‹ Mémoire sur le commerce maritime de Rouen, depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin du XVIe siècle (volume 2)Chapitre 14 sur 68 · XXX. De la coustume du sel qui va par eaue · texte numérisé non relu

XXX. De la coustume du sel qui va par eaue

Por .V. poises de sel , à homme coustumier , alans par eaue en guernier, doit Ten, as sergans, .v. deniers, et de meinz de sel ne doit l'en rien. Et se le sel est porté en banne , ausi n'en doit l'en rien as sergaus.

L'en doit au Roi , de chascune poise de sel , .111. deniers, comment qu'il soit porté.

Se le sel a esté acheté en compagnie , l'en n'est pas tenu , de nécessité , aquiter lei , devant qui monte le pont de Seinne.

(1) En 1312 , Philippe-le-Bcl donna un muid de vin au chapelain du château de Rouen, à prendre sur les revenus de la vicomte de l'eau. ( Farin , édit. de 1731 , t. V, p. 57. ) Notre coutume n'en parle pas, ainsi sa rédaction est antérieure à 1312.

XXXL Des choses qui ont esté dites et pronunciés par jugement , des contens qui jadis estoient meuz entre les viscontcs de l'eaue Rothom., d'une part , et le meire et les pers Rothom., de Tautre.

En Tan h. ce. et .xxxviii. , hu jor de mardi devant Pentecôte 9 Nichole Arrode et Guillaume Barbeite , arbitres et ordenneeurs des contens qui estoient entre les viscontcs de Teaue, d'une part , et le meire et les citeens de Rouen , de Tautre , présentes les parties desus dites , par devant Monseigneur Jehan de Beaumont, et Monseigneur Renaut de Crietot , et Monseigneur Adam de Milli , chevaliers , feite toute premièrement et diligeaument Tenqueste sus Tarbitrement des arbitres desus diz , distrent les dis arbitres et pronuncièrent lor dit et leur ordènement hu compromis desus dit , en ceste manière qui ensieut : Se il avicnt que aucun de la quemune de Rouen forfache as viscontes de Teaue Rothom. , et les viscontes veillent que il viege par devant eus à jurer de ce et à respondre en, il manderont au meire de Roen que il leur envoit tel homme , qui est son juré. Se il avient que le meire ne semongne pas son juré (1) , le dit meire sera en amende en vers les viscontes desus. Et se le mère ne face ou ne voille feire , par despit , le mandement as viscontes desus dis , il porront feire leur justise sus le dit meire et sus les citéens Rothom. , et tenir les justiciez jusques à tant que il leur eit esté amendé du meire et des citéens desus dis.

XXXII. De ceux qui viennent meindre de nouvel en la ville de Rouen.

Cens qui viennent meindre de nouvel en la ville Rothom. sont coustumiers et paient coustume , jusques à tant que il

(0 Tout ce passage est fort abrégé dans le manuscrit du xiv* siècle. L'animosité était déjà bien tombée. H y a seulement : « Et se le meire ne veut ou ayant esté négligent »

aient meins , en la ville Hoth. , par an et jor. Et quant Tan et le jour seront passez , adonques aront-il la franchise de la qu^mune. Et quant il seront hors de la quemune, il seront justisiés par les viscontes desus dis , aussi comme leur coustumiers.

XXXIII. Du juré au meire de Rouen , qui fait injure ou forfeiture as viscontes de Teaue de Rouen , et de la justise qui en doit estre fête , tout en la manière que il est desus dit hu capistre desus dit (1).

Se les viscontes desus dis font arrest en eaue sus les jurez de la quemune de Roen, et il en soit osté aucune chose de cel arrest , sans le congié des viscontes desus dis, il arresteront ce que celui qui ara froissié Tarrest ara en Teaue, se il i a rien» jusques à tant que le dit juré leur eit amendé et feit satisfacion , et Teaue resèsie arrière, ausi comme devant. Et se celi qui ara froissié Parrest n'a rien (en) Teaue , les viscontes manderont au meire que il fâche resaisir et revestir Teaue par son juré et que le dit juré viegne amender as dis viscontes son meflfeit Et se le meire récuse ou ne voile ce feire , les dis viscontes feront justise sus le meire et sus la vile Rothom. , jusques à tant que le meire et la ville et le juré de Roen leur aient amendé.

XXXIIII. De la juridicion que les viscontes de Teaue ont sus lor coustumiers

Sus les coustumiers de la vile Rolh. , qui sont de hors la vile de Rouen, n'a pas le meire Roth. aucune justise, ne sus lor choses, ne ne pueit ne doit, le dit meire, feire arrest sus les choses des dis coustumiers , se les dis coustumiers ne soient tenus en chose gagie par devant le dit

(1) C'cst-à-dirc au chap. xxxi.

iiieire , ou en requenoissant feit par devant le dit meire ou la justise. Et se le dit meire ara feite aucune force sus les choses de sus dîtes , les dis viscontes porront feire justise sus le dit maire et la vile Roth. , jusques à tant que il leur aient amendé. Et du contens desus dit , d'entre le coustumier et le juré, doivent les dis viscontes reconnoistre et tenir en voir.

XXXV. — De ce que les viscontes de Teaue doivent "ecorder (1).

Jes contens qui estoient entre les viscontes desus dis, une part, et .i. juré au meire , de l'autre , por la rèson de un forfeis ou de injures que le dit juré fîst à dis viscontes, si comme les dis viscontes disoient [ les forfeitures et le injure avoient esté dites en pleidant contre le juré ] , le dit juré ala à conseil , et le meire et les pers ovec li , por conseiller lei. Et quant il revindrent du conseil , le juré dut respondre à la requcste des dis viscontes , et dist , le dit juré» que bien responnoit et bien respondroit à la requeste des viscontes desus dis. Sus laquèle chose le dit juré requéroit le recort de la court. Et adonques respondirent et distrent, les dis viscontes , que volentiers s'en recorderoîent. Et aprez ce respondirent et distrent à rencontre , les dis meire et peirs, Rothoni, , que il s'en doivent recorder. Et de ce se mistrenl les dis viscontes, d'une part, et les dis meire et peirs de l'autre , en arbitres. Et les dis arbitres distrent que les dis meire et peirs ne s'en dévoient pas recorder , por ce que il avoient esté au conseil du dit juré , mes les dis viscontes , et cens qui estoient ovec eus , s'en recorderx)ient.

(1) Ce chapitre et les deux suivants se rapportent à la même affaire.

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