‹ Mémoire sur les faits relatifs à la révocation de M. Bouillaud des fonctions de doyen de la Faculté de médecine de Paris et à la gestion de M. OrfilaChapitre 17 sur 30 · G. (menuiserie · texte numérisé non relu

G. (menuiserie

28 De G..... (honoraires). 2,124 62

29 R. (papeterie). 127 »

30 R.(réactifs chimiques). ........ 87 »

SIR,.... (préparations anatomiques). . . . . . 200 »

Si, en effet, sur la somme de 26,367 20 il en a été, comme cela paraît certain , employé en paiement de

mémoires,.. 17,367 20

Restait donc libre Une sommé

de.

Quel a été l’emploi dé ce dernier reliquat ? Eh bien ! Messiebré, le 2 mars, date de la clôture de ce compte d’administration, ils étaient représentés, dans la caisse de ia Faculté, par un reçu de M. Orfila, daté du octobre 1847, ét dont nous avons pris copié, qui restera, avec les autres pièces, annexé au présent rapport (1). Nous devons toutefois ajouter ici qüé, depuis cette époque, le 30 mars, cette somme a été réintégrée, par M. Orfila, dans la Caisse de la Faculté : 640 fr. en un mémoire quittancé de M. Steinhell, dessinateur, et 8,360 fr. en argent.

En résumé, on voit que sur les 40,000 fr. accordés en 1847 par les Chambres, 31,000 fr. senlément avaient été dépensés le 2 mars 1848. Ici se présente une autre question : cés fonds dépensés outils reçu leur destination? L’examen des mémoires quittancés prouve que non. La moitié environ des sommes payées se rapporte, en partie seulement, à des acquisitions anatomiques; en partie à la solde de constructions relatives à rachèvement des galeries. Quant à l’autre moitié, elle s’applique au paiement de mémoires divers ar-

(1) Voici la copie de cette pièce présentée à la commission, le 24 mars 1848 : « Reçu de M. Amette, à titre d’avance, la somme de neuf mille francs. Paris, ce 1 er octobre 1847. Signé ; Orfila.

Que de pénibles réflexions naissent en foule au sujet d’une pièce aussi grave! — Remarquons d’abord que l’acquittement des mémoires s’opère au trésor, et que l’agent comptable de la Faculté n’a réellement aucune caisse ouverte, pour recevoir tout ou partie du montant de ces mémoires. Cela posé, que signifie, régulièrement et légalement parlant, le reçu donné par M. Orfila à l’agent comptable ?—Pourquoi M. Orfila se fait-il avancer par M. l’agent comptable les 9,000 f. ci-dessus indiqués ?—Sur quelle allocation, sur quel crédit cette avance est-elle prise ? — Puisqu’on déclare que cette somme de 9,000 fr. qui se trouve, on ne sait trop comment, entre les mains deM. Orfila, provient du crédit spécial de 40,000 fr., voté par les Chambres pour l’acquisition de pièces anatomiques, au nombre des à 6,000 (voir le projet de loi et le rapport), parmi lesquelles plusieurs devaient appartenir à des animaux rares, lointains, et par conséquent fort chers; — puisque, dis-je, on reconnaît à celte malheureuse somme une telle origine, à quoi bon le reçu de M. Oyfila? — Quel usage pouvait en faire M. l’agent comptable ? En quoi sa responsabilité financière se trouvait-elle engagée, à propos d’un crédit dont le montant a été touché au trésor et auquel la caisse de la Faculté est complètement étrangère? Enfin, que signifie, je le répète encore, le reçu deM. Orfila? Et que signifie aussi cette réintégration tardive dans la caisse de la Faculté : 640 fr. en un mémoire quittancé, et 8,360 fr. en argent? Décidément, sous quelque rapport que l’on examine la question des 40,000 ff. votés par les Chambres en 1847, èlle suffirait, pour ainsi dire, à elle seule, pour déconcerter un administrateur timide. — Plût au ciel, cependant, que nous n’eussions pas encore d’autres affaires Ww tristes à signaler!

riérés, qui remontent à 1845, 1846, et même plus loin (1), et qu i sont entièrement étrangers aux collections anatomiques. C’est ainsi que le mémoire de substances chimiques de 6,328 fr. 90 c., payé

à M, R.. peut se partager en deux portions, une de 917 fr.

25 c., imputable aux travaux des laboratoires, et par conséquent à l’accroissement du Musée; l’autre de 5,411,fr. 65 c., relative aux dépenses nécessitées par les cours et les manipulations chimiques, pendant les années 1846 et 1847. Nous retrouvons donc encore ici l’exemple : 1° de cette exagération, déjà remarquée plus haut, dans les dépenses de la chimie; 2» de cette confusion, partout établie, entre les divers budgets et dans l’emploi des fonds détournés de leur affectation spéciale, et appliqués indifféremment, sans tenir compte de leur origine diverse, au paiement des dépenses les plus disparates.

