RELATION
D’une Epidémie qui a eu lieu au Bagne de Brest en 1849 , etc.
Je me propose spécialement pour objet, en écrivant ce Mémoire , de donner une relation aussi fidèle que possible de l’épidémie de choléra, qui a régné au Bagne de Brest, en d 8 4 9 , depuis le 28 Septembre, jusqu’au 20 Décembre; de tracer les caractères les plus importants de cette épidémie, et de faire ressortir les différences qu’elle nous a présentées , lorsque nous l’avons comparée à d’autres de même nature, observées ailleurs, soit en 1852, soit en 1849. ( -1 )
Ayant traité tous les cholériques du Bagne , je dirai ce que j’ai vu , ce que j’ai observé moi-même ; car je souhaite vivement que ce rapport soit l’expression de la vérité. Puisse-t-il , à défaut de tout autre , présenter ce genre de mérite !
(I) Je n’ai pas voulu apporter de changement notable h la rédaction primitive de ce Mémoire: A part quelques additions, je le publie aujourd’hui , tel qu’il a été écrit en 1850, tel qu’il a été envoyé à l’Académie de Médecine , et communiqué k plusieurs de mes confrères, entr’ autres a M. le Docteur Pellarin, ancien Chirurgien de la Marine , et a M. Le Petit, Chirurgien de première classe.
Topographie
du
Pagne de Brest.
Pour atteindre ce but , pour entourer ce travail de la plupart des garanties désirables , je me suis livré à des recherches multipliées , consciencieuses ; il m’a fallu opérer le dépouillement d’un grand nombre d’observations et de nécropsies faites sous mes yeux , le plus souvent dictées par moi.
Avant d’entrer en matière, j’exposerai succinctement l’ordre que je me propose de suivre. Après m’être occupé de la topographie du Bagne et de l’Hôpital de cet établissement, de l’itinéraire de l’épidémie dans ces localités , du nombre des condamnés , de leurs diverses catégories , de leur répartition par salle? , je passerai à l’étude : 1° de la maladie elle-même (périodes, symptômes et signes, pronostic, marche, durée, réaction, convalescence , récidive , etc. ) ; 2° de l’anatomie pathologique ; 5° de l’étiologie ; 4° de la nature de la maladie ; 5° de la contagion ; 6° du traitement.
Viendront “ensuite plusieurs tableaux concernant : V l’anatomie pathologique des appareils circulatoire et digestif; (i) 2° le mouvement des cholériques par jour , par mois , et par salles du Bagne ; leurs âges, leurs professions, etc.
La corderie basse servit d’abord de Bagne provisoire, et reçut, en Mail 7 19, la première chaîne de Galériens, arrivant de Marseille. En 4 752, la corderie fut évacuée, et les condamnés, au
(4) Ces deux tableaux reposent exclusivement sur les 72 nécropsies qui ont été faites sous ma direction ; les autres ont eu lieu sous Celle de M. le Docteur Le petit, P. B. Médecin et Chirurgien d’un incontestable mérite : j’ai déjà signalé le zèle et le dévouement dont il a donné les preuves , pendant toute la durée de l'épidémie. J’ai rejeté à la fin de ce travail un autre tableau qui ne sera peut-être point dénué d’intérêt : c’est celui des forçats qui ont été atteints de scorbut, au Bagne de Brest , à partir du 1er Janvier 1849 jusqu’au leî Janvier 4853. Depuis 5 années que je dirige le service de l’Hôpital du Bagne, j’ai contracté l’habitude d’assigner un numéro d’ordre aux hommes qui entrent pour le scorbut, la fièvre typhoïde ou le typhus , pour le choléra ; en un mot , pour des maladies d’une certaine gravité. De cette manière, la totalisation s’effectue chaque jour. Les totaux partiels du tableau des scorbutiques ont été fails? d’après les numéros d’ordre dont il a été question ci-dessus, par M. Richer De Forges , Prévôt de l’Hôpital du Bagne. Quoique cela fût inutile , j’ai vérifié moi-même tous les chiffres, avant de dresser le tableau.il rfy a d’ailleurs, dans ce mémoire , ni un tableau, ni un mot, qui ne m’appartiennent : cuique&suum.
nombre de 2,000 environ, occupèrent le Bagne actuel dont la construction, faite d’après les plans de 1’Ingénieur Ciioquet- Lindu , venait d’ètre achevée.
Le bâtiment qui renferme les condamnés fut donc édifié pour cette destination , et il remplit, il faut le dire, la plupart des conditions exigées à cet effet. Il occupe, dans le Port de Brest, un lieu élevé , domine les corderies, divers magasins placés sur la rive gauche de la Penfeld, présente une longueur considérable (près de 260 mètres), et confine, d’une part, à LHôpital Maritime (N -O. du compas) , et, de l’autre (S.-E. ), à l’îlot de la ville, qui est circonscrit par les rues de la Mairie, Fau- Iras, Biclier, etc. Sa hauteur est de 25 mètres.
