DU SERVICE MILITAIRE
VICES ou DIFFORMITÉS PHYSIQUES.
Du Crâne,
i". L'alopécie universelle et la de'pilation totale ou presque toîaie du cuir chevelu.
2^ La persistance de la fontanelle supérieure et antérieure.
5^. L'écarteraent des sutures.
4°. Le volume exorbitant et monstrueux de la tête.
5°. La depresssion du crâne ou toute autre difformité sensible dans sa configuration,
6°. Les grandes lésions du crâne provenant de plaies compliquées, de fractures considérables, de l'opération du trépan, d'ulcères avec carie , suivis d'esfoliations qui ont intéressé toute l'épaisseur des os : il en résulte des accîdens très-graves , tels que l'altération des facultés intellectuelles, la perte de la mémoire, les fréquentes douleurs de tête, les étourdissemens, les vertiges, l'assoupissement, et autres affections nerveuses ou spasmodiques, qui sont aussi quelquefois , et même long-temps après l'action de la cause qui les a déterminés, la suite d'une violente commotion au cerveau 5 sans fracture concommitante des os du crâne.
De la Face,
7°. Les taches ou envies rouges, grises, livides, etc., velues ou poilues j couvrant une grande partie du visage.
8°, Les mutilations hideuses de la face 'a la suite de brû^ lures larges et profondes, de la variole ou d'une ope'ration chirurgicale.
9°. La perte considérable de substance a la joue.
10°. La perte partielle ou totale de la mâchoire supérieure ou inférieure,
11". Les difFornu'tés incurables de Pune ou Pautre mâchoire, capables de gêner la mastication, la parole^ ou d^einpêcher de déchirer la cartouche.
Des Yeux^
12°. La chute complète des cils ou des sourcils.
i5°. L'adhérence d'une ou des deux paupières au globe de l'œil.
i4®. L'atrophie d'un œil.
iS**. La perte d'un œil ou de son usage.
iG**. La cécité ou privation totale de la vue, de naissance ou accidentelle.
Des Oreilles,
ij°. Les oreilles volumineuses, énormes, bizarres , trèspetites ou amincies, et d'une difformité désagréable a la vue ou nuisible a l'ouïe.
18". La perte ou le défaut du pavillon de l'oreille.
19°. L'oblitération ou l'iraperforation du conduit auditif.
20°. L'étroitesse ou le resserrement du conduit auditif, susceptible d'empêcher la libre perception des sons.
2i°. La surdité et le mutisme de naissance.
22°. La surdité accidentelle complète, ou incomplète et ancienne.
Du Nez.
23". Le volume extraordinaire du nez.
24°. La peiiîesse ex'rême du nez, avec étroitesse du méaî antérieur des fosses nasa'es.
25°. Le nez tvès-écrasé, presque rul, ou toute autre diffornjilé de cette partie, capable de défigurer ou d'a^îérer beaucoup la voix, et de gêner sensiblement la respiration.
2G\ La perte complète du nez ou d'une portion du nez.
De la Bouche et de V Arrière- Bouche,
27°. Le bec de lièvre de naissance, simple ou double, difforme on compliqué de la division du rebord alvéolaire des os palatins.
28°. La perte partielle ou totale de l'une des lèvres.
29°. Les lèvres constamment béantes et pendantes.
5o". La perle totale des dents incisives et canines de la mâchoire siipétieure ou inférieure.
Si**. La fente , l'écartement , Féchancrure , la perforation , la perte de substance ou Fabsence de la voûte palatine.
52°. L'aîrophie de la langue.
53**. L^adhérence de la langue aux parois de la bouche.
34". La mutilation ou la perte partielle ou totale de la langue.
55°. La destruction presque entière du voile du palais,
56°. Le mutisme.
57". L'extiQction de la voix ou son altération manifeste p;ir le sq^iirre des amygdales, par la bifurcation ou la destruction de la luette, par le racornissement de l'épiglotte.
jb°. L'aphonie complète et permanente.
39". Le bégaiement ou le bredouillement outré, c'est-adii e porté au point de compromettre la sûreté d'un poste.
De la Poitrine.
