RIVIÈRE GILBERT
La seconde de nos concessions se trouve située sur la rivière Gilbert.
Sur ce cours d'eau sont établies la majeure partie des sociétés s’oceupant de l'exploitation des alluvions aurifères du Canada.
Quatorze compagnies, attirées par la grande richesse de ces alluvions, y exploitent les bancs de gravier souterrains que l'on x trouvés dans l’ancien lit de la rivière, longeant son lit actuel.
’arii ces compagnies, nous citerons :
Clarence Gold Mining Company, Canada Gold Mining Company, L'exploitation de M. Smart, L'exploitation de M. Me Arthur, L'exploitation du colonel Richards,
L'exploitation de M. Mac-Rae.
Toutes ces compagnies possèdent des concessions ayant approximativement 4 1/9 arpents de front sur la rivicre, sur une profondeur d'environ 40 arpents.
Nous possédons, nous, en anont des exploitations actuelles, une concession développant sur le front de la rivière une longueur de 70 arpents (soit h kilom.) sur nine largeur de 9 arpents (soit 597 mét.).
Il n’est pas un point de notre concession qui ne soit traversé
par l'ancien lit de la rivière.
Comme c'est dans l'ancien lit de la riviere que se trouvent les | plus riches graviers, on comprendra l'immense avantage que nous
donne la disposition de nos terrains.
Grâce à cette disposition, nous pouvons dire que, comme cube de graviers auriféres, notre seule concession équivaut aux quutorze concessions exploitées actuellement.
Après avoir expliqué le régime de la rivière, l'allure des couches souterraines sur lesquelles nous venons de donner quelques expli- ‘ations, et avoir développé des considérations purement techniques sur le fonçage et le cuvelage des puits, M. Juncker résume ainsi ses observations sur le travail des diverses compagnies exis-
tant sur la Gilbert :
« L'exploitation se fait très économiquement, trés simplement « et en réduisant les frais généraux autant que possible. « On consomme évidemment beaucoup de bois dans la mine, « mais on sait que les bois se trouvent à pied d'œuvre et coûtent « très bon marché.
« L'extraction et l'épuisement se font à l'aide de petites machi- “« nes à vapeur de 7 à 8 chevaux avec le bois pour combustible. « On extrait le minerai avec des bennes en bois contenant 150 « kilos de minerai, et l’eau avec des pompes aspirantes et foulan- “« tes, commandées par la machine d'extraction. « La quantité d'eau à extraire de la mine est faible; on se trouve en somme dans des conditions économiques de fonctionnement, »
Et plus loin :
« On trouve dans les sluices de la rivicre Gilbert, comme à la « rivière du Loup, d'importantes quantités de pyrites fines et de « sable noir, fer magnétique, etc.
« Du reste, c’est un caractère commun à toutes les alluvions « aurifères du Canada,
« Il y a beaucoup d’or fin disséminé dans ce sable, et même, paraît-il, un grand nombre de parcelles d’or sont entourées de
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« pyrites et d'oxyde de fer où de manganese (?) de telle sorte Û tu U hnl “ qu'elles ne sont pas visibles à l'œil et qu'elles sont inamalgu- “ iuubles, « Elles n'ont pour elles que le caractere distinctif de la denw sité, « On grille ces sables après Les avoir enrichis, et on les traite
par l'acide nitrique chaud, pour décaper les pépites d'or
« On recueille ensuite celles-ci par un lavage très soigné à la Battée,
« On emploie aussi souvent une petite pochette faite avec une
“ toile métallique n° A0, Le sable tamise au travers, L'or au “ contraire, bien que très fin, présente des harpes où aspérités « crochues, et la majeure partie s'accroche aux mailles et est « retenue par elles.