Au-devant de la façade , qui donne sur le port, s’étend une sorte de place ou de terrain assez vaste, que constituent deux rampes ou plans inclinés l’un vers l’autre, et venant se réunir à angle rentrant, vis-à-vis de l’escalier et de la porte du Bagne.
La façade opposée de l’édifice court parallèlement (Voir le plan) :
-1° A une partie des dépendances de l’Hôpital Maritime, mobilier, logement des sœurs hospitalières, etc. ;
2° (Et dans sa plus grande étendue) , à l’Hôpital du Bagne, qui en est séparé par une cour pavée, assez étroite , de 15 mètres environ de largeur.
Avant de continuer cette description , faisons observer que c’est dans un édifice aussi rapproché de plusieurs autres bâti ments importants, que le choléra s’est concentré pendant trois mois , et a pris droit de domicile; exemple qui, ajouté au grand nombre de ceux déjà recueillis , prouve une fois de plus , et sur une vaste échelle , l 'installation d’une épidémie cholérique dans certaines localités, alors que les plus voisines échappent au fléau.
Le Bagne présente un corps-de-logis central et deux ailes , à l’extrémité desquelles s’élève un pavillon qui sert actuellement de cantine.
Au centre , se trouvent les bureaux de l’Administration , le logement ou mieux la chambre de l’Officier de santé, lescorpsde-garde des agents de surveillance, etc., etc.
Chaque aile a deux étages et des combles, et renferme deux salles principales.
L'aile gauche ( en entrant dans le Bagne par l’arsenal ) , contient :
\° A l'étage inférieur, la salle N° 2 ;
2° A l’étage supérieur , la salle N° 5;
5° Sous les combles , le logement des incurables ou invalides ( appelé salle 5), et quelques cellules (50), pour des condamnés dont l’isolement est nécessaire.
La salle 2 est divisée en deux compartiments dont l’un, moins étendu, est affecté aux forçats dits suspects ou indociles.
C’est à dessein que j’ai parlé d’abord de l’aile gauche : cette partie de l’édifice ouïes salles 2 et 5 ont été, en effet, les premières envahies par le choléra, comme je le dirai à l’occasion de son itinéraire : elles sont placées vis-à-vis du mobilier , du logement des sœurs hospitalières , de la salle des blessés de l’Hôpital du Bagne , tandis que les salles \ et 4* répondent à celle des fiévreux. Nous prenons acte de ce fait important pour le commenter à l’article contagion.
L’aile droite contient :
1° À l’étage inférieur, la salle f ;
2° A l’étage supérieur, la salle 4 ;
5° Sous les combles : la chapelle , l’atelier des étoupes, etc.
Chaque salle a environ 98 mètres de longueur, -15 mètres de largeur et G mètres de hauteur. (S)
Au milieu et dans l’épaisseur d’un mur qui la divise , (2) suivant le sens de la longueur , en deux parties égales , se trouvent les lieux d’aisance , au nombre de vingt-sept dont treize disposés par paire , en face l’un de l’autre et à petite distance (4 m ,50). Les immondices vont se rendre, en défini-
(1) J’ai pris moi-même les diverses mesures indiquées dans ce Mémoire , excepté celles qui ont trait à la hauteur et à la longueur totales de l'édifice.
(2) Ce mur de refend a 1 mètre 30e d’épaisseur , et porte sur un égout qui se joint à un autre, sous le premier vestibule. On a en outre ménagé , au-dessus de chaque latrine , une ventouse qui se termine sur le toit , et a pour but d’exhaler au dehors la mauvaise odeur.
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tive, à uji égout qui les conduit à la mer, dans le Port même.
Quoique ces lieux d’aisance soient munis de fontaines , et placés dans la direction des croisées , par conséquent d’un courant d’air , ils exhalent une odeur désagréable , lorsque la mer atteint une certaine hauteur , et que la température s’élève.
Chaque salle est en outre percée , sur ses deux faces principales , de trente fenêtres (quinze de chaque côté, faisant face les unes aux autres).
Les croisées sont placées à 2m ,20 au-dessus de l’asphalte qui recouvre la paroi inférieure, et qui a été substitué au parquet ou plancher proprement dit, depuis peu d’années.
Pour les salles de l’étage supérieur (5 et 4), la' distance n’est pas tout-à-fait de 2 mètres. 11 est donc permis de penser que le renouvellement des couches inférieures de l’air ne s’effectue pas aussi rapidement et aussi facilement qu’on pourrait le désirer, surtout si l’on a égard à la disposition des lits de camp , fort peu élevés au-dessus de l’asphalte ; la partie qui correspond à la tête des hommes n’a en effet que 0m ,67 de hauteur, et celle qui répond aux pieds, 0m,55.