4o°. La gîbbosîté ou les bosses situées a la partie antérieure ou posréiienre de la poitrine.
4i°. La voussnre du dos avec aplatissement de la partie antérîetire de la poitrine, ou seulement avec dépression ou enfoncement du sternum.
42**. Les cicatrices adhe'i entes aux parois du thorax, k la suite de plaies pénétrantes avec lésion de vi?cères.
4^". Lri multiplication et le développement des mamelles, imitant celles de la femme.
De la Colonne vertéhrale.
44 . La courbure ou déviation de la portion cervicale , dorsale ou lombaire de la colonne épinière.
Du Bassin»
45". La déviation ou la saillie vicieuse d'un des côtés du bassin.
Du Bas- Centre.
46\ L'anus contre nature ou artificieL
Des Parties génitales,
47**. L'épispadias ou Thypospadias situé au milieu ou k la racine de la verge.
48°. Le rétrécissement considérable de l'urètre.
49". L'absence et la perte totale ou presque totale de la verge.
5o**. L'absence des testicules.
5i". Les testicules arrêtés a l'anneau,
52°. L'atrophie des deux testicules.
53^ La perte des deux testicules.
,54". L'absence ou la perte totale des parties génitales.
55". La sortie des urines par le nombril.
56**. L'hermaphrodisme, c' est-a-dire , ce vice de confor-
ination des parties ge'nitales, qui imite la réunion des deux sexes.
Des Membres en général.
5y^, Les développemens contre nature et les accroisseniens difformes et monstrueux delà propre substance des os.
53". La courbure défectueuse des os longs.
69". Lesfausses articulations ou articulations contrenature»
60°. L'aiikilose complète.
61". L'atrophie générale ou partielle d'un membre.
62°. La rétraction permanente d'un membre ou d'une portion de ce membre.
65°. La faiblesse, la difficulté ou la perte totale et irrémédiable du mouvement d'un membre.
64". La privation d'un membre ou d'une portion essentielle de ce membre.
65". Les enfoncemens, les inégalités, les déviations ou le raccourcissement des membres, provenant de fractures, simples et compliquées, mal guéries.
66% Idem reconnaissant pour causes les dissensions articulaires , les entorses violentes ou les luxations négligées et mal traitées.
67°. Les cicatrices anciennes ou récentes, larges, profondes, douteuses, parsemées de varices, bleuâtres, livides^ peu solides , et dont l'existence coïncide avec des signes de faiblesse de constitution.
68". Les cicatrices dures, résultant de plaies parbriilure, rupture et arrachement, de coups de feu, d'opérations chirurgicales ou de toute autre espèce de solution de continuité avec ou sans dépertUtion de substance ; celles situées principalement sur le trajet des membres inférieurs et adhérentes aux apon-'vroses , au corps des muscles, aux tendons, aux capsules articulaires, et même aux os, qui, bridant la contraction des muscles fléchisseurs et extenseurs, et tenant.
les articulations dans nn état continuel de rigidité, nuisent et s'opposent a l'étendue, a l'agilité et a la souplesse des mouveinens; ou bien encore celles qui sont tendres, délicates, et susceptibles de devenir douloureuses, de s'enflammer et de se rouvrir par l'effet de la marche, de la compression, du frottement exercé par les vêtemens, des coups, des chutes, de l'impression du froid, etc.
Des Membres supérieurs,
69". Les extrémités supérieures et inférieures sensiblement trop longues ou trop courtes.
70". Une épaule beaucoup plus basse que Pautre.
71°. Des mains congéniales.
72°. Le volume extraordinaire des mains , provenant d'un engorgement lymphatique naturel, de l'état variqueux géïiéral des capillaires veiueux, ou bien d'engelures habituelles et ulcérées.
75°. La callosité générale, avec gerçures vives, de la paume des mains.
74°. Les doigts adhéiens ou réunis.
75**. Les doigis surnujiiéraires, doubles ou rameux.
76". L'extension ou la flexion permanente d'un ou de plusieurs doigts, ainsi que la perte irrémédiable du mouvement de ces parties.
7 y". La perte de la première phalange du pouce de la main droite.
78''. La perte totale d'un pouce.
