‹ Mémoire sur les États de Foix, 1608-1789Chapitre 75 sur 82 · Faiblesse des Etats. Ses causes. 2. Avantages des Etats · texte numérisé non relu

Faiblesse des Etats. Ses causes. 2. Avantages des Etats

1. Faiblesse des Etats. Ses causes, — Cette assemblée qui, pendant deux siècles, eut tout le pouvoir administratif, a laissé la province dans une situation misérable : ruinée, sans agriculture, sans industrie. En deux cents ans, elle n'a tenté qu'un grand effort, quand elle a voulu doter le pays de voies de communication et d'après le témoignage d'hommes aussi compétents que d'Agoult et Mercadier, elle a presque complètement échoué.

Quelles sont les causes de cette faiblesse? Les unes sont inhérentes à la constitution des Etats, les autres sont extérieures.

a) Causes intrinsèques. — En fait, nous étudions les Etats à Tépoque de leur décadence, c'est-à-dire quand leurs rouages faussés ne fonctionnent plus normalement. Les Comtes avaient voulu que les terres nobles et les communautés « relevant de leur directe » fussent seules représentées aux Etats. A la lin du xvi*" et au commencement du xvii® siècles, la noblesse envahit les bancs du tiers et l'annihile ; plus tard, quand elle est déchue, 1 evêque, c'est-à-dire le plus grand seigneur de la province, hérite de ses

prérogatives et ^e ses usurpations. Pendant deux cents ans, la réalité du pouvoir fut aux mains des non-producteurs et de ceux qui contribuaient peu aux charges royales et qui ne contribuaient en rien aux charges provinciales.

En outre, la méthode de travail des Etats fut essentiellement vicieuse. Ils furent plutôt. une chambre d'enregistrement' qu'une libre assemblée où Ton aurait discuté avec ampleur les intérêts du pays. Ils n'enregistraient pas seulement les « mémoires » du roi et les « ordonnances )) de l'intendant, mais encore les volontés de la noblesse ou de l'évêque, exprimées par des commissions et des syndics.

A l'exception des syndics, qui furent de laborieux commis, tous les officiers des Etats étaient hisuffisants. Toujours pris dans le pays, nommés par la faveur et l'intrigue ou succédant à leur père, ils étaient d'une ignorance crasse, comme ces ingénieurs qui n'avaient jamais entendu parler de Trudaine et de l'école des Ponts-et-Chaussées.

Enfin, du commencement du xvn*^ à la fin du xviii® siècles, nous pouvons constater, dans les trois ordres, une absence complète de moralité.

La noblesse amène ses vassaux dans l'assemblée pour servir ses intérêts particuliers, elle rejette ses charges sur le tiers et grossit la taille pour diminuer ses impôts.

L'évêque achète sans scrupule, avec' des faveurs et avec l'argent de la province, la complaisance des nobles, des députés des villes et des subdélégués.

Le tiers des villages ne vient que toucher des jetons de présence, celui des villes se vend aussi bien à un

soudard, comme Latleurique, qu'à Tévêque Lévis- Léran.

b) Causes extrinsèques, — Mais liûtons-nous de dire que les Etats ne sont pas complètement responsables de la médiocrité de leui' administration.

Il leur a toujours marqué le nerf de la guerre, l'argent. La royauté a écrasé d'impôts ce petit pays. 11 faut d'abord payer Timpôt royal, on réparera les ponts branlants, on ouvrira des routes, on votera (( les aumônes », on subventionnera les hôpitaux et les collèges, s'il reste quelques deniers dans la caisse du trésorier.

Nous avons montré les vices d'organisation des Etats. Les abus pouvaient bien s'y introduire et gagner la consécration du temps, mais l'assemblée ne pouvait se réformer sans la permission du roi. Elle n'a pas le droit de toucher à ses règlements qui sont une émanation directe du souverain. Elle est donc immobile dans runiverselle mobilité des choses.

Enfin, ce roi, sans l'ordre duquel on ne peut changer la constitution des Etats, ne semble penser à ces Etats que pour leur demander des. impôts. Il n'est pas même représenté dans cette assemblée a\ant la fin du XYU!*" siècle. Toute l'admniistration est indigène et, à la fin, aucun pouvoir ne contrebalance celui de révêque, entre les mains de qui cette assemblée impuissante a abdiqué.

2. Avantages des Etats. — Et pourtant, ces pauvres Etats, (( ces funestes Etats », comme disait Vadier en 1789, étaient un objet d'envie pour des pays fVélections, tels que le Cominges. C'est que, s'ils n'ont

pas fourni une brillante carrière, ils n'en ont pas moins rendu des services que des voisins, privés de toute représentation, savaient apprécier.

Grâce aux Etats, des traditions de liberté sont restées dans ce pays. Ces hommes, qui s'assemblent tous les ans, gardent l'habitude et le goût de la discussion ; ils restent en quelque sorte des citoyens, quand leurs voisins sont des sujets. « La plus grartde partie des provinces du royaume, dit un syndic du xvn® siècle, n'a pour son partage qu'une aveugle obéissance aux ordres de Sa Majesté. Les peuples ne connaissent les affaires d'Etat que par un bruit commun et par les gazettes, ils voguent ignorants dans le grand vaisseau qui les porte et n'ont aucune participation des choses qui passent que par les taxîes et les contributions qu'on leur fait payer. Cette province. Messieurs, est bien plus heureuse, le roi vous fait l'honneur de vous écrire, vous permet de vous assembler, vous fait connaître ses besoins, écoute vos remontrances et, sans user de sa puissance, veut vous avoir de l'obligation de l'acquittement de vos devoirs. » Ces traditions de liberté ne seront pas perdues. Dans les premières années de la Révolution, la vie publique sera bien plus intense dans le Comté de Foix et le diocèse de Mirepoix, pays d'Etats, que dans le Couserans, pays d'élections.

