résultats des vaccinations par les croûtes de lymphe humanisée dont on se servait avant cette époque ?
Ce vaccin s’est montré si effectif pour arrêter la contagion, qu'il n'avait jamais été nécessaire d'employer de contrainte, ni d’isoiement.
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J'ai vacciné avant 1885 dans plusieurs maisons où il y avait des varioleux, et par la vaccination des autres personnes de la maison la variole resta confinée aux cas préexistants. La vaccine subissait alors ses périodes dans une atmosphère de variole sans être modifiée aucunement.
En 1885, nous n'avons eu à Québec que neuf cas da variole, la plupart venant de Montréal. A Saint-Roch, je n’ai pas eu connaissance d’un seul cas.
Je puis affirmer que chaque revaccination générale a arrêté le fléau, dans les épidémies depuis 1872 jusqu’à 1885.
Je prie mes confrères avant d'approuver un vaccin nouveau, de lui laisser faire les preuves de ses effets préservatifs,
Si j'entre dans ces détails, c’est afin d'éclairer les autorités sur le danger d'adopter un nouveau mode de vaccination qui n'offre pas assez de garantie et d'abandonner ce qui a été fait dans le passé, pour le plus grand avantage public. D'ailleurs, ilest prouvé par tous les auteurs que la médecine du jour ne condamne aucun genre de vaccination,