« Nous avons cherché à nous rendre compte de la richesse des « bancs d'alluvions que l'on exploite, et aussi du prix de revient « total de l'extraction et du traitement, |
« D'une part, nous avons rapporté à Paris un échantillon de « ces terres (voir l'analyse 2970 de M. Drouin, chimiste, à Paris) « et nous avons trouvé une teneur à lu tonne de : i
6 Or, , ,.. grammes.
« Argent . . 3 grammes.
« Soit, valeur de la tonne, 1h francs.
« Pour un minerai d'alluvion, c'est une très bonne teneur.
« Ce minerai a été pris au fond du puits de M. Mac-Arthur “ lequel est le moins profond de tous (10 mètres). |
« Nous pensons qu'au fond du puits de MM. Moodie et de “« M. Smart, l’alluvion est probablement un peu plus riche, »
Voici maintenant comment M. Juncker décrit notre concession de la Gilbert :
« La rivière Gilbert se jette dans la Chaudière à5 kilomètres en « amont du village de Saint-François.
« Son parcours total est d'environ 16 kilometres. Elle à une à « forte pente. — Sa largeur est de 10 et 15 mètres au plus. — Elle « n'a pas de l'eau toute l’année,
« Il y a un petit lae à 5 kilomètres en amont des parcelles « acheter, dont nous parlerons plus bas. On pourrait peut-être, « l’aide d’un barrage, emmagasiner de l’eau pour les besoins de la « saison séche (1).
« Les parcelles proposées sont les lots : :
0 SRE. à
« N°16 et 17 (concession Chaussegros) et n° 17 et 18 (concession « Saint-Gustave). —M. Wiallard, représentant la Compagnie des « mines de Québec, en résidence à Paris, est en possession de tous « les plans parcellaires. — Leur situation est à quelques centaines « de mètres de l'exploitation de M. Smart.
« Les superficies de ces lots sont les suivantes :
« Lots 16 et 17. Concession Chaussegros :
« Longueur suivant le cours de la ce j à = Surface 1 « 30 arpents, soit................... 1.756 mm... pi Re L : PE € Se f « Profondeur, 9 arpents, soit ...... 527 A
« Lots 17 et 18. Concession Saint-Gustave :
« Longueur suivant le cours de la rivière, « A0 arpents, soit................... 2.319 m., 193 hectares. « Profondeur, 9 arpents, soit....... 597 m.
« Superficie totale. ........ 216 hectares.
« Cette surface est importante et beaucoup plus considérable «“ que celle des exploitants actuels, laquelle est, comme nous « l'avons vu, de :
« } 1,9 arpeuts suivant le cours de la rivière, SOI nr nee tags 6 date 963 m. che face , ; Jectares « 0 arpents en profondeur, soit... 2.3/2 m.
(1) MM. Saint-Onge, mineurs et entrepreneurs de travaux de mines, dont il est parlé au cours de ce rapport, nous offrent de construire, moyennant le prix de 25.000 fr., un canal amenant l'eau de ce petit lac sur nos propriétés, en assez grande quantité pour pouvoir en distribuer aux autres exploitations.
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« Malheureusement, nous persistons à penser que le plonge- « ment du Bed Rock en contre-bas du lit de la rivière à ce point « est une circonstance fâcheuse, parce qu'elle s'oppose à l’ex- « ploitation à ciel ouvert par l'hydraulic process.
« On sera obligé d'exploiter souterrainement la couche riche « des alluvions, sur le Bed Rock, laquelle a un mètre d'épaisseur « seulement, comme le font les autres Sociétés.
« Evidemment, en réservant de chaque côté de la rivière un « massif de protection, on pourra éviter l'invasion des eaux dans w la mine. C’est un massif que nous évaluerons à 40 mètres de « chaque côté, soit 80 mètres en tout.
« Les superticies d'exploitation se réduisent donc aux sui- « vantes :
: Longueur, 1.756 m................ Surface : +17! 8 ) | “Lots en t Profondeur, 487 m............... \ 86 hectares. \ Longueur, 2.349 m................ TTS its 17 et 18 Ù 1ectares.
