OT
Bien que la classification des rhizopodes, établie par Schultze, soit très-Imcomplête, en ce qu’elle ne saurait comprendre les polygastriques , les diatomées , les acinéticiens, etc., ces travaux ont cependant jeté une vive lumière sur l’organisation intime de ces animaux, en produisant , d’une manière claire et précise , la constitution de plusieurs genres et en exposant le mode de développement propre à la coquille et à Panimal, ainsi que les moyens de locomotion et de nutrition ‘.
Claparède et Lœchmann ? ont entrepris de nouvelles recherches, et passant en revue toutes ies publications, ils ont établi une critique raisonnée de tous les systèmes qui ont paru.
S'appuyant sur les travaux d'Ehrenberg et de J. Mueller 5, ils ont cherché d’abord à définir nettement les caractères des genres, puis en ont déduit des divisions méthodiques, basées sur les diagnoses, et dont l’ensemble sera facilement compris par le tableau que nous produisons.
1 Par un simple examen et dans tous les genres compris dans les cinq premiers ordres, on peut constater que l’état embryonnaire, qui constitue la loge initiale, est une sphère ; dans le sixième ordre, les agathistègues, la disposition âes loges supérieures masquant les inférieures, 1l faut fendre la coquille pour pouvoir découvrir le noyau , et alors on voit, comme dans les précédents ordres , que le centre est de même occupé par une sphère.
À parur de cetle sphère embryonnaire, les loges et leur ouverture prennent la disposition et le caractère propres à chaque genre.
2 Sur les infusoires et les rhizopodes, 1859.
5 Johannes Mueller, Geschischtliche und krilische Bemergungen uber Zoophiten und Strahlthiere, Mullers-Archiv. 1858.
__SABQ RHIZOPODES.
CLAPAREDE et LŒCHMANN, p.434.
Pas de \ | Spicules siliceux/ ( 1. Amoebina.
Proteina . :
pas de | (2. Actinophrina.
Pseudopodes cellules jeunes. ; ne formant que rarement Des | des soudures. | 1. Acanthometrina.
Pas de test calcaire, | Spicules siliceux
Echinocystida. ; 2. Thalassicolhina.
pas de loges multiples | des 3. Polycistina,
et poreuses. \ cellules jaunes.
formant des soudures très-nombreuses.
Pseudopodes |
aus 00, OrTONUUE #8 SUGromior.
Un test ordinairement calcaire, le plus souvent divisé en
. l Re MP EA Monothalamia.
plusieurs loges; même lorsque la loge est unique, vi Foraminifera . De polhalaffio parois sont percées d’une multitude de pores. ) | ÿ |
Les
Il ressort des observations de ces auteurs que les rhizopodes en général peuvent être divisés en deux grandes familles : les rhizopodes amoebéens, comprenant les difflugia, les arcelles, etc., émettent des filaments qui sont arrondis à leur extrémité et ne se soudent jamais; les rhizopodes polythalames et les animaux voisins sont caractérisés par la fusion des filaments qui saillissent et qui se soudent quand ces expansions ou pseudopodes se rencontrent. Les rhizopodes polythalamiens ont quelque chose de déchiré, de non limité dans leurs contours ; les amoebéens, au contraire, sont nettement dessinés et leur contour est bien limité; dans cette division l’ouverture peut être constante ou s’opérer par déchirement sur un point quelconque de la surface ou à certaines places déterminées, mais en tout cas multiples.
La structure intime des amoebéens a été élucidée à l’aide de l’acide chromique, qui, par une coloration variée, a permis d’y reconnaître des sarcodes contenus dans une masse gélatineuse ; la structure des polythalamiens est moins connue; mais il serait difficile d’admettre que des coquilles, si incroyablement compliquées , couvertes d’ornements si délicats , soient sécréiées par une masse de gelée informe et à peine organisée ‘; Claparède ajoute que le sarcode des polythalamiens n’a pas encore trouvé son acide chromique.
