‹ Mémoire sur le texte primitif du 1er récit de la créationChapitre 22 sur 22 · lahveh-Dieu appela rhomme et lui dit : a Où es-tu · texte numérisé non relu

lahveh-Dieu appela rhomme et lui dit : a Où es-tu

10. £t il répondit : a J'ai entendu ta voix dans le jardin, et j'ai craint, parce que je suis nu, et je me suis caché. »

11. Et Dieu dit : a Qui t'a appris que tu étais nu? Aurais-tu mangé du fruit de l'arbre dont je t'avais défendu de manger? »

12. Et rhomme dit : a La femme que tu as placée auprès de moi m'a donné du fruit de l'arbre et j'en ai mangé. »

13. Et lahveh-Dieu dit à la femme : « Qu'as-tu fait? » Et la femme dit : « Le serpent m'a séduite, et j'ai mangé. »

14. Et lahveh-Dieu dit au serpent : « Puisque tu as fait cela^ sois maudit entre tous les animaux domestiques et toutes les bêtes sauvages ; tu ramperas sur ton ventre et tu mangeras la poussière tous les jours de ta vie.

15. Je mettrai inimitié entre toi et la femme^ entre ta race et la sienne ; celle-ci te blessera la tête et tu la blesseras au talon. »

16. Et il dit à la femme : a J'accroîtrai les souffrances de ta grossesse ; tu enfanteras avec douleur, ton désir sera vers ton mari, et lui dominera sur toi. d

17. Et il dit à l'homme : « Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé du fruit de l'arbre dont je t^avais défendu de manger, que la terre soit maudite à cause de toi ; tu en tireras péniblement ta nourriture tous les jours de ta vie.

18. Elle produira pour toi des épines et des ronces, et lu te nourriras des plantes sauvages.

19. Tu mangeras le pain à la sueur de ton visage jusqu'à ce que tu retournes à la terre dont tu as été tiré, car tu es poussière et tu retourneras à la poussière. »

20. .Ubomme donna à la femme le nom d'Eve (Hayah), car elle est la mère de tous les vivants.

21. Et lahveh-Dieu fit à l'homme et à sa femme des tuniques de peau et les en revêtit.

22. Et lahveh-Dieu dit : a L'homme est devenu comme l^m de nous pour la connaissance du bien et du mal; maintenant il ne faut pas qu'il étende la main et qu'il prenne aussi du fruit de l'arbre de la vie, qu'il en mange et qu'il vive éternellement. x>

23. Et lahyeh-Dieu le renvoya du Jardin d'Eden, pour aller cultiver la terre d'où il avait été pris.

24. Il chassa Thomme^ et plaça à l'orient du Jardin d'Eden les Chérubins brandissant Tépée flamboyante.

RTOTES.

(1) Cb. II, v. 8< Gan (jardin) que les LXX traduisent par TcapâSei- (Toç, mot d'origine persane, signifiant également jardin, parc, que Ton trouve à partir de Xénophon employé dans la langue grecque. De là, notre Paradis terrestre,

(2) V. 8. ËDEN» littéralement délices.

(3) y. 14. C'est-à-dire, du point de vue de l'auteur, à Touest de l'Assyrie.

(4) V. 14. Le commentaire de Knobel contient une longue et savante dissertation sur la situation du pays d'Eden, et sur Tidentification des fleuTes qui Tarrosent. Au sujet des trois derniers, le Gihon (Oxus), le Hiddeqel (Tigre), enfin l'Euphrate, aucun doute n'est possible. Le Pischon serait l'Indus. L'Éden comprendrait donc toute la

partie de l'Asie méridionale, qui, entre la mer des Indes, TEuphrate et riudus, s'étend jusque vers le 38* degré de latitude nord. C'est entre ces mêmes limites qu'il faut chercher la place de Vairyana- VaedjOf cette contrée de délices, créée par Ormuzd pour être la première habitation de ses sectateurs, et qui a été ensuite gâtée par les maléfices d^Ahriman (Vendidad, 1*' fargard).

(5) y. 8. C'est-à-dire vers le soir, à l'heure où souffle la brise.

(6) V. 20. De la racine *Havah ou 'Haaah, vivre.

Ce travail était depuis longtemps terminé lorsqu'on m'a fait connaître un article du journal : Gôttingische gelehrte Anzeigen (1870, Stùck 39) (1), dans lequel un critique allemand bien connu, M. Paul Lagarde^ a émis au sujet du premier chapitre de la Genèse quelques vues sommaires tout à fait conformes à celles qui sont développées dans notre Mémoire. Partant de la supposition que la rédaction du Pentateuque n'a été terminée à Babylone qu'après la Captivité^ l'auteur ajoute :

« Ceci nous fait comprendre, tout d^abord, comment le commencement du Pentateuque est une polémique contre la cosmogonie persique. Ciel, eau, terre, arbres, animaux, homme : tel est l'ordre selon lequel les Perses faisaient

(1) L'article est un compte>rendu de l'ouvrage intitulé : Beitràge sur Kritik des ûberlieferten Textes im Bûche Genesis, von J. 01sbausen (aus dem Monatsberichte der kônigl. Acad. der Wissenschaften zu Berlin^ vom Juni 1870).

s'accomplir la Création. Esdras suivit cette donnée, mais il ajouta à Tanneau, comme pierre principale, le plus brillant joyau de la religion Israélite, le sabbat; et dans une intention de polémique contre les Perses , il introduisit à une place saillante la création de la la lumière, laquelle^ dans la doctrine persane^ est considérée comme incréée. Par suite, il dut aussi altérer l'ordre adopté dans le document original, parce que autrement il n'eût pu conserver sa semaine de six jours. » Voici le texte allemand :

« So crklârt sich dann auch z. B. gleich der Anfang des Pentateuchs als eine Polemik gegen persische Cosmogonie. Himmel, Wasser, Erde, Baume, Thiere, Menschen : so ordaet^'n die Persen, ia ibren sechs GahaDdars, die Schôpfung, derea Dauer sie auf eia Jahr bestîmmteD. Esdras folgte iËnen, aber er kDûpfte das leuchtendste luwel der israelitischen ReligioD, den Sabbat, in den Ring als Schiussstein, nnd fùgte in Polemik gegen die Perser, au bezeichnender Steiie, die bei seinen Yorbildern fur anfangslose geltenden Lichter in die Aufzâhlung des geschaffeneu, musste darum aber freilich die im persiseben ungestôrte Folge trûben, weil er sonst mit seinen sechs Wochentagen nicht gereicht batte. »

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