Bestauration de la galerie d’Apollon vers la fin de 1847, — 14,098 fr. 40 c. (2). ___

Admettons que les 8,360 fr. restés libres sur le crédit extraordinaire de 40,000 fr. soient employés au paiement de cette somme, il restera encore un déficit de 5,738 fr. 40 c.

De notre rapport, que vous aurez sans doute trouvé bien long, il résulte qu’à la date du 2 mars, le seul budget qui ne présente pas d’arriéré, est celui des fondations. Encore faut-il reconnaître qu’il n’est point à l’état normal, car il a 800 fr. à réclamer du budget de l’école pratique. Quant aux autres budgets, nous-devons reconnaître qu’ils sont tous plus ou moins grevés :

Le budgetordinairede. , .. 32,481 fr. 73 c.

Ee budget de l’école pratique de, ........ 2,370 20

Des crédits extraordinaires de.. . .. 5,738 40

En tout.. 40,590 fr. 33 c.

- C’est donc avec ce déficit de 40,590 fr. 33 c. que le nouveau doyen reçoit des mains de son prédécesseur l’administration de la Faculté (3).

(1) Lacroix, 1840 ou 41.

( 2 ) Ce chiffre avait été donné approximativement par l’architecte, il est réellement de 14,186 fr. 59 c.

(3) Ce déficit est de oO.ooo fr. et plus, dans le rapport de la commission de liquidation dont il sera question plus tard.

Nous ne terminerons pas ce rapport sans faire remarquer et sans déclarer ici positi?ement que la Faculté n’a été consultée officiellement par son ancien doyen ni sur les changemens qu’il a, de son propre mouvement, opérés dans le Musée anatomique delà Faculté, ni, en dernier lieu, sur la restauration delà galerie d’Apollon.

Non seulement les conseils de la Faculté ne furent pas réclamés au début, on les évita plus tard, en omettant de soumettre, à son examen les comptes de 1846, qui, suivantla déclaration de M. Orflla lui-même, n’auraient pas à cette époque présenté une clarté suffisante (1). »

Arrêtée! signé en commission, le 11 mai 1848.

DENONVILLIEBS, GAVABRET, PiOüX, Adelon, PiORRY, Trousseau, Bouillaud.

% ïï. Quelques réflexions.

Tel est textuellement le fond du Rapport de la commission de la Faculté. Bien que conçu et rédigé dans les termes les plus modérés, il parlait assez haut pour que le ministre de l’instruction publique et le conseil de l’Université entendissent bien son langage. Je ne veux point le commenter ; mais je dois ajouter que ce Rapport n’embrasse pas toutes les matières financières comprises dans la gestion deM. Orfila. En effet, il restait encore à examiner :

1° L’emploi du fonds des legs Corvisart, Monthyon, et surtout du grand legs Dupuytren (les legs plus récens de M. Barbier et de madame de Châteauvillard ont été l’objet de modifications qu’il eût été bon aussi de bien étudier).

2“ Un petit budget spécial alloué pour les prix de

(1) Les comptes des années' 1843, 4844 et de bien d’autres encore, ainsi que nous l’avons précédemment mentionné, n’ont point été non plus soumis à l’examen de la Faculté.

l’école pratique par le ministre de l'instruction publique, que M. le secrétaire-agent comptable a porté à 1,400 fr. dans l’état qu’il m’a remis pour l’ensemble des dépense^ de l’exercice 1848 (1).

3° L’affaire de la location de la maison appartenant a l’Ecole de médecine, au côté droit de laquelle elle est située, et aussi la question des logemens accordés à certaines personnes dans le bâtiment des Cordeliers (2).

Disons enfin que, sur ma proposition, l’assemblée des professeurs avait confié à la commission dont on vient de lire le travail, un second rapport sur l’état de la bibliothèque, dés archives, des collections et en général de tout le matériel de la Faculté, rapport qui m’occupait sérieusement au moment où j’ai été frappé de cette brusque révocation dont on n’a pas encore bien révélé le secret au public (3).

Je vais m’efforcer d’ajouter de nouveaux documens à ceux contenus dans le Rapport de la commission. Mais, auparavant, qu’on me pardonne de revenir un moment sur cette création d’un musée d’anatomie comparée, création dont, si je ne me trompe, le véritable et unique motif, au milieu des circonstances

(1) Il est porté à l,500 fr. sur un dossier de l’exercice 1816.

(2) Je ne sais pas bien si le crédit de 48,000 fr., accordé pour l’achè vement des bâtitnens de. l’hôpital des cliniques, ne rentrait pas dans ceux que comprend la gestion de M. Orfila. Ce qu’il y a de certain, c’est que, pendant les vacances, MM- de G..... et R...... d’abord , puis

M. le ministre lui-même, me demandèrent ma signature popr l’ordonnancement de ces travaux. Je ne pus consentir à revêtir de ma signature des pièces relatives à des travaux complètement étrangers à ma gestion.

