Voir plus haut, p. lxix
DE LA CATHÉDRALE DANGERS CLXXXVII
pluie de feu ou de sang que le Seigneur fait tomber du ciel, est renversé de son trône par un diable qui lui enfonce une fourche dans la tête, pendant qu'un autre diable l'attire dans l'abîme. Les légendes des manuscrits d'Oxford et de M. Blin de Bourdon nous expliquent le sujet : Hic descendit ira Dei de celo et interficit Antichristum.
Dans le compartiment de gauche, les sectateurs de l'Antéchrist sont atterrés par la punition de leur chef. A leurs pieds se voient les têtes de plusieurs de leurs victimes. L'un de ces infidèles regarde la catastrophe par une petite fenêtre pratiquée dans la cloison qui sépare le compartiment de celui qui lui est juxtaposé. Légende explicative : Sic dolent sequaces Antichristi pro vindicta in ipsnmfacta et pro occisione christianorum.
Le compartiment de droite a été réservé à la glorification d'Enoch et d'Elie, qu'on y voit s'élevant dans un nuage, attirés par la main divine; au premier plan la terre tremble.
Les peintres des manuscrits d'Oxford, de M. Blin de Bourdon et de Lord Crawford ont laissé de côté la scène de la résurection des deux prophètes. Celui de l'exemplaire du docteur Rey n'a au contraire tenu compte que de cette résurrection, à laquelle il a consacré deux tableaux : sur le premier, les deux cadavres sont étendus à terre, hors de la ville ; le peuple les regarde avec une curiosité joyeuse ; mais l'esprit de vie, sous la forme d'un oiseau, entre dans la bouche des prophètes, qui se dressent à la stupéfaction des spectateurs. Un ange leur crie : Ascendite hue. A la page suivante, les deux prophètes s'élèventau ciel, enveloppés d'un grand nuage bleu qui cache leurs têtes. En même temps la terre se met à trembler, et la ville s'écroule engloutissant les habitants