‹ Mémoire sur les ammoniaques composésChapitre 13 sur 31 · DE LA SUBSTANCE · texte numérisé non relu

DE LA SUBSTANCE

0gr,627.

AMMONIAQUES COMPOSÉES.

« Ces deux tableaux renferment les mêmes nombres, mais disposés d’une manière différente. Dans le premier, les expériences sont inscrites dans l’ordre où elles ont été faites. La température restant constante , on observait la vapeur sous des volumes de plus en plus petits, et sous des pressions croissantes. On voit que la densité suit une marche régulière et augmente avec la pression.

« Dans le deuxième tableau on a réuni les déterminations faites au même volume et sous des pressions peu différentes, mais à des températures variées. On y retrouve ce fait bien connu de la diminution de la densité, à mesure qu’on l’observe à une température plus élevée.

« Tous ces nombres sont plus grands que la densité théorique; mais ils convergent évidemment vers elle, quand on opère dans des conditions de plus en plus favorables. Pour la méthylamine, on en a approché très-près, et il n’est pas douteux qu’on l’eût atteinte, si on avait pu élever davantage la température, ou diminuer la pression, car on voit que, même à des températures assez basses, une raréfaction convenable paraît amener les vapeurs, comme les gaz permanents, vers un point où la loi de Mariotte serait vérifiée.

« Il est même remarquable que l’éthylamine , qui bout entre i 8° et 1 90 sous la pression de 760“"“ présente à 270 une densité si faible. Quelques essais sur la force élastique de la vapeur de ce corps placeraient son point d’ébullition à 2 3° sous la pression de 876mm. c’est (jonc à 40 seulement au-dessous de ce point qu’on a trouvé la densité i ,5q4o, qui ne diffère que de 0,087 de densité théorique. »

L’éthylamine possède une odeur ammoniacale extrêmement pénétrante; sa causticité est comparable à celle de la potasse. Une gouttelette d’une dissolution concentrée d’éthylamine déposée sur la langue et laissée un instant seulement détermine une douleur cuisante et une vive inflammation.

Elle bleuit avec intensité le papier de tournesol rouge et neutralise les acides aussi complètement que l’ammoniaque. Au con-

AMMONIAQUES COMPOSÉES, tact du gaz chlorhydrique, elle répand des vapeurs blanches lort épaisses. Chaque goutte d’acide qu’on y verse fait entendre un sifflement au moment où elle se mêle avec l’alcaloïde liquide. La baryte caustique et le potassium peuvent y séjourner à la température ordinaire, sans éprouver d’altération.

A l’approche d’un corps en combustion, l’éthylamine prend feu et brûle avec une flamme jaunâtre.

Elle se mêle à l’eau en toutes proportions en s’échauffant beaucoup et en donnant naissance à une dissolution qui se distingue par une certaine viscosité de la dissolution d’ammoniaque ordinaire. Une ébullition prolongée chasse de cette dissolution toute l’éthylamine qu’elle renferme.

La solution d’éthylamine précipite les sels métalliques comme le fait la solution de méthylamine. Il n’y a presque aucune différence à signaler à cet égard entre les deux alcaloïdes. J’ai remarqué cependant que l’hydrate d’oxyde de cuivre se dissout moins facilement dans l’éthylamine que dans la méthylamine.

Le chlorure de platine n’est pas précipité immédiatement par i’éthylamine moyennement concentrée.

Un fait digne de remarque, c’est la solubilité de l’alumine dans l’éthylamine. Lorsqu’on précipite une solution d’alun par une solution d’éthylamine, on obtient un précipité floconneux qui disparaît dans un excès de réactif exactement comme si on avait ajouté de la potasse. Si l’éthylamine pouvait être fabriquée en grand, ce qui est loin d’être impossible, elle offrirait aux chimistes un réactif sûr et commode dans une foule de cas. Elle servirait, en particulier, avec plus d’avantage que la potasse, à la séparation de l’alumine et de l’oxyde de fer, qu’il est si pénible d’effectuer complètement à l’aide du dernier réactif.

L’éthylamine déplace l’ammoniaque de ses combinaisons salines. Lorsqu’on ajoute un grand excès d’éthylamine à du sel ammoniac et qu’on évapore à siccité, il ne reste que du chlorhydrate d’éthylamine. Lorsqu’on sature à moitié par l'acide sulfurique un mélange cl’un excès d’éthylamine avec de l’ammoniaque, le résidu

32 AMMONIAQUES COMPOSÉES,

renferme du sulfate d’éthylamine accompagné de quelques traces seulement de sulfate d’ammoniaque. On peut donc appliquer à la séparation de l’éthylamine et de l’ammoniaque le procédé de saturation fractionnée que M. Liebig a mis en usage pour la séparation des acides gras. Toutefois, d’après ce qui précède, ce procédé n’a pas une rigueur absolue ; mais il permet de se procurer au moins des résidus dans lesquels il ne reste que des traces d’ammoniaque. On trouvera plus loin la description d’un procédé qui permet de séparer l’ammoniaque, la méthylamine et l’éthylamine (voyez sulfate d’éthylamine).

La composition de l’éthylamine anhydre se représente par la formule

C4 H7 Az

qui se déduit des analyses suivantes :

I. os‘,266 de matière ont fourni ogr,533 d’acide carbonique, et ogr,379 d’eau. Le liquide

était renfermé dans une ampoule bouchée avec une quantité de cire pesant ogr,oo3 et ayant par conséquent fourni par la combustion ifr,oio d’acide carbonique, et o?r,oo5 d’eau qu’il faut retrancher des chiffres précédents.

II. os',239 de matière ont fourni 64,6 CC d’azote à la température de i3° et à la pression

de om,755.

Ces nombres donnent en centièmes :

Expérience. Théorie.

Carbone 53, 61 n C4 — 24 — 53,33

Hydrogène i5,6o // H7 — 7 — 1 5,53

Azote // 3 1,45 Az — 1 4 — 3 1,1 2

Étudions maintenant quelques réactions dans lesquelles l’éthylamine se décompose.

AMMONIAQUES COMPOSEES.

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