‹ Mémoire sur les causes générales des syphilidesChapitre 6 sur 20 · CA C · texte numérisé non relu

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de cenx auxquels les auteurs sont arrivés. Tous ils sont d'accord pour présenter la syphilide pustuleuse comme celle qui survient le plus souvent en même temps, ou immédiatement près les symptômes primitifs , et nous trouvons pour moyenne sept mois , et pour limites extrêmes deux mois et quatorze mois. La môme observation a été faite sur la syphilide papuleuse , et le calcul nous donne vingt mois pour moyenne , trois jours pour la limite la plus rapprochée. Les syphilides, rangées d'après la rapidité de leur apparition, occupent donc l'ordre suivant : pustules, papules, tubercules et ulcérations (i).

TROISlîîMli QUESTION.

» Exîste-t-il entre la nature des symptômes primitifs » et celle des syphilides consécutives un rapport tel , que I) certaines éruptions ne succèdent jamais quà tel ou tel » signe d^ infection? »

Déjà Fabre (1782) regardait les accidents qui surviennent après la blcunorrhagie comme différents de ceux qui succèdent aux chancres.

Benjamin Bell (lygS) , en établissant que le virus gonorrhéïque était différent de celui des chancres, émettait implicitement une opinion analogue. Mais ces idées n'avaient été que vaguement indiquées jusqu'en i8i5. A

(1) La diflférence d'un an qui existe entre la mojenne que nous avons obtenue (voy. le tableau précéilent) en prenant pour point de départ les symptômes primitifs, et celle où nous conduit la considération des syphilides , provient de ce que, dans le second cas , nous n'avons fait usage que des observations oii il n'y avait eu qu'une seule infection.

celle époque, Richard Carmichael , vice-président du Collège des chirurgiens d'Irlande , publia un ouvrage forl remarquable, plein d'observations détaillées, dans lequel il donne d'abord une classification des diverses espèces de chancres, qui a été admise par Rayer, Handschuh et plusieurs outres. Il les divise en ulcère simple (simple prtmary ulcer) , ulcère à bords élevés sans induration {utcer tvith eLevated edges ivhhout induration), ulcère phagédénique [phagedenic ulcer), ulcère à bords élevés avec induration (callous ulcer), et ulcère gangreneux {sloughing ulcer). Il regarde ces différentes espèces de chancres, joints à la blennorhagie et aux bubons, comme la cause des syphilides; mais il croit que certaines syphilides ne succèdent jamais qu'à un ou plusieurs de ces symptômes primitifs, isolés ou réunis. Ainsi la syphilide papuleuse succède uniquement au chancre simple, à la gonorrhée virulente et aux excoriations accompagnées d'écoulement : la syphilide pustuleuse au chancre h bords élevés ; les tubercules, les taches et les ulcérations au chancre phagédénique : le Psoriasis au chancre huntérien. Ces doctrines trouvèrent peu de partisans. M. Biett, dans ses cliniques, a souvent présenté des sujets qui démentaient les assertions du chirurgien anglais ; ses élèves, MM. Gibert , Humbert (p. 55), Casenave et Schedel ont apporté de nouvelles preuves h l'appui de l'opinion de leur maître. S'il faut en croire M. Hennen , la distinction de différentes espèces de chancres est de peu d'importance , eu égard aux syphilides consécutives : « J'ai vu souvent , dit-il (p. 536), des éruptions de même nature succéder à un chancre profondément excavé et à une simple ulcération. » 11 a observé toutes les formes à la

suite (lu chancre liuiiléricn cl du chancre simijlc. Dans un lûhlcau analytique de quarante-quolre malades, Iraités sans mercure dans les hôpitaux militaires d'Écosse en 1817, i8i8, 1819 (p.55o), on voit toutes les espèces desyphilides succéder aux chancres, depuis l'exanthème jusqu'aux ulcérations. M. Rayer a observé (p. SaS) des tubercules précédés du chancre hunlérien , et toutes les formes éruptives après le chancre simple (p. 352). M. Bonorden fait (p. 137) une remarque fort importante : c'est que Cormîchael , regardant comme syphilitique le chancre huntérien seulement , et ne traitant par le mercure que les individus qui en étaient affectés, a pu ainsi donner une physionomie particulièro aux syphilides qui lui succèdent , et qui sont toutes des Psoriasis. M. Pailloux, prop. XVIII , dit aussi : « Tel ou tel symptôme consécutif ne correspond pas toujours à tel ou tel symp lôme primitif. » II arrive souvent-, en effet, que, sur trois individus qui ont eu un écoulement syphilitique, il survient chez l'un un exostôse, chez l'autre une ulcération au voile du palais, chez le troisième des pustules ou des tubercules à la peau.

M'ayant pas observé moi-même les symptômes d'infection sur la plupart de mes malades, je ne puis rien dire de ce qui a trait aux différentes espèces de chancres ; mais je puis m'assurer s'il est vrai, comme le professe Carmichael, que la blennorrhagie, par exemple, ne donne jamais lieu qu'à des éruptions papuleuses. Or, voici ce qui résulte de l'observation de douze malades affectés de lichens :

8ix avaient eu des chancres.

Quatre , une blennorrhagie.

Deux, une blcnnorrhagie et des choncres. En supposant (ce qui est possible) que ces choncres lussent tous de simples ulcérations, ce résultat serait d'accord avec celui de l'auteur anglais. Je ne possède que trois cas de véritables pustules; tous les trois sont dus h des chancres, résultat qui est encore d'accord avec celui de Caruiichael , en supposant que les chancres fussent tous à bords élevés. Mais je ne puis soutenir, h son exemple , que les tubercules et les ulcérations secondaires reconnaissent toujours pour cause des chancres seulement; car, sur les vingt-et-un cas que j'analyse, j'observe toutes les espècesdes symptômes primitils, isolées ou combinées entre elles de toutes les manières possibles, et, en particulier, neuf cas, où il n'y aeu qu'une blcnnorrhagie pour tout symptôme antérieur.

Je ne saurais donc admettre que la blcnnorrhagie n'est jamais suivie que d'éruptions papuleuses , et j'invite le lecteur à lire, pour s'en convaincre , l'observation N" IX.

Le tableau suivant est destiné à prouver que toutes les syphilides, les vraies pustules exceptées, succèdent indifféreinment h tous les symptômes primitifs, isolés ou combinés entre eux.

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