(3) La commission s’était ajournée jusqu’au moment où M. le conservateur des musées aurait achevé le catalogue de ces musées. Peu de jours avant ma révocation, j’avais demandé à ce fontionnaire si son travail était prêt, en lui annonçant que je me proposais de convoquer très prochainement la commission.

OÙ ae trouvait M. Orfila , n’était pas probablement, ni je ne sais quelle passion subite pour l’anatomie comparée, ni même cet impérieux besoin de faire parler desoi qui, dit-on, tourmente certains hommes.

Quoi qu’il en soit, chose dont j’avais oublié de parler, pour contenir, non pas les cinq ou six mille pièces très réelles d’anatomie qu’il s’agissait d’acquérir au moyen du crédit de 40,000 fr. voté par les chambres, mais bien ces pièces imaginaires, fictives, dont il a été déjà tant de fois question, il va sans dire qu’il fallait de nombreux et vastes bocaux (1). Aussi trouvons-nous, dans les dossiers soumis à la commission, une somme de 7,044 fr. 51 c. pour achat de verrerie. Près de 8,000 fr. dépensés, sinon en totalité, du moins en grande partie, pour acquérir des bocaux destinés à contenir des pièces anatomiques fictives (je dois dire qu’une portion de cette somme appartientàrexercicel846, et même à l’exercice 1845) ! Voilà certes une acquisition parfaitement motivée, admirablement justifiée!

Après avoir dépensé i’exorbitaiite somme de 40 à 45,000 fr. pour ce qu’on appelle la restauration de la galerie anatomique (la salle d’Apollon y comprise); après avoir obtenu, à l’aide de mémoires pour la plupart fictifs, exagérés, ou relatifs à des objets appartetenant en toute propriété à la Faculté, ainsi qu’il a été établi plus haut, il ne restait plus, pour couronner l’œuvre, qu’à donner le nom de Musée-Orfila à ce mémorable monument, où la fiction a joué un si grand rôle, bien que, au premier abord, on ne

(1)11 fallait également des liquides conservateurs! Aussi, dans les mémoires relatifs au crédit extraordinaire de 40,000 fr., est-il en effet question de liquides conservateurs. Mais ces liquides conservateurs étaient, eux aussi, qu’on nous passe le mot, des liquides fictifs !

se doute guère de trouver la fiction en matière de pièces anatomiques et de Musée d’anatomie comparée.

— Vous voulez rire, me dira-t-on. — Non, assurément^ je ne plaisante pas, et ce qui restait à faire a été réellement fait. Voici, en effet, ce que nous lisons dans le procès-verbal delà séance de la Faculté du 2 décembre 1847 :

« M. le doyen fait savoir à la Faculté que M. le mi- » nistre de l’instruction publique lui a communiqué » par écrit, et sans que M le doyen s’y attendît, qu’il » a donné au Musée d’anatomie comparée le nom de » Musée-Orfila (1). »

Eh bien ! chers lecteurs, qu’en dites-vous? Prétendrez-vous encore qué je voulais rire, en disant qu’il ne restait plus qu’à donner le nom de M. Orfila à un Musée pour lequel, hélas! le trésor de l’État a dû payer tant de pièces ficlives ou imaginaires ?

( -i) Nous verrons toutefois plus bas que, à une époque antérieure à la lettre de M.le ministre,le nom de Musée-Orfila était expressément éerit sur des factures. Et voilà justeraent comme on écrit l’histoire!

ÂRTICLS QÜATRIÉMC.

EXAMEN IMPARTIAL DE LA GESTION DE M. ORFILA, RE¬ LATIVEMENT AUX LEGS, FONDATIONS ET PRIX DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS.

§ Examen impartial de la, gestion de M. Or fila ^ relativement au legs de 200,000 fr. fait à la Faculté par Dupuytren.

I. Commençons par exposer ceque nous apprennent les procès-verbaux des séances de la Faculté.

10 PRQCÈS-VEnB.4L DE LA SÉANCE DU 11 FÉVRIER 1835.

On apprend la triste nouvelle de la mort de Dupuytren. A ce sujet, M. le doyen informe l’Assemblée que M. Dupuytren, quelque temps avant sa mort, l'entretint à peu près dans ces termes du legs qu’il faisait à la Faculté :

« Je lègue à la Faculté de médecine de Paris une somme de 200,000 fr. affectée à la création d’une chaire d’anatomie pathologique interne et externe. » M. le doyen ajoute queM. Dupuytren lui ayant demandé son avis sur la création de cette chaire , il lui fit observer qu’il (M. Dupuytren) rendrait un plus grand service à l’enseignement en affectant ce legs en partie à l’établissement d’un Muséum anatomique, en partie à la création de la chaire dont il voulait doter l’École. Cette proposition, poursuit M. le doyen , fut accueillie avec faveur par M. Dupuytren, qui néanmoins ne crut pas devoir changer les termes de ses premières dispositions. M. le doyen annonce qu’il a déjà prévenu le ministre des dernières inten-

lions de M. le professeur Dupuytreii, et que le minisire a paru disposé à les respecter.

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