«Lots 176 18 Profondeur, 487 n1............... 4 ;
« Superficie totale...... .... 200 hectares.
« Nous pouvons admettre qu'avec un aménagement hydrauli- « que (barrage, réservoir à créer; si même on a de l’eau en excès, « on pourra en vendre aux voisins) on pourra travailler régulie- « rement six mois de l’année, soit deux mois de plus que les « exploitants actuels.
« On exploitera le banc aurifère souterrainement, comme « nous l'avons dit, à raison de 100 tonnes par 2h heures, soit en
« 6 mois :
« 100!. X 150 j. — 15.000 fonnes par an.
« Calculons l'avenir d'exploitation que présente à ce taux la « superficie de 200 hectares ci-dessus trouvée :
« Si nous admettons l'épaisseur moyenne de un mètre pour le « banc, on voit que la superficie dont il s’agit renfermera 2 mil- « lions de mètres cubes de terre à exploiter, soit 3.600.000 tonnes; « à raison de 15.000 tonnes par an, on à un avenir d'exploitation
« de 240 ans.
LÉ
ca
« Les 15.000 tonnes traitées annuellement donneront lieu à un « bénéfice annuel de 120.000 fr.
« On recueillera par an, à raison de la teneur probable deb qran- « mes 1/2 d'or par tonne, une quantité d’or de
« 15.000!, x 5.5 — 89 kil. 5.
« La quantité totale d'or contenu dans le gisement peut être éva- «“ luée à
« 3.600.000! X 5: 5. — 19.800 kilog. à recueillir en 240 ans.
PAPER SEEN ne t
« Le prix demandé pour la vente de ces 216 hectares est de : « 80.000 dollars, soit. . . 16.000 fr.
« Le prix de l'hectare ressort à
« 16.000 ; | ——— , soit 1.995 fr.
« On peut évaluer le chiffre des dépenses comme suit :
ce JO Prix d'aAchAbs. se nc me ee nets er De 2 ET» 070.000 un « 2° Capital d'installation, puits, ma- |
chines et pompes, appareils de lavage, : fr. 100.000 | matériel, bâtiments. . . . . . . . . 900.000 « Barrage, réservoirs, eanalisations. . . . 100.000 \
« Etudes préliminaires (construction du barrage, } tracé du canal, sondages et expériences). . . . . .
Total. . . 666.000
CS
CS
« En nombres ronds 700.000 fr. qu'on pourra amortir en %5 ans, ce qui fera par an 98.000 fr.
« Le bénéfice net annuel sera alors réduit à 92.000 fr.
« Tels sont les chiffres sur lesquels on pourra raisonnablement compter, à la Gilbert. »
On aura remarqué que M. Juncker prend pour base de ses
calculs l'établissement d’un seul puits d'extraction.
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Il est facile de se rendre compte que, sur une propriété coïume la nôtre, équivalant, comme existences de gravier riche, aux concessions des 1h compagnies actuellement en exploitation, l’établissement d'un plus grand nombre de puits est chose aisée, sans augmenter sensiblement pour cela les frais de premier établissement.
En effet, dans le calcul de M. Juncker, sur une somme de 250.000 fr., la canalisation et l'aménagement des eaux figurent pour une somme de 150.000 fr., et Les machines, pompes, appareils de lavage, matériel et bâtiments, avec le puits, pour une somme de 100.000 fr. seulement.
Nous pouvons donc estimer qu'avec une dépense additionnelle de 2 à 300.000 fr. consacrés au fonçage de deux ou de trois nouveaux puits, on pourrait tripler ou quadrupler le chiffre des bénéfices évalués par M. Juncker.
Passons maintenant à notre troisième concession qui est la plus importante de celle que nous possédons.
Nous ne pouvons faire mieux que de laisser de nouveau la parole à notre ingénieur M. Juncker (voir p. 8h et suivantes de
son rapport).