Ces bancs ou lits de camp sont en bois, disposés par paire, Lils dc camp, dans le sens de la largeur des salles , et adossés l’un à l’autre : chacun d’eux est constitué par un plan légèrement incliné de haut en bas ou de la tête vers les pieds. Sur ce plan couchent ou peuvent coucher dix à douze condamnés. Au nombre de vingt-huit dans chaque salle (quatorze de chaque côté), ces lits de camp sont séparés par un intervalle (espèce de coursive ou de passage appelé vulgairement coursier), (-1 ) qui conduit
(1) Les ouvertures que présente le mur de refend sont couronnées d’un arceau, et situées à une distance de 4m,50 les unes des autres. Dans cet espace de 4ra,50, se trouvent les lils de camp , qui répondent au mur de refend par l’une de leurs extrémités. Dix hommes sont couchés parallèlement sur chaque plan incliné , et chacun d’eux, en supposant que le banc soit au complet, peut disposer de 45 centimètres. Enfin, sur le bord du lit de camp, qui est parallèle au passage, existent deux compartiments distincts, dont la direction est identique, et qui constituent deux espèces de places réservées , objet de la convoitise du forçat.
à une ouverture de 1!11,50 de largeur, percée dans le mur de refend. Cette ouverture présente à droite et à gauche une lunette, en sorte que le forçat peut se rendre aux lieux d’aisance, quoique restant enchaîné, et que les condamnés appartenant aux deux côtés de la salle y arrivent avec une égale facilité. Enfin, au milieu de chaque salle, s’élèvent une cuisine et une cambuse ( 6 mètres de longueur , 5 de largeur ) , entourées d’une grille enfer.
Les salles de l’étage inférieur ( salles \ et 2 ) , sont plus humides que celles de l’étage supérieur, pour plusieurs motifs :
1° Du côté de la cour, elles sont presque au niveau du sol , puisque les fenêtres répondent (à l’extérieur) à une hauteur de 2,n,50 au-dessus du pavé de la cour, et (à l’intérieur) à 2ttl,2Q au-dessus de l’asphalte ;
2° Les tuyaux de conduite des eaux, qui parcourent le mur de refend de l’étage supérieur, laissent toujours échapper une certaine quantité de liquide, lequel s’infdtre dans le mur et arrive de proche en proche jusqu’à l’étage inférieur, etc.
Les diverses personnes que nous avons interrogées, s’accordent à dire que l’humidité est plus prononcée encore dans les différentes salles, depuis la substitution de l’asphalte (ou bitume) au plancher. La Salle N" 5 (ou des incurables) est la seule qui ait conservé le parquet en planches : il y a encore d’autres causes qui contribuent à la maintenir dans un état satisfaisant de sécheresse.
Topographie.
Hôpital du bagne.
Les deux salles de malades , qui constituent l’Hôpital du Bagne , occupent le premier étage d’un édifice dont la direction est identique à celle du Bagne lui-même ; elles sont placées à àm,55 au-dessus du sol. La salle des blessés, pouvant contenir 54 lits , a 54 mètres de longueur , 6m,40 de largeur et 4m,25 de hauteur ; elle présente sept fenêtres de chaque côté : celles du côté nord ont 2m,70 de hauteur sur -1 m , 5 5 de largeur ; celles du côté sud ont \ m,65 de hauteur sur ^m,45 de largeur. Le nombre des croisées de la salle des fiévreux est de 1 5 de chaque côté (mêmes dimensions d’ailleurs).
La salle des fiévreux , qui a \ 1 5 lits , est contiguë à celle
des blessés et lui ferait suite, pour ainsi dire, sans la présence d’une petite pièce intermédiaire (de 4 mètres de longueur en viron), aérée par deux grandes fenêtres, La longueur de la salle est de \ 17 mètres, sa largeur et sa hauteur sont les mêmes que pour celle des blessés.
Enfin, à l’extrémité de la salle des fiévreux , existe un compartiment distinct, qui servait de corps-de-garde depuis nombre d’années, et qui a été affecté aux cholériques, en Novembre -1849, et cela dans le but de les isoler aussi complètement que possible.
Après avoir fait connaître les localités , je crois devoir m’occuper immédiatement de l’itinéraire que la maladie a suivi dans le Bagne.
Le choléra , sous forme réellement épidémique, a débuté par la salle 2 du Bagne , qui a fourni les trois premiers malades, un le 2S Septembre, les deux autres le 29. Le 50, la salle immédiatement supérieure ( salle 5 ) est envahie, et envoie deux cholériques. Le 1er Octobre, un homme de la salle 4 est atteint, mais légèrement, tandis que tous les autres avaient succombé jusqu’alors.