79°. La perte partielle ou totale du doigt indicateur de^ la même main.
80". La perte de la première et deuxième phalange des doigts de la main droite.
81°. La perte totale de deux doigts de la même main.
82". La mutilation des dernières phalanges des doigts de l'une ou l'autre main.
23". La difFormité considérable des ongles. Des Membres inférieurs.
84". La torsion et Pentre-croisement des extrénaités inférieures.
'èb", La cambrure d'un ou des deux genoux, ouïes genoux dits cagueux.
86". Le volume extraordinaire d'une on de deux jambes.
87°. La saillie considérable des malL^oies internes par Teffet de la déviation naturelle ou forcée des os qui forment l'articulation du pied avec la jambe.
88°. Le raccourcissement peimancnt du tendon d'Ackille.
89°. La claudication bien marquée.
90**. Les pieds trapus et très-courts.
91". L'inversion des pieds ou les pieds dits bots ou torts.
92°. Les pieds plats, écra?.és et très-longs.
90°. Tous les orteils réunis, doubles ou rameux.
9 i°. La déviation du gros orteil croisant la direction des autres, accompagnée delà forte saillie de l'articulation formée par le premier os métatarsien et la première phalange an gros orteil.
95°. Le chevauchement ou la superposi*ion de tous les or» teiL.
q6°. La rétraction ou la courbure difforme de tous les orteils du mêrae pied, ou de deux orteils au moins.
97". La perte partielle ou totale d'un gros orteil.
98", La perte partielle ou totale de deux orteils du mêrae pied.
99°. La perte du mouvement du gros orteil.
100". La perte du mouvement de deux doigts du même pied.
101°. La mutilation des dernières phalanges des orteils de fun ou l'autre pied.
2*. Maladies longues , difficiles et dangeiœuses a guérir, ou réputées incurables.
Les hommes de Tart ne sauraient trop s'attacher à constaler l'eAÎstenoe et la réalité des maladies et des infirmités contractées par les jeunes gens et accusées par eux devant le conseil de révision, ainsi qu'à en bien connaître la durée et en déterminer rigoureusement le siège, la nature et le rapport avec la santé de l'individu, afin de pouvoir a ffirtner que telle maladie ou infirmité sera longue et difficile à guérir, que sa curation est douteuse, qu'il serait imprudent de la tenter, ou bien enfin qu'elle est décidément incurable, etque celui qui en est atteint doit être déclaré impropre au service.
Le jugement sera prompt et facile à porter sur les maladies dont l'incurabilité est parfaitement reconnue. Il en sera de même à Fégard de celles dont il serait tout-à-fait inconvenant de tenter la guérison qui resterait incomplette, et qu'on ne ferait souvent que déplacer ou masquer. La rétrocession ou la métastase peut, dans cette circonstance , donner lieu à des affections plus ou moins graves et déterminer dans un point éloigné des altérations organiques. Le sujet, victime alors d'une imprudente tentative, aurait la douleur de voir sa constitution affaiblie et sa santé dérangée peut-être pour le reste de ses jours.
Les maladies et les infirmités dont la curabilité est douteuse à raison de leur siège, de leur nature ou
de l'état constitutionnel de rindividu, ne doivent point faire hésiter à prononcer que celui qui en est atteint est dans le cas de l'exemption du service militaire. Presque toutes les maladies chroniques sont des motifs de dispense.
