‹ Mémoire sur les gisements aurifères du comté de Beauce, province de Québec, Canada [microforme]Chapitre 9 sur 11 · T, x 0,75 = 6h millions de francs · texte numérisé non relu

T, x 0,75 = 6h millions de francs

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représentant un poids total d'or de 18.800 kilog. à recueillir en 29 ans.

« On recueillera annuellement 648 kilogrammes d'or. « Les dépenses peuvent être évaluées comme suit : « 1° Prix d'achat. . . .. . .. . . .. Fr. 1.800.000 « 2 Capital d'installation

« Canalisation . . . . Fr. 600.000 « Tuyaux et vannes . . . . 400.000 1.200.000 « Divers et imprévu . . . . 200.000 « 3° Etudes préliminaires du terrain « (sondage et expériences) . . . . . ,. 100.000

« Total . . Fr. 9.600.000

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à amortir en %9 ans, ce qui fait par an 90.000 fr. Mettons « 100.000 fr., ce qui réduit le chiffre des bénéfices annuels à « 4.700.000 fr.

« Ce serait, comme on le voit, une magnifique exploitation à « l'instar des exploitations si rémunératrices des alluvions pau- « vres de la Californie.

« Les chiffres considérables représentant les quantités d'or « (64 millions de francs d'or) à recueillir en 29 ans, n'ont rien « d’exagéré ni de surprenant.

« La quantité totale d'or qui est uniformément réparti à raison « de O0 fr. 75 par tonne, ce qui fait 1 fr. 35 par mètre cube, soit pour « 10 mètres de hauteur 13 fr. 50, ou L 12 grammes d’or par mètre « superficiel de terrain, ce qui est bien peu de chose, résulte de « l'intégration de tous ces mètres carrés, On arrive à trouver que « l'or contenu sous un nombre d'hectares qui est considérable re- « présente une somme colossale, et on est frappé à première vue « d’un semblable résultat.

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« En combien de temps, à quel prix, et moyennant quel capital de premier établissement peut-on extraire cette quantité d'or, voilà tout le problème.

« C’est moinsla richesse absolue d’un gisement que sa puissance même de production dans les systèmes possibles d'exploitation qu'il convient d'envisager.

« Souvent, un filon très riche, mais dont le chiffre de production est limité, et le prix de revient de l'exploitation élevé, donnera lieu à des bénéfices totaux annuels beaucoup moins considérables qu'un placer pauvre (nous entendons par & placers pauvres » ceux du Canada ou de la Californie qui ont été aménagés pour le traitement de plusieurs milliers de mètres cubes par jour, quantité qu'il n’est jamais possible de réaliser dans les exploitations souterraines) quand celui-ci se prête à une méthode d'exploitation rapide et économique.

« C’est dans cet ordre d'idées qu’il convient d'envisager l’exploitation des placers canadiens.

«& Il faut tendre à leur faire produire beaucoup plutôt que de rechercher une perfection complète avec des appareils minutieux de traitement, parce que c’est au détriment du chiffre de production.

« De combien, d’ailleurs, ne réduit-on pas de la sorte les frais généraux ?

« On arrive à exploiter, avec très grand profit, des terres d’alluvion qui ne contiennent que de 0 fr. 60 à O0 fr. 80 d'or à la tonne, et qui, avant la merveilleuse invention du procédé hydraulique, étaient dédaignées comme absolument inexploitables.

« C’est, comme nous l'avons dit, l'épuisement des placers riches de la Californie vers 1855 qui a donné naissance à ce mode rapide et économique d'exploitation des placers pauvres.

« Les résultats si intéressants de ces procédés rapides montrent ce que peut être l'extraction de l'or sur les alluvions canadiennes.

« [ls mettent surtout en évidence les grands progrès de l’exploitation, et le peu de travail qui reste à faire à l’homme dans ce nouveau système de lavage.

« Mais ils sont obtenus moyennant un assez gros capital de

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« premier établissement (aménagement général des eaux et canali- « sation); par contre le capital d'exploitation (fonds de roulement) « est relativement fort restreint.

« Ces considérations sont applicables à tous les gisements que « nous avons visités. »

Traitement des tailings et exploitations des sables noirs et pyrites aurifères

Après avoir examiné les diverses concessions aurifères que nous possédons et présenté les calculs de notre ingénieur sur le rendement probable de l’exploitation proprement dite, il nous reste à parler d’une exploitation accessoire appelée à grossir considérablement le chiffre des bénéfices.

Nous voulons parler ax traitement des résidus (tailings) qui s'accumulent au fond des sluices pendant le lavage et qui renferment des quantités d'or souvent considérables, soit à l’état de poudre extrêmement ténue, soit en combinaison avec des pyrites de fer.

Nous citerons à ce sujet les observations de M. Juncker faites sur une exploitation aurifère de la région, dirigée par M. Hum-

phrey (p. 8 et suiv.).

« Il nous a semblé que son sluice n’était pas suffisamment long, « car les tailings qui sont entraînés au delà représentent encore « une valeur notable. En effet, nous en avons recueilli une cer- « taine quantité et nous en avons fait faire l'analyse à Paris. (Voir « Bulletin n° 2979, de M. Drouin.)

« Leur valeur est assez importante. Ils contiennent 2 grammes « d’or à la tonne, dont 9 grammes à l’état libre, c’est-à-dire ayant « échappé au mercure des Riffs, et 33 grammes combinés avec des « pyrites fines. Valeur de la tonne de ces tailings : 147 fr. 96.