Les pseudopodes des amoebéens d’eau douce ne sont que des expansions à apparence sarcodique, qui ne paraissent jamais devoir se souder les uns aux autres et qui ne montrent jamais à leur surface la circulation
‘ Ehrenberg, de son côté et dans plusieurs de ses mémoires, a employé toute sa peine pour bannir de la science l'expression de yelée primordiale (die thierische Urschleim).
ms
de granulations si caractéristiques dans les autres rhizopodes ‘. |
Enfin pour compléter les recherches de Claparède sur l’organisme des foraminiféres, nous avons encore à mentionner le mémoire de Strethill Wright ?, où se trouve consignée une observation importante, mais qui, avant d’être définitivement admise dans la science, demanderait à être généralisée el confirmée pour tous les genres.
Par l'expérience qu'il a tentée, l’auteur cherche à démontrer que ce n’est plus le sarcode qui existe seul dans les foraminifères et constitue l'élément générateur du développement , c’est un nucléus (primitive ovum), une sphère , ou un ovoide transparent.
Une truncatuline a été traitée par de l'acide, de manière à en dissoudre toute la partie calcareuse de l'enveloppe et l’animal resté nu a montré: a, la membrane qui tapisse l’intérieur de la coquille et indique la forme des divisions ; b, le sarcode qui remplit les loges;
1- Nous reproduirons une observation exposée dans notre second mémoire sur le lias, p. 412. « Sur un des côlés du ruban ou des filaments, quelle qu’en soit la ténuité, on voit une série de granulations suivre un mouvement ascensionnel, puis redescendre de l’autre côté, faire un temps d'arrêt lorsqu'elle rencontre une soudure, pour reprendre sa marche de montées et de descentes, jusqu’à la dernière division. »
« Pour les coquilles privées d’une ouverture principale et munies seulement de pores, les filaments ne peuvent y introduire d’infusoires à enveloppes ; il faut donc qu’ils soient doués directement d’une puissance absorbante ou qu'ils n’amènent dans l'intérieur que des infusoires nus; ce qui semble démontré pour certains foraminifères, qui ne renferment jamais aucun résidu , tels que les orbulines et certains polystomelles, dont quelques espèces ont même la plupart de leurs pores oblitérés. »
# Onthe reproductive elements of the Rhizopoda. The annals and Magazines of nat. géol. No XLI. May 1861, p. 360 et suivantes, pl. XVII.
és ER
c, au milieu du sarcode plusieurs enveloppes concentriques qui renferment un œuf avec sa vésicule germinale; d, des loges privées du sarcode ou de l'œuf.
Dujardin :, traitant du développement de la coquille des foraminifères, a cru en trouver les éléments dans les nombreuses petites sphères qu’il a observées dans les loges de quelques truncatulines.
Schultze ? a remarqué le même fait dans des rotalines, dont quelques loges étaient ainsi remplies de petites sphères noires, qui ont présenté les caractères suivants : 1° elles possèdent des diamètres différents et la plupart sont aussi grosses que le canal des loges ou l'ouverture de la dernière loge ; 2° elles augmentent de grosseur avec le diamètre de la loge qui les renferme ; 90 elles remplissent régulièrement toutes les loges ou ne se trouvent accumulées que dans les dernières ; 4e elles sont formées d’une substance plus foncée que celle qui les environne ; 5° elles ne possèdent pas d’enveloppe spéciale et quand elles sont écrasées, leur substance se confond avec la masse.
\ Annules des sriences naturelles, 2e sér., t. 3, p. 314.
2 Uber den Organismus der Polythalumien, p. 21.
ou
Schultze n’a pu tirer aucune déduction de cette observation, ayant fréquemment trouvé ces petits corps dans des coquilles, desquelles l’animal avait complétement disparu.
Dans le bulletin de l’Académie des sciences de Vienne, nous voyons l’exposé d’un nouveau système publié par Reuss ! et fondé uniquement sur la constitution de la coquille; à l'instar de Schultze, l’auteur crée de même des mots nouveaux qui ne sont que des modifications de ceux de d’Orbigny: les monostègues et les polystègues sont changés en monomères et polyméres, etc.
M. Reuss divise les rhizopodes en 4 sections (p. 361) :
1: Rhizopoda radiolaria, Müll., comprenant les polycistines, etc. ;
2. Rhizopoda proleina, Clapar., pour les amoebu , difflugia , etc. ;