A part deux condamnés appartenant à la salle à, un à la salle 4re, et un à la salle 5 , l’épidémie continue à frapper ceux des salles 2 et 3 , presqu’exclusivement , jusqu’au 25 Octobre ; et, si l’on se rappelle que les salles 2 et 3 font partie de l’aile gauche , il sera impossible de ne pas reconnaître une sorte de concentration de la maladie dans cette aile de l’édifice.
Pendant les derniers jours d’Octobre et les premiers du mois de Novembre , le choléra se dissémine , semble s’éparpiller et se partager entre les quatre salles principales ; mais à dater du 6 Novembre, il sévit spécialement, et jusqu’à la fin de l’épidémie , sur les salles \ et 4 , c’est-à-dire sur l’aile droite , faisant encore quelques apparitions dans les endroits primitivement envahis.
Pourquoi le choléra a-t-il débuté par la salle 2 ? Pourquoi s’est-il maintenu si long- temps dans les salles 2 et 3 ?
Itinéraire de l’épidémie, dans
l’établissement du Bagne.
La salle 2 est généralement considérée comme pins insalubre , comme fournissant un plus grand nombre de malades , par conséquent^ ; comme exhalant une odeur plus désagréable , surtout depuis la suppression du lavoir qui existait à l’extrémité gauche ou N. -O. de la cour, et dont les eaux lâchées en temps utile , fournissaient un rapide courant destiné à entraîner les immondices de la partie de l’égout , située sous les salles 2 et 5.
M. Reynaud , Président du Conseil de Santé , a porté remède , autant que possible , et dès le début de l’épidémie , à ce grave inconvénient qui ne se reproduit pas à l’égard des salles 1 et 4. Elles jouissent en effet du bénéfice d’un lavoir placé à l’extrémité droite ou S.-E. de la cour.
La vérité nous oblige à dire que l’administration ne se fie pas aux courants d’eau pour prévenir la stagnation des immondices. Depuis bien long-temps, deux hommes descendent, deux fois par semaine , dans la partie du Bagne située sous les salles et où se trouve l’égout, pour y entretenir la plus grande propreté possible.
invasion L’épidémie , dont la description va m’occuper , semblera
du Choléra. 1 7 , , 1 ,
peut-être digne de quelque intérêt sous le rapport de la spécialité du local où elle a sévi, du nombre des condamnés atteints , et du cachet de gravité de la maladie. En effet , dans l’espace de 83 jours, nous comptons 189 cholériques sur lesquels, 76 ont été guéris, et 1 1 5 sont morts : cas légers , 1 2 ; de moyenne intensité , -14; cas très graves, -163. ( I)
Déjà, en Juillet (9 Juillet) et Septembre (10 Septembre), nous avions eu occasion d’observer au Bagne, deux cas graves de choléra asiatique ; à une autre époque ils auraient produit peu de sensation , mais comme on était en droit de s’attendre,
(1) Il m’eût été facile de grossir considérablement le chiffre de nos malades : nous avons reçu eneffet pendant les mois de Septembre , Octobre , Novembre et Décembre , 120 diarrhées dont plusieurs étaient accompagnées de symptômes (crampes, vomissements , etc.) qu’on aurait pu facilement rattacher à l’influence épidémique et décorer du titre de cholérine ou même de choléra. La vérité avant tout.
d’un moment à l’autre , à l’apparition de la maladie , sous forme épidémique, ils éveillèrent vivement l’attention.
« Le 25 Septembre, le choléra fit irruption dans la ville de » Brest, en frappant deux maisons séparées l’une de l’autre. » Dans l’une , place d’Orléans , quatre personnes furent » atteintes dans peu de jours et succombèrent rapidement ; » dans l’autre, Grand’rue , n° 64, 10 personnes (en 6 jours), » dont neuf moururent. L’un de ses habitants appelé à Lan- » divisiau , succomba au bout de quelques heures , au » moment où , chez lui , deux autres personnes avaient le » même sort!.... ( Voir rapport du comité d’hygiène de Brest , » rapporteur M. PENQUER.) »
Le 28 Septembre , nous reçûmes à l’Hôpital du Bagne , un cas de choléra, promptement mortel ; le 29 , deux autres dont l’issue fut identique. Dès lors , il ne put guère rester de doute sur l’explosion réelle d’une épidémie qui s’annonçait sous de tristes auspices.
23 Septembre, 1er jour de l’épidémie, veut de S.-E., baromètre :
28?!.' à midi ; thermomètre :
mat. midi. soir, -f 12° 18° 15°
A cette époque, 2,662 condamnés couchaient au Bagne ; ils étaient répartis dans cinq salles de la manière suivante :
Salle -1 . 618.
20 Décembre, dernier jour de l’épidémie, vent 1N.-E., baromètre :
28?8.' à midi ; thermomètre:
mat. midi. soir.