MARS
Membres de la Comruission.
Dr. MacDonnell, Président.
— Van Cortlaurtd.
— Hill.
— Landry.
— Dickson.
— Aikins.
— Beaubien.
—— Grant.
— Taché, Rapporteur.
Remarques Préliminaires.
La réapparition du Choléra Asiatique en Orient et son introduetion en Europe par les ports de lu Méditerrannée ont ranimé, depuis un an, les débats que toujours à fait surgir l'approche de cette terrible maladie. L’intention n'est point ici, cependant, d'examiner les opinions, les systèmes et les hypothèses nés d’un sujet aussi fertile de discussion ; mais simplement de condenser en aussi peu de phrases que possible les choses qu’ii importe de faire connaitre à tout le monde, afin d'éclairer les individus, les compagnies et les corps publics, en leur faisant part
des connaissances pratiques acquises à la science sur les caractères du Choléra, sur son mode apparent de propagation et sur les meilleurs moyens à employer pour retarder la venue ou mitiger les effets de ce redoutable fléau. En un mot, ce mémoire a été discuté et finalement adopté pour atteindre le but que se proposait le gouvernement dans l'institution d’une Commission de s santé, savoir : d'indiquer à chacun ce que chacun est appelé par la prudence et le devoir à faire en temps d’épidémie.
A la nouvelle de l’arrivée du choléra en France ct en Italie, tout le monde de ce côté-ci de la mer s'est naturellement demandé si le fléau allait borner là ses ravages ou s’il n’#llait pas, comme à l'ordinaire, nous arriver avec le retour d'une autre belle saison : on se demandait encore si, de la manière dont :l sévissait alors en Europe, il n’y avait pas lieu de conclure à une bénignité plus grande que par le passé. Les prophètes n ‘ont point manqué pour prédire le pour et le contre et pour recommander des moyens ee libles d'immunité ; mais,kcomme tout cela n’est guère du ressort des prévi isions humaines et comme il n’est pas sans danger de jeter ainsi dans le public des terreurs ou des espérances tout aussi peu fondées en raison les unes que Les autres, mieux vaut avouer candidement l'incertitude des données que nous possédons et préparer l'esprit publie à accepter sagement et courageusement les choses, telles qu'il plaira à la Providence de les faire pour nous, tout dut-il tourner pour le pire à notre faible avis.
Mais il est une autre question, qu'il importe d'examiner, question sur laquelle des volumes d'opinions contradictoires ont éte écrits et À propos de laqueïle les codes des nations fourmillent de lois tour à ‘tour portées, modifiées, annullées et de nouveau promulguées. À cette question qu’on peut ainsi formuler :—les quarantaines peuvent-elles empêcher
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l'importation et la diffusion des maladies pestilentielles ?—il semble que l'expérience a répondu dans ce sens que, nonobstant que les plus sévères quarantaines (comme fait général) n'aient jamais réussi à procurer tous les avantages promis par les partisans extrêmes de ces mesures, elles ont, néanmoins, toujours eu pour effet de retarder le moment de l’invasion des maladies pestilentielles et d'en amoindrir l’intensité,en diminuant } activité des foyers premiers d'infection.
Personne ne nie que la séparation des personnes ct des choses contaminées, des personnes et des choses qui sont saines et propres, ne soit mesure utile en tout état de cause, et tout le monde admet que les précautions hygiéniques sont bonnes en tout temps: c'est de ce point de départ, et aver la ferme détermiuation d’éviter,d’un côté, les conseils d’une insouciance coupable et, d'autre côté, les conseils de la peur, que les recherches dont ce mémoire est le résumé ont été entreprises et menées à leur fin.
On a l'espoir que les courts chapitres et paragraphes qui suivent (bien que ne renfermant rien d’absolument neuf sur la matière) ne demeureront pas tout à fait inutiles, destinés qu'ils sont :—1o. À rassurer l'esprit publie contre des frayeurs tout aussi inutiles que dangereuses, en démontrant que l'intérêt bien entendu de chacun autant que le devoir demandent qu’on accepte, avec une religieuse résignation, ce qu’il plaira au Très-Haut de décréter. 20. À répandre dans le public une somme de connaissances suflisantes, pour permettre aux individus et aux corporations d'éviter les erreurs qui ont si souvent cours en temps d’épidémie.
Tout ce qui est recommandé dans ce mémoire est de telle nature que, vienne ou ne vienne pas le Choléra, l'exécution de ces recommandations ne peut avoir d'autre effet qu’un effet avantageux ; étant di-
tes dans le sens de l'amélioration morale, domestique et sociale de notre population.
em 99 —- CHAPITRE I.