N05 39 et 41 de la Liste générale des sujets
2. Catalogue général des manuscrits des départements, t. XVII, p. 157. Le volume portait jadis le n° 397 bis.
(3oo millimètres sur 108), de 108 feuillets de parchemin ; il ne consistait à l'origine qu'en une quarantaine de feuillets dont la partie supérieure de chacun, au recto et au verso, était occupée par une miniature mesurant 148 milimètres sur 104. La partie inférieure avait été réservée pour un commentaire, et, comme cette place fut trouvée insuffisante, on intercala des feuillets ou des demi feuillets 1 supplémentaires, sur lesquels des espaces furent laissés en blanc quand le commentaire n'était pas assez développé pour les couvrir en entier. L'écriture, disposée sur deux colonnes, paraît dater de la fin du xme siècle. Elle est à peu près contemporaine de l'exécution des peintures. Il sera question de ce commentaire dans un paragraphe spécial.
Les six premiers feuillets du manuscrit renferment le texte de l'Apocalypse, à la fin duquel est la souscription : « Explicit textus Apocalipsis pertinentis
monasterio de » Le nom de l'abbaye d'où vient ce
beau volume a été soigneusement gratté; mais il est peut être permis de le rétablir en tenant compte des inscriptions de la couverture. Cette couverture, qui remonte au xve siècle, est formée d'ais de bois, revêtu d'un cuir noir, sur lequel on a estampé des ronds et des losanges renfermant des fleurs de lis, des marguerites et des étoiles ; au centre est un rond plus grand que les autres, dans lequel se voit l'agneau divin avec un étendard crucifère. Au haut et au bas de chacun
1. Comme exemples des petits feuillets supplémentaires, je citerai ceux qui ont reçu les cotes i5, 17 bis et 19. — Beaucoup des feuillets supplémentaires fournissaient un espace notablement plus considérable que celui dont on avait besoin pour la partie de commentaire à intercaler. De là, des blancs qu'on ne saurait autrement expliquer, voyez les fol. 10 v°, 11, 21 v°, 23, 26, 27 v°, 3o; 32 v°, etc.
LXXX NOTICE DES SEIZE MANUSCRITS
des plats, nous lisons les mots : Lib' eccVie — de mollis, en belles minuscules gothiques.
Les tableaux du manuscrit de Cambrai sont la copie d'un exemplaire dont plusieurs peintures devaient renfermer des légendes explicatives. Ce qui le prouve, c'est que nous y trouvons 1 des cartouches ou des banderoles, laissés en blanc, sur lesquels devaient être inscrites les paroles prononcées par les personnages mis en scène. Le long commentaire que renferme le manuscrit rendait inutile l'addition de ces légendes. Une particularité assez notable, c'est que sur un assez grand nombre de pages 2, en dehors du cadre occupé par la peinture, saint Jean est figuré debout, regardant les visions par une sorte de petite fenêtre. On peut du reste observer la même disposition dans plusieurs autres manuscrits de la seconde famille.
Les peintures des fol. 33 et 40 3 du manuscrit de Cambrai ont été reproduites par M. Rohault de Fleury, dans le tome VIII de son ouvrage sur Les Saints de la messe, planche 54 de la série consacrée à saint Jean. Le fac-similé d'une page entière (fol. 42 v°) 4 est donné à la fin de la présente édition phototypique du manuscrit de Charles V (pl. IV de l'Appendice).