Les Etats ont défendu les ordres et les individus contre les agents du pouvoir absolu.

Ils ont défendu aussi les privilèges de la province, des ordres, des communautés, privilèges qui représentaient une victoire des groupements locaux contre les tyrannies féodale et royale. Grâce aux Etats,

le pouvoir absolu ne s'étendit jamais pleinement sur le Comté de Foix.

Enfin, leurs entreprises n'ont pas été absolument manquées et leur œuvre stérile. Si Ton compare le Comté de Foix au Gouserans, à la veille de la Révolution, on trouve qu'il a plus de routes, des ponts plus solides, un enseignement public plus développé, un état social supérieur.

Pour toutes ces raisons, je crois que, dans leur enthousiasme pour la liberté reconquise, les hommes de 1789 ont été injustes àPégard de cette vieille institution. Elle était bien plutôt la vénérable aïeule des assemblées nouvelles qu'un reste informe de la tvrannie féodale.

TABLE ANALYTIQUE'

Abbè.<^ {abbayes, clercjè)^ vi, x, XT, 1-7, 0/20, 2:\, 52, (>2, Od, 73, 75, 79, 88, 89, 94-97, 107, 1 10, 1 14, 132, 134, 149, 151 , 153- 156, 158.

Abrège des Etats, 62, 65, 6().

ACOQUAT, IV, 2-4, 11, 13-15, 19, 20, 26-30, 32, H6, 37, 42, 43, 46, 92, 103, 107, 112-116, 140-143.

Agoult (d'). IX, 42, 45, 46, 60, 67, 121, 134-137, 139, 140, 157.

AiUères, 24, 26.

AlenSy 10.

Aliat, 8, 9.

Amelot, v-vii.

Aramis, 75.

Archambaud, xt.

Argety 147.

Aricge, i, xii, 68, 121, 123, 156.

Arignac, 8, 9.

Arnave, 10.

Arnave (d'), 67.

Artagnan (d"), 75.

ArTIGUIKRES (d*), III.

AscoUj 10.

Aston, 24.

Athos, 75.

Aude, 138.

Auterive, 121, 122.

Ax, VII, 24, 26, 58, 67, 124, 127,

Aynat, 26.

Barguillère, 9, 147.

Barons {baronnies), C, 8, 15, !(>, 19-23, 25, 45, 52, 75, 80, 81, 88, 89, 92, 95, 97, 104.

Basses- Pyrénées y v.

Baulias, 10, 14.

Bayonne, v, 75, 103.

Bcarn, vu, xi, 15, 21, 75, 84, 95,

Bèdeilhac, 26, Bénac, 9, 10.

Berchère (de la), 58, 84.

Bigorre, xi, 21, 50, 84.

Boarayi, 9.

Bonnac, 9.

BOXNAC (DE), 39.

Bordes (les), 24, 26, 28, 58, 150.

Bosc (le). 147.

BOUCHEPORN, vu.

Boulbonnc, 1, 2, 7, 62, 66, 73, 96, 97, 153-155.

BoYER, VI, VII, 34, 35.

Brassag (DE), 67.

Bretagne, 15.

BrETEUIL (de), VII.

Brie, 9, 10.

Brie (de), 150.

Brouagey 104.

Bugnas, 10.

Cabannes (les), 142.

1 Los noms <le ))orsonnes sont on petites caimtalrs, les noms de lieux et les noms communs sont en itoh'f/i(e-<.

TABI.K ANAI.YTIQUE

Cadarcat, 10.

Cadier, vu, XII, 5. 15.

Calvet (de). 155, 156.

Camarao^e, 24, 26, 28, 150.

Campagne, 24, 26, 150.

Canic, 8, 9, 26.

Caramaixo, 153.

Car ay bat, 10.

Caria (du Comte, le), 21, 2i), 28,

Castolnau, 26.

Castéra, 9, 10.

Castox, 24, 26.

Castillon, 102.

Castres, 151.

Caulet, 110.

Caulet (èvêque), 78-81, 148,

Ca^aneuve, 8, 9.

Cazaux (de), 10.

Cerdagne, 124.

Cert, 26.

Champion, 75.

cuateauneuf (de), v, 94.

Château-Verdun, 8, 9, 26.

Clermont, 26.

COLOMIEZ, VII.

Combelongue, 1.

Cominges, 132, 159.

Commandant (ou major) du château, 6, 37, 75, 86.

Commissaire du roi, m, vi, 5, 6, 13,28,30,37,38. 52,64,69, 72-84. 86, 88-91. 94-97, 100, 114. 150, 153.

Commission intermédiaire, v, 2, 8, 58, 62, 66-68, 72, 98.

Commissions, 16, 21, 31, 46-48, 51, 53, 59. 62-68, 72, 82, 90, 91, 93,127-131,138, 142,158.

Communautés (communes, conseil de ville, conseil politique), V, VI, îx, X, XI, 2, 24,2(5-31,

:^3, 34, 37-39, 43. 47-49, 5^1. 57, 59, 65, 69, 77, 78, 81 . 89, i)8. 100, 10:^, Hi7, 10^,111-114, 116-li?6.

Comptes (chambre des), 6, 31,41, 42, 44, 46, 51-57, 76, 78, 82, 84.

Consuls (officiers ou offices municipaux, maires j âchevins)^ I. VI, VII. 18, 20, 25, 2C)^ 28- 36, 3S, 39, 43, 53, 55-,57,59, 60, 66, 75-78, 81. 85, 87-89,93-95, 97, 108, 117-119, 121, 12;?, 125, 126, 130, 142, 147, 151.

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