‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 148 sur 317 · LIVRE II, CH. I. — LES SAINTS CLOUS · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH. I. — LES SAINTS CLOUS

quantité d’un de ceux-ci, insérée dans un clou ordinaire, suffit pour faire substituer l’image au vrai clou. De plus, on a fabriqué des modèles qui avaient touché aux vraies reliques, & qui dans la suite des temps ont pu passer pour la relique elle-meme. On sait, entre autres, que saint Charles Borromée a envoyé un de ces clous à Philippe II, roi d’Espagne.

Niquet ne parle que de ceux de Saint-Denis, Carpentras, Rome, Trêves, Vienne & Milan.

D’après l’indication de Richa W, j’ai cherché & vu à Florence, au couvent degli Angioli, un clou qui, d’après l’inscription qui l’accompagne, aurait été l’un des douze fabriqués avec un de ceux de Notre-Seigneur & un mélange de fer étranger (3> ,

Si cette indication est exacte, ces douze clous & ce qui restait des véritables, comme le mors de Carpentras, auraient pu suffire pour une dizaine de reliques entières & sept ou huit fragments authentiques (ch. xm, 5)*

Voici, d’après Juste Fontanini, les lieux où l’on vénérait des saints clous :

iù Âix-la-Chapelle.

20 Ancône, dans la cathédrale.

30 Bamberg.

4° En Bavière, couvent d’Andechsen.

50 Carpentras, le saint mors,

6° Catane en Sicile*

70 Colle en Toscane,

8° Cologne.

9° Escurial en Espagne*

Milan.

ii° Monza.

12° Naples, monastère de Saint-Patrice*

13° Nuremberg, église de la Sainte-Vierge.

140 Paris*

( Sainte-Crok4n-Jémsalem.

15" Rome, z clous: . .

( Santa-M ana- m-C ampi telii *

1 6° Sienne, hôpital Sain te-Mar ie-de- l'Echelle.

170 Spolète,

180 Torcelîo, prés Venise, à Saint-Antoine.

19° Tomo, sur le lac de Côme, Milanais.

20û TouK 2i° Trêves.

22û Venise, 3 clous,

23G Vienne en Autriche.

À ces villes il convient d'en ajouter d'autres omises par Fontanini,

i° Arras, d’après M. le cher de Lin as.

2° Compïègne, une pointe*

30 Cracovie en Pologne (d’après Gosselin).

4? Florence, 5° Lagny.

6° Troyes.

Vingt-neuf villes au moins ont donc, ou croient avoir des vrais clous du crucifiement de Notre-Seigneur, ce qui en fait trente-deux en comptant deux à

(1) Richa, Notice historique des églises de Florence^ 1757*

(2) Hic de duodecim davis foetus ah imper atore Constanüno ex instigadone B . Hdence^ ex imo clavo de trihus clavis D, N . J . C.} viâeliat de illo distemperato immixto cum tanto ferro ex quanta faeü s tint Xïl clovi ad similimâinem xïl apostolarum ex qttibtts Mc est unus} qui fuit Napokonis de Ursinis. (Richa t)

Rome & trois à Venise. 11 n’y a pas lieu de s’étonner de cette quantité si l’on se reporte à ce que nous avons dit plus haut, & si l’on pense que la nature de ces reliques se prêtant à une grande division, chacune, à la rigueur, dans le modèle qui lui reste, pourrait avoir une parcelle des véritables.

Nous venons de voir qu’un grand nombre de clous étaient vénérés comme ayant fait partie de ceux qui servirent à crucifier Notre-Seigneur. Il ne faut pas attacher à cette nature de reliques la même pensée qu’à celles de la vraie croix. Dans la nomenclature des parcelles de celle-ci, nous avons, en recueillant tout, avec soin, démontré leur identité avec le bois sacré & leur véracité, d’après la ténuité des parcelles que l’on pouvait multiplier sans avoir besoin de les fausser.

Pour les clous, la dévotion des peuples a procédé différemment. Il est certain que nous n’avions pas intégralement & dans leur état primitif tous ceux de Notre- Seigneur. La facilité que donnait leur matière de les multiplier, en insérant dans chaque modèle une parcelle de la vraie relique, en a considérablement augmenté le nombre, &, ce qui doit nous étonner dans ces conditions, c’est de n’en pas voir davantage.

Quelques-uns, ou au moins quelques fragments, peuvent nous être arrivés sans avoir subi d’altération. Leur forme, l’authenticité de leur histoire, nous serviront à essayer de les discerner de ceux qui sont, ou des imitations avec insertion de fer sacré, oti seulement des modèles qu’on y aurait fait toucher.

Arras. — On vénère dans cette ville un clou que j’ai dessiné d’après une gravure due à l’obligeance de M. le Chcr de Linas W. (PL XVI.)

Bamberg en Bavière possède la moitié d’un saint clou.

Carpentras. — Nous venons de voir que sainte Hélène avait fait fabriquer un mors pour le cheval de Constantin avec un des clous qu’elle avait retrouvés. Quelques auteurs disent qu’elle en employa deux ; il est plus probable au contraire qu’elle n’en mit qu’une partie dans le frein, complétant le fer sacré avec du fer ordinaire.

Après Constantin, cette insigne relique dut être placée dans le trésor des empereurs avec les autres. L’histoire n’en parle que deux siècles après et ne dit pas que ses héritiers s’en soient servi ; cependant les branches sont usées par le frottement des anneaux. En 553 pendant le ve concile général & le ne de Constantinople, le pape Vigile prête un serment où elle se trouve indiquée : « Le

(1) Voir les pièces justificatives pour cette ville et pour toutes les autres.

RELIQUES de la PASSION

PLIXVI.

COURONN E. DE FER à. MON ZA

a moitié d" Exécution

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