Le collège des Bernardins à Paris
3. « Et datae sunt mulieri alae duae aquilae magnae, ut volaret in desertum in locum suum... » Apoc. XII, 14.
Dont c'est argument que si fais advocas qui désertent veeves et orphelins et wastent les boines villes et les transportent as fortresces, dont les églises en sont destruites, si fait li faus homicides qui s'assient en la plaiderie séculière. Argumentum est que il ne sont pas menbre de sainte Glise, comme li povre religieus qui volent el désert de conternplacion. (Fol. 35, col. 2.)
... La Constantinense prospérité vous a esté cause de ruine, par vos fausses ribauldises ; car ou li sains evesques en leur sales faisoient preeschier, vous faites dansser ; pour tant, nous prinches terriens, enfans d'icels qui vous fondèrent en chelle prospérité, d'enhortement du saint Esperit, nous vous desmeterons en l'adversité, que li saint Esperit vous a pourveu, c'est a dire que nous vous déchausserons de vos mules, et nous vous envoierons deschauls comme apostoles, demandant vostre pain de huis en huis, que vous avés mal apris. Car vous ne fustes onquez aux autres escolles qu'aux celles de Justinien, desquelles la première lechon est Imperatoriam majestatem etc., qui fait mention de gens d'armes et d'avocas. E, Diex de glore, pourquoy soeffrés que si faite gent, si fais leus, soient commis a paistre brebis, c'est avoir cure des ames? Che sont leus ravissans, qui font combattre les princes, homicides, juges de sanc, symoniakles, je dis demoniakles, de l'escole Justinien, qui ne saroient mie exposer la première proposicion de la Bible : In principio creavit Deus celum et terrant. Ergo, selonc le Décret, c'est contre l'entencion du saint Esperit que si fais advocas soient evesques. Probacio consequencie : il ne scevent mie nostre Credo, implicite. (Fol. 36 v°, col. 1 .)
... Ce sont les menteurs, menistres de tous ceuls qui persécutent l'Eglise, hommes de m[auv]aise vie, houliers et ribals, flateres et jueurs de dès, qui point ne se faignent de blasphémer Dieu et ses sains... (Fol. 37 V0, col. 2.)
Dont c'est a douter que ce seront ceuls faus avocas, qui sont de Pescolle Justinien, qui autres lettres en ont, lesquels
COMMENTAIRES
persécuteront sainte Eglise, car des ja le font ilz. (Fol. 42, col. 2.)
Dont as orguillex lollars, as convoiteus symoniacles de l'escolle Justinien, as luxurieus canoines et orguillex et enflés avocas et philosophes vaut celer Jhesu Grist ses secrès disant : Confiteor tibi, pater celi et terre, quoniam abscondisti hec a sapientibus mundi et revelasti ea parvulis1. (Fol. 75 v°, col. 2.)
On voit que les attaques de notre moraliste sont principalement dirigées contre les prélats mondains et les juristes. Il n'adresse guère de reproches particuliers aux autres classes de la société. Il applique cependant spécialement aux jongleurs et aux ménestrels la condamnation contenue dans ce verset de l'Apocalypse (XXII, i5):
Foris canes et venefici et impudici et homicides, et idolîs servientes et omnis qui amat et facit mendacium.
Giulz qui fait menchonge, c'est ciulz qui le controeve, et se d'autre est controuvés, volentiers le recite, comme sont les menestrelz et les jouguleurs. (Fol. 76 v°, col. 1.)