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chacune de ses variétés, pour démontrer par quels caractères elles se distinguent de leurs congénères.
Nous ne croyons pas ces questions susceptibles de recevoir toutes une solution satisfaisante et surtout applicable d’une manière générale ; nous avouons avoir dû tourner certaines difficultés, plutôt que d’avoir à créer tant de noms nouveaux.
C’est ainsi que cette monographie, qui comprend treize planches et près de quatre cents figures ‘, ne renferme que vingt-trois espèces.
Nous ne croyons pas qu’en général les cristellaires en forme de disque soient susceptibles de constituer de bonnes espèces non discutables; nous ne les considérons que comme l’état embryonnaire de celles qui sont développées en forme de crosse. Nous avons donc cru devoir négliger un assez grand nombre de ces coquilles discoïdales dont cependant nous avons fait figurer quelques exemplaires; mais nous devons ajouter que c’est simplement comme étude complémentaire des coquilles adultes et non à titre d’espèces.
Nous pourrons faire un utile emploi du tableau que nous avons donné plus haut pour passer en revue les cristellaires qui ont été publiées et qui présentent quelques analogies avec celles du bathonien inférieur, tout en nous proposant, comme pour les marginulines, de mentionner les rapports et les différences ?,
Nous avons réservé environ cent cinquante figures se rapportant à des modifications de formes qui nous ont paru trop peu importantes pour être reproduites.
? Quand nous disons que telles de nos espèces se montrent analogues à telles autres vivantes ou fossiles, nous entendons n’indiquer que de simples rapports, propres à fixer les idées et non établir des identités qui, dans le fait, n'existent pas.
à mesure que nous ferons la description de nos espèces.
Pour l’oxfordien, G. Schwager ! a publié un grand nombre de cristellaires (quarante espèces) auxquelles il faudrait ajouter les deux espèces figurées pl. V, fig. 4 et 2, sous le nom de marginulines et dont il conviendrait de retrancher celle qui est représentée pl. VI, fig. 9, qui est une véritable marginuline.
Nous n'avons mentionné cette publication que pour mémoire, attendu que nous n'avons trouvé, dans ces coquilles, aucun rapport direct avec celles de nos ‘ contrées; mais toutes ces espèces rentrent dans les groupes de notre tableau et les représentent tous, sauf deux : le premier, à forme très-simple, est celui qui renferme les coquilles à côtes carrées.
Pour le même terrain, à Streitberg, Gumpel* donne quelques espèces qui, de même que les précédentes, ne montrent aucune analogie avec les nôtres.
Parmi les nombreuses cristellaires (trente-quatre espèces) publiées par Reuss * pour le néocomien et le gault de la Westphalie, nous en voyons figurer cinq qui présentent tous les caractères propres aux marginulines : la double courbure dorsale et le prolongement rejetant l'ouverture en sens inverse de l’enroulement. Toutes les autres se rapportent à nos
‘ Recherches sur la faune microscopique des couches jurassiques, par Conrad Schwager. Munich.
Beitrage zur Kenntniss der microscopischen Fauna jurassischer Schichten, von GC. Schwager in Munchen. Jahersheften fur vaterlændische Naturkunde in Wurtemberg, 1865.
? Die Streitberger Schwammlager und ïhre Foraminiferen, Einschlusse von Bergmeister Gumbel, Munchen, 1862.
3 Reuss. Die Foraminiferen des Nordeutschen Hils und Gault. Wien, 1862.
sroupes, même à celui des coquilles à côtes carrées. Reuss en donne neuf figures dont il fait sept espèces et parmi lesquelles il faut en comprendre deux classées parmi les vaginulines ; les espèces de Reuss représentent les formes les plus simples que nous avons figurées pl. XIX, fig. À à 5.
De toutes les publications que nous avons parcourues et qui traitent des foraminifères fossiles de différents terrains, nous n’en avons trouvé aucune qui ait donné lieu à une observation particulière.
Dans son prodrome, d'Orbigny indique, pour le bajocien, deux cristellaires que Rœmer avait classées dans deux autres genres; pour le bathonien il mentionne cinq espèces, dont quatre sont publiées dans les annales des sciences naturelles, 1825, et une par d'Archiac, pour l’Aisne.
Bronn {Index paleontolo;icus] n'indique que cette dernière espèce {C. truncata] et la place dans le lias supérieur avec la lettre n.
Parmi les espèces vivantes, le Cristellaria calcar, Lin., se rapproche le plus d’une espèce du bathonien, le C. helios (pl. XVI, fig. 19 à 21), par ses ornements et son fort nucléus; de nombreuses variétés ont été rattachées à cette espèce et c'est en raison de.ce fait que Fichtel et Moll disaient ‘ : Fauna hujus specei ita comparata est ejusque varietates tam mulliplices, ut ferè impossibile videatur characterem specificum erui posse, quo hæc species à reliquis congeneribus distingueretur et tamen nulla varietas excluderetur.
‘ Testacea microscopica aliaque minuta ex generibus argo-
nauta et nautilus ad naturam delineata et descripta à Leopoldo à Fichtel et J. Paulo Carolo à Moll. Vienne, 1805.
Cette observation s'applique non au C. helios', n, mais bien en son entier au GC. polymorpha, n, à tout notre groupe de cristellaires à côtes carrées, dont aucune d’ailleurs ne possède les caractères distinctiis du C. calcar.
Dans notre précédent mémoire sur les marginulines, nous avons eu à mentionner les publications de Williamson, Parker, Rupert-John et Brady?, pour leurs explorations de diverses mers, poussées jusqu’à de grandes profondeurs; tout récemment encore, Carpenter s’est livré à des recherches de cette nature, mais les résultats qu’il a obtenus ne nous sont pas encore connus; quant aux premières publications, nous en ferons l’analyse lorsque nous aurons à décrire les fossiles qui se rapprochent des espèces vivantes.
L'expérience que nous ont donnée les longues années que nous avons employées à nos recherches, l'habitude du coup d’œil que nous avons acquise par la pratique du dessin, en reproduisant nous-mêmes tous nos fossiles, nous ont servi de guide dans le classement de nos coquilles et nous ont prémuni contre de graves erreurs; mais cette expérience et cette habitude, si nécessaires pour l’étude des coquilles microscopiques et qui ne s’acquièrent qu'avec
! Voyez plus loin les descriptions des espèces.
? William Crawfort Williamson. On the recent foraminifera of Great-Britain. London, 1858.
Kitchen Parker et Rupert Jones. On some foraminifera from ihe north Atlantic and Artic Oceuns, including Davis Straits and Baffin’'s Bay. London, 1864.
Henry Brady. Contributions to the Knowledge of the Foraminifera. — On the Rhizopodal Fauna of the Shetlunds. London,
le temps et le travail, ne sauraient, malgré tout notre désir, être transmises : nous voudrions rendre ce senre de recherches plus facile et pour amsi dire abordable à tous les géologues, mais surtout en faire apprécier la haute utilité.
Nous devons faire remarquer que le champ des explorations est fécond en découvertes, immense en étendue et à peine entamé; presque tous les terrains primaires et secondaires restent encore à étudier : l'étude microscopique du lias de la Moselle n’est que commencée; celle de la Côte-d'Or et de l'Indre n'est qu'indiquée ; pour l’oolithe, le bathonien inférieur est seul exploré et déjà il fournira près de quarante planches auxquelles il faudra ajouter l'étude des fossiles qui accompagnent les foraminifères : les spicules de spongiaires et de bryozoaires, les cyproïdes, etc.