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« Lesdits tailings contiennent une énorme quantité de pyrites : 52: pour 100! Ces pyrites sont à la teneur de 79 grammes d’or à la tonne, Elles sont mélangées à une poussière noire contenant 60 00 de fer magnétique, attirable à l’aimant, du fer titané, des zircons, des grenats, des rubis.

« Tous ces schlamms riches devraient être grillés dans des fours spéciaux opérant automatiquement, c'est-à-dire exigeant peu de main-d'œuvre, D'ailleurs le combustible est pour rien dans ce pays. On emploierait par exemple les fours rotatifs du système Brückner qui traitent 3 tonnes de pyrites par jour.

« Consommation de combustible: 600 à 700 kilog. de bois par tonne de pyrites. Le bois coûte 10 fr. par mille kilog.

« On traiterait ensuite les matières grillées par amalgamation, avec le remarquable appareil Bazin par exemple, et l’on recueillerait 90 à 95 0 0 de l'or, lequel se composera de deux parties:

« Or déjà libre avant le grillage ;

« Or devenu libre par celui-ci.

« Nous avons voulu nous rendre compte de la quantité d’or que l'opération du grillage pouvait mettre en liberté. Pour cela, nous avons opéré sur les tailings dont nous avons parlé, et dont la teneur est, comme nous l’avons vu, par tonne :

Or brest .... 9 gran. Soit 21 *.0/0 de l'or « Or combiné non amalgamable. 33 — \ total contenu.

« Entout A2 grammes.

« La matière à été grillée dans un four à moufle, en élevant graduellement la température jusqu’au rouge vif.

« L'opération à duré 6 heures. Après ce temps, le minerai ne laissait plus dégager aucune odeur de soufre.

« La perte subie pendant le grillage a été de 18 0/0 du poids primitif.

« Le minerai grillé présentait une couleur rouge brun foncé due à l’oxyde de fer qui se forme pendant la décomposition de la pyrite. Le grillage a été très bien conduit, car le minerai ne contenait plus que 0.35 00 de soufre.

à ne « Lo minerai grillé contenait par tonne :

« 35 gr. 2 d'or libre amalgamable « et 15 gr. 8 d'or combiné.

« Ce qui correspond, par tonne de minerai cru, à « 29 gr. d'or libre amalgamable } soit 69.04 0/0 de l'or

« 13 gr, d'or combiné total contenu.

« Le minerai a donc gagné N7.62 0/0 d'or amalgamable, ayant

« passé cle l'état de combinaison à l'état libre par le fait du gril-

lage.

« En grand, c’est-à-dire industriellement, cette proportion sera évidemment un peu moindre. Car il ne faut pas oublier que la matière a été grillée avec tout le soin possible, dans des conditions spéciales qu'il serait difficile de réaliser entièrement dans la pratique.

« La même opération (grillage et almagamation) devra être faite également sur tous les schlamms et sables riches que l'on recueille dans les Riffé du sluice.

« M. Humphrey évalue la quantité totale de ces schlamms pyriteux, pouvant être utilement recueillis, à 700 grammes par tonne d'alluvions traitées.

« Si donc, comme compte le faire M. Humphrey, on traite 13.500 tonnes d'alluvions par jour, on voit que l'on recueillera de 9 à 10 tonnes de sables pyriteux riches dans le même temps. Cette quantité pourrait alimenter trois fours rotatifs Brückner. En admettant que l'on arrive seulement à sauver 90 grammes d'or amalgamables par tonne, on recueillerait en tout 180 à 200 grammes d’or de ce fait par 2h heures, soit une recette brute de 610 à 689 fr. par jour. »

En appliquant à notre exploitation probable l'estimation ci-

dessus, on voit que, pour une production de 10.000 tonnes par jour à la Des Plante, de 100 tonnes à la Gilbert et de 20.000 ton-

nes à la Famine, soit un total de 30.100 tonnes par jour, on aurait,

à raison de 700 gramines par tonne, un total d'environ 21 tonnes de résidus pyriteux riches,

Cette quantité alimenterait sept fours rotatifs Brückner,

A raison de 20 grannues d'or amalgunables par tonne, connue le compte M, Juncker, on arriverait à recueillir 420 grammes d'or par 2h heures, valant 1.428 fr., soit par mois 35.700 fr., chiffre qui n'est assurément pas à dédaigner,

En dehors des résidus proprement dits de l'exploitation, nous avons, dans le lit des rivières qui nous appartiennent, rivières que l'on peut considérer comme autant de sluices naturels, de vastes amas de ces sables noirs, mélangés de gravier et depyrites fines et présentant exactement, mais à un titre beaucoup plus élevé, les mêmes caractères que les résidus de nos sluices,

Il est donc évident que l’on peut appliquer à ces sables noirs les mêmes procédés de traitement que nous appliquons à nos résidus, après les avoir séparés du gravier par le sluice.

Dans la seule concession de la rivière Des Plante, nous avons une accumulation de ces sables noirs, sur l'emplacement d’un ancien barrage, dont le tonnage n'est pas évalué à moins de 20.000 tonnes.

Il est facile de se rendre compte que, par l'effet du barrage venant interrompre le courant de la rivière, les paillettes d’or charriées par les eaux sont venues se précipiter dans cette masse de sables noirs, en l’enrichissant d'autant, et en créant ce que l’on peut appeler un minerai de concentration.

Concurremment au traitement de nos résidus (tailings) nous pensons que le traitement de ces sables pourrait faire l'objet d’une

exploitation spéciale.

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