‹ Mémoire sur les fouilles de LichtChapitre 18 sur 60 · VIIL LES STATUES D'OUSERTESEN · texte numérisé non relu

VIIL LES STATUES D'OUSERTESEN

Entre les constructions dont nous venons de parler et le mur d'enceinte de pierre, éest-à-dire près de l'angle nord-ouest de la chapelle funéraire, nos sondages amenérent, le 1 décembre 1894, la découverte de toute une série de statues monumentales, disposées dans une cachette, à peu près au niveau du dallage (pl. X) M. C'était une sorte de chambre, ouverte à l'orient: ses trois murs. d'un mètre d'épaisseur environ, étaient formés d’une seule rangée de blocs placés là à la hâte, sans appareillage, tandis que tous les autres monuments faisant partie de la nécropole royale, sont, comme nous l'avons vu plus haut, d’une con-

struction des plus soignée. Ce fait seul nous montre que nous sommes Ici en

° Le dallage en cette région n'existait plus, les statues étaient couchées sur le sable, légèrement en contre-bas du niveau de la chapelle funéraire.

présence non pas d'un édifice de la même époque, d'un serdab destiné à renfermer

les statues, supports du double du roi, mais d’une cachette disposée au dernier

moment, sans doute par les gardiens de la pyramide, pour mettre les représentations du roi à l'abri des atteintes qu'ils redoulaient. ;

\ l'entrée de cette chambre se trouvait l'amoree d'un puits, dontle travail inachevé S'arrélait à deux mètres de profondeur.

Les statues, au nombre de dix, ont 1m. 90 cent. de haut: elles représentent

le roi Ousertesen [° assis sur un trône de

forme massive et à peu près cubique (voir pl. XI-XIID). Nous les avons trouvées couchées sur le flanc. soigneusement rene gées el enchevêtrées, pour gagner de la place, en raison de l'exiguité de la cachette (fig. 23-24). Un seul de ces colosses de

Fig. 24. Découverte des statues.

calcaire, celui qui était le plus rapproché de l'ouverture, avait été jeté à la hâte

Fig: 25. Tête d'une statue

sur un lit de décombres. Ces statues ne portaient du reste la trace d'aucune mutilation, et les fractures que deux ou trois d’entre elles avaient subies proviennent de la hâte avec laquelle elles avaient été réunies dans cetendroit; portantlégérement He dE ", à faux, elles s'élaient brisées par leur propre poids et les morceaux, - ee gisant les uns à côlé des autres. ont pu être très facilement assemblés : Le is à nouveau (fig. 25).

Au double point de vue historique et artistique, ces dix statues sont dignes de remarque: toutes semblables dans leurs traits généraux, elles nous offrent l'image du

roi Ousertesen [° assis sur un trône

dans la position hiératique des souverains égyptiens. Le roi est vêtu seulement de la shenti à petits plis, atteignant à peine les genoux et retenue à la taille par une ceinture sur la bouele de laquelle est parfois gravé le cartouche royal. Sa tête, à

la longue barbe postiche, est coiffée du klaft, sorte de capuchon en étoile rayée

Fig. 26. Transport d'une statue.

dont les pans retombent sur la poitrine; plaqué sur le bandeau qui serre aux tempes le klaft, l'uræus se dresse sur le front du monarque.

Ces statues, du plus fin calcaire de Tourah, sont traitées largement, quoique avec un soin méticuleux qui ne néglige pas les moindres détails, et sont certainement l'œuvre des plus habiles artistes de l'époque. Comme d'habitude pour

Fig. 27. Transport d'une statue.

| les sculptures en pierre blanche, elles étaient peintes, et les couleurs, quoique ll très effacées par le temps, se distinguent encore facilement: contrairement à

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| l'usage égyptien, qui nous montre les hommes presque loujours peints en rouge, | le corps était recouvert d’une teinte jaunâtre; la barbe et les soureils étaient noirs, les yeux rouges et les étoffes de couleurs variées ét vives.

Les têtes, qui paraissent au premier abord être des portraits, tant elles sont

naturelles, pleines de vie et d'expression, ne nous donnent cependant pas une

LEMOIPSSE

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