N° 69 bis de la Liste générale des sujets
2. Catalogue of the printed books and manascripts bequeaihed by Francis Douce to the Bodleian library, part II, p. 3o.
3. Catalogue des livres de M. de Coussemaker, publié pour la vente qui a eu lieu à Bruxelles, en avril 1877, p. i63, n° 1173.
CXXII NOTES SUR DIVERS MANUSCRITS
est anglo-normand plus franchement encore que dans le ms. 701 3. Voici les premières paroles du préambule : « Seint « Polie apostle dit ke touz iceus que voillent piement vivere
« en Jhesu Crist sufferront persécution » Début du texte :
« Jeo Johan, vostre frère e partener en tribulation et règne et patience en Jhesu Crist, fu en une isle qe est apelé Pathmos
porla parole Deu, ettesmoigne Jhesu Crist »
Ce morceau très intéressant pour les miniatures qui y foisonnent (il y en a vingt-six grandes occupant au moins la moitié de la page, quarante moyennes et sept petites, sur cinquante-quatre feuillets), est écrit en lignes longues. Le style des dessins, le choix des couleurs, l'agencement des costumes, le caractère des figures, la forme des édifices nous reportent au delà du xme siècle, et, joint le dialecte normand-anglais du texte, nous ne pouvons douter que le manuscrit n'ait été exécuté en Angleterre ou plutôt en Normandie. Les fonds sont en général mi-partis de bleu et de rouge, une de ces couleurs est parfois remplacée par l'or.
A la suite de l'Apocalypse se trouvent copiés le poème religieux connu sous le titre de Lucidaire, ou de Lumière as lais, et la légende en prose du bois de la Croix.
M. Samuel Berger 1 attribue à ce manuscrit une origine anglo-normande. Suivant lui, les peintures dont il est orné, et dont les fonds sont bleus et rouges, appartiennent au même type que celles du manuscrit de Blanche de France et du manuscrit 1 9. B. XV du Musée britannique.
Une page en a été reproduite dans la collection de fac-similés de l'École des chartes, n° 385 de la série des héliogravures.
i, P. 86 et 424.
3o. Manuscrit ayant appartenu à M. Didot.
Il y avait dans la bibliothèque de M. Didot un exemplaire incomplet de la version française de l'Apocalypse commençant par la préface Sains Pois li apostres, orné de cinquante-sept miniatures, que le catalogue de la vente de l'année 1884 annonce comme exécuté en France à la fin du xme ou au commencement du xive siècle \ J'ignore ce qu'il est devenu.
31-37. Manuscrits renfermant une traduction de V Apocalypse en vers français.
Je n'ai guère qu'à mentionner ici un autre groupe de manuscrits que M. Paul Meyer a spécialement étudié et qui est caractérisé par l'insertion d'une traduction en vers de l'Apocalypse. Ils sont au nombre de sept :
31. Collège de la Madeleine à Cambridge, n° i8o3. Milieu du xive siècle. (Romania, 1896, t. XXV, p. 177.)
32. Musée britannique, fonds royal, 2. D. XIII . Commencement du xive siècle. (Ibid., p. 178.)
33. Bibliothèque royale de Copenhague, fonds de Thott, n° 8g. Première moitié du xive siècle, 96 miniatures. On y a intercalé, au xve siècle, des feuillets qui ont reçu un commentaire latin commençant par les mots Vidit Jacob in sompnis. {Ibid., p. 178.)
34. Bibliothèque de M. Mac Lean. Écrit vers l'an i3oo. (Ibid., p. 180.)
1. Catalogue illustré des livres précieux de la bibliothèque de M. A. Firmin-Didot, vente de juin 1884, p. 9, n° 5.
CXXIV NOTES SUR DIVERS MANUSCRITS
35. Collège de Corpus Christi à Cambridge, n° 20. xive siècle \ (Ibid., p. 175.)
36. Bibliothèque de Toulouse, n° 81 5. Milieu du xive siècle, 106 miniatures. (Ibid., p. 180.) Le fol. 49 v° de ce manuscrit, sur lequel est représenté le siège de la « sainte cité » a été reproduit en phototypie dans la Romania. Quelques lignes plus loin, je parlerai de deux autres pages du même manuscrit (fol. 10 r° et v°) dont le fac-similé se trouve dans la collection d'héliogravures de l'École des chartes, nos 391 A et B.
37. Musée britannique, ms. additionnel 186 33. Milieu du xive siècle. (Ibid., p. 178). — M. Meyer en a inséré dans la Romania une reproduction phototypique du fol. 44, où se trouve figuré le siège de la « sainte cité ». Le rapprochement des fac-similés prouve que le ms. additionnel 1 8633 et le manuscrit de Toulouse dérivent directement du même exemplaire.
Dans les quatre premiers de ces manuscrits, chacun des tableaux occupe la partie supérieure d'une page. Dans les trois derniers les tableaux sont intercalés dans le texte à une hauteur quelconque de la justification. Ces trois derniers manuscrits contiennent, outre la traduction en vers, le commentaire qui d'ordinaire débute par le prologue Saint Pol Vapostre, mais les scribes ont négligé d'y copier ce prologue.
Ce que je sais de l'illustration des manuscrits étudiés par M. Meyer dans le tome XXVI de la Romania est
1. Apoc. XX, 8. — C'est le n° 80 de la Liste générale des sujets. — Le même manuscrit de Toulouse contient une traduction en vers de la Vision de saint Paul, avec des peintures exécutées dans le même style que celles de l'Apocalypse. Voir les pages qui en ont été reproduites, par les soins de M. Paul Meyer, dans la Romania (1895, t. XXIV, entre les p. 368 et 369) et dans la collection d'héliogravures de l'École des Chartes, n° 392 A, B4
DE l' APOCALYPSE
fort insuffisant et se réduit aux données qu'on peut tirer du fac-similé de quelques pages du manuscrit de Toulouse et du manuscrit additionnel 1 8633 du Musée britannique.
Nous avons, dans la collection d'héliogravures de l'École des Chartes \ le fac-similé de deux tableaux du manuscrit de Toulouse : l'un représente l'ouverture par l'Agneau du livre aux sept sceaux : l'Agneau est au milieu d'une gloire quadrilobée, autour de laquelle sont les symboles des évangélistes et quatre compartiments remplis chacun par un groupe de six vieillards. Sur l'autre tableau, le Seigneur, dans une gloire allongée et pointue, présente à l'Agneau le livre aux sept sceaux; de chaque côté sont agenouillés les anges et les saints de la cour céleste. Ces deux tableaux se rapportent au chapitre V de l'Apocalypse, chapitre qui a fourni la matière d'un seul tableau aux manuscrits de la première famille 2, tandis qu'il est illustré par plusieurs tableaux dans les manuscrits de la seconde. Il semble donc que le manuscrit de Toulouse puisse être rattaché à la seconde famille, et l'équivalent des deux tableaux qu'il nous offre au fol. 10 recto et verso se retrouve très exactement dans le manuscrit de Cambrai (fol. 16 v° et 18), dans celui de Metz (fol. 3 v° et 4), dans le ms. de la Bibliothèque nationale 688 (fol. 5 r° et v°) et dans le manuscrit B de M. Thompson (fol. 5 v° et 6 v°).
Voilà pour le manuscrit de Toulouse.
Quant au ms. additionnel 1 8633 du Musée britannique, que, d'après quelques indices, on pouvait con-