E^iaminons maintenant s'il convient d'admettre les jeunes gens dont les maladies ou les infirmités exigeraient beaucoup de temps pour être conduites, non sans difficulté, à une parfaite guérison. Les chirurgiens et les médecins doivent montrer toujours la plus grande impartialité , et se faire un devoir de ne jamais sacrifier la vériléà l'intérêt particulier ou individuel , ni à l'intérêt général. Ils s'aideront de la réflexion, de leurs lumières et du fruit de leur expérience, pour donner un avis sagement motivé. Les maladies sont souvent entretenues par des vices spécifiques, et subordonnées à tant de vicissitudes et de causes physiques et morales, capables d'influer sur leur marche et leurs terminaisons , qu'il est impossible de porter un jugement qui ne puisse pas être quelquefois démenti; voila pourquoi la prudence, l'amour- propre, le soin de la réputation et le respect du à la vériié, suggèrent chaque jour aux hommes de l'art de n'établir qu'un pronostic douteux, incertain et toujours conditionnel. Mais leur avis ne pouvant ])oint toujours être différé, lorsqu'ils demeureront hien convaincus qu'une maladie ou une infirmité est difficile à guérir, indépendamment des accidens possibles ou impossibles à prévoir , capables d'en prolonger la durée , et de l'aggraver au point
(65) de la rendre incurable et même mortelle, le sujet actuellement inhabile au service, et devant, selon toute apparence, continuer à l'être pendant longtemps, aura irrévocablement droit à l'exemption. En effet, l'Etat a besoin de soldats; il lui faut des hommes aptes et promptement aptes à servir. Ce serait évidemment agir contre ses intérêts que de faire entrer dans l'orgaMisation des troupes, un grand nombre d'hommes malades ou infirmes, sous le prétexte, dans la crojance, la persuasion et même la conviction que le changement d'air et de régime, un traitement méthodique et varié,, l'usage des eaux minérales etc. , pourront les guérir et rétablir complètement leur santé. Un conseil de révision doit ajouter foi aux déclaraions formelles des officiers de santé qui ne manqueront pas de représenter qu'il faut tenir compte de la fréquente disposition aux rechutes et aux récidives, chez des hommes obligés de mener un genre de vie trèsactif, et que par l'efFet d'une foule de circonstances, inséparables de la position du soldat, ses maladies ou ses infirmités augmentent et s'exaspèrent souvent au lieu de marcher vers la guérison. Ensuile , que d'obbtacles ne rencontrent pas les officiers de santé, lorsqu'il s'agit de traiter les recrues que Ton est forcé d'envojer à l'hôpital peu de jours après leur immatriculation! Il faut l'avoir éprouvé pour sentir combien il est difficile , malgré les soins les plus assidus, la surveillance la plus exacte et la patience la plus exercée, de parvenir à guérir des individus qui montrent de la mauvaise volonté, emploient tout
(64) pour contrarier, ralentir el empêcher leur guérison, dans l'espoir-de lirer parti plus tard de leurs infirmités pour obtenir la réforme. On ne saurait trop éviter, d'ailleurs, la coutagion des mauvais exemples, et prévenir leur dangereuse influence sur le moral et le physique des jeunes gens de nouvelle levée , qui ne doivent avoir au contraire sous les yeux que des sujets d'émulation propres à leur inspirer Tamour de leur nouvel étal, à les éloigner et à leur faire abhorrer même de recourir lâchement ou malicieusement à de légers motifs ou à de faux prétextes pour réclamer des exemptions de service et se montrer incapables de remplir exactement leurs devoirs. Ajoulerai-je encore à ces raisons l'inconvénient d'abandonner de jeunes soldats malades aux soins indolens qu'ils reçoivent dans quelques hôpitaux civils, au peu de surveillance qu'on y exerce sur eux, et surtout aux excès de complai« sance qu^ils ne manquent jamais de trouver au chef-lieu de leur département? Des hommes incapables de rejoindre de long-temps les corps dont ils font partie, et qui séjournent des mois et des années entières dans les hôpitaux, occasionnent des dépenses onéreuses a l'Etal , et rendent fictive la force de l'armée, en grossissant inutilement le nombre des hommes portés à l'effectif de chaque régiment.
Il convient donc de tenir un juste milieu, et de se montrer à la fois impassible et sévère; conséquemment, toute maladie simple, réelle , notoire et légalement constatée, bien reconnue pour
(65) n'être ni factice ni simulée, et dont, d'après l'avis des officiers de santé, la guérison ne serait ni certaine ni probable au njojen d'un traitement méthodique, entrepris dans un hôpital pendant soixante jours, et sous la condition expresse de l'aptitude au service, deviendrait de droit un cas d^exclusion. Je ne suis point d'avis d'accorder des dispenses relatives.
Ce sont toutes ces considérations qui me font regarder comme des motifs irrécusables d'exemption du service militaire, les maladies et infirmités portées au